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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Mediapart - Louise Fessard - 20/9/2018

Une centaine de mineurs étrangers, pris en charge par le département des Bouches-du-Rhône, sont logés depuis plusieurs mois dans des hôtels bon marché, faute de place en foyer. Censée être provisoire, cette solution s’installe, alors qu’un Malien de 15 ans a tenté début août de se suicider en sautant du 4e étage de son hôtel à Marseille.

À l’entrée de l’hôtel Sainte-Marie, cours Belsunce (1er arrondissement), trônent un portrait du président algérien Bouteflika et deux canaris en cage. Comptez 25 euros pour une chambre simple, 50 euros la double. Une trentaine de jeunes y sont hébergés « provisoirement » depuis plusieurs mois par la Dimef (Direction des maisons de l'enfance et de la famille), l’une des deux structures missionnées par le département des Bouches-du-Rhône pour la prise en charge de ces mineurs étrangers non accompagnés (MNA).

Cours de mathématiques au local du collectif Al Manba à Marseille, septembre 2018. © LF 
C’est de cet hôtel que, le 3 août, Adama, un jeune Malien de 15 ans, a tenté de se suicider en sautant du 4e étage. Abdulaye, un compatriote de 15 ans, qui sortait de la bibliothèque voisine et discutait avec d’autres jeunes, se souvient l’avoir vu blessé au sol. La scène l’a choqué. « Je n’arrivais pas à me contrôler, je tremblais », dit-il.

Sorti de réanimation, Adama, qui a subi plusieurs opérations en raison de fractures à la hanche et au coude, est depuis début septembre en rééducation dans une clinique d’Aubagne. « Du moment qu’il a su qu’il pourrait remarcher, il a repris le sourire », affirme Muriel, 55 ans, bénévole au collectif MIE (pour la défense des droits des mineurs isolés étrangers).

Arrivé début 2018 par les cols enneigés derrière Briançon (Hautes-Alpes), l’adolescent a vécu le parcours du combattant des mineurs étrangers non accompagnés. Après l’évaluation de son âge, il est passé par un foyer à Gap (Hautes-Alpes), puis a été envoyé à Marseille pour être pris en charge par le département des Bouches-du-Rhône avec une ordonnance de placement provisoire (OPP) de la justice.

Un éducateur se souvient l’avoir accueilli à la gare Saint-Charles. « Il était discret et réservé, ne parlait pas très bien le français, dit-il sous couvert d’anonymat. Après, il a fait le circuit comme les autres, on se les renvoyait entre le commissariat, la Dimef et l’Addap 13 [les deux structures chargées de la prise en charge des mineurs par le département des Bouches-du-Rhône – ndlr]. Il a fait partie cet hiver des gamins gazés devant le commissariat de Noailles et à qui les policiers ont envoyé les chiens. »

Moussa*, 16 ans et lui aussi malien, a rencontré Adama à l’hôtel Sainte-Marie, à son arrivée à Marseille, fin avril 2018. « Comme tout le monde, il voulait quitter l’hôtel, il voulait un foyer ou un appartement pour continuer les études », explique-t-il. Depuis son arrivée, Moussa en est à son « 4e ou 5e hôtel ». « On n’a plus d’espoir », dit le jeune homme, hébergé près de la Joliette.

Soigné pour une maladie infectieuse, Adama était, selon ses amis, très angoissé par les prises de sang qu’impliquait son suivi médical. La veille de sa chute, selon Moussa, « les éducateurs l’ont appelé pour qu’il aille faire une prise de sang et il a refusé, alors ils sont venus et lui ont dit que ce serait pour le lendemain ». « Quand j’ai pu le voir, en août à l’hôpital de la Timone après sa chute, la première chose qu’il m’ait dite, c’est : “On me prend mon sang”, se souvient Muriel. Cela l’obsédait, il s’imaginait plein de choses. » « Dans leur tête, les prises de sang sont liées au trafic d'organes », explique Anne Gautier, militante au Réseau éducation sans frontières (RESF) (lire sa tribune sur les maltraitances départementales).

