En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés.

cdv logo  

Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

logo EGM Toulouse

L'Humanité.fr | 06/05/2011

Face à l’offensive xénophobe et sécuritaire, la riposte, partout en France, est urgente

Par Olivier Le Cour Grandmaison, Maître de conférences en sciences politiques.

 

Semaine après semaine, le chef de l’État et sa majorité poursuivent leur offensive politique, juridique et sécuritaire contre les immigrés. Après les « clandestins », traqués, internés puis renvoyés de force dans leur pays d’origine en application d’un véritable plan quinquennal d’expulsions – près de 30 000 par an depuis 2007 –, et les Roms, Claude Guéant s’en prend désormais aux immigrés en situation régulière et aux demandeurs d’asile. Leurs droits au travail, à la santé, à une vie familiale normale, notamment, sont toujours plus gravement remis en cause, comme en témoignent le projet de loi Besson et les déclarations multiples du ministre de l’Intérieur, dont la main très à droite fouille avec application la besace des Le Pen, père et fille. Pendant ce temps, ­Nicolas Sarkozy, tout sourires, scelle un accord avec l’un des chefs de gouvernement les plus réactionnaires d’Europe – Silvio ­Berlusconi, soutenu par la Ligue du Nord qui est une organisation ouvertement xénophobe, raciste et islamophobe – pour renforcer les accords de Schengen. Bel attelage !

Aujourd’hui affolées par la progression du Front national et par la perspective de perdre le pouvoir en 2012, l’Élysée et l’UMP appliquent, en ces domaines, une politique dont il est chaque jour plus évident qu’elle relève d’une sorte de lepénisme à peine réformé.

Cette involution remarquable mais sinistre est liée aux fondements mêmes de ce qu’il est convenu d’appeler le « sarkozysme », lequel repose, pour le sujet qui nous occupe, sur deux « principes » majeurs : les charters pour les sans-papiers, le Kärcher pour les habitants des quartiers populaires victimes de discriminations multiples et graves. Distinctes, mais liées entre elles, ces orientations prospèrent sur une xénophobie élitaire, politique et journalistique parfois, comme le prouve le pathétique et bavard Éric Zemmour, qui croit penser lors même qu’il débite sur un ton docte des préjugés éculés, et sur une hantise des classes pauvres jugées dangereuses par les défenseurs d’une France des « terroirs », « blanche », « chrétienne » et réputée travailleuse.

Plus grave, force est de constater que, sur ces terrains notamment, le chef de l’État et ses affidés ont volé de victoire en victoire puisqu’ils sont parvenus à imposer sans difficultés majeures leur 
politique. Ces victoires se lisent dans le prurit législatif et réglementaire qui affecte depuis des années le droit des étrangers et le champ particulier de la sécurité publique ; tous deux soumis à des réformes incessantes qui portent atteinte aux prérogatives des personnes visées, qu’elles soient allochtones ou françaises.

Enfin, et ceci explique pour partie cela, ces victoires ont été possibles parce qu’elles s’appuient sur d’autres remportées, elles, sur le terrain idéologique ; en témoigne le dernier rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme pour l’année 2010. 56 % des personnes interrogées estiment en effet qu’il y a « trop d’immigrés en France » – plus 9 points par rapport à 2009 –, 67 % soutiennent que « les immigrés viennent en France uniquement pour profiter de la protection sociale » et 50 % jugent que l’on ne « se sent plus chez soi (…) en France » – plus 9 points également. Ces résultats révèlent ceci : la « bataille de l’opinion », comme disent les spécialistes, a été en partie gagnée par celles et ceux qui, du FN à l’UMP en passant par les sommets de l’État, tiennent depuis des années des discours xénophobes en faisant des immigrés et de certains nationaux d’origine étrangère la cause de maux multiples qu’il faut combattre au plus vite.

Depuis trop longtemps, Nicolas Sarkozy et ses gouvernements successifs sont forts des faiblesses d’une opposition partisane, syndicale et associative qui s’en tient à des modalités d’action sectorielles et limitées. Contre la réforme des retraites, de nombreux participants aux manifestations scandaient « résistance ». Relativement à la politique d’immigration, il faut désormais l’organiser, ici, maintenant, tous ensemble et pour les mois à venir car l’offensive xénophobe et sécuritaire va se poursuivre, et elle sera au cœur de la campagne présidentielle. Dans ce contexte, il est urgent de construire un vaste mouvement national et unitaire contre le racisme, la politique d’immigration du gouvernement et pour la régularisation des sans-papiers. Tel est le sens de l’appel à manifester partout en France le 28 mai 2011 (1), signé par des dizaines d’organisations politiques, de très nombreux syndicats de salariés, d’enseignants, de magistrats, d’avocats, d’étudiants et de lycéens, d’associations nationales et locales auxquels s’ajoutent de très nombreux élus locaux, députés et parlementaires européens.

