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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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http://refugieslachapelle.wesign.it/fr


Plusieurs centaines de migrants provenant de différents pays d'Afrique (en majorité Erythréens et Soudanais), fuyant des situations intenables et ayant subi les violences d'un voyage extrêmement douloureux à travers la Lybie en guerre et la Méditerranée, s’étaient installés depuis le mois d'aout 2014, sous le métro aérien de la Chapelle. Ce campement précaire et insalubre a été évacué et détruit le 2 juin 2015 au nom de promesses d’hebergement non tenues, expliquant le retour rapide des migrant-e-s.

Le 8 juin devant la Halle Pajol (18ème arrondissement), a eu lieu une intervention de CRS particulièrement violente (matraquage, gazage) envers les réfugié-e-s, les militant-e-s et habitant-e-s du quartier, tous ayant pourtant résisté de façon pacifique à une rafle de migrant-e-s. Une quarantaine de migrant-e-s ont alors été envoyé-e-s en centre de rétention. Là, une Obligation à Quitter le Territoire Français (OQTF) leur a été notifiée par la préfecture -d'une manière absurde puisque les Érythréens et les Soudanais sont, par principe inexpulsables en raison des risques avérés encourus dans leurs pays d’origine. Certains, libérés par le tribunal administratif, ont été remis à la rue, étant désormais officiellement devenus des « clandestins » totalement dénués de tout et à la merci des contrôles policiers.

Le 11 juin, après que l’association du Bois Dormoy leur ait demandé de partir afin de ne pas assumer la responsabilité des pouvoirs publics, les migrant-e-s et leurs soutiens ont alors, faute de proposition satisfaisante de la part des autorités, jugé légitime d’occuper la caserne désaffectée de Château- Landon. Des négociations ont alors eu lieu, entre le représentant de la Maire de Paris, les élus du front de Gauche dont un traducteur, et les migrants désemparés, dans un climat de pression morale et de répression policière tout à fait dommageables à une négociation sereine. Le résultat a été de faire évacuer la caserne occupée par la foule, en échange d’une promesse de prise en charge à la fois sur le plan de l’hébergement et du soutien aux démarches de demande d’asile, pour 110 réfugié-e-s (c’est-à-dire excluant tous toutes celles et ceux qui, par crainte de nouvelles violences policières, ou pour d’autres raisons, n’étaient pas rentrés dans la caserne), et cela pour une « durée indéterminée».

Etant donné les conditions d’accueil déplorables dans le centre d’hébergement d’urgence de Nanterre (8 par chambres de 4, obligés de dormir à même le sol, sanitaires infects, nuisances diverses), où 80 sur 110 d’entre elles/eux ont été envoyé-e-s, de nombreux migrant-e-s se sont à nouveau considérés atteint-e-s dans leur dignité. Une fois de plus trahi-e-s par les autorités, elles/ils ont préféré revenir dormir dans la rue. Aujourd'hui, à Paris plusieurs camps à même le bitume (le jardin d'Eole, Austerlitz, Gare de l’Est...) abritent des centaines de réfugié-e-s abandonné-e-s par l’Etat. Grâce à leur unité et à l’aide de riverains et d’associations, ces femmes, hommes et enfants parviennent à mener une existence précaire mais solidaire.

Nous, citoyens français et résidents européens et étrangers, dénonçons cette situation de non droit entretenue de façon coupable par les autorités. C’est nous seuls, et non l'Etat dont on peut se demander légitimement s’il nous représente encore lorsqu’il viole les droits et bafoue la dignité humaine, qui avons pris la défense des principes de liberté, d'égalité et de fraternité. Nous condamnons avec la plus grande fermeté les violences policières qui ont accompagné chacune des interventions des forces de l'ordre et le processus de déshumanisation systématiquement orchestré à l’encontre de ces migrant-e-s. Etant depuis dix jours les témoins impuissant-e-s de l’acharnement et du mépris des autorités ainsi que de la détresse morale que cela engendre, nous appelons à des solutions durables et à une prise en charge immédiate de chacun-e de ces réfugié-e-s en vue de leur obtention du droit d'asile et de solutions de logement dignes et pérennes.

Nous affirmons notre engagement et notre solidarité sans failles auprès des migrant-e-s. Nous lutterons pour elles/eux mais aussi pour défendre notre société face à cette agression de la part des pouvoirs publics. Nous sommes déterminés à ce que les torts envers nos sœurs et nos frères migrant-e-s soient réparés et que le droit d’asile et la dignité humaine soient respectés dans notre pays.

