En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés.

cdv logo  

Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

logo EGM Toulouse

mardi 18 novembre 2008 

Par TASSADIT IMACHE



Ecrivaine, auteure notamment de, l'ouvrage Des nouvelles de Kora, à paraître en mars 2009 (Actes Sud); membre de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), de février 2001 à février 2007.


DEPUIS DES ANNÉES, nous avons été nourris de constats fallacieux et de faux débats visant à définir comme problématique la présence des immigrés dans notre pays. Tandis que les journaux télévisés nous proposaient en illustration: femmes en boubous avec grappes d'enfants, adolescents noirs et maghrébins au pied des immeubles, camps sinistrés de gens du voyage. Nous avions subi cette immigration-là, le temps est venu où l'on va enfin choisir avec qui nous voulons vivre. Oui, nous avons été bien préparés à la politique actuelle de contrôle de l'immigration. Ainsi, « les étrangers qui n'ont pas de papiers ont vocation à retourner dans leur pays ». Et, en vérité, nous faisons œuvre de charité en arrachant ces gens-là des mains de leurs exploiteurs pour les jeter dehors. Aussi proprement que possible, à la française, avec beaucoup d'administration. Et nous devrions même nous honorer d'être de ce pays-là, en Europe, qui met le curseur des valeurs humaines le moins bas.

Aujourd'hui sont apparus dans notre paysage moral et politique des décors inimaginables jusqu'alors : des centres, des locaux où sont enfermés des individus, des familles. Exilés, réfugiés qui, une fois jugés en préfecture coupables de ne plus remplir les toujours plus nombreux critères de notre hospitalité, sont arrachés à leur vie et aux nôtres, en attendant d'être expulsés sous la contrainte physique, psychologique et morale. Et une directive européenne vient d'autoriser la durée de leur enfermement jusqu'à dix-huit mois.

Des concitoyens nous disent ce qu'ils ont vu et vécu dans la rue, le métro, l'avion. Ces scènes d'interpellations ou de reconduites stupéfiantes, composées des mêmes ingrédients : rapt et brutalité. Et ces visages-là entraperçus, défigurés par l'angoisse ou la honte - illégaux?

L' expulsion a ses protocoles particuliers, des procédures élaborées dans la langue et la logique de la seule rationalité technique. Le stress des professionnels de la sécurité, les émotions de part et d'autre, les cris, crachats, pleurs, insultes, peur, pitié sont convertis en facteurs de frein, en risques de mauvais résultats. Car si la mission échoue, le « clandestin » redescend de l'avion, remet ses pieds sur notre sol. Et tout est à recommencer.. On peut imaginer aisément l'état de tension des professionnels qui sont chargés de ces DEPA (Deported Accompanied), la pression qui s'exerce sur eux pour que les chiffres atteints soient ceux des objectifs, en hausse permanente.

Dès lors, on équipe mieux nos escorteurs et on considère tous les aspects pratiques. Des gants épais prémunissent des morsures, du risque d'infection. Les bras d'une fonctionnaire de police sont plus efficaces pour un nourrisson somalien que ceux d'une mère menottée qui se laisse tomber au sol et dit qu'elle ne veut pas partir. On prévient le risque le plus dangereux : l'empathie qui guette tout policier, tout policier-citoyen-parent, mais surtout les voyeurs présents sur le parcours du reconduit - magistrats, médecins, infirmiers, associations humanitaires.

Ainsi, l'attente avant l'embarquement de personnes éprouvées ou malmenées est plus appropriée dans le véhicule de police, sur le tarmac, qu'au service médical de l'aéroport, où travaillent de potentiels intrus. On a observé que le désespoir décuple les forces humaines, et aussi comme ces gens-là savent détourner un objet de sa fonction pour s'automutiler, tenter de se suicider pour compromettre l'expulsion. On en a tiré les leçons. On sait endiguer la montée vaine de l'espoir, proportionnelle au risque de franchissement par les policiers des limites déontologiques. On a accumulé des données précieuses sur le comportement des DEPA (la Nigériane est violente et le Chinois un dangereux paquet de nerfs). Il faut suivre leur évolution psychologique jusqu'à l'heure du décollage, entretenir un semblant de dialogue, endormir les résistances avec un ton ferme et calme : tenez-vous tranquille et vous reviendrez légalement, débattez-vous et plus jamais vous n'entrerez en France.

