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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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NSAE | 04/05/2016

Par José Arregi

« Qu’as-tu fait de ton frère, Europe ? » te demande Dieu ou la Vie Bonne, comme il le demanda à Caïn. Écoute : « Le sang de tous les morts crie à ta porte, parce que tu la leur fermes. » Le sang de plus de 7000 en Méditerranée ces dernières années crie du fond de la terre et de la mer. Où sont les 10 000 enfants qui passèrent tes frontières l’an dernier et disparurent ? »

Implacable, tu déportes des réfugiés de Grèce en Turquie, déclarée maintenant « pays sûr » par décret, en échange d’obscurs arrangements et transactions. Enfants, femmes et hommes, êtres humains désespérés. Tu ne t’émeus même pas ? Tu crois résoudre le problème en déviant la route de ceux qui fuient et en augmentant tragiquement le nombre des noyés dans tes eaux du sud ? Les morts t’importent peu, ou tes morts seuls t’importent ?

Ne te cache pas derrière de confuses et mesquines distinctions entre migrants politiques et économiques, ou entre migrants et réfugiés. Ne fais pas appel à l’économie, toi qui as été si généreuse avec les banques en déroute, toi qui dépenses en armes et forces armées 3 000 millions de dollars par jour. N’évoque pas la sécurité, car tu ne pourras combattre le terrorisme sans tenir compte des causes qui sont à son origine ou des motifs qui l’alimentent. Où il y a la guerre, il y a la faim, où il y a la faim, il y a la guerre ou elle viendra. La faim est la pire des guerres, le pire terrorisme. Tes entreprises sont en guerre, tes bourses, tes banques, tes spéculateurs, tes paradis fiscaux et tes riches corrompus. Ceux qui arrivent d’Afghanistan, d’Irak ou de Syrie demandent asile et pain. Ceux qui arrivent d’Érythrée, de Somalie, du Niger, du Sénégal ou de Libye demandent pain et asile. Souviens-toi que tu as été migrant et réfugié dans et au-delà de tes propres frontières. Tu aurais accepté que l’on te demande ce que tu étais ? Ou crois-tu que les flux migratoires diminueront alors que la faim et la guerre ne disparaissent pas. Non, tu ne pourras les arrêter.

Réponds de ton histoire. Sois responsable de tes colonisations : l’Espagnole, la Française, la Britannique, la Portugaise, la Belge, l’Allemande. Tu demandas l’autorisation pour envahir des pays ? Qui conquit et exploita l’Afrique et traça ses frontières et provoqua une bonne partie de ses guerres ? Qui déstabilisa tout le Moyen- Orient ? Réponds de tes actions et omissions des dernières décades. Tu es responsable, avec les États-Unis, par action et par omission, des drames d’Afghanistan, Irak, Yémen, Syrie, Libye, Soudan, Pakistan, Somalie, Mali… et de la fuite de 25 millions de personnes. Regarde d’ où ils viennent, et pourquoi. Regarde leur visage, regarde- toi en eux. Tu es coresponsable de leur tragédie, dans beaucoup de cas plus responsable que personne. Ne te laisse pas envahir par les remords, mais réponds aujourd’hui. Ils sont tes frères.

Nous comprenons tous que la bonne volonté ne suffit pas, et que la planification sera nécessaire pour éviter le chaos. Mais ne mens pas. Tes plans correspondent à tes intérêts les plus égoïstes : tu ouvres tes frontières à des migrants ou des réfugiés quand tu en as besoin et tu les fermes quand tu n’en as pas besoin. Tu veux uniquement gagner et ne pas perdre, ou distribuer en aumône les petites miettes que tu as en trop. As-tu oublié que d’autres ont perdu pour t’aider quand tu en as eu besoin ? Oublies-tu ce que tu as fait perdre à tant de pays pour être le seul à gagner ? Oublies-tu avec quoi, aux dépens de qui, tu as construit ton bien-être, ton éducation et santé gratuites, ton confort, tes pensions. En l’oubliant, prétends-tu t’offrir au monde comme modèle de civilisation ? Toi qui as occupé et conquis des continents entiers, exterminant leurs gens et leurs cultures, les spoliant de leurs biens ? Tu n’as pas encore appris qu’à la longue tu peux gagner si seulement tout le monde gagne ?