Nous demandons :

1. La régularisation collective des migrant-e-s privé-e-s de titres de séjour, à la Chapelle, Austerlitz, Calais et ailleurs, ainsi que des conditions d’hébergement dignes ;

2. Un accès facilité et plus large aux titres de séjour afin de garantir aux migrant-e-s des conditions de vie et de travail dignes ;

3. La suppression du règlement de Dublin afin que les demandeur-se-s d’asile puissent choisir librement le pays dans lequel ils veulent s’installer ;

4. La liberté de circulation et d’installation à l’intérieur de l’espace Schengen et ailleurs afin que les migrant-e-s ne soient pas bloqués dans leurs trajets ;

5. La mise à disposition d’un lieu pour elles/eux, ce qui a été promis par la Mairie de Paris lors des "négociations" de la caserne. Ce lieu associatif, conçu sur le modèle des maisons des migrants de Calais, sera destiné à accueillir, héberger, aider dans leurs démarches et mettre en oeuvre la solidarité des riverains qui doit nécessairement compléter celle d’une aide institutionnelle défaillante. Il accueillera des permanences d’associations et devra impérativement être situé à Paris intra-muros, de préférence dans le quartier de la Chapelle où les migrant-e-s se regroupent traditionnellement. Nous sommes déterminé-e-s à poursuivre ce mouvement de solidarité en faisant vivre ce lieu dans le respect des migrant-e-s et pour elles/eux, et à ce qu’elles/ils ne soient pas relégué-e-s hors de la ville, hors de la cité, hors de nos vies.

6. Enfin, nous exigeons des excuses publiques de la part du ministre de l’intérieur, pour la violence inacceptable qui a été déployée par les forces de l’ordre contre les migrant-e-s et leurs soutiens pacifiques, notamment lors de la rafle de Pajol.


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Vite dit

injustice8/8/2018 - Chauffard ivre, administration ivre, tous les deux responsables et coupables
Un chauffard ivre est considéré par la justice comme responsable des accidents qu'il provoque. Une administration qui met en place une machine à expulser à pleine vitesse doit savoir qu'il est certain qu'une partie des procédures seront mal faites, voire faussées volontairement pour atteindre les objectifs chiffrés exigés. Ce ne sont donc pas des "erreurs de procédure", mais des décisions prises en amont qui, à l'instar du chauffard qui décide de boire, sont de la responsabilité de ceux qui les ont prises.
Documents manquants, contradictions entre des témoignages de tiers et ceux de la police, informations déformées ou faussées, voire inventées de toutes pièces font légion, mais il n'y a rien d'innocent dans ces "erreurs de procédure", quelqu'un a décidé !
Malheureusement les conséquences sont tout aussi graves, des personnes renvoyées aux pays desquels elles ont fui sont condamnées à des traitements inhumains ou dégradants, et même à la mort.
L'article 2 de la Convention européenne des droits de l'homme dispose que "le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi". L'article 3 de cette même convention "interdit aux États de pratiquer la torture, ou de soumettre une personne relevant de leur juridiction à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants". Il s'agit d'une des rares dispositions de la Convention qui ne soit pas assortie d'exceptions.
Des "erreurs de procédure" graves de l'administration, nous en voyons trop régulièrement dans les tribunaux pour les étrangers, et elles restent impunies, et même ignorées par ces tribunaux, en totale violation de la constitution, de la loi, et des valeurs de la France.

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7/8/2018 - Violation des conventions internationales, la France persiste et signe
Notre gouvernement se permet de critiquer les USA sur la violation de conventions internationales, mais "en même temps" elle se permet l'hypocrisie de le faire elle même en toute impunité.
Les conventions internationales et européennes des droits des enfants, adoptée et signée par la France en 1989 (quand les droits de l'homme n'étaient pas encore que des mots sur un papier) les protège de toute maltraitance, dont la privation de liberté. Or, une juge du JLD a décidé autrement en maintenant en rétention dans la zone d'attente de l'aéroport de Blagnac une famille de journalistes demandeurs d'asile congolais, avec leur enfant de deux ans et une mère enceinte de six mois, souffrante, qui ont dû fuir en urgence leur pays parce que menacés de mort par leur gouvernement. La juge a certainement considéré que garder cette famille en rétention quelques jours de plus en attendant leur entretien avec l'OFPRA n'allait pas ajouter grande chose au traumatisme déjà subit par leur fuite et l'abandon de leur vie derrière eux.
Certes, les enfants s'adaptent à tout, mais il ne faut pas se leurrer, ils gardent les traces.
La "protection de la France" justifie-t-elle d'ajouter encore à la détresse de cet enfant et de cette famille ?