On a réfléchi à leur entrée dans l'avion. Elle se fait avant les passagers ordinaires, par l'arrière; il y a un sas de sièges vides. Un des professionnels aura en charge la négociation éventuelle avec un commandant offensé de ne plus être maître à bord. Un autre parlera aux passagers étonnés ou choqués, potentiels fauteurs de troubles. On appréhende mieux les tensions. Selon le profil du citoyen-voyageur qui vient se renseigner auprès des escorteurs, les réponses varient graduellement. Cela va de l'information - «Nous appliquons la loi » - à l'intimidation et à la menace. Si le nombre d'importuns augmente, ce sera le franc rapport de forces avec extraction des perturbateurs, gardes à vue et poursuites judiciaires pour obstacle au vol d'un aéronef ou incitation à l'émeute.

Depuis cinq ans, on dispense aux personnels de sécurité des formations spécifiques nourries d'observations de terrain. Grâce au Caméscope, on peut revoir indéfiniment une reconduite. On pointe à l'image les erreurs à ne pas commettre. En direct, il y a cet homme noir qui a crié, appelé sa mère et le Bon Dieu. Comment le faire monter dans l'avion? L' instructeur montre les endroits précis du corps, les gestes techniques professionnels recommandés. Voilà comment on immobilise des bras, une paire de jambes, grâce à ces bandes de type Velcro. En deux minutes, on obtient une momie transportable.

Il n'est certes plus permis de plier à la hâte les récalcitrants sur le siège de l'avion pour les dérober à la vue et à l'attention des autres passagers, bouche fermée à la main, ni de s'asseoir sur le dos du reconduit jusqu'au décollage. Deux hommes en sont morts, leur cœur s'est arrêté sur notre territoire. Ils s'appelaient Ricardo Barrientos et Mariame Getu Hagos.

MAIS un problème demeure: celui des « nuisances phoniques ». Comment éviter que le reconduit, par ses cris, n'ameute l'équipage, les voyageurs? On a trouvé une solution du côté des arts martiaux : on enseigne la pression a exercer en certains points du cou. Ça coupe la respiration, le cerveau n'est plus irrigué, le reconduit n'a plus de voix. Cela a un nom assez poétique : la « modulation phonique », ou comment empêcher une personne en détresse d'appeler au secours. Du fax préfectoral au siège d'avion, de l'arrêté administratif au saucissonnage, la logique inhumaine de l'expulsion se déroule jusqu'à l'indignité finale, endossée par les policiers. La violence intrinsèque de la reconduite était inscrite dès le départ : la personne ne pèse rien. Et, à la fin, on charge des êtres humains inertes, à l'horizontale, comme des choses.

Culture étatique du mensonge, du guet-apens, du contournement délibéré des lois et des dispositifs d'aide existant dans nos démocraties pour les plus vulnérables... Voici maintenant que le Comité inter-mouvements auprès des évacués (Cimade), engagé auprès des migrants, des demandeurs d'asile et des expulsés, est menacé dans son action (1). Ses membres voient arriver dans les centres de rétention des personnes dont la vie a basculé en quelques heures, traînant les effets qu'on leur a laissé prendre, les cartables, parfois un nourrisson dans un couffin.

La présence de la Cimade dans ces lieux, c'est ce qui reste aujourd'hui de notre présence, de notre regard. Un organisme humanitaire peut être amené à signifier à l'administration, à la police, aux responsables politiques, aux citoyens, par ses rapports rendus publics, des manquements inacceptables. Cette voix-là, on voudrait la « moduler »aussi.

