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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Mediapart - Sarah Roubato x- 26/6/2018

Dans ce flot émotif et indigné devant la séparation des enfants de leurs parents à la frontière états-unienne, aucun doute possible : nous sommes du bon côté de la barrière. Se pourrait-il que cet événement nous interroge malgré tout sur notre position envers ceux qui, à nos frontières, risquent leur vie pour offrir à leurs enfants une chance de grandir loin de la violence ?

De l’ordre avant toute chose

Si cet épisode bouleverse autant la société américaine, c’est parce qu’il touche à ce qui est le plus sacré dans la culture occidentale et particulièrement aux États-Unis : les enfants. Mais parce qu’il interroge ce qu’est la nation américaine : un pays bâti sur le rêve de gens qui quittent leur pays à la recherche du Rêve Américain, et sur la croyance bien amarrée des Américains d’être le peuple porteur du Bien.

Mais avec la brutalité des crises sociales, économiques et culturelles, l’idéologie de l’ordre à restaurer à de quoi fleurir. Lorsque le représentant Jerrold Nadler interrompt une séance au Congrès pour dénoncer la séparation des enfants de leurs parents à la frontière mexicaine, le président de l’assemblée souhaite enchaîner. Un cri de foule se fait alors entendre : « Families belong together ! » (Les familles doivent rester ensemble). Le président déclare alors « We will be in recess until the capital police restores order » (Nous marquons une pause jusqu'à ce que l'ordre soit restauré par les forces de police). Pendant ce temps, le Président des États-Unis déclare « So we want a safe country, and it starts with the borders. » (Nous voulons un pays sûr, et cette sécurité commence à nos frontières) Restaurer l’ordre et la sécurité, voilà qui répond à la peur qu’ont toujours suscitée ceux qui affluent aux portes d’un territoire, de tout temps et sur tous les continents. Donald Trump sait jouer sur ces peurs ancrées dans notre comportement de primates et de mammifères : « They could be murderers and thieves and so much else[1] » (Ce pourraient être des meurtriers, des voleurs et bien autre chose) Il ne croit pas si bien dire. Car les associations et les spécialistes le soulignent : le traumatisme vécu par ces enfants aura des conséquences sur leur vie, et augmentera leurs chances d’instabilité psychologique, condition idéale avec l’exclusion pour mener au crime. Much else, c’est peut-être bien Donald Trump qui est en train de le fabriquer.

fillette pleurant pendant que sa mère est fouillée à la frontière des États-Unis, John Moore © John Moore

La force des images

Depuis le mois d’avril, 2300 enfants venant de pays d’Amérique centrale ont été séparés de leurs familles[2]. Pour les habitants des villes frontières et les agents frontaliers, cela fait plusieurs semaines que ce qui arrivait occasionnellement est devenu la norme. Et bien plus longtemps que les migrants sont maintenus « en cage » dans des centres criminels ou administratifs. Mais il a fallu des images pour comprendre qu’une détention signifie enfermer des gens. Il a fallu des enregistrements sonores et d’autres images encore pour comprendre que les enfants pleurent, qu’ils soient séparés ou non de leurs parents. En l’occurrence, la petite fille de la photo de John Moore pas été séparée de sa mère. Mais elle en est devenue le symbole. C’est que cette photo n’est plus journalistique, elle est artistique. Et que l’art s’occupe de vérité et non de véracité.

boycott

La misère doit être mise en représentation pour nous toucher. Et bien mise, avec ce qui nous touche le plus : le sort des enfants. Il nous faut la photo qui dit tout, celle d’un enfant échoué sur une plage turque, ou celle d’une petite fille pleurant pendant que sa mère se fait fouiller. Il nous faut de quoi partager sur les réseaux sociaux, et exprimer notre indignation en quelques lignes ou avec un smiley mécontent ou triste. Les rapports des ONG, les papiers des reporters qui mettent en garde avant que tout le monde en parle, les livres de ceux qui sont sur le terrain depuis bien longtemps, n’engendrent pas des levées de bouclier. Ils sont noyés dans le flot d’informations que nous recevons chaque jour du monde. Et pourtant, certaines photos parviennent à susciter nos réactions, et d’autres non. Pourquoi celle-ci

