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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : StreetPress - Jeanne-Marie Desnos , Luca Eckermann, Alice Herait, Julie Brunet - 28/3/2018

Trop « mature » ou « autonome » pour être pris en charge par l'aide sociale à l'enfance

La Croix-Rouge est mandatée par la Ville pour trier les mineurs étrangers pris en charge par l'aide sociale à l'enfance. L'ONG semble avoir du mal à faire face à une demande en hausse et de nombreux jeunes seraient victimes de « rejets au faciès ».

Rue du Moulin Joly, Paris 11 - Omar, jeune homme à la silhouette frêle et aux cheveux courts, vient de débarquer en France après un long périple. Il affirme avoir 16 ans et a quitté la Guinée Conakry dans l’espoir d’une vie meilleure. A Paris depuis deux jours, il dort comme il peut « dans le métro ou à Gare de Lyon ». Là-bas, des compagnons lui ont indiqué l’adresse du centre de la Croix-Rouge dédié aux mineurs isolés étrangers. Il s’agit du premier « sas » à franchir pour faire reconnaître sa minorité. L’association a repris ce dispositif d’évaluation en 2016, à la suite des critiques récurrentes adressées à la structure précédente, France Terre d’Asile. Face au bâtiment entouré de grilles, sous un ciel gris de janvier, Omar prie pour que l’association reconnaisse sa minorité. Le jeune homme serait alors pris en charge par les services sociaux et inexpulsable jusqu’à ses 18 ans.

Omar pénètre dans le centre et prend place sur l’une des banquettes de l’entrée. Autour de lui, une dizaine d’autres jeunes garçons attendent leur tour nerveusement. Ils viennent pour la plupart d’Afrique de l’Ouest : Guinée Conakry, Côte d’Ivoire, Mali… Après quelques minutes, un salarié du centre l’appelle. L’entretien débute. Nom, prénom, date de naissance, nationalité, parcours effectué pour venir en France et date de départ sont les seules questions posées. 10 minutes suffisent à l’évaluateur pour décréter qu’Omar est « manifestement majeur ». Le garçon quitte la Croix-Rouge abattu. Le papier de refus qu’il tend à StreetPress ne comporte aucun motif justifiant la décision. Il informe simplement le jeune débouté qu’un recours auprès du juge des enfants est possible. Le jeune homme aurait donc été victime d’un « rejet-faciès », comme on dit dans le jargon. Il se dirige, benoîtement, vers le parc de Belleville pour rejoindre les bénévoles du collectif les « midis du MIE ». Tous les jeudis et vendredis, ils préparent des repas chauds et tentent de trouver une solution d’hébergement aux mineurs en galère.

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Au déj' du collectif les midis du MIE / Crédits : Julie Brunet

Explosion

Devant l’antenne de la Croix-Rouge de Couronnes, il y a foule. Entre 2016 et 2017, le nombre de jeunes venus se faire évaluer est passé de 2000 à 6676. « N’importe quelle association mise dans ces conditions ne peut prétendre bien faire son travail », assure Jean-François Martini, salarié du Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI) :

« L’idée même qu’un travailleur social puisse évaluer la minorité de quelqu’un en 30 minutes n’a aucun sens. »

En 2017, tous examens confondus, seuls 18,2 % de ces 6676 jeunes ont été finalement pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE), selon la mairie de Paris. Pour Dominique Versini, adjointe chargée de la protection de l’enfance et ancienne du Samu Social, il n’y a pas d’erreur de casting : les rejets-faciès n’existent pas et aucun mineur n’est à la rue. Contactée par StreetPress à de multiples reprises, la Croix-Rouge, placée au front par le Département, refuse de commenter son dispositif d’évaluation et renvoie systématiquement les journalistes au service communication de la mairie.

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La bénévole Agathe Nadimi aide les jeunes à trouver un toit / Crédits : Julie Brunet

Des refus-faciès

La bénévole Agathe Nadimi connaît ces jeunes depuis environ deux ans. Armée de son petit carnet, elle prend systématiquement leur signalement à la sortie de la Croix-Rouge. Elle estime avoir observé environ 40 refus-faciès rien qu’entre le 2 et le 7 janvier 2018. Pour Agathe, l’arrivée massive de mineurs isolés depuis l’été 2016 n’a pas été suivie d’une augmentation conséquente des places d’hébergement. « S’il n’y a pas assez de places, ils les rejettent au faciès ». Ce que confirme le Défenseur des droits : les refus « seraient plus nombreux en période de particulière affluence ».