Le gouvernement veut ouvrir l'humanitaire à la concurrence pour casser l'expérience accumulée, morceler le territoire en « lots » pour empêcher une visibilité d'ensemble. Il exige neutralité et confidentialité. L'humanitaire ne serait pas assez neutre: avec l'humain, viennent en effet le droit et la dignité de la personne. Comme le secret et l'arbitraire vont bien aux lieux clos... ce terreau d'abus et de violences de nos prisons. Alors, que dirons-nous à cette heure ? Sommes-nous encore de ceux qui veulent continuer à parler notre langue: « droit », « liberté », « dignité » de la personne ? De ceux qui pensent que « pour eux » valent nos textes et notre croyance en la pérennité de l'universalité des valeurs? Car la façon dont aujourd'hui on traite chez nous ces étrangers-là, les plus vulnérables, dit quelque chose de grave sur la France et les étrangers, et sur l'Europe, au reste du monde. Sur ce que nous étions, et sur ce que nous risquons d'être demain. Etrangers à nous-mêmes ?

  1. (1) Seule la Cimade est habilitée, depuis 1985, à intervenir auprès des étrangers expulsables à l'intérieur des centres de rétention administrative. Le ministère de l'immigration entendait émietter par la concurrence cette mission. Après la suspension de l'appel d'offres décrétée par le tribunal administratif de Paris, la décision a été reportée au 31 octobre au plus tard.

* Ecrivaine, auteure notamment de, l'ouvrage Des nouvelles de Kora, à paraître en mars 2009 (Actes Sud); membre de la Co i mmis sion nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), de février 2001 à février 2007.

mardi 18 novembre 2008.

*

DEPUIS DES ANNÉES, nous avons été nourris de constats fallacieux et de faux débats visant à définir comme problématique la présence des immigrés dans notre pays. Tandis que les journaux télévisés nous proposaient en illustration: femmes en boubous avec grappes d'enfants, adolescents noirs et maghrébins au pied des immeubles, camps sinistrés de gens du voyage. Nous avions subi cette immigration-là, le temps est venu où l'on va enfin choisir avec qui nous voulons vivre. Oui, nous avons été bien préparés à la politique actuelle de contrôle de l'immigration. Ainsi, « les étrangers qui n'ont pas de papiers ont vocation à retourner dans leur pays ». Et, en vérité, nous faisons œuvre de charité en arrachant ces gens-là des mains de leurs exploiteurs pour les jeter dehors. Aussi proprement que possible, à la française, avec beaucoup d'administration. Et nous devrions même nous honorer d'être de ce pays-là, en Europe, qui met le curseur des valeurs humaines le moins bas.

Aujourd'hui sont apparus dans notre paysage moral et politique des décors inimaginables jusqu'alors : des centres, des locaux où sont enfermés des individus, des familles. Exilés, réfugiés qui, une fois jugés en préfecture coupables de ne plus remplir les toujours plus nombreux critères de notre hospitalité, sont arrachés à leur vie et aux nôtres, en attendant d'être expulsés sous la contrainte physique, psychologique et morale. Et une directive européenne vient d'autoriser la durée de leur enfermement jusqu'à dix-huit mois.

Des concitoyens nous disent ce qu'ils ont vu et vécu dans la rue, le métro, l'avion. Ces scènes d'interpellations ou de reconduites stupéfiantes, composées des mêmes ingrédients : rapt et brutalité. Et ces visages-là entraperçus, défigurés par l'angoisse ou la honte - illégaux?

L' expulsion a ses protocoles particuliers, des procédures élaborées dans la langue et la logique de la seule rationalité technique. Le stress des professionnels de la sécurité, les émotions de part et d'autre, les cris, crachats, pleurs, insultes, peur, pitié sont convertis en facteurs de frein, en risques de mauvais résultats. Car si la mission échoue, le « clandestin » redescend de l'avion, remet ses pieds sur notre sol. Et tout est à recommencer.. On peut imaginer aisément l'état de tension des professionnels qui sont chargés de ces DEPA (Deported Accompanied), la pression qui s'exerce sur eux pour que les chiffres atteints soient ceux des objectifs, en hausse permanente.