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juge magicien29/7/2018 - Ici on ne rend pas justice, on applique la loi !
C'est ce qu'a répondu il y a quelque temps une juge du JLD à un retenu.
La loi dispose qu'un document officiel d'un pays étranger, tel un acte de naissance prouvant la minorité d'un.e jeune, de surcroit confirmé authentique par le consul de ce pays en France, doit être accepté et prit en compte par la justice, et doit primer sur toute autre considération.
La loi dispose qu'en cas de doute sur sa minorité, ce doute doit profiter au jeune.
La loi dispose que quand l'état formule une accusation il est tenu d'apporter des preuves.
Et pourtant, suivant l'avis de la préfecture de Toulouse, un tel document n'a pas été considéré "crédible" par un juge du Tribunal Administratif de Toulouse, qui a condamné Nakachia, mineure de 14 ans, à être renvoyée dans son pays, où elle risque en plus d'être mariée de force à un vieil homme de 70 ans.
La raison ? La préfecture a "des doutes", POINT. Point de preuves aussi, juste des soupçons.
Donc, on applique la loi quand la justice ne convient pas, et on rend "justice" quand la loi ne convient pas.
C'est å se demander à quoi bon payer cette armée de parlementaires et tous ces juges si de toute façon l'État se débrouille très bien tout seul pour faire le travail à leur place.
En savoir plus ici et

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12/7/2018 - France - Belgique 0 à 0
Samuel Umtiti est né au Cameroun, il est le petit dernier d'une fratrie de 4 enfants. Alors qu'il a 2 ans, sa famille émigre en France et s'installe à Lyon. C'était en 1995, serait-ce possible aujourd'hui ?

Paul Pogba : fils d'immigrés d'origine guinéenne
Antoine Griezmann : d'ascendance allemande et portugaise
N’Golo Kanté : d'ascendance malienne
Kylian Mbappé : fils d'immigrés d'origine camerounaise et algérienne
Ousmane Dembélé : fils d'immigrés d'origine malienne et sénégalo-mauritanienne
Corentin Tolisso : fils de père togolais
✓ Et tant d'autres
Merci à vous tous !
Mais dans vingt ans, avec les frontières fermées, y aura-t-il quelqu'un pour marquer pour la France ?

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8/7/2018 - Ah bon ? On avait tort toutes ces années alors ?
Les gouvernements successifs, les parlementaires, les tribunaux, les policiers, l'administration, tout ce beau monde, aveuglé par leurs intérêts politiciens et populistes s'acharnait à pointer du doit, accuser, juger et condamner ces "criminels de la fraternité" qui "font le jeu des passeurs", sans même se poser la question de la légalité de leurs actions, et voilà qu'à la plus haute cour de justice les Sages du Conseil Constitutionnel projettent un rayon de lumière et leur disent : Ben non ! C'est vous qui avez tort ! C'est vous qui accusez, jugez et condamnez un des éléments fondateurs de la République, ses fondations mêmes !
Liberté et Égalité : la FRATERNITÉ n’est pas un gadget ou une cerise sur le gâteau républicain, c’est le principe constitutionnel permettant de garantir les 2 premiers !
En savoir plus

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1/7/2018 - Macron a raté un cours à l'école de la vie
En accusant le navire Lifeline de violation de la loi et de faire le jeu de la mafia de passeurs, on comprend aisément que Macron a raté le cours sur le mode d'utilisation de valeurs et de principes.
Une personne normale, qui a assisté à tous les cours, se base sur ses valeurs et ses principes pour dicter sa conduite. Macron, lui, regarde d'abord les chiffres, puis se basant dessus il prend des décisions sur sa conduite. Si les décisions sont en accord avec ce qu'il dit être ses valeurs, tant mieux, ça servira pour le marketing. Si ce n'est pas le cas, eh ben, ce n'est pas grave, on pourra toujours brandir le joker : "On ne peut pas accueillir toute la misère du monde".
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24/6/2018 - Hypocrisie
Dans le beau vocable "Aide Publique au Développement" on pense intuitivement à l'affectation d'une partie de nos dépenses "publiques" qui va être destinée à des pays pauvres afin de les "aider" à se "développer" et donc d'améliorer les conditions de vie des peuples. On ne se doute pas qu'une part toujours plus importante de cette "aide" sert en Europe, à financer les expulsions et, en dehors, à financer des accords pour renforcer les frontières des pays du sud, comme par exemple avec la Libye.
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vd brutalite policiere6/8/2018 - Retenus : la moindre tentative d’exister sera réprimée
L’audience en comparution immédiate contre les pseudo-émeutiers du CRA de Cornebarrieu m’a totalement consterné. Il ne s’est même pas agi d’une parodie de justice, mais simplement d’un conseil de discipline dont l’objet est de faire comprendre aux retenus que leur moindre tentative d’exister sera impitoyablement réprimée.
Tout a tourné autour de la notion de territoire. On a pu comprendre qu’un territoire même aussi minuscule que le bâtiment (E ou D) ne doit pas être accessible selon le bon vouloir d’un retenu. On a pu comprendre aussi que les retenus puissent envisager de se mouvoir dans un espace sans être observé est une prétention qu’il faut mâter immédiatement. La rétention n’est pas une mise en attente d’un éloignement, mais bien un temps de punition pour décourager toute velléité de (re)pénétrer en France.
Dans ce système les centres de rétentions sont des zones de non-droit où seuls l’arbitraire, la force et l’humiliation ont droit de cité.
Les perspectives d’un tel système sont glaçantes.

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Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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