« Tous ceux qui se présentent font l’objet d’une évaluation d’une demi-heure », insiste l’élue Dominique Versini, pour justifier le sérieux du travail de l’ONG. Les témoignages recueillis auprès des adolescents tendent plutôt à estimer la durée du premier entretien à une quinzaine de minutes. Il arrive même que certains jeunes ne soient pas du tout reçus. A quelques mètres de la Croix-Rouge, Sylvie Brod bénévole auprès de l’ADJIE (Accompagnement et défense des jeunes isolés étrangers) une permanence juridique pour mineurs isolés étrangers, briefe Youssouf (1) et Bouba (1) pour qu’ils retournent au centre d’évaluation faire valoir leurs droits. Lors de sa première visite, Youssouf aurait été mis à la porte par un évaluateur qui prétendait l’avoir reconnu. « Pourquoi tu reviens ? », lui aurait-t-il lancé en lui montrant la sortie. Bouba, lui, a seulement pu donner son nom et son pays d’origine avant de devoir quitter les lieux.

Les victimes de ces « rejets-faciès » perdent sur tous les fronts, pestent les associations. D’un côté, la Croix-Rouge conteste leur âge et leur ferme les portes des foyers pour mineurs. De l’autre, ils sont exclus des centres d’hébergement classiques, réservés aux majeurs. Tous les soirs, ces galériens de l’asile se retrouvent devant les locaux de l’association d’aide aux réfugiés Utopia 56, à la recherche d’un toit. N’importe lequel. « J’ai 15 gamins dehors et pas de solution », lance Jeanne, bénévole.« On est fatigués de la rue. On est venus dans la souffrance, en clandestin, c’est pour ça qu’on a pas tous nos papiers », lance un jeune garçon sénégalais avant de repartir vers la station de métro. Devant un écran, un autre bénévole navigue entre Google Maps et un immense fichier excel rempli de noms et numéros de téléphone. La dernière colonne du tableau signale la situation des mineurs : hébergement en appartement, hôtel, foyer, à la rue ou même définitivement perdu de vue.

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Certains jeunes se retrouvent à la rue / Crédits : Julie Brunet

Les survivants du premier filtre

Les jeunes qui passent la première étape – environ 46% des prétendants – sont invités à se rendre de nouveau à la Croix-Rouge pour être interrogés plus en détail sur leur parcours migratoire, leur scolarité et leur isolement. En attendant ce rendez-vous, ils sont logés. Yaya B., Guinéen de 16 ans est de ceux-là. Il a pu jouir d’un second entretien à la Croix-Rouge, mais il craint encore « la rue, le froid, la galère ». En effet, ceux qui sont évalués majeurs doivent quitter leur hébergement provisoire.

L’évaluation n’est pas un jeu d’enfant. Rencontrés à la permanence de l’ADJIE, Sangare et Oumar, respectivement Ivoirien et Guinéen, semblent encore perturbés par les questions posées par les évaluateurs. « Ils veulent connaître les dates exactes de chaque étape, si on avait su, on aurait tout noté », s’exclame Oumar, visiblement en colère. « C’est un parcours long, on va de souffrance en souffrance, c’est difficile à expliquer », ajoute Sangare dans un souffle. L’évaluateur a reproché au jeune homme de ne pas avoir su indiquer la ville exacte de son étape en Libye. Sangare se justifie :

« Impossible de savoir où j’étais. On était enfermés dans des camions ou dans des immeubles avec interdiction de sortir. On nous tirait dessus si on le faisait. »

« Les questions sont volontairement faites pour piéger le gamin », croit savoir Agathe Nadimi. Pourtant, précise-t-elle, « il ne s’agit pas d’une demande d’asile, la Croix-Rouge n’est pas là pour déterminer un parcours migratoire, elle est là pour protéger des jeunes jugés vulnérables sur la base de leur minorité et de leur isolement. »

Jeune afghan à l’allure juvénile, Masrur affirme avoir 16 ans. Il fait partie des recalés au deuxième tour. Les motifs du rejet indiqués sur la lettre qui lui est adressée sont laconiques : « un mode de communication mature », « un degré d’autonomie élevé » et « un parcours migratoire peu détaillé ». Seule solution pour Masrur, comme pour les autres : présenter un recours devant le juge des enfants, qui peut durer entre 1 et 14 mois. En attendant, le jeune garçon, qui porte des traces de coups au visage, dort dans le métro.