Dès lors, on équipe mieux nos escorteurs et on considère tous les aspects pratiques. Des gants épais prémunissent des morsures, du risque d'infection. Les bras d'une fonctionnaire de police sont plus efficaces pour un nourrisson somalien que ceux d'une mère menottée qui se laisse tomber au sol et dit qu'elle ne veut pas partir. On prévient le risque le plus dangereux : l'empathie qui guette tout policier, tout policier-citoyen-parent, mais surtout les voyeurs présents sur le parcours du reconduit - magistrats, médecins, infirmiers, associations humanitaires.

Ainsi, l'attente avant l'embarquement de personnes éprouvées ou malmenées est plus appropriée dans le véhicule de police, sur le tarmac, qu'au service médical de l'aéroport, où travaillent de potentiels intrus. On a observé que le désespoir décuple les forces humaines, et aussi comme ces gens-là savent détourner un objet de sa fonction pour s'automutiler, tenter de se suicider pour compromettre l'expulsion. On en a tiré les leçons. On sait endiguer la montée vaine de l'espoir, proportionnelle au risque de franchissement par les policiers des limites déontologiques. On a accumulé des données précieuses sur le comportement des DEPA (la Nigériane est violente et le Chinois un dangereux paquet de nerfs). Il faut suivre leur évolution psychologique jusqu'à l'heure du décollage, entretenir un semblant de dialogue, endormir les résistances avec un ton ferme et calme : tenez-vous tranquille et vous reviendrez légalement, débattez-vous et plus jamais vous n'entrerez en France.

On a réfléchi à leur entrée dans l'avion. Elle se fait avant les passagers ordinaires, par l'arrière; il y a un sas de sièges vides. Un des professionnels aura en charge la négociation éventuelle avec un commandant offensé de ne plus être maître à bord. Un autre parlera aux passagers étonnés ou choqués, potentiels fauteurs de troubles. On appréhende mieux les tensions. Selon le profil du citoyen-voyageur qui vient se renseigner auprès des escorteurs, les réponses varient graduellement. Cela va de l'information - «Nous appliquons la loi » - à l'intimidation et à la menace. Si le nombre d'importuns augmente, ce sera le franc rapport de forces avec extraction des perturbateurs, gardes à vue et poursuites judiciaires pour obstacle au vol d'un aéronef ou incitation à l'émeute.

Depuis cinq ans, on dispense aux personnels de sécurité des formations spécifiques nourries d'observations de terrain. Grâce au Caméscope, on peut revoir indéfiniment une reconduite. On pointe à l'image les erreurs à ne pas commettre. En direct, il y a cet homme noir qui a crié, appelé sa mère et le Bon Dieu. Comment le faire monter dans l'avion? L' instructeur montre les endroits précis du corps, les gestes techniques professionnels recommandés. Voilà comment on immobilise des bras, une paire de jambes, grâce à ces bandes de type Velcro. En deux minutes, on obtient une momie transportable.

Il n'est certes plus permis de plier à la hâte les récalcitrants sur le siège de l'avion pour les dérober à la vue et à l'attention des autres passagers, bouche fermée à la main, ni de s'asseoir sur le dos du reconduit jusqu'au décollage. Deux hommes en sont morts, leur cœur s'est arrêté sur notre territoire. Ils s'appelaient Ricardo Barrientos et Mariame Getu Hagos.

MAIS un problème demeure: celui des « nuisances phoniques ». Comment éviter que le reconduit, par ses cris, n'ameute l'équipage, les voyageurs? On a trouvé une solution du côté des arts martiaux : on enseigne la pression a exercer en certains points du cou. Ça coupe la respiration, le cerveau n'est plus irrigué, le reconduit n'a plus de voix. Cela a un nom assez poétique : la « modulation phonique », ou comment empêcher une personne en détresse d'appeler au secours. Du fax préfectoral au siège d'avion, de l'arrêté administratif au saucissonnage, la logique inhumaine de l'expulsion se déroule jusqu'à l'indignité finale, endossée par les policiers. La violence intrinsèque de la reconduite était inscrite dès le départ : la personne ne pèse rien. Et, à la fin, on charge des êtres humains inertes, à l'horizontale, comme des choses.

