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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : nrc.nl - Bram Vermeulen - 6/8/2019 (Traduit du néerlandais par Andries van Ginneken)

Les fabricants d'armes gagnent des millions en présentant les migrations comme un problème de sécurité qui ne peut être résolu que par eux. Mais ainsi l'Europe perd de vue la réalité africaine.

Par Bram Vermeulen du journal néerlandais l’NRC

La rue Montoyer se trouve à exactement 450 mètres du Parlement Européen à Bruxelles. Ce lundi matin ensoleillé la promenade de l'un à l'autre prend précisément 5 minutes. Entre les cafés à la mode et les diplomates sur leurs trottinettes électriques l'Afrique semble très loin. Mais au 7ème étage du numéro 10 se trouve une organisation qui joue un rôle déterminant dans l'approche idéologique européenne du continent. La European Organisation for Security (EOS) est un lobby qui représente les fabricants d'armes les plus importants d'Europe.

« Allo » répond l'interphone et les portes coulissantes s'ouvrent. Les indications à l'entrée montrent que le bâtiment héberge bien d'organisations qui se préoccupent des migrations en provenance d'Afrique : un département de l'ambassade espagnole au premier étage, l'Organisation Internationale pour les Migrations au quatrième. L'agent à l'accueil au septième s'affole quand elle réalise qu'elle a fait entrer un journaliste. « Personne ne peut s'entretenir avec vous. Il vaut mieux que vous envoyiez un e-mail. Le CEO vous répondra. »

Cet e-mail est resté sans réponse.

L'EOS est active dans 154 pays et offre selon son site internet « recherche et services dans divers domaines de sécurité, entre autres la gestion de frontières ». Parmi les nombreux clients qui sont promus par l'EOS dans les couloirs bruxellois se trouvent des fabricants d'armes comme le français Thales, l'italien Leonardo et le pan-européen Airbus. Plusieurs résultats de recherches montrent que que ces entreprises ont imposé leur point de vue et ont ainsi joué un rôle déterminant dans l'évolution de la politique migratoire européenne pendant les dix dernières années.

« Des entreprises militaires et de sécurité ne fournissent pas seulement les moyens pour la surveillance des frontières », écrit la chercheuse italienne Daria Davitti dans un rapport récent sur l'émergence d'entreprises militaires et de sécurité privées dans la politique migratoire européenne. « Elles sont très impliquées dans l'établissement de l'agenda concerné, dans la mesure où elles fournissent les recherches sur lesquelles la politique est basée. Elles présentent les migrations irrégulières comme un problème de sécurité pour lequel il n'y a qu'une solution militaire. Et elles peuvent fournir ces services. »

Les conséquences de cette militarisation de la politique migratoire européenne sont visibles jusqu'au cœur de l'Afrique. Il n'y a pas si longtemps l'Europe envoyait des travailleurs du développement au Sahel pour forer des puits. Pendant les cinq dernières années ce sont les armées européennes et des agents de sécurité qui se sont installés au Sahara pour bloquer les routes migratoires. Les garde-côtes espagnols patrouillent devant la côte mauritanienne. Au Mali les soldats français sont assistés par des soldats des Nations Unies du monde entier. L'armée néerlandaise vient de quitter Gao. Quand le premier ministre Rutte a visité les troupes en 2017, il n'a pas caché pourquoi les soldats néerlandais étaient sur place. « Ce que nous ne voulons évidemment pas est qu'il se trouvent des terroristes parmi les réfugiés qui partent d'ici vers l'Europe. C'est pour cette raison que vous êtes ici » a-t-il dit. Au Niger, depuis toujours la dernière escale pour les voyageurs qui se rendent en Libye et en Algérie, s'activent des soldats italiens, français et allemands. Des drones volent sur l'étendue du désert.