Adama, un jeune Ivoirien de 16 ans, avait rencontré son homonyme malien, dans un foyer à Gap, puis l’avait retrouvé à Marseille. Les deux amis avaient l’habitude d’aller à la plage des Catalans, la plus proche du centre-ville, et de jouer au football au stade Vallier. « C’est un gars super cool, décrit-il. Chaque fois, c’est lui qui allait embêter l’Addap 13 pour avoir des tickets. S’il n’en avait pas, il revenait toute la journée. » Il y a des tickets pour tout, pour laver le linge, manger ou se faire couper les cheveux. « Depuis que nous sommes arrivés, on ne vit que de tickets », soupire Adama.

Un des hôtels marseillais où sont logés de jeunes mineurs étrangers, septembre 2018. © LF 

Le compagnon de chambre d'Adama, qui avait été blessé à la main lors d'une agression début juillet, ainsi qu’un autre jeune ont été entendus en garde à vue dans le cadre de l’enquête judiciaire. « Ils ont vu leur copain passer par la fenêtre, on les met en garde à vue et on ne leur propose aucun soutien psychologique », s’énerve Anne Gautier. Contacté, le parquet de Marseille n’a pas donné suite à nos questions sur l’enquête.

Après cette chute, plusieurs jeunes étrangers ont manifesté à deux reprises en août devant le conseil départemental afin d’avoir des nouvelles de leur ami, que certains pensaient mort, et dénoncer leurs conditions de vie. « Rien n’a changé depuis, nous sommes toujours en hôtel », soupire Abdulaye, 15 ans, installé dans le canapé défraîchi d’un hôtel du cours Lieutaud. Compréhensive, la jeune gérante de l’hôtel, elle-même immigrée d’Arménie voilà six ans, leur donne accès au petit salon du rez-de-chaussée.

Certains ont pu effectuer, début septembre, leur rentrée scolaire en collège ou lycée professionnel, mais d’autres, pourtant parfois arrivés plus tôt, ne sont toujours pas scolarisés. Les jeunes disent ne voir qu’en coup de vent des éducateurs débordés, dont ils ne connaissent pas toujours les prénoms. « Ils sont désespérés, certains sont là depuis plusieurs mois sans suivi éducatif », confirme un éducateur sous couvert d’anonymat, qui ajoute que le dispositif départemental est « complètement saturé ».

Les départements sont censés mettre à l’abri tous les jeunes se présentant comme mineurs jusqu’à leur évaluation. Puis ils doivent prendre en charge ceux reconnus comme mineurs non accompagnés (MNA) par la justice. Les jeunes sont alors normalement hébergés, selon leur degré d’autonomie, dans des maisons d’enfants à caractère social (MECS) ou dans des appartements partagés, dans le cadre d'un projet éducatif personnalisé.

Lors de l'occupation de l’église Saint-Ferréol, à Marseille, fin novembre 2017. © LF

En 2017, le nombre de mineurs migrants confiés aux départements français a augmenté de 85 % pour dépasser 25 000 mineurs pris en charge contre 4 000 en 2010. La plupart viennent d’Afrique, en particulier d’Afrique de l’Ouest francophone.

L’État a débloqué en juillet une aide exceptionnelle de 96 millions d’euros pour les départements qui avaient accueilli plus de jeunes en 2017 qu’en 2016. Les Bouches-du-Rhône, qui ont accueilli 263 jeunes supplémentaires en 2017, doivent ainsi toucher 3,1 millions d’euros, soit 12 000 euros par jeune supplémentaire.

«Leur maman leur manque»

À Marseille, l’hiver dernier, des centaines de jeunes se sont retrouvés à la rue. À la suite de plusieurs condamnations en justice, le département des Bouches-du-Rhône semble avoir pris le parti de les loger dans des hôtels avec « un certain niveau de service – étage réservé, présence physique H24, vidéosurveillance si possible », selon David Le Monnier, chef de service à l’Addap 13. Sur 130 jeunes hébergés par l’Addap 13, « environ une soixantaine » le sont dans des hôtels à Marseille et alentour.