Réponds de tes nobles principes – liberté, égalité, fraternité -, de tes sciences et de tes savoirs, de tes universités et parlements, de ta démocratie et de tes acquis sociaux, de tes déclarations et pratiques pionnières en matière des Droits de l’Homme.

Europe, ne nous fais pas honte d’être européens. N’oublie pas ton histoire, ne fuis pas ta responsabilité, ne perds pas ton âme.

Europe, ne t’enferme pas, ne tue pas, ne meurs pas.

Traduit de l’espagnol par Rose-Marie Barandiaran

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Vite dit

29/9/2018 - Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie
A bord de l’Aquarius, qui fait route vers la Méditerranée centrale, quand le Dr Carlos Jaramillo pense aux migrants qu’il se prépare à secourir en mer, il se repasse les images du 11 septembre 2001. Celles de ces femmes et de ces hommes sautant par les fenêtres du World Trade Center, leur corps lancé dans une chute vertigineuse et sans issue. « Il devait y avoir l’enfer derrière ces fenêtres pour qu’ils se jettent dans le vide », dit-il. Comme ces gens qui choisissent de tenter la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune. « Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie en mer », résume Carlos Jaramillo.

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reves jeunesse24/9/2018 - On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !
Nous sommes accoutumés à ce que nos jeunes voyagent à travers le monde, par Erasmus mais aussi bien souvent, sans qualification particulière, en Angleterre voire en Australie qui semble exercer sur eux une forte attraction. La plupart du temps au bout de quelques mois ou quelques années ils reviennent dans leur pays d'origine.
Comment ne pas comprendre que des jeunes nés au sud ne partagent pas ce rêve de découvrir un jour ce qu'ils voient sur leur télé ou leur portable ? 
Nous avons reçu un jeune venu de son village du fin fond de la Gambie dont le rêve était de voir le PSG ! Un autre après avoir erré entre Paris et Limoges et être mis en rétention, au vu de l'accueil reçu ici, nous disait "Finalement on est mieux chez nous".
Il est bien évident que ceux qui ont réussi à arriver après un parcours périlleux n'ont pas vraiment envie de repartir et cela d'autant moins qu'ils n'ont aucun moyen matériel pour rentrer chez eux, sans parler du fait qu'ils doivent bien souvent rembourser des sommes exorbitantes aux familles qui les ont aidé.
Donnons leur la chance de sortir de chez eux. 
On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !

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4/9/2018 - Dans quel monde vivons-nous ?
Comment une famille venant d’Ukraine avec deux enfants de 3 et 5 ans, après avoir déposé une demande d’asile, s’est retrouvée à la rue sans aucun hébergement et rapidement sans ressources a fini, au bout de 40 jours, par s’installer dans l’aéroport de Blagnac pour pouvoir être à l’abri, et qu’il ait fallu l’entremise d’un policier de la PAF qui nous a prévenus pour que nous puissions leur trouver une solution transitoire grâce aux réseaux de solidarité ?
Comment encore aujourd’hui n’ont-ils pas de solution digne qui leur soit proposée ?
Dans quel monde vivons-nous ?

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9/9/2018 - IRTF
Créées en 2016, les interdictions de retour du territoire français (IRTF), d'une durée d'un à cinq ans, ont connu en 2017 
une augmentation de 1 097% par rapport à 2016 : elles  passent de 1 859 à 19 901 sur un total de 85 268 obligations à quitter le territoire délivrées (OQTF). 23% des OQTF ont été assorties d’une interdiction de retour en 2017.
Ces mesures représentent une monstrueuse épée de Damoclès utilisée pour dissuader, précariser et contrôler.
Il n’existe aucune procédure d’abrogation de droit de cette mesure pour tenir compte d’éventuelles évolutions de la situation personnelle.
En savoir plus

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30/8/2018 - « Urgence, papa expulsé, trois enfants en danger »
Certains ont pu s’indigner de la barbarie de Trump qui séparait les enfants des parents sans papiers emprisonnés, quand, en toute discrétion, ici, on fait la même chose !
Samuel GAZARIAN, arménien, a été arrêté à Tarbes et placé au Centre de rétention de Cornebarrieu. Ce papa arménien a 3 enfants scolarisés en primaire et collège. Ce père de famille risque à tout instant d’être embarqué pour Erevan, laissant son épouse et ses enfants sur notre territoire. Cette situation est intolérable et cette séparation est d’une cruauté inconcevable.
Comment la préfecture des Hautes-Pyrénées peut faire acte d’une telle inhumanité avec cette famille investie dans la vie associative tarbaise ?! Aucune des meilleures raisons du monde ne peut autoriser un pays civilisé à procéder de cette méthode d’un autre âge, d’un autre temps.