Culture étatique du mensonge, du guet-apens, du contournement délibéré des lois et des dispositifs d'aide existant dans nos démocraties pour les plus vulnérables... Voici maintenant que le Comité inter-mouvements auprès des évacués (Cimade), engagé auprès des migrants, des demandeurs d'asile et des expulsés, est menacé dans son action (1). Ses membres voient arriver dans les centres de rétention des personnes dont la vie a basculé en quelques heures, traînant les effets qu'on leur a laissé prendre, les cartables, parfois un nourrisson dans un couffin.

La présence de la Cimade dans ces lieux, c'est ce qui reste aujourd'hui de notre présence, de notre regard. Un organisme humanitaire peut être amené à signifier à l'administration, à la police, aux responsables politiques, aux citoyens, par ses rapports rendus publics, des manquements inacceptables. Cette voix-là, on voudrait la « moduler »aussi.

Le gouvernement veut ouvrir l'humanitaire à la concurrence pour casser l'expérience accumulée, morceler le territoire en « lots » pour empêcher une visibilité d'ensemble. Il exige neutralité et confidentialité. L'humanitaire ne serait pas assez neutre: avec l'humain, viennent en effet le droit et la dignité de la personne. Comme le secret et l'arbitraire vont bien aux lieux clos... ce terreau d'abus et de violences de nos prisons. Alors, que dirons-nous à cette heure ? Sommes-nous encore de ceux qui veulent continuer à parler notre langue: « droit », « liberté », « dignité » de la personne ? De ceux qui pensent que « pour eux » valent nos textes et notre croyance en la pérennité de l'universalité des valeurs? Car la façon dont aujourd'hui on traite chez nous ces étrangers-là, les plus vulnérables, dit quelque chose de grave sur la France et les étrangers, et sur l'Europe, au reste du monde. Sur ce que nous étions, et sur ce que nous risquons d'être demain. Etrangers à nous-mêmes ?

  1. (1) Seule la Cimade est habilitée, depuis 1985, à intervenir auprès des étrangers expulsables à l'intérieur des centres de rétention administrative. Le ministère de l'immigration entendait émietter par la concurrence cette mission. Après la suspension de l'appel d'offres décrétée par le tribunal administratif de Paris, la décision a été reportée au 31 octobre au plus tard.

* Ecrivaine, auteure notamment de, l'ouvrage Des nouvelles de Kora, à paraître en mars 2009 (Actes Sud); membre de la Co i mmis sion nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), de février 2001 à février 2007.

mardi 18 novembre 2008.

Il n'est plus possible d'ajouter des commentaires à cet article

Vite dit

13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

⚫️

19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

⚫️

26/11/2018 - Théoriquement libre
Libéré par le juge judiciaire ce jour, le jeune M. ne pourra voyager aux côtés de son papa venu spécialement de Paris, assister à l'audience.
En effet, dépourvu de papier d'identité, il lui est interdit de prendre le bus, transport en commun le plus accessible (car subventionné). Comment rejoindra-t-il sa famille qui habite Paris? 
Par le train en payant un billet 2 ou 3 fois plus cher que le prix du bus, en prenant le risque d'être débarqué en cours de route ?
Quelle possibilité reste-il à un sortant du CRA, sans papier,  de regagner son domicile parisien ?