Lettres de refus

Masrur n’a pas le monopole du courrier de rejet absurde. Sur la dizaine de petites lettres que StreetPress a pu consulter, on retrouve bien souvent la même rengaine. La dernière justification à la mode ? « Vous avez fait preuve d’une autonomie et d’une maturité importantes en décidant seul de quitter votre pays et en voyageant seul ». Un argument qui a le don de révolter les associations. Il est, par ailleurs, quasiment toujours reproché au jeune de ne pas présenter de papiers d’identité fiables. « Les documents produits ne peuvent vous être rattachés » est l’une des formules consacrées. Un argument dénoncé par le Défenseur des droits en juillet 2016. L’organisme indépendant avait alors pointé du doigt le cas d’un jeune malien refusé au motif qu’il n’apporterait « aucun élément tangible permettant d’étayer la minorité » alors même qu’il avait présenté un passeport dont l’authenticité ne semblait pas contestée.

Aussi laconiques soient-ils, les motifs invoqués par les évaluateurs sont toutefois conformes aux modalités d’évaluation décidées par la justice. Ces critères auraient été élaborés par un certains nombre d’acteurs, dont le Défenseur des droits et l’Antenne des mineurs, souligne Dominique Versini. Deux organismes loin « d’être conciliants avec les autorités », poursuit l’élue.

Adam, jeune marocain croisé devant la Croix-Rouge sera lui, pris en charge par l’aide sociale à l’enfance. Le garçon a un visage poupon. Est-ce cela qui aurait convaincu la Croix-Rouge ? « L’idée n’est pas de voir s’ils ont “l’air” mineur, le but de l’évaluation est de déterminer un faisceau d’indices, pouvant attester de la minorité du jeune », insiste pourtant madame Versini. Yaya, le jeune guinéen qui espérait tant être reconnu mineur, recevra finalement une lettre de refus, le forçant à quitter son hôtel. Quelques jours plus tard, on le retrouve désorienté à Porte de La Chapelle. Retour à la case départ : il demande un endroit où dormir aux bénévoles d’Utopia 56. « Tu es malheureusement arrivé un peu tard mais on va voir si on peut te trouver quelque chose », lui explique une jeune femme.

Des évaluateurs dépassés

Mais que se passe-t-il à l’intérieur du centre d’évaluation de la Croix-Rouge ? A en croire Catherine Delanoë-Daoud, responsable du pôle mineurs non-accompagnés du barreau de Paris, le dispositif parisien est « l’un des plus constructifs » :

« Ils en font beaucoup plus que les autres. »

L’avocate affirme que la Croix-Rouge a doublé ses effectifs depuis la mise en place de son dispositif. « Nous faisons le maximum, c’est un sujet sur lequel on ne lésine pas », renchérit Dominique Versini. Elle souligne que le budget alloué à l’évaluation augmente constamment, au vu du nombre croissant de jeunes se présentant à l’institution : 2,45 millions d’euros en 2016 portés à 8 millions pour 2018. Mais selon ce cadre de Médecin Sans Frontières, qui souhaite garder l’anonymat, « le dispositif est saturé » ce qui expliquerait que l’association « ajuste ses méthodes d’évaluation ». Les « rejets-faciès » seraient donc un dommage collatéral du manque de moyens abonde Me Delanoë-Daoud. Mais pour la robe, la mairie est aussi responsable de la situation des mineurs isolés :

« Elle ne veut pas se donner les moyens de prendre ces jeunes en charge. »

Après l’évaluation, c’est bien la mairie, via l’aide sociale à l’enfance qui statue sur la minorité du jeune. Et là aussi, les rejets étonnants sont nombreux. C’est le cas de Sangare, jeune garçon pour lequel la Croix-Rouge avait émis un avis favorable, avant que l’ASE ne le recale.

