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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : StreetPress - Jeanne-Marie Desnos , Luca Eckermann, Alice Herait, Julie Brunet - 28/3/2018

Trop « mature » ou « autonome » pour être pris en charge par l'aide sociale à l'enfance

La Croix-Rouge est mandatée par la Ville pour trier les mineurs étrangers pris en charge par l'aide sociale à l'enfance. L'ONG semble avoir du mal à faire face à une demande en hausse et de nombreux jeunes seraient victimes de « rejets au faciès ».

Rue du Moulin Joly, Paris 11 - Omar, jeune homme à la silhouette frêle et aux cheveux courts, vient de débarquer en France après un long périple. Il affirme avoir 16 ans et a quitté la Guinée Conakry dans l’espoir d’une vie meilleure. A Paris depuis deux jours, il dort comme il peut « dans le métro ou à Gare de Lyon ». Là-bas, des compagnons lui ont indiqué l’adresse du centre de la Croix-Rouge dédié aux mineurs isolés étrangers. Il s’agit du premier « sas » à franchir pour faire reconnaître sa minorité. L’association a repris ce dispositif d’évaluation en 2016, à la suite des critiques récurrentes adressées à la structure précédente, France Terre d’Asile. Face au bâtiment entouré de grilles, sous un ciel gris de janvier, Omar prie pour que l’association reconnaisse sa minorité. Le jeune homme serait alors pris en charge par les services sociaux et inexpulsable jusqu’à ses 18 ans.

Omar pénètre dans le centre et prend place sur l’une des banquettes de l’entrée. Autour de lui, une dizaine d’autres jeunes garçons attendent leur tour nerveusement. Ils viennent pour la plupart d’Afrique de l’Ouest : Guinée Conakry, Côte d’Ivoire, Mali… Après quelques minutes, un salarié du centre l’appelle. L’entretien débute. Nom, prénom, date de naissance, nationalité, parcours effectué pour venir en France et date de départ sont les seules questions posées. 10 minutes suffisent à l’évaluateur pour décréter qu’Omar est « manifestement majeur ». Le garçon quitte la Croix-Rouge abattu. Le papier de refus qu’il tend à StreetPress ne comporte aucun motif justifiant la décision. Il informe simplement le jeune débouté qu’un recours auprès du juge des enfants est possible. Le jeune homme aurait donc été victime d’un « rejet-faciès », comme on dit dans le jargon. Il se dirige, benoîtement, vers le parc de Belleville pour rejoindre les bénévoles du collectif les « midis du MIE ». Tous les jeudis et vendredis, ils préparent des repas chauds et tentent de trouver une solution d’hébergement aux mineurs en galère.

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Au déj' du collectif les midis du MIE / Crédits : Julie Brunet

Explosion

Devant l’antenne de la Croix-Rouge de Couronnes, il y a foule. Entre 2016 et 2017, le nombre de jeunes venus se faire évaluer est passé de 2000 à 6676. « N’importe quelle association mise dans ces conditions ne peut prétendre bien faire son travail », assure Jean-François Martini, salarié du Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI) :

« L’idée même qu’un travailleur social puisse évaluer la minorité de quelqu’un en 30 minutes n’a aucun sens. »

En 2017, tous examens confondus, seuls 18,2 % de ces 6676 jeunes ont été finalement pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE), selon la mairie de Paris. Pour Dominique Versini, adjointe chargée de la protection de l’enfance et ancienne du Samu Social, il n’y a pas d’erreur de casting : les rejets-faciès n’existent pas et aucun mineur n’est à la rue. Contactée par StreetPress à de multiples reprises, la Croix-Rouge, placée au front par le Département, refuse de commenter son dispositif d’évaluation et renvoie systématiquement les journalistes au service communication de la mairie.

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La bénévole Agathe Nadimi aide les jeunes à trouver un toit / Crédits : Julie Brunet

Des refus-faciès

La bénévole Agathe Nadimi connaît ces jeunes depuis environ deux ans. Armée de son petit carnet, elle prend systématiquement leur signalement à la sortie de la Croix-Rouge. Elle estime avoir observé environ 40 refus-faciès rien qu’entre le 2 et le 7 janvier 2018. Pour Agathe, l’arrivée massive de mineurs isolés depuis l’été 2016 n’a pas été suivie d’une augmentation conséquente des places d’hébergement. « S’il n’y a pas assez de places, ils les rejettent au faciès ». Ce que confirme le Défenseur des droits : les refus « seraient plus nombreux en période de particulière affluence ».