La politique africaine de lEurope se militarise 2

Quand en 2008 les budgets militaires de beaucoup de pays européens ont diminué, l'industrie de l'armement a adapté ses produits militaires pour qu'ils soient utilisables dans des situations civiles également – comme pour la surveillance des frontières. Elle livre maintenant entre autres des appareils de radar et des technologies d'information utilisés par le garde-frontière pan-européen Frontex. Et le budget de Frontex s'est étoffé : de 6 millions d'Euros en 2006 à 320 millions en 2018, d'après leur site internet.

Jusqu'à 2027 l'Europe a libéré 2,2 milliards pour l'achat de matériel « pour ses opérations sur terre, en mer et dans les airs », comme l'annoncent les chiffres de l'État de l'Union européen de 2018. Des années fastes attendent les clients de l'EOS.

L'EOS fournit la recherche qui précède la prise de décision européenne. En septembre 2010 l'EOS suggère dans un rapport que les pays européens devraient partager l'information de chacun qui à un œil sur la frontière : de la douane au ministère de la Défense aux bateaux de pêche dans la Méditerranée. Trois ans après Eurosur est initié, le système de surveillance de L'Europe où les pays européens mettent en commun tous les data qui servent à sécuriser les frontières extérieures.

L'EOS propose également de donner à Frontex la responsabilité pour les achats, partout dans le monde, des technologies militaires qui peuvent servir à surveiller les frontières européennes. Pour cette surveillance Frontex a besoin de « visualisation aérienne », selon l'EOS. Une vision d'en haut : des drones.

« Frontex a payé plus de 200.000 Euros aux industriels de l'armement pour qu'ils viennent montrer les performances de leurs drones. En 2011 le sujet était encore en discussion, mais entre-temps ils sont utilisés tout au long des frontières », dit le chercheur danois Martin Lemberg-Pedersen, maître de conférence en Global Refugee Studies à l'université d'Aalborg au Danemark.

Frontex commence en 2018 sa surveillance en Méditerranée par des drones, en collaboration avec la European Maritime Safety Agency. Mais des drones ne sauvent pas des hommes. Les pilotes regardent dans leurs locaux de contrôle de loin ce qui se passe en mer, sans pouvoir intervenir. Ils ont remplacé les bateaux de sauvetage de l'UE qui croisaient jusqu'au mois de mars de cette année pour repêcher les naufragés en Méditerranée. « Cet investissement arrive à un moment où l'UE retire ses missions maritimes de la Méditerranée et où elle empêche d'autres missions de sauvetage », écrit le journal britannique The Observer cette semaine. « Les drones de surveillance de Frontex survolent les eaux territoriales de la Libye où depuis l'année dernière aucun naufragé n’a été sauvé. Des bateaux qui peuvent sauver des hommes ont été remplacés par des drones qui ne le peuvent pas », écrit le journal

Selon Martin Lemberg-Pedersen c'est la conséquence logique de la pression de l'industrie de la sécurité. « Des politiciens cherchent une réponse technologique à une question politique. Et cette solution est proposée clef en mains par les entreprises de la sécurité », dit le chercheur danois.

Leur présence se fait sentir dans tous les aéroports africains. « Pouce gauche. Pouce droit. Et regardez la caméra », dit l'agent des douanes à l'arrivée sur l'aéroport de Niamey, la capitale du Niger. L'aéroport n'a que deux tapis roulants poussiéreux pour les valises des passagers qui arrivent, mais a été équipé en appareillage biométrique qui relie les ordinateurs de l'aéroport aux services de sécurité en Europe et aux États-Unis. Les Américains construisent au Niger une base de drones d'une valeur de 100.000 Dollars. L'armée française survole le Niger et ses pays voisins quotidiennement avec au moins cinq drones pour assister plus de 3.000 soldat stationnés au Niger. Des policiers français entraînent leurs collègues nigériens pour arrêter migrants et passeurs.

L'amalgame entre migrations et terrorisme.

