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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Mediapart - Joseph Confavreux - 17/9/2018

Poète, romancier et alpiniste, Erri de Luca est aussi une figure de la scène publique italienne, ancien militant d’extrême gauche, opposant aux grands travaux et aujourd’hui contempteur de la politique anti-migrants déployée par le gouvernement.

Erri de Luca est célèbre pour son œuvre de romancier, poète, traducteur et exégète de la Bible. Il a aussi été de la plupart des combats de la gauche politique italienne, depuis son engagement au sein du mouvement révolutionnaire Lotta Continua à son opposition au projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin qui lui a valu un procès de la société franco-italienne LTF (Lyon Turin Ferroviaire), pour avoir appelé au « sabotage » du chantier, un terme sur lequel il s’explique dans La Parole contre.

Aujourd’hui engagé en faveur des migrants, des deux côtés des Alpes puisqu’il avait soutenu Cédric Herrou et lancé un appel en faveur des « trois de Briançon », il est devenu l’un des opposants les plus cinglants du gouvernement de coalition entre la Ligue du Nord et le Mouvement Cinq Étoiles. Entretien à l’occasion de son passage à Paris.

Vous avez critiqué, à plusieurs occasions, la pente prise par la politique italienne depuis le gouvernement de coalition entre la Ligue du Nord et le Mouvement Cinq Étoiles. Quel est votre sentiment aujourd’hui ?

Erri de Luca : Un sentiment nouveau, un sentiment politique que je ne connaissais pas, alors que j’en ai connu de très nombreux, qui est le dégoût. Il se concentre sur le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, mais concerne l’ensemble du gouvernement, issu de l’invention d’une coalition qui n’existait pas avant les élections et qui n’a pu être mise sur pied qu’en trahissant les promesses de campagne et en forçant abusivement les données électorales. La Ligue du Nord faisait partie d’une coalition de droite avec deux autres partis qui ont été éliminés et sont passés dans l’opposition.

C’est donc une coalition fragile, de partis qui ne font que continuer la campagne électorale qui leur a permis d’accéder – très provisoirement – au pouvoir. Même eux sont conscients que, dans un futur proche, les électeurs devront être rappelés aux urnes, d’autant qu’il est probable que la Ligue favorise un tel scénario parce qu’elle a le vent en poupe dans les sondages.

Comment se fait-il que Matteo Salvini soit celui qui donne le ton de la politique transalpine, davantage que le président du conseil Giuseppe Conte ou Luigi Di Maio, appartenant tous deux au Mouvement Cinq Étoiles, arrivé largement en tête aux élections de mars ?

En raison de sa focalisation et de son intransigeance sur les questions migratoires qui sont devenues le centre de la politique italienne, alors que ce devrait être un sujet secondaire. Il n’y a aucune « invasion », comme on l’entend. Le contraire est vrai. Plus de cinq millions d’Italiens sont enregistrés à l’étranger, sans compter tous ceux qui vivent hors des frontières sans être enregistrés officiellement. Celles et ceux qui veulent s’installer en Italie ne représentent même pas la moitié de ce chiffre.

Cette prétendue invasion n’est qu’une comptine pour enfants, juste bonne à effrayer les gens qui aiment se faire peur. Je viens d’une époque où le courage était obligatoire, et aujourd’hui je vis une époque où la peur est devenue obligatoire. La peur est devenue un refuge.

Si vous êtes dans votre maison et que vous entendez un bruit suspect, est-ce que vous vous cachez sous votre lit ou est-ce que vous allez voir ce qui se passe ? Une fois que vous avez vu que ce bruit suspect est le produit de causes accidentelles qui ne remettent pas en question les fondations de votre maison, il devient possible de surmonter la peur, de la ridiculiser.

Mais je vis dans un pays et une époque où les personnes qui ont peur jouissent de ce sentiment et le transforment en haine et hostilité envers les plus faibles. On parle du gouvernement italien comme ayant une « ligne dure ». Mais les durs, ce sont ceux qui se battent contre plus forts qu’eux. Ceux qui exhibent leur force contre les plus faibles ne sont que des couards.

Vous aviez conclu l’une de vos interventions récentes à la télévision en affirmant que l’Italie est un pays de « personnes âgées, un pays tremblant, un pays qui a peur de son ombre. Nous sommes un pays de polichinelles qui ont peur des escargots »… 

L’Italie est le pays plus vieux du monde après le Japon, et la jeunesse italienne, qui constitue déjà une petite minorité de la population, s’exile à l’étranger. On voit rarement des femmes enceintes dans la rue. Les quelques fois où on entend pleurer un bébé sur un marché, tout le monde se retourne. Quant à l’histoire de Polichinelle, c’est une expression napolitaine qui rappelle qu’il incarne le summum de la couardise, capable de s’épouvanter face à un escargot déployant ses antennes…

Êtes-vous surpris par la trajectoire du Mouvement Cinq Étoiles ?