fillette née près d’un champ Monsanto en Argentine, Marco Venaschi, National Geographic
jeune garçon travaillant dans une mine au sud-est de la RDC, SCHALK VAN ZUYDAM/AP/SIPA
fillette travaillant sur une exploitation de palmiers, IndonésieSans doute qu’il nous faut une origine directe et bien identifiée du fléau. Car pour les enfants congolais descendant dans les mines pour extraire des minéraux que nos États achètent, pour les enfants malformés des champs de Monsanto en Argentine dont nous achetons les produits, ou pour les enfants esclaves des champs d’huile de palme dont les villages sont brûlés pour notre pâte à tartiner, la chaîne de responsabilités est trop longue : exploitants agricoles, entreprises qui les emploient, supermarchés qui achètent les produits… consommateurs qui les achètent pour faire plaisir à leurs enfants ? Alors, point de mouvement de foule, point de marches. À l’opposé, Donald Trump est identifiable, caricatural et spectaculaire. Un candidat idéal pour exercer notre indignation. Notre compassion, aussi légitime soit-elle, n’est pas évidente. Elle est sélective. Fabriquée, suscitée, enclenchée par des processus médiatiques auxquels nous réagissons. Et elle mérite que nous l’interrogions pour ne pas en devenir les marionnettes. Simplement pour en être dignes.
enfant échoué sur une plage au large de la Turquie, Nilüfer Demir

 On ne peut qu’espérer que les cris et les larmes des enfants parqués aux frontières des États-Unis fassent résonner ceux qui n’ont pas eu la chance de se faire entendre : les milliers de cris avalés par les mers sur les route de l’Europe de tous ceux qui sont tous devenus des enfants dès lors qu’ils ont essayé de renaître. Car chez nous se jouent depuis des années des drames, moins spectaculaires car plus silencieux.


En Europe : autres méthodes, mêmes enjeux
 

Dix jours à peine avant le tollé d’émotion suscité par les images des enfants migrants aux USA, le bateau l’Aquarius contenant 629 migrants se voyait interdit l’entrée par les autorités italiennes et maltaises. Alors que le président de l’Assemblée de Corse ouvrait les portes de l’île de beauté, le gouvernement français fit une prouesse d’esquive digne de la citation :

« La question du flux migratoire est un défi pour l’Europe, et cette question doit être abordée dans le cadre européen et qu’elle passe en France par une politique équilibrée qui consiste d’abord à traiter avec les pays d’origine de ces migrations les conditions de départ et les conditions d’accompagnement au développement pour éviter ces départs. Elle passe aussi par une politique de contrôle des frontières de l’UE.[3] »

Espoir d'une nouvelle vie, Warren Richardson

Devant ce refus édulcoré, point de manifestations, point de marches, point d’appel au boycott, point de journalistes en larmes. Bien sûr, il nous manquait les images des 123 mineurs et les 7 femmes enceintes vomissant, crevant de soif, fatigués et affaiblis, tremblant de peur. Leur prison manquait de barbelés, elle n’avait que les 275 000 km2 bleus de la mer Tyrrhénienne. Aucun micro pour enregistrer les cris des enfants. Nous ne saurons jamais comment sonne une angoisse longue de sept jours et sept nuits.

Devant ce refus édulcoré, point de manifestations, point de marches, point d’appel au boycott, point de journalistes en larmes. Bien sûr, il nous manquait les images des 123 mineurs et les 7 femmes enceintes vomissant, crevant de soif, fatigués et affaiblis, tremblant de peur. Leur prison manquait de barbelés, elle n’avait que les 275 000 km2 bleus de la mer Tyrrhénienne. Aucun micro pour enregistrer les cris des enfants. Nous ne saurons jamais comment sonne une angoisse longue de sept jours et sept nuits.