Les entreprises de la défense ne fournissent pas seulement les murs, les miradors, les barbelés et les appareils de détection, mais aussi les paquets de provisions pour les îles grecques, ainsi que la surveillance des centres de détention, de l'Europe à l'Australie.

Un des noms les plus redoutables du secteur est la multinationale britannique G4S, aussi un client de l'EOS. G4S ne gère pas seulement des centres de détention sur les îles grecques, mais aussi sur l'île de Manus où l'Australie maintient des demandeurs d'asile. G4S est tenue pour responsable des violences qui ont éclaté sur Manus en 2014 pendant lesquelles un demandeur d'asile iranien a perdu la vie. G4S est également responsable de déportations , comme celle de Jimmy Mubenga qui a perdu la vie lors de sa déportation du Royaume Uni vers l'Angola en 2010. Les agents de G4S ont maintenu leur prise d'étranglement pendant le vol, même s'il a dit : « Je ne peux pas respirer ». Les agents ont fini par être acquittés par manque de preuves.

D'après la chercheuse italienne Daria Davitti des entreprises d'armement ont réussi à présenter les migrations comme un problème de sécurité, plutôt que comme une question des droits de l'homme. « L'amalgame est faite entre les migrations et des attentats terroristes. Les réfugiés sont décrits comme un danger dans les domaines religieux et financier. Et si tu présentes un réfugié comme un danger il n'y a qu'une réponse possible », nous dit Davitti par téléphone de la Suède. Elle est chercheuse à la faculté de droit de l'université de Lund et professeure à l'université de Nottingham.

Le processus de militarisation des frontières s'accélère après l'été de 2015, quand les images de milliers de réfugiés sur la route des Balkans sont montrées à la télévision tous les soirs. Même si ceux-là viennent surtout de Syrie et d'Afghanistan, c'est, après la fermeture de la route des Balkans et l'arrangement avec la Turquie, l'arrêt des migrations en provenance d'Afrique qui devient prioritaire.

Le 18 avril de cette année un bateau de pêche libyen coule et plus de 700 migrants se noient. Après cette tragédie le plus important n'est plus le sauvetage des réfugiés, mais la lutte militarisée contre les réseaux de passeurs, est la thèse de Mark Akkerman, qui est lié au Transnational Institute et le groupe d'action Stop Wapenhandel (Arrêtez la vente d'armes), dans un rapport de recherche Borderwars. L'Opération Sophia est mise sur orbite et a comme objectif « des tentatives systématiques d'identifier, d'arrêter et de détruire des bateaux, ainsi que les autres moyens utilisés par les réseaux de passeurs. » Des bateaux, des hélicoptères et des avions sont mis à disposition. « Cependant ce ne sont pas les passeurs, mais l'escalade de la militarisation des moyens pour arrêter les migrations qui sont la raison principale de la mort des migrants », écrit Akkerman.

La politique africaine de lEurope se militarise 3

 

Il attire l'attention sur le fait que les entreprises qui vendent les technologies sécuritaires sont aussi actives dans les guerres qui sont responsables de beaucoup de mouvements de migration. « L'Industrie profite de deux façons de la tragédie : d'abord en propageant des conflits dans la région de façon que les gens doivent s'enfuir de leurs maisons. Ensuite en arrêtant les réfugiés sur le chemin vers la sécurité », écrit il.

Prenez comme exemple le BAE Systems britannique. En 2015 cette entreprise a fait un cinquième de son chiffre d'affaires en Arabie Saoudite, entre autres avec des avions de combat qui sont utilisés au Yémen. Les clients les plus importants de l'EOS, comme Thales, Finmeccanica et Airbus, ont tous des offices au Moyen-Orient.