Le silence comme seule réponse

Face à l’absence de prise en charge de ces jeunes, Médecins Sans Frontière, une ONG plus habituée aux zones de conflits, a décidé d’ouvrir un centre d’orientation entièrement dédié aux jeunes migrants non accompagnés. Située à Pantin (93), la structure propose notamment une aide juridique destinée aux déboutés de la Croix-Rouge. Depuis l’ouverture de son centre, l’organisation a essayé de faire-valoir le droit à une deuxième évaluation de 65 victimes de « refus verbal ». Les jeunes ont retenté leur chance à la permanence de la Croix-Rouge, cette fois-ci munis d’une lettre adressée à la directrice du dispositif. Sans grand succès. A ce jour, seuls 5 des 65 jeunes ont fait l’objet d’un second entretien. Aucun n’a finalement été reconnu mineur. Le centre de Pantin a également pour but de contester les méthodes actuelles d’évaluation de la minorité. Ce même cadre de l’asso de rebondir :

« Nous constatons les difficultés rencontrées et constituons les données qui viendront appuyer nos revendications »

MSF n’est pas la seule structure à remettre en cause les méthodes d’évaluation de la Croix-Rouge. C’est aussi le cas de l’Antenne des mineurs du barreau de Paris. Les 45 avocats qui composent cette association accompagnent les déboutés de la minorité. Ils évaluent à environ 30 à 50% le nombre de jeunes finalement reconnus mineurs par les juges des enfants après avoir été refusés par la Croix-Rouge. « Certains se présentent comme mineurs alors qu’ils ne le sont pas », concède Me Delanoë-Daoud. « Mais pour éviter de les prendre en charge, on met en danger des vrais mineurs », déplore l’avocate, qui a récemment tiré la sonnette d’alarme lorsque les températures sont tombées en-dessous de zéro :

« On retarde au maximum la prise en charge. »

« Ce préjudice, qui va leur réparer ? », poursuit Me Delanoë-Daoud. La robe songe désormais engager des actions en dommages et intérêts mettant en cause la responsabilité du Conseil départemental et de l’Etat.

 

Vite dit

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Désespoir20/1/2020 - Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !
Je souffre devant tant de malheurs et d'injustices. Il faut que je parle, que j'écrive ma colère :
Un jour, en visite au CRA (Centre de Rétention Administrative) il m'a été répondu que le CRA n'était pas un hôtel : que le retenu ne pouvait pas choisir sa chambre, ni son voisin de lit, ni son repas !
Non seulement le retenu est arbitrairement privé de liberté et c'est scandaleux, mais en plus il est jugé de façon inégale, mais en plus il n'a pas droit à la même défense, mais en plus il ne trouve pas autour de lui autant de sollicitude et d'attention qu'il en aurait besoin !!!
Et oui, au CRA on ne peut pas avoir sa valise de fringues avec soi, au CRA on n'a pas forcément l'eau chaude, au CRA on n'a pas assez de couvertures, au CRA on est en souffrance, au CRA on doit subir l'autorité violente de la police et on est INNOCENT.
C'est une prison plus violente que la prison parce qu'on est innocent.
Pas de médecin sans frontière pour défendre MR N., malade, qui va être expulsé vers le pays qu'il fuit ;
Pas d'avocat sans frontière pour Mme M., qui a eu l'audace de traverser une rue pour se faire coiffer et écope de 5 mois d'emprisonnement en France alors qu'elle travaillait depuis plus de 2 ans en Suisse, sans avoir subi aucun contrôle,
Pas de défenseur sans frontière des droits de l'homme pour D., 21 ans, le sourire aux lèvres, qui après avoir été prisonnier 90 jours en Lybie, sera 60 jours prisonnier en France avant de prendre un avion pour l'Italie !
J'espère que H., que nous avons vu ce matin retrouve la liberté cet après-midi ; il est en plein désarroi, abasourdi par ce qui lui est arrivé et par les conséquences qui en découlent sur sa famille .
Cependant :
Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !

⚫️

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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