⚫️

29/9/2018 - Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie
A bord de l’Aquarius, qui fait route vers la Méditerranée centrale, quand le Dr Carlos Jaramillo pense aux migrants qu’il se prépare à secourir en mer, il se repasse les images du 11 septembre 2001. Celles de ces femmes et de ces hommes sautant par les fenêtres du World Trade Center, leur corps lancé dans une chute vertigineuse et sans issue. « Il devait y avoir l’enfer derrière ces fenêtres pour qu’ils se jettent dans le vide », dit-il. Comme ces gens qui choisissent de tenter la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune. « Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie en mer », résume Carlos Jaramillo.

⚫️

reves jeunesse24/9/2018 - On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !
Nous sommes accoutumés à ce que nos jeunes voyagent à travers le monde, par Erasmus mais aussi bien souvent, sans qualification particulière, en Angleterre voire en Australie qui semble exercer sur eux une forte attraction. La plupart du temps au bout de quelques mois ou quelques années ils reviennent dans leur pays d'origine.
Comment ne pas comprendre que des jeunes nés au sud ne partagent pas ce rêve de découvrir un jour ce qu'ils voient sur leur télé ou leur portable ? 
Nous avons reçu un jeune venu de son village du fin fond de la Gambie dont le rêve était de voir le PSG ! Un autre après avoir erré entre Paris et Limoges et être mis en rétention, au vu de l'accueil reçu ici, nous disait "Finalement on est mieux chez nous".
Il est bien évident que ceux qui ont réussi à arriver après un parcours périlleux n'ont pas vraiment envie de repartir et cela d'autant moins qu'ils n'ont aucun moyen matériel pour rentrer chez eux, sans parler du fait qu'ils doivent bien souvent rembourser des sommes exorbitantes aux familles qui les ont aidé.
Donnons leur la chance de sortir de chez eux. 
On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !

⚫️

4/9/2018 - Dans quel monde vivons-nous ?
Comment une famille venant d’Ukraine avec deux enfants de 3 et 5 ans, après avoir déposé une demande d’asile, s’est retrouvée à la rue sans aucun hébergement et rapidement sans ressources a fini, au bout de 40 jours, par s’installer dans l’aéroport de Blagnac pour pouvoir être à l’abri, et qu’il ait fallu l’entremise d’un policier de la PAF qui nous a prévenus pour que nous puissions leur trouver une solution transitoire grâce aux réseaux de solidarité ?
Comment encore aujourd’hui n’ont-ils pas de solution digne qui leur soit proposée ?
Dans quel monde vivons-nous ?

⚫️

9/9/2018 - IRTF
Créées en 2016, les interdictions de retour du territoire français (IRTF), d'une durée d'un à cinq ans, ont connu en 2017 
une augmentation de 1 097% par rapport à 2016 : elles  passent de 1 859 à 19 901 sur un total de 85 268 obligations à quitter le territoire délivrées (OQTF). 23% des OQTF ont été assorties d’une interdiction de retour en 2017.
Ces mesures représentent une monstrueuse épée de Damoclès utilisée pour dissuader, précariser et contrôler.
Il n’existe aucune procédure d’abrogation de droit de cette mesure pour tenir compte d’éventuelles évolutions de la situation personnelle.
En savoir plus

⚫️

30/8/2018 - « Urgence, papa expulsé, trois enfants en danger »
Certains ont pu s’indigner de la barbarie de Trump qui séparait les enfants des parents sans papiers emprisonnés, quand, en toute discrétion, ici, on fait la même chose !
Samuel GAZARIAN, arménien, a été arrêté à Tarbes et placé au Centre de rétention de Cornebarrieu. Ce papa arménien a 3 enfants scolarisés en primaire et collège. Ce père de famille risque à tout instant d’être embarqué pour Erevan, laissant son épouse et ses enfants sur notre territoire. Cette situation est intolérable et cette séparation est d’une cruauté inconcevable.
Comment la préfecture des Hautes-Pyrénées peut faire acte d’une telle inhumanité avec cette famille investie dans la vie associative tarbaise ?! Aucune des meilleures raisons du monde ne peut autoriser un pays civilisé à procéder de cette méthode d’un autre âge, d’un autre temps.

⚫️

Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

Archive

Powered by mod LCA