Dans son livre qui vient de paraître No Go World l'anthropologue suédois Ruben Andersson se demande ce que cette militarisation des frontières a réellement rapporté. Il indique que tous ces moyens militaires ne sont pas une solution pour les problèmes que posent les migrations. « Ils ne font qu'augmenter le stress aux frontières, le chaos et le nombre de morts », dit il. Comparez cela avec la réaction au 11 septembre. Après cette War on Terror qui a coûtée des fortunes, le nombre de victimes d'attentats terroristes dans le monde a été multiplié par dix, de 3.000 victimes en 2000 à 29.000 victimes en 2016. Les interventions ont exacerbé le problème. »

Il analyse dans son livre que le monde non-occidental, du Mali via la Somalie jusqu'à l'Afghanistan, se mue progressivement en un no-go-zone. Les décideurs politiques, diplomates et ONG occidentaux n'osent plus voyager dans les régions où ils veulent intervenir – ils ne se fient plus qu'à une politique à distance. Des drones. Ou ils utilisent des milices comme intermédiaires, des milices qui ont intérêt à exagérer les dangers. « Ainsi ils deviennent de courte vue. Comme si on regardait le monde par une paille en plastique, où on ne voit plus que les attentats, sans voir le reste du paysage. Nous créons une fausse image du monde, un monde de zones vertes et rouges. Nous finissons par croire que les dangers n'existent que dans certains pays, chez certaines populations. »

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Le Sahel est le meilleur exemple. Malgré l'intervention de l'armée française et la présence de milliers de casques bleus, dont les néerlandais, la sécurité au Mali s'est énormément détériorée. Les pays voisins, le Niger et le Burkina Faso, sont entraînés dans la spirale descendante.

Au Mali aussi les diplomates, les ONG et les journalistes évitent les zones de danger au centre et dans le nord du pays. Ils nichent ensemble dans la capitale Bamako, à des milliers de kilomètres de la région où ils veulent intervenir. La même chose se passe dans le pays voisin, le Niger, ou en Somalie, un pays où les Américains procèdent presque quotidiennement à des bombardements avec des drones, mais où ils ne mettent plus que rarement pied à terre.

Les pays avec qui l'Europe conclut des partenariats pour résoudre les problèmes profitent de cette absence physique et abusent des peurs occidentales. Des pays comme la Libye et le Niger font payer l'Europe un prix de plus en plus élevé pour sa phobie des migrations. Précédemment cela s'est passé en Mauritanie où la Guardia Civil patrouille toujours devant la côte. Toutes les patrouilles réunies n'ont plus intercepté un seul migrant depuis 2008, les garde-côtes ont raconté à l'NRC l'année dernière. Depuis ce moment la route vers les Îles Canaries a été hermétiquement fermée.

Pour obtenir plus de soutien de Madrid quand-même, les autorités mauritaniennes se sont mis d'après Andersson à arrêter des Africains de l'Ouest qui n'avaient même pas l'intention de voyager vers l'Europe. « C'est ainsi que nous nourrissons la bête », dit Andersson.

Les intérêts à nourrir les peurs dépassent la nécessité de ne pas perdre de vue la réalité. « Les entreprises de sécurité veulent vendre, les politiciens veulent des votes, les médias veulent de l'audimat, les ONG veulent des financements. Ils se présentent comme la solution pour tous ces problèmes. Ils nient que les problèmes sont des problèmes structurels, que nous avons aidé à créer nous-mêmes. Des problèmes que nous ne pouvons pas résoudre à distance. »

Mais les entreprises de sécurité promettent le contraire. Elles séduisent leurs clients avec des textes que le chercheur danois Martin Lemberg-Pedersen appelle totalitaires. « Ils prétendent avoir la science infuse, avec des yeux dans l'air qui voient arriver les problèmes de loin, bien avant les frontières. C'est une vision totalitaire sur la vie. Mais la technologie ne peut pas attraper la vie. Les entreprises font des promesses qui ne seront jamais réalisées. On n'a qu'à regarder l'horreur absolue de ce qui se passe encore tous les jours en mer entre l'Italie et la Libye. Rien n'a été résolu. »

 

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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