« Tous ceux qui se présentent font l’objet d’une évaluation d’une demi-heure », insiste l’élue Dominique Versini, pour justifier le sérieux du travail de l’ONG. Les témoignages recueillis auprès des adolescents tendent plutôt à estimer la durée du premier entretien à une quinzaine de minutes. Il arrive même que certains jeunes ne soient pas du tout reçus. A quelques mètres de la Croix-Rouge, Sylvie Brod bénévole auprès de l’ADJIE (Accompagnement et défense des jeunes isolés étrangers) une permanence juridique pour mineurs isolés étrangers, briefe Youssouf (1) et Bouba (1) pour qu’ils retournent au centre d’évaluation faire valoir leurs droits. Lors de sa première visite, Youssouf aurait été mis à la porte par un évaluateur qui prétendait l’avoir reconnu. « Pourquoi tu reviens ? », lui aurait-t-il lancé en lui montrant la sortie. Bouba, lui, a seulement pu donner son nom et son pays d’origine avant de devoir quitter les lieux.

Les victimes de ces « rejets-faciès » perdent sur tous les fronts, pestent les associations. D’un côté, la Croix-Rouge conteste leur âge et leur ferme les portes des foyers pour mineurs. De l’autre, ils sont exclus des centres d’hébergement classiques, réservés aux majeurs. Tous les soirs, ces galériens de l’asile se retrouvent devant les locaux de l’association d’aide aux réfugiés Utopia 56, à la recherche d’un toit. N’importe lequel. « J’ai 15 gamins dehors et pas de solution », lance Jeanne, bénévole.« On est fatigués de la rue. On est venus dans la souffrance, en clandestin, c’est pour ça qu’on a pas tous nos papiers », lance un jeune garçon sénégalais avant de repartir vers la station de métro. Devant un écran, un autre bénévole navigue entre Google Maps et un immense fichier excel rempli de noms et numéros de téléphone. La dernière colonne du tableau signale la situation des mineurs : hébergement en appartement, hôtel, foyer, à la rue ou même définitivement perdu de vue.

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Certains jeunes se retrouvent à la rue / Crédits : Julie Brunet

Les survivants du premier filtre

Les jeunes qui passent la première étape – environ 46% des prétendants – sont invités à se rendre de nouveau à la Croix-Rouge pour être interrogés plus en détail sur leur parcours migratoire, leur scolarité et leur isolement. En attendant ce rendez-vous, ils sont logés. Yaya B., Guinéen de 16 ans est de ceux-là. Il a pu jouir d’un second entretien à la Croix-Rouge, mais il craint encore « la rue, le froid, la galère ». En effet, ceux qui sont évalués majeurs doivent quitter leur hébergement provisoire.

L’évaluation n’est pas un jeu d’enfant. Rencontrés à la permanence de l’ADJIE, Sangare et Oumar, respectivement Ivoirien et Guinéen, semblent encore perturbés par les questions posées par les évaluateurs. « Ils veulent connaître les dates exactes de chaque étape, si on avait su, on aurait tout noté », s’exclame Oumar, visiblement en colère. « C’est un parcours long, on va de souffrance en souffrance, c’est difficile à expliquer », ajoute Sangare dans un souffle. L’évaluateur a reproché au jeune homme de ne pas avoir su indiquer la ville exacte de son étape en Libye. Sangare se justifie :

« Impossible de savoir où j’étais. On était enfermés dans des camions ou dans des immeubles avec interdiction de sortir. On nous tirait dessus si on le faisait. »

« Les questions sont volontairement faites pour piéger le gamin », croit savoir Agathe Nadimi. Pourtant, précise-t-elle, « il ne s’agit pas d’une demande d’asile, la Croix-Rouge n’est pas là pour déterminer un parcours migratoire, elle est là pour protéger des jeunes jugés vulnérables sur la base de leur minorité et de leur isolement. »

Jeune afghan à l’allure juvénile, Masrur affirme avoir 16 ans. Il fait partie des recalés au deuxième tour. Les motifs du rejet indiqués sur la lettre qui lui est adressée sont laconiques : « un mode de communication mature », « un degré d’autonomie élevé » et « un parcours migratoire peu détaillé ». Seule solution pour Masrur, comme pour les autres : présenter un recours devant le juge des enfants, qui peut durer entre 1 et 14 mois. En attendant, le jeune garçon, qui porte des traces de coups au visage, dort dans le métro.

Lettres de refus

Masrur n’a pas le monopole du courrier de rejet absurde. Sur la dizaine de petites lettres que StreetPress a pu consulter, on retrouve bien souvent la même rengaine. La dernière justification à la mode ? « Vous avez fait preuve d’une autonomie et d’une maturité importantes en décidant seul de quitter votre pays et en voyageant seul ». Un argument qui a le don de révolter les associations. Il est, par ailleurs, quasiment toujours reproché au jeune de ne pas présenter de papiers d’identité fiables. « Les documents produits ne peuvent vous être rattachés » est l’une des formules consacrées. Un argument dénoncé par le Défenseur des droits en juillet 2016. L’organisme indépendant avait alors pointé du doigt le cas d’un jeune malien refusé au motif qu’il n’apporterait « aucun élément tangible permettant d’étayer la minorité » alors même qu’il avait présenté un passeport dont l’authenticité ne semblait pas contestée.

