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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Mediapart - Defne Gursoy - 22/5/2019

De nouveaux réfugiés arrivent sur les îles grecques par centaines chaque semaine. Voici un aperçu de leur quotidien lors de l'interminable attente avant que les autorités prononcent leur décision sur leur demande d'asile.

Photos : Théophile Bloudanis

Nous sommes bien loin de l’émotion provoquée par les images bouleversantes des réfugiés et des enfants échoués sur les côtes méditerranéennes en 2015. La conscience européenne a préféré enterrer ce lointain souvenir dans l’oubli, comme si le flux migratoire était bel et bien révolu…

La réalité sur les côtes égéennes est bien loin de cela. Depuis cet été meurtrier, les tempêtes ou le mauvais temps n’ont pas suffi à arrêter l’arrivée de nouveaux réfugiés, par dizaines, voire centaines chaque semaine. Au départ de toutes les côtes de la Turquie, ils arrivent sur les îles les plus proches pour ensuite être renvoyés sur les îles de Lesbos, Chios, Kos, Leros et Samos où se trouvent les cinq camps de réfugiés, les « Hotspot ». [1]

L’objectif principal de l’Union européenne était d’installer 160 000 réfugiés de Grèce et d’Italie dans d’autres États membres. Ce chiffre fut ensuite réduit à 98 225 suite à la demande de ceux-ci. Cependant, fin octobre 2018, seuls 34 705 furent installé en total, dont 22 000 venant des camps en Grèce [2].

Les nouveaux migrants de la « saison 2018-2019 » ont été (et continuent d’être) essentiellement des Palestiniens fuyant la bande de Gaza. Une nouvelle vague africaine est aussi présente. Ils sont Congolais, Sénégalais, Érythréens, Soudanais qui ont choisi, ou plutôt eu le moyen de financer un vol pour Istanbul, puis « descendre » sur la côte égéenne de la Turquie. Ils rejoignent donc les Syriens, les Irakiens, les Iraniens, les Afghans, les Kurdes venus avant eux. La capacité du Hotspot à Leros est saturée. Les entretiens pour déterminer leur demande d’asile sont programmés pour 2020 par manque d’effectif administratif. Les jeunes de 18 à 30 ans sont majoritaires dans le camp, puisque la plupart des familles sont installés en dehors du Hotspot, dans des appartements payés par les ONGs ou dans un ancien hôpital transformé en centre d’accueil.

Comment trouver la patience pour attendre des mois, voire une année pour qu’enfin les autorités grecques et européennes prononcent leur décision ? Le seul centre d’activité sur l’île de Leros qui leur donne le moyen de s’instruire et d’exercer plusieurs activités artistiques, le HUB, est un centre géré par l’association ECHO100 plus. Des bénévoles venus du monde entier et des enseignants grecs employés par ECHO leur donnent le moyen de passer cet interminable attente avec dignité et intérêt.

Il est normalement difficile ou même interdit de prendre des photos des réfugiés. Les photos utilisées ont été prises avec l’accord des réfugiés inscrits au HUB, une manière sans doute de remercier le centre pour leur avoir donné l’occasion de se préparer dignement et intelligemment à leur nouvelle vie.  

Voici donc un reportage photo d’une journée dans la vie d’un réfugié à Leros.

départ du hotspot © Théophile Bloudanis

Les réfugiés qui arrivent sur les côtes grecques sont d’abord retenus pour plusieurs semaines avant de pouvoir sortir du Hotspot. Une fois autorisés à sortir du camp, ils peuvent enfin accéder au centre de l’île, Lakki, après une marche de quelques kilomètres. Les transports en communs sont presque inexistants et les taxis sont chers. Seuls, les deux vans d’ECHO sont à leur disposition toutes les demies heures pour les transporter au Hub où ils participeront aux cours de langues (Anglais, Français, Grec), de musique, de percussions, de cinéma, de travaux manuels, de barbier, de poterie, de couture, d’informatique, ainsi qu’aux activités sportives.

arrivée au Hub © Théophile Bloudanis

 Il faut d’abord s’enregistrer au Hub pour suivre les activités. Chaque « résident » recevra un badge avec un numéro de membre, grâce auquel les bénévoles pourront également suivre la présence dans chaque activité. Avec l’arrivée en masse des Palestiniens de Gaza cet année, le Hub a dû refuser des nouveaux adhérents pour la première fois depuis 2016. Le Hub leur donne une bouffée d’air frais dans un quotidien non seulement difficile à supporter à l’intérieur des barbelés, mais il leur donne également le moyen d’oublier, pour quelques heures par jour, l’angoisse de l’incertain qui les attend.