« Ce n’est pas le standard habituel de la protection de l’enfance, reconnaît David Le Monnier. On cherche des modalités nouvelles pour voir comment on peut faire de l’accompagnement éducatif à partir d’un hôtel. On fait un pas de côté pour répondre à une première nécessité, les héberger le plus rapidement possible, afin ensuite de les amener à la scolarisation, de réfléchir à un emploi. L’enjeu du travail éducatif, c’est la régularisation après 18 ans. Donc la priorité, c’est l’autonomie, une formation qualifiante ou un emploi. »

À l’origine association de prévention spécialisée œuvrant surtout dans les quartiers Nord avec des éducateurs de rue, l’Addap 13 a dû s’adapter. En deux ans, son service MNA est passé de six travailleurs sociaux à une trentaine. « Cela ne va pas assez vite, on court toujours pour se mettre à niveau », dit David Le Monnier. Venue en renfort, la Direction des maisons de l’enfance et de la famille (Dimef), un service départemental dédié à l’accueil des mineurs en urgence absolue, a quant à elle en charge environ 70 mineurs étrangers, mais ne nous a pas répondu sur le nombre de jeunes hébergés en hôtel.

Peut-on imaginer que ces adolescents, déjà à bout, passent toute l’année scolaire à l’hôtel ? « Pour proposer une réorientation, il faut que des places se libèrent, indique David Le Monnier. C’est un dilemme permanent dès qu’on a une place : comment faire pour que cette place soit occupée par la personne la plus vulnérable dans un contexte général de très grande vulnérabilité. »

Tout l’été, des jeunes avec des OPP sont arrivés de Toulouse, Grenoble, Gap ou Mâcon, selon une clef de répartition nationale, contestée pour sa « logique purement administrative ». « Cela part d’un principe d’équité territoriale qui est légitime, estime le directeur de service. Mais on voit arriver, sans aucune préparation, ni place vacante, des jeunes gens qui étaient déjà installés, scolarisés dans d’autres départements. »

Un des tickets remis par les éducateurs pour manger dans un snack, septembre 2018. © LF 
Certains n’ont jamais choisi de quitter leur pays, mais ont été emmenés par un aîné dont ils ont été séparés au cours du voyage, dans le désert ou à l’arrivée en Libye. Souvent ce sont des problèmes familiaux d’héritage, de menaces, après la mort d’un parent, qui sont à l’origine du départ.

« C’est effarant de n’avoir à ce point pas le contrôle sur sa vie, souligne Laura, 33 ans, une bénévole intervenante musicale à la batucada. Ils cherchent à avoir un éducateur avec un grand E. On oublie que ce sont des adolescents avant d’être des étrangers : leur maman leur manque, ils ont envie de pleurer, ils font des cauchemars. Ils sont très complexés par rapport aux autres jeunes, ont le sentiment d’être des enfants au rabais. »

Plusieurs portent des cicatrices des tortures subies en Libye, mais de cela, comme de la traversée de la Méditerranée, ils évitent de parler entre eux. « On ne demande pas, car tout le monde sait comme c’est dur », dit Jean-Joël, 16 ans, Ivoirien.

Pour ceux qui ne sont pas scolarisés, les journées à l’hôtel sont longues. Les jeunes se rendent visite, font le siège de l’Addap 13 pour tenter d’obtenir, qui une paire de chaussures ou une brosse à dents, qui une carte de transport, qui une scolarisation. Ils mangent au kebab du coin ou au snack de l’hôtel, où l’ordinaire de pâtes, frites, et sandwichs semble peu adapté à des adolescents.

Le 11 juillet, trois jeunes à la rue en train de discuter devant un local de l’Addap 13, dans le centre-ville, ont été agressés par un motard armé d’un couteau. Drissa, un jeune Ivoirien de 16 ans, a reçu une vingtaine de points de suture sur le bras, un autre jeune a été encore plus grièvement touché à la main. « Il nous a dit de ne pas regarder sa copine, puis il a sorti un couteau du coffre de la moto », explique-t-il. Depuis, Drissa a revu leur agresseur plusieurs fois près de son hôtel et il est inquiet.

La cicatrice de Drissa, après son agression en juillet. Il est soigné par un kiné. © LF

«Ces jeunes, ce n’est que du bonus»

Autour des mineurs étrangers s’est tissé un réseau de militants marseillais, soudé par l’occupation, en novembre 2017, de l’église Saint-Ferréol, sur le Vieux-Port. À la suite de cette action, le département a ouvert un hébergement temporaire dans le quartier Belsunce, permettant de mettre à l’abri jusqu’à 75 mineurs. Une trentaine dorment toujours dans ce lieu, qui devrait être fermé.