 

(1) http://dailleursnoussommesdici.org/

Olivier Le Cour Grandmaison

 


Il n'est plus possible d'ajouter des commentaires à cet article

Vite dit

9/3/2019 - Respect des êtres humains ? Bof !
Cet AM, la PAF du CRA de Cornebarrieu a appelé Alain et Catherine, militants du Cercle des Voisins. Mr X, retenu au CRA, était dehors, soi-disant suite à une décision de justice.
Alain et Catherine sont allés le récupérer; en guise de dossier médical les policiers de la PAF leur dont donné une enveloppe vide et 2 comprimés de Doliprane, mais comme Mr X est atteint d'une maladie psychiatrique grave, il a absolument besoin d'un traitement contre la schizophrénie, ils l'ont amené aux urgences psy.
Après 2h30 aux urgences psy, ils sortent avec 2 Temesta (Lorazépam) et rassurés (+ou- ) sur un éventuel comportement dangereux. Il passe la nuit chez nos militants sans problème. Le lendemain matin re-problème. La PAF du CRA ignore ou se trouve son dossier médical. Après une dizaine d’appels, ils obtiennent une réponse peu coopérante au début : venez lundi (ça rouspète dur !!!), mais finalement ils les rappellent : l’infirmière avait préparé le dossier avec 5 jours de traitement, mais les policiers de service ne le savaient pas (et c’est bien le dernier de leur souci).... Ils sont donc allés chercher ce dossier avec, bien évidemment, Mr X. Retour à la maison et achat d’un billet sur OUI BUS pour la destination qu'il souhaitait. Ils l'ont laissé devant le bus.
Un cas exceptionnel ? Malheureusement non. Les policiers de la PAF et l'État français déchargent leur responsabilité régulièrement sur les associations de soutien aux retenus avec une désinvolture qui ne peut qu'être assimilé à la mise en danger d'autrui, ou du moins à la non-assistance à personne en danger.
Jusqu'à quand, sous prétexte de protéger la France de cette "horde d'étrangers envahissants", allons-nous permettre au gouvernement de violer et piétiner les droits fondamentaux des êtres humains, ces droits mêmes qui feraient de la France le grand pays qu'elle prétend être ?

⚫️

22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

⚫️

13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

⚫️

19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

⚫️

26/11/2018 - Théoriquement libre
Libéré par le juge judiciaire ce jour, le jeune M. ne pourra voyager aux côtés de son papa venu spécialement de Paris, assister à l'audience.
En effet, dépourvu de papier d'identité, il lui est interdit de prendre le bus, transport en commun le plus accessible (car subventionné). Comment rejoindra-t-il sa famille qui habite Paris? 
Par le train en payant un billet 2 ou 3 fois plus cher que le prix du bus, en prenant le risque d'être débarqué en cours de route ?
Quelle possibilité reste-il à un sortant du CRA, sans papier,  de regagner son domicile parisien ?

⚫️

29/9/2018 - Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie
A bord de l’Aquarius, qui fait route vers la Méditerranée centrale, quand le Dr Carlos Jaramillo pense aux migrants qu’il se prépare à secourir en mer, il se repasse les images du 11 septembre 2001. Celles de ces femmes et de ces hommes sautant par les fenêtres du World Trade Center, leur corps lancé dans une chute vertigineuse et sans issue. « Il devait y avoir l’enfer derrière ces fenêtres pour qu’ils se jettent dans le vide », dit-il. Comme ces gens qui choisissent de tenter la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune. « Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie en mer », résume Carlos Jaramillo.

⚫️

reves jeunesse24/9/2018 - On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !
Nous sommes accoutumés à ce que nos jeunes voyagent à travers le monde, par Erasmus mais aussi bien souvent, sans qualification particulière, en Angleterre voire en Australie qui semble exercer sur eux une forte attraction. La plupart du temps au bout de quelques mois ou quelques années ils reviennent dans leur pays d'origine.
Comment ne pas comprendre que des jeunes nés au sud ne partagent pas ce rêve de découvrir un jour ce qu'ils voient sur leur télé ou leur portable ? 
Nous avons reçu un jeune venu de son village du fin fond de la Gambie dont le rêve était de voir le PSG ! Un autre après avoir erré entre Paris et Limoges et être mis en rétention, au vu de l'accueil reçu ici, nous disait "Finalement on est mieux chez nous".
Il est bien évident que ceux qui ont réussi à arriver après un parcours périlleux n'ont pas vraiment envie de repartir et cela d'autant moins qu'ils n'ont aucun moyen matériel pour rentrer chez eux, sans parler du fait qu'ils doivent bien souvent rembourser des sommes exorbitantes aux familles qui les ont aidé.
Donnons leur la chance de sortir de chez eux. 
On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !

⚫️

4/9/2018 - Dans quel monde vivons-nous ?
Comment une famille venant d’Ukraine avec deux enfants de 3 et 5 ans, après avoir déposé une demande d’asile, s’est retrouvée à la rue sans aucun hébergement et rapidement sans ressources a fini, au bout de 40 jours, par s’installer dans l’aéroport de Blagnac pour pouvoir être à l’abri, et qu’il ait fallu l’entremise d’un policier de la PAF qui nous a prévenus pour que nous puissions leur trouver une solution transitoire grâce aux réseaux de solidarité ?
Comment encore aujourd’hui n’ont-ils pas de solution digne qui leur soit proposée ?
Dans quel monde vivons-nous ?

⚫️

Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

Archive

Powered by mod LCA