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injustice8/8/2018 - Chauffard ivre, administration ivre, tous les deux responsables et coupables
Un chauffard ivre est considéré par la justice comme responsable des accidents qu'il provoque. Une administration qui met en place une machine à expulser à pleine vitesse doit savoir qu'il est certain qu'une partie des procédures seront mal faites, voire faussées volontairement pour atteindre les objectifs chiffrés exigés. Ce ne sont donc pas des "erreurs de procédure", mais des décisions prises en amont qui, à l'instar du chauffard qui décide de boire, sont de la responsabilité de ceux qui les ont prises.
Documents manquants, contradictions entre des témoignages de tiers et ceux de la police, informations déformées ou faussées, voire inventées de toutes pièces font légion, mais il n'y a rien d'innocent dans ces "erreurs de procédure", quelqu'un a décidé !
Malheureusement les conséquences sont tout aussi graves, des personnes renvoyées aux pays desquels elles ont fui sont condamnées à des traitements inhumains ou dégradants, et même à la mort.
L'article 2 de la Convention européenne des droits de l'homme dispose que "le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi". L'article 3 de cette même convention "interdit aux États de pratiquer la torture, ou de soumettre une personne relevant de leur juridiction à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants". Il s'agit d'une des rares dispositions de la Convention qui ne soit pas assortie d'exceptions.
Des "erreurs de procédure" graves de l'administration, nous en voyons trop régulièrement dans les tribunaux pour les étrangers, et elles restent impunies, et même ignorées par ces tribunaux, en totale violation de la constitution, de la loi, et des valeurs de la France.

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7/8/2018 - Violation des conventions internationales, la France persiste et signe
Notre gouvernement se permet de critiquer les USA sur la violation de conventions internationales, mais "en même temps" elle se permet l'hypocrisie de le faire elle même en toute impunité.
Les conventions internationales et européennes des droits des enfants, adoptée et signée par la France en 1989 (quand les droits de l'homme n'étaient pas encore que des mots sur un papier) les protège de toute maltraitance, dont la privation de liberté. Or, une juge du JLD a décidé autrement en maintenant en rétention dans la zone d'attente de l'aéroport de Blagnac une famille de journalistes demandeurs d'asile congolais, avec leur enfant de deux ans et une mère enceinte de six mois, souffrante, qui ont dû fuir en urgence leur pays parce que menacés de mort par leur gouvernement. La juge a certainement considéré que garder cette famille en rétention quelques jours de plus en attendant leur entretien avec l'OFPRA n'allait pas ajouter grande chose au traumatisme déjà subit par leur fuite et l'abandon de leur vie derrière eux.
Certes, les enfants s'adaptent à tout, mais il ne faut pas se leurrer, ils gardent les traces.
La "protection de la France" justifie-t-elle d'ajouter encore à la détresse de cet enfant et de cette famille ?

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juge magicien29/7/2018 - Ici on ne rend pas justice, on applique la loi !
C'est ce qu'a répondu il y a quelque temps une juge du JLD à un retenu.
La loi dispose qu'un document officiel d'un pays étranger, tel un acte de naissance prouvant la minorité d'un.e jeune, de surcroit confirmé authentique par le consul de ce pays en France, doit être accepté et prit en compte par la justice, et doit primer sur toute autre considération.
La loi dispose qu'en cas de doute sur sa minorité, ce doute doit profiter au jeune.
La loi dispose que quand l'état formule une accusation il est tenu d'apporter des preuves.
Et pourtant, suivant l'avis de la préfecture de Toulouse, un tel document n'a pas été considéré "crédible" par un juge du Tribunal Administratif de Toulouse, qui a condamné Nakachia, mineure de 14 ans, à être renvoyée dans son pays, où elle risque en plus d'être mariée de force à un vieil homme de 70 ans.
La raison ? La préfecture a "des doutes", POINT. Point de preuves aussi, juste des soupçons.
Donc, on applique la loi quand la justice ne convient pas, et on rend "justice" quand la loi ne convient pas.
C'est å se demander à quoi bon payer cette armée de parlementaires et tous ces juges si de toute façon l'État se débrouille très bien tout seul pour faire le travail à leur place.
En savoir plus ici et

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Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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