enregistrement au HUB © Théophile Bloudanis

Nouvelles vies, nouvelles langues… Il faut s’y mettre dès aujourd’hui. L’anglais, bien évidemment, mais également le français ou l’allemand, en passant par le grec. Certains ont déjà de la famille en France, en Allemagne ou au Royaume-Uni, en attendant pendant des mois l’entretien qui décidera de leur sort, les demandeurs d’asile sont très nombreux à apprendre une, voire deux langues au Hub, seul lieu à Leros où ils recevront également un certificat qui leur permettra sans doute de commencer la nouvelle vie avec un avantage. 

cours de français © Théophile Bloudanis
cours d'anglais © Théophile Bloudanis

Les femmes ne sont malheureusement pas nombreuses à participer aux activités du centre. Elles préfèrent se retrouver entre elles, toutes de divers horizons, souvent une première rencontre pour chacune d’elles, avec d’autres qu’elles croyaient inaccessibles, incompréhensibles, voire hostiles peut-être… Elles cuisinent ensemble, s’étonnent souvent de retrouver combien elles ont en commun, au-delà du traumatisme de leur périple qui les réunit. Elles se parlent, ou pas, mais les produits de leurs rencontres hebdomadaires se partagent pour effacer les idées reçues et peut-être pour fonder des bases solides d’amitié. Qui sait si elles se retrouveront un jour dans un autre pays, un autre paysage inconnu, car il est certain qu’elles ne retrouveront pas leur terre natale tout en gardant la mémoire de ces temps de partage.

journée des femmes © Théophile Bloudanis

Un jour, le Hub a reçu un coiffeur arrivant de Gaza. Entre ses cours d’anglais, il proposa de faire un atelier de coiffure et de barbier et tous y sont passés, contraints depuis des mois à contenir le besoin de soigner son apparence, simplement pour privilégier la survie… Ils changent de coiffure ou de barbe toutes les semaines, s’amusent à changer de style, comme s’ils voulaient affirmer leur volonté de changer de vie.

barbier © Théophile Bloudanis

Le foot ou le basket sont une autre forme d’expression choisie par ceux qui sont plutôt dans l’immédiat. Ils ont souvent des excuses pour sécher les cours d’anglais ou d’informatique mais rien, même une grippe, une déprime éphémère ou l’angoisse d’un entretien qui s’approche ne les empêcheront de se défouler sur un terrain sportif. Il arrive même qu’ils règlent leur différent ici, bien dans leur peau, entre hommes. Leurs vêtements de sports seront ensuite lavés au Hub par des jeunes femmes bénévoles venues du monde entier pour les accompagner pendant leur séjour forcé en Grèce.

basketball © Théophile Bloudanis

Cours d’informatique ou de couture, ils trouvent tous leur centre d’intérêt au HUB. Pourquoi ne pas apprendre une nouvelle compétence, une nouvelle pratique qui leur donnera peut-être la chance de recommencer ?

couture © Théophile Bloudanis
cours d'informatique © Théophile Bloudanis

Le HUB propose également un atelier de cinéma depuis trois ans, où on leur apprend à créer des court-métrages, de l’écriture du scénario jusqu’au montage. Le programme des cours commence en automne et se termine au printemps avec les tournages et la finalisation des projets. L’atelier accueille des jeunes qui n’ont jamais vu de films dans une salle de cinéma (seulement sur leurs téléphones portables ou sur un écran d’ordinateur), ainsi que des professionnels de l’image, des Chef Op ou monteurs venus d’Irak, de Palestine etc. qui s’étonnent de pouvoir trouver à Leros le moyen d’exercer leur métier…

cinéma
cinéma 2 © Théophile Bloudanis

Pour voir quelques films écrits, produits et réalisés par les étudiants de l'Atelier de cinéma; cliquez sur les liens suivants:

https://www.youtube.com/watch?v=Q1SgHKQfqj8

https://www.youtube.com/watch?v=1xrgUhnlmR8

La semaine au Hub se termine toujours par un « café bavard » le vendredi soir, préparé par le club de débat. On se prépare, on discute sur le sujet de la semaine, en s’écoutant, en essayant de se comprendre. Puis en apprenant à s’exprimer par des mots au lieu des coups de violence, de répression, bref, tout ce qu’ils ont fuis. On cherche ses mots dans la langue commune qu’est l’anglais. Les moteurs de traduction ont rarement été autant utiles…

débat © Théophile Bloudanis

 

débat 2 © Théophile Bloudanis

Et en partant, on laisse une trace, une date, une empreinte, une preuve de passage…

traces © Théophile Bloudanis
traces 2 © Théophile Bloudanis
traces 3 © Théophile Bloudanis

 

Pour en savoir plus sur Echo100 Plus: https://echo100plus.com/en

Pour en savoir plus sur le Hub: https://www.facebook.com/EchoHubLeros/

[1] http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/BRIE/2018/623563/EPRS_BRI(2018)623563_EN.pdf

[2] « EU Migration management: Hotspots and beyond, Janvier 2019 »

 https://www.eca.europa.eu/lists/ecadocuments/ap19_migration/ap_migration_en.pdf

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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