Certains militants et militantes ont hébergé les jeunes cet hiver. Ils ont monté une batucada nommée « Mulêketú » et peuvent emmener les jeunes en vacances, avec l’autorisation de la justice. Stéphane et sa compagne, parents marseillais de deux jeunes enfants, ont accueilli chez eux pendant cinq mois Aboubakar, un jeune Guinéen de 17 ans passé par la rue, avec lequel ils ont noué des liens forts.

Tee-shirt de super héros sur le dos, Stéphane, ingénieur et chansonnier de 45 ans, réfute pourtant toute « générosité ». « C’est le même discours que le FN de dire qu'on est bien sympas de les accueillir, estime-t-il. En réalité, ces jeunes, ce n’est que du bonus. Ils arrivent à 16 ans, pleins d’énergie et de bonne volonté, ils sont structurés, connaissent leurs racines, leur identité, et ils ne coûtent rien. Il n’y a qu’en les mélangeant vraiment à la population que ça marchera. »

Aboubakar est désormais hébergé dans un appartement du 10e arrondissement avec deux jeunes Maliens et un Ivoirien. Il commence une formation en alternance en logistique et travaille dans les entrepôts d’une brasserie artisanale marseillaise. Passé par la rue, puis divers hébergements provisoires, le jeune homme a toujours de gros moments de blues. Sa mère lui manque. Le racisme lui pèse.

« Dans la rue, certains te provoquent, te poussent, te regardent bizarrement. On nous parle comme à des esclaves, comme ce qui s’est passé en Libye. Quand je suis avec la famille ou à la batucada, je me sens à l’aise, mais parfois, je suis comme gelé, je ne sais plus quoi faire et je ne peux même pas en discuter avec ma maman. »

Sur les murs du collectif Al Manba, dans le 1er arrondissement de Marseille, septembre 2018.

Au local du collectif Al Manba, dans le 1er arrondissement, des bénévoles tiennent tous les jeudis une permanence juridique destinée aux mineurs, en lien avec des avocates. Bangali, un jeune Ivoirien de 14 ans, tend une fiche de vie scolaire. Son école lui réclame des papiers qu’il n’a pas, explique-t-il. La veille, une éducatrice, dont il ne connaît pas le prénom, devait l’accompagner pour se rendre à une unité d’apprentissage intensif du français, mais elle n’était pas au rendez-vous.

Faut-il aller réclamer les papiers à l’Addap 13 le lendemain et manquer une journée de cours ou se rendre à l’école sans les papiers ? Arrivé de Mâcon (Saône-et-Loire) début août, l’adolescent, qui arbore un tee-shirt « I am a super hero », est hébergé avec 14 autres jeunes dans un hôtel près de la place Castellane. Il y a jusqu’à quatre lits superposés par pièce, sans aucune intimité.

« Je veux le foyer, répète-t-il en boucle. On ne peut pas rester à l’hôtel. Même le sac à dos n’est pas à moi, on me l’a prêté. » « On va à l’école, mais comment on fait les devoirs ? Il n’y a pas de table », renchérit son camarade ivoirien, un « grand » de 15 ans qui vit dans le même hôtel et s’appelle également Bangaly. Désarmée, la bénévole promet d’appeler l’Addap 13 et peste : « Quand on essaie de les joindre, les éducateurs ne répondent pas. »

Faute d’éducateurs en nombre suffisant, ce sont bien souvent les militants qui se démènent pour leur trouver un hébergeur solidaire, un téléphone portable, les accompagner au centre d’information et d’orientation (CIO, appelés à disparaître), à l’inspection académique pour accélérer leur scolarisation, ou pour trouver des stages. « Contre notre volonté, nous faisons le travail du département », regrette Muriel.

« Leur préoccupation principale est d’aller à l’école, mais tout est d’une lenteur extrême, les mois passent et on a l’impression qu’ils font traîner pour attendre leurs 18 ans », dit une autre bénévole, qui préfère rester anonyme. L’enjeu est de taille : pour pouvoir prétendre à un titre de séjour à leur majorité, les jeunes doivent pouvoir justifier d’une formation professionnelle qualifiante d’au moins six mois.