Aussi laconiques soient-ils, les motifs invoqués par les évaluateurs sont toutefois conformes aux modalités d’évaluation décidées par la justice. Ces critères auraient été élaborés par un certains nombre d’acteurs, dont le Défenseur des droits et l’Antenne des mineurs, souligne Dominique Versini. Deux organismes loin « d’être conciliants avec les autorités », poursuit l’élue.

Adam, jeune marocain croisé devant la Croix-Rouge sera lui, pris en charge par l’aide sociale à l’enfance. Le garçon a un visage poupon. Est-ce cela qui aurait convaincu la Croix-Rouge ? « L’idée n’est pas de voir s’ils ont “l’air” mineur, le but de l’évaluation est de déterminer un faisceau d’indices, pouvant attester de la minorité du jeune », insiste pourtant madame Versini. Yaya, le jeune guinéen qui espérait tant être reconnu mineur, recevra finalement une lettre de refus, le forçant à quitter son hôtel. Quelques jours plus tard, on le retrouve désorienté à Porte de La Chapelle. Retour à la case départ : il demande un endroit où dormir aux bénévoles d’Utopia 56. « Tu es malheureusement arrivé un peu tard mais on va voir si on peut te trouver quelque chose », lui explique une jeune femme.

Des évaluateurs dépassés

Mais que se passe-t-il à l’intérieur du centre d’évaluation de la Croix-Rouge ? A en croire Catherine Delanoë-Daoud, responsable du pôle mineurs non-accompagnés du barreau de Paris, le dispositif parisien est « l’un des plus constructifs » :

« Ils en font beaucoup plus que les autres. »

L’avocate affirme que la Croix-Rouge a doublé ses effectifs depuis la mise en place de son dispositif. « Nous faisons le maximum, c’est un sujet sur lequel on ne lésine pas », renchérit Dominique Versini. Elle souligne que le budget alloué à l’évaluation augmente constamment, au vu du nombre croissant de jeunes se présentant à l’institution : 2,45 millions d’euros en 2016 portés à 8 millions pour 2018. Mais selon ce cadre de Médecin Sans Frontières, qui souhaite garder l’anonymat, « le dispositif est saturé » ce qui expliquerait que l’association « ajuste ses méthodes d’évaluation ». Les « rejets-faciès » seraient donc un dommage collatéral du manque de moyens abonde Me Delanoë-Daoud. Mais pour la robe, la mairie est aussi responsable de la situation des mineurs isolés :

« Elle ne veut pas se donner les moyens de prendre ces jeunes en charge. »

Après l’évaluation, c’est bien la mairie, via l’aide sociale à l’enfance qui statue sur la minorité du jeune. Et là aussi, les rejets étonnants sont nombreux. C’est le cas de Sangare, jeune garçon pour lequel la Croix-Rouge avait émis un avis favorable, avant que l’ASE ne le recale.

Le silence comme seule réponse

Face à l’absence de prise en charge de ces jeunes, Médecins Sans Frontière, une ONG plus habituée aux zones de conflits, a décidé d’ouvrir un centre d’orientation entièrement dédié aux jeunes migrants non accompagnés. Située à Pantin (93), la structure propose notamment une aide juridique destinée aux déboutés de la Croix-Rouge. Depuis l’ouverture de son centre, l’organisation a essayé de faire-valoir le droit à une deuxième évaluation de 65 victimes de « refus verbal ». Les jeunes ont retenté leur chance à la permanence de la Croix-Rouge, cette fois-ci munis d’une lettre adressée à la directrice du dispositif. Sans grand succès. A ce jour, seuls 5 des 65 jeunes ont fait l’objet d’un second entretien. Aucun n’a finalement été reconnu mineur. Le centre de Pantin a également pour but de contester les méthodes actuelles d’évaluation de la minorité. Ce même cadre de l’asso de rebondir :

« Nous constatons les difficultés rencontrées et constituons les données qui viendront appuyer nos revendications »

MSF n’est pas la seule structure à remettre en cause les méthodes d’évaluation de la Croix-Rouge. C’est aussi le cas de l’Antenne des mineurs du barreau de Paris. Les 45 avocats qui composent cette association accompagnent les déboutés de la minorité. Ils évaluent à environ 30 à 50% le nombre de jeunes finalement reconnus mineurs par les juges des enfants après avoir été refusés par la Croix-Rouge. « Certains se présentent comme mineurs alors qu’ils ne le sont pas », concède Me Delanoë-Daoud. « Mais pour éviter de les prendre en charge, on met en danger des vrais mineurs », déplore l’avocate, qui a récemment tiré la sonnette d’alarme lorsque les températures sont tombées en-dessous de zéro :

« On retarde au maximum la prise en charge. »

« Ce préjudice, qui va leur réparer ? », poursuit Me Delanoë-Daoud. La robe songe désormais engager des actions en dommages et intérêts mettant en cause la responsabilité du Conseil départemental et de l’Etat.

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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