Le logo du M5S.Oui. Il a beaucoup changé. Pour moi, le déclic de ce changement s’est produit au printemps 2017, quand il a adhéré à la campagne de calomnies visant les bénévoles qui secouraient les migrants, en les appelant les « taxis de la mer » et en faisant confiance à une enquête judiciaire accusant les bénévoles de collusion avec les trafiquants, qui n’a strictement rien donné.
Depuis ce virage, le Mouvement Cinq Étoiles n’a cessé de se renier, en trahissant ses promesses électorales, que ce soit sur la ligne à grande vitesse Lyon-Turin, le gazoduc qui doit passer par les Pouilles ou la situation qui empoisonne la ville de Tarente.

Avez-vous voté aux dernières élections ?

Non, je ne vote pas. Je suis dans l’attente de pouvoir voter pour quelqu’un, mais cela fait longtemps que j’attends et je suis dans le même cas que la moitié des électeurs italiens.

Le 8 juillet, vous aviez rappelé que la violence à l’égard des migrants avait été initiée en particulier par l’ancien ministre de l’intérieur italien, Marco Minniti, appartenant au Parti démocrate, en disant qu’il était « pire que Salvini. C’est lui qui a permis cette situation (…) et Salvini en profite »…

Minniti a conclu des accords avec une fraction libyenne aujourd’hui en déroute à laquelle il a donné plus de cinq millions d’euros venant des contribuables italiens. Il a participé à la campagne de diffamation et de calomnie contre les bénévoles qui font des sauvetages en mer. Quand, en avril 2017, j’étais avec un bateau de MSF en Méditerranée, il y avait une dizaine d’autres bateaux. Aujourd’hui, il n’y en a plus un seul ! [L’entretien a été réalisé vendredi. Ce week-end l’Aquarius a repris la mer – ndlr.] Je le tiens pour responsable des naufrages qui ont eu lieu. À propos de ce qui se passe aujourd’hui en Méditerranée, on peut parler de crimes de guerre en temps de paix.

Plus généralement, considérez-vous que ce sont les sociaux-démocrates européens qui ont pavé la voie des nationalistes d’Italie ou d’ailleurs ?

Ils sont responsables du fait d’avoir donné aux pays du sud de l’Europe l’entière responsabilité de la gestion des flux migratoires et de la mauvaise gestion des accords de Dublin. Il est évident que la plupart des gens qui arrivent en Italie ne veulent pas y rester, et passent les frontières par tous les moyens non officiels à leur disposition.

Je dis « non officiel », parce qu’il n’est pas ici question de « clandestins ». Un clandestin, c’est quelqu’un qui profite d’un moyen de transport sans payer le billet. Au contraire, les migrants qui parviennent à débarquer en Italie ont payé très cher chaque mètre de leur voyage. Ce sont des hôtes de passage. C’est le seul terme qui convient. Quand je me trouvais sur le bateau de MSF, les bénévoles qui recevaient à bord les personnes les accueillaient en disant « bienvenue à bord, vous êtes nos hôtes ».

On connaît votre passion pour la montagne et votre pratique de l’alpinisme, mais vous avez aussi beaucoup écrit sur la mer, par exemple dans Histoire d’Irène. Que représente la Méditerranée pour vous ?

La Méditerranée se présente à moi comme elle se présentait à Homère, c’est-à-dire une voie liquide, pas une frontière, un barrage ou une fosse remplie de crocodiles. Pour nous, Italiens, la Méditerranée a été la voie liquide de la civilisation. Nous avons reçu de la mer l’astronomie, la philosophie, le théâtre, la poésie, les nombres et le monothéisme ! Je suis originaire d’une ville, Naples, fondée par le Grecs et pas par les Napolitains, donc la mer nous a aussi donné nos villes.

Quant aux montagnes, elles sont pour moi des voies minérales solides, et non pas des obstacles. L’histoire de l’Italie est faite d’invasion à travers les Alpes. Même les éléphants d’Hannibal ont réussi à passer. Comment imaginer, alors, bloquer des migrants qui veulent les franchir depuis l’Italie ? En plaine, on peut mettre des barbelés, mais en montagne c’est impossible !

Je regarde les montagnes, la mer, la géographie telles qu’elles sont, pas comme les gouvernements européens qui veulent mystifier l’évidence. Je ne nie pas que les frontières peuvent avoir une certaine utilité, dessiner des divisions de compétences entre régions et nations. Mais une frontière n’est pas un barrage. Encore moins une frontière en montagne.