De son côté, David Le Monnier se dit favorable à ces initiatives de « bonne volonté » si elles se font en « intelligence » avec le travail engagé par les éducateurs. « Parfois, cela perturbe, dit-il. Par exemple, on fait une demande d’autorisation de travail pour un mineur et la Direccte [direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi – ndlr] refuse, car une demande a déjà été faite pour le même jeune dans un métier différent. »

Jean-Joël, 16 ans, cours Belsunce à Marseille, septembre 2018. © LF
Il n’empêche que c’est grâce aux démarches des militants que plusieurs des jeunes ont effectué des stages cet été. Écouteurs sur le cou, Bacary, 17 ans, montre le chapeau de paille sur mesure qu’il a moulé tout seul lors de son stage chez une chapelière de la Canebière. Arrivé en mars 2018 de Rodez, Bacary vient seulement d’être scolarisé et suit une formation aux métiers de la mode dans un lycée professionnel des quartiers Nord. Jean-Joël, 16 ans, a passé, lui, le mois d’août chez un boulanger pâtissier marseillais. Il suit désormais une formation d’orthoprothésiste dans un lycée professionnel éloigné du centre-ville, mais faute de carte, il ne peut manger à la cantine le midi.
« J’étais tout seul pour faire les démarches, aller au Casnav [le centre académique qui évalue le niveau scolaire des élèves étrangers – ndlr ] », rage-t-il. Jean-Joël, qui n’a pas choisi de quitter son pays, la Côte d’Ivoire, bout de colère sous ses cheveux décolorés. Dans ses cauchemars, il revoit son compagnon de voyage disparu, emporté par une vague, avec tous les hommes, à l’arrière de leur bateau en Méditerranée. Lui était à l’avant avec les femmes et les enfants. « Je rêve que je suis avec lui, quand ils nous ont mis en prison et brûlés avec le fer chaud. »

Les jeunes sont nombreux à mal dormir. « Après la tentative de suicide d’Adama, un jeune nous a dit en plaisantant : “Je serai le prochain”, mais ce n’était pas drôle », se souvient Mélissa, 30 ans, une autre bénévole de la batucada.

 

Vite dit

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Désespoir20/1/2020 - Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !
Je souffre devant tant de malheurs et d'injustices. Il faut que je parle, que j'écrive ma colère :
Un jour, en visite au CRA (Centre de Rétention Administrative) il m'a été répondu que le CRA n'était pas un hôtel : que le retenu ne pouvait pas choisir sa chambre, ni son voisin de lit, ni son repas !
Non seulement le retenu est arbitrairement privé de liberté et c'est scandaleux, mais en plus il est jugé de façon inégale, mais en plus il n'a pas droit à la même défense, mais en plus il ne trouve pas autour de lui autant de sollicitude et d'attention qu'il en aurait besoin !!!
Et oui, au CRA on ne peut pas avoir sa valise de fringues avec soi, au CRA on n'a pas forcément l'eau chaude, au CRA on n'a pas assez de couvertures, au CRA on est en souffrance, au CRA on doit subir l'autorité violente de la police et on est INNOCENT.
C'est une prison plus violente que la prison parce qu'on est innocent.
Pas de médecin sans frontière pour défendre MR N., malade, qui va être expulsé vers le pays qu'il fuit ;
Pas d'avocat sans frontière pour Mme M., qui a eu l'audace de traverser une rue pour se faire coiffer et écope de 5 mois d'emprisonnement en France alors qu'elle travaillait depuis plus de 2 ans en Suisse, sans avoir subi aucun contrôle,
Pas de défenseur sans frontière des droits de l'homme pour D., 21 ans, le sourire aux lèvres, qui après avoir été prisonnier 90 jours en Lybie, sera 60 jours prisonnier en France avant de prendre un avion pour l'Italie !
J'espère que H., que nous avons vu ce matin retrouve la liberté cet après-midi ; il est en plein désarroi, abasourdi par ce qui lui est arrivé et par les conséquences qui en découlent sur sa famille .
Cependant :
Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !

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Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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