"Marcher pour ne pas mourir. C'est la force qui a permis à toutes les espèces de peupler la terre" Lettre à une éléphante et pour les réfugiés © Sarah Roubato

Suite à des critiques au sein de la majorité, la France propose maintenant d’accueillir une partie des migrants aujourd’hui en Espagne. Élan de générosité, ou calcul politique comme celui de Trump signant un décret pour empêcher la séparation des familles ? Certes, nous n’avons pas eu un Premier Ministre lançant un chiudiamo i porti  (fermons les ports). Nous avons simplement donné 3 milliards d’euros à la Turquie pour ne pas que les migrants arrivent en Europe.

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Chez nous, ce ne sont pas les déclarations hystériques d’un chef d’État, ou la veste taguée de la Première Dame qui posent question : c’est le silence. Celui de nos politiques, et sans doute aussi, le nôtre.

[1] 3’03 https://www.youtube.com/watch?v=k7lEt_Yr6-w Déjà en 2015, il déclarait : « They are not sending you, they’re not sending you. They’re sending people that have lots of problems and they are bringing their problems to us. They are bringing drugs, they are bringing crime, they’re rapists. »

[2] PBSO News Hour

https://www.youtube.com/watch?v=UCxbJFUoqFs

[3] http://www.lalibre.be/actu/international/la-touche-d-humour-maladroite-entre-edouard-philippe-et-charles-michel-au-sujet-de-l-aquarius-5b1f8e365532a296886a5fe4

L’horreur naît dans notre quotidien, est élevée par les circonstances, et grandit dans notre indifférence

La question des flux migratoires est complexe et prétendre qu’il y aurait à choisir entre accueillir et repousser, entre ouvrir et fermer, serait ridicule. Mais si nous avons la capacité de lever les boucliers derrière nos écrans quand tous les ingrédients d’une vague d’émotion médiatique sont là, pourquoi ne pas le faire pour des situations qui se passent à nos portes ?

indifference

Ce qu’il se passe aux États-Unis, nous pouvons toujours le regarder de loin et nous dire qu’ils sont fous, que ce pays n’est décidément plus une démocratie. Mais nous pouvons aussi prêter l’oreille à ce qui fait écho à nos propres comportements. Car l’horreur naît dans notre quotidien, est élevée par les circonstances, et grandit dans notre indifférence.

Elle commence quand nous parlons de gens comme d’une masse. De quoi parlons-nous quand nous évoquons le problème des migrants ? Parlons-nous de médecins, d’ingénieurs bien établis dans leurs pays qui fuient la guerre, parlons-nous de journalistes ou de cadres menacés par un régime, parlons-nous de minorités fuyant les persécutions, de jeunes hommes cherchant à se sortir d’une misère trop pâle pour intéresser nos caméras ?

Elle commence quand me demande si je suis sûre d’être seulement française avec la tête que j’aie, moi qui suis née en France, qui ai mes souvenirs de jeu au parc Brassens, découvert ce que devait être ma vie à la rencontre de Baudelaire et de Zola, qui ai fréquenté les grandes insitutions parisiennes et ses hameaux les plus reculés de ce qu’on appelle La France profonde.

Elle commence dès que quelqu’un investi d’un pouvoir, fût-il minime, brandit une règle à l’encontre de tout bon sens. Dès que cette règle piétine des enjeux humains, de santé et de bien-être fondamentaux. Oui, dès que l’administration refait faire trois fois sa photo de pièce d’identitié à une personne en fauteuil roulant qui souffre d’une maladie l’empêchant de lever la tête, dès qu’un chauffeur de bus qu’il vient d’arrêter à un feu rouge laisse résolument sa porte fermée à une femme chargée de courses tenant un enfant à bout de bras, dès qu’un patron de café refuse le toit de sa terrasse à une personne n’ayant pas les moyens de se payer un café mais voulant s’abriter d’une trombe d’eau, nous sommes déjà dans le même geste que celui de Donald Trump défendant l’application de la loi.

L’application d’une règle au mépris de tout bon sens, l’association de l’identité française d’après des traits physiques, la confusion de situations distinctes en une masse informe, voilà déjà quelques ingrédients nécessaires à créer le genre d’aberration que nous observons actuellement de l’autre côté de l’Atlantique. Une aberration qui pourrait bien n’être qu’une cousine à peine éloignée de celle qui s’affaire à nos frontières.

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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