Que répondez-vous à ceux qui disent qu’un État souverain est légitime à sécuriser ses frontières ?

Cela revient à dire qu’un État souverain est légitime à se protéger contre les tremblements de terre ou les orages. Protéger contre qui ? Des invasions ? On évoque avec ce terme des forces armées qui veulent occuper un pays. On ne peut pas l’employer pour des personnes désarmées qui arrivent en petits groupes, avec des femmes et des enfants. Il n’y a rien à sécuriser contre ça.

Matteo Salvini balaie les reproches en affirmant que la politique migratoire est la même des deux côtés des Alpes. Est-ce votre avis ?

En France, le Conseil constitutionnel a affirmé qu’il n’était pas illégal d’aider autrui à titre humanitaire et a supprimé le délit de solidarité. C’est une question éthique, où la France a fait honneur à son histoire. Quand Salvini affirme ce genre de choses, alors que sa politique est comparable à celle de Viktor Orbán [chef du gouvernement hongrois – ndlr], c’est une des nombreuses boutades dont est coutumier notre provisoire ministre de l’intérieur. C’est une négation de l’évidence, ce qu’on peut considérer comme le dernier stade de l’alcoolisme, quand vous êtes complètement ivre et que vous niez l’être. Sachant que l’avant-dernier stade de l’alcoolisme consiste à entonner des chants patriotiques en pleine rue…

Dans Le Plus et le moins, vous évoquez votre plongée dans les archives d’Ellis Island en citant notamment le témoignage d’un Méridional italien, qui raconte : « On m’avait dit qu’à New York les rues étaient pavées d’or. Quand je suis arrivé, j’ai aussitôt vu trois choses. La première, qu’il n’y avait pas d’or dans les rues ; la deuxième, qu’elles n’étaient même pas pavées ; la troisième, que c’était moi qui devrais les paver. » Est-ce une parabole qui pourrait encore fonctionner, ou celles et ceux qui migrent aujourd’hui ne partent plus avec les mêmes illusions ?

C’est une histoire ancienne. Aujourd’hui, les migrants savent très bien que c’est à eux d’amener l’or, et ils ne débarquent pas du bateau sans savoir où aller. Ils ont des adresses dans la poche, ils se débrouillent pour rejoindre des proches déjà installés sur place et savent très bien qu’ils seront mal accueillis et risquent de mourir sur la route.

Que peuvent faire les citoyens et les intellectuels pour entraver, ou saboter pour reprendre le mot présent dans votre ouvrage La Parole contraire, des politiques iniques ?

Les citoyens peuvent faire beaucoup de choses publiques et politiques, et le font déjà. On entend Salvini dans les médias, mais il existe beaucoup de luttes et de résistances aujourd’hui en Italie. Les écrivains et les intellectuels, quant à eux, peuvent s’exposer individuellement et se faire insulter et menacer par cette majorité provisoire qui n’est que provisoire.

Dans Le Plus et le moins, vous racontez comment vous vous êtes détaché de votre ville d’origine, Naples, en montant dans un train sans billet retour. Est-ce que vous êtes aujourd’hui tenté de prendre un nouveau billet simple pour un autre pays ?

Pas du tout. Un poète de Sarajevo avec lequel j’étais ami, qui est resté dans sa ville pendant les années de siège, en refusant de profiter des invitations à l’étranger qui lui avaient été faites, m’a expliqué que sa responsabilité était de partager la situation de son peuple et d’encourager la résistance par sa présence et sa parole.

Pourquoi aviez-vous pris position en faveur de la décision du président de la République italien lorsqu’il s’était opposé à la nomination d’un ministre de l’économie issu du Mouvement Cinq Étoiles et opposé à l’euro ?

Il avait le droit et raison de faire ça. Si nous étions sortis de l’euro, nous aurions été dans une situation pire que l’Argentine, dans une crise aussi continue que profonde. Si l’Italie s’écroule, elle entraînera avec elle tout le système politique européen.

Jugez-vous que les politiques économiques européennes sont aussi responsables de la montée des nationalismes ?

Pour moi, on n’a pas besoin de moins d’Europe, mais de plus d’Europe, en lui donnant un nouvel élan, ce qui serait possible si un nombre plus restreint de nations imbriquaient davantage leurs institutions et élevaient leur niveau d’intégration.

La France et l’Allemagne ont cette responsabilité de donner un signal dans cette direction. Aujourd’hui, l’Europe est trop nombreuse et paralysée. La garder telle quelle est impossible, cela donne des arguments aux forces qui veulent la voir affaiblie et déchirée, que ce soit en Russie ou aux États-Unis.

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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