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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Le Monde - Julia Pascual - 10/10/2018

Dix-sept des 58 réfugiés secourus en Méditerranée en septembre par le navire humanitaire de MSF et SOS Méditerranée sont arrivés mardi en France.

Ibtissem a le regard dur et, en même temps, elle sourit du bout des lèvres. Elle prend son mal en patience. A mesure que les informations lui parviennent, cette mère de famille libyenne commence à se figurer le quotidien qui lui fera désormais office de nouvelle vie, aux côtés de son mari et de ses deux fils de 18 et 20 ans.

Arrivés en France mardi 9 octobre avec deux autres familles libyennes, quatre Pakistanais, un Soudanais et un Ivoirien – ils sont 17 en tout –, ils font partie des migrants secourus par l’Aquarius au large de la Libye et auxquels la France a décidé d’octroyer l’asile.

Modéliste pour une société italienne, Ibtissem avait déjà voyagé en Europe. Mardi, elle a découvert le continent comme réfugiée. Les 7 euros d’allocation pour demandeur d’asile qu’elle percevra tous les jours et l’appartement d’une petite cité de Langres (Haute-Marne) dans lequel elle va vivre ces prochains mois. La tapisserie tachée, la gazinière graisseuse, le lino sale. « Il y avait des gens il y a encore deux jours », justifie, un brin gênée, la femme qui l’accueille. Ibtissem ne pense qu’à une chose, acheter de l’eau de Javel et une carte SIM pour pouvoir appeler sa famille.

« C’est la France qui nous a choisis »

Cette femme de 46 ans était sur le navire humanitaire de Médecins sans frontières (MSF) et de SOS Méditerranée il y a encore dix jours. Puis elle a été transférée dans un centre fermé à Malte jusqu’à ce qu’elle prenne l’avion pour Paris, mardi, peu avant l’aube. Après leur arrivée à Roissy, un minibus a déposé les trois familles libyennes l’une après l’autre dans des centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA), dans l’Aube, la Haute-Marne et les Vosges, accompagnées de fonctionnaires de l’Office français de l’immigration et de l’intégration. « On fera des courses demain et on s’occupera de vos papiers », explique l’assistante sociale du CADA à Ibtissem, qui parle un français presque courant. Dans sa Kangoo, la salariée fait ensuite un rapide tour de la commune avec la famille, signalant ses repères phares : le centre commercial Leclerc, le Lidl, le tabac, la statue de Diderot – « Il a inventé l’encyclopédie » –, la poste.

Lire aussi :   Reportage en images à bord de l’« Aquarius »

Les rescapés de l’Aquarius devraient obtenir le statut de réfugié d’ici deux mois environ. Un délai plus rapide que la moyenne. « Le problème, c’est que, contrairement à d’autres demandeurs d’asile, eux viennent de débarquer en France. On nous pousse à faire de la place dans les CADA, mais, au bout de six mois, ces personnes ne sont pas suffisamment autonomes pour partir seules en appartement », souligne Wanda Saire, directrice de l’Association pour l’accueil des travailleurs et des migrants, qui héberge les trois familles libyennes.

Les familles libyennes sont transférées par bus vers différents Centre pour l’accueil des demandeurs d'asile de la région Grand-Est. Ici dans un quartier en périphérie de la ville de Langres, le 9 octobre. SAMUEL GRATACAP POUR LE MONDE

Avant Ibtissem et sa famille, Amel, enceinte de six mois, Rabia et leurs deux enfants de 5 et 6 ans ont été installés, à la mi-journée, dans la banlieue de Troyes. Un petit immeuble des années 1970, vieillot mais propre, et dans l’escalier duquel la famille libyenne a croisé des voisins : un père tchétchène et sa fille, une mère irakienne et son fils. « Elle est arrivée il y a deux ans dans le cadre du démantèlement du camp de Calais, explique la directrice. Sa demande d’asile a été rejetée, elle a fait appel. » Après avoir dit au revoir à ceux avec qui ils ont partagé la traversée de la Méditerranée, Amel et Rabia remontent chez eux. « C’est la France qui nous a choisis », confiait Amel l’instant d’avant. Quatre Etats membres se sont réparti la prise en charge des 58 rescapés de l’Aquarius, débarqués à Malte.

« Nous vivrons libres ensemble ou nous mourrons ensemble »

A ses enfants, Amel a parlé d’un « voyage pour changer de vie ». Ibtissem rêvait du Luxembourg pour que son plus jeune fils étudie les sciences. Dans la nuit du 23 septembre, au cours de laquelle ces Libyens ont pris la mer, depuis la ville côtière de Zouara, ils avaient mis toutes leurs chances de leur côté. Pour ne pas mourir, ils ont acheté une barque en bois, plus robuste que les embarcations de caoutchouc made in China que la mer déchire, engloutit et recrache sans scrupule. En Méditerranée, comme partout ailleurs, il y a des classes de voyageurs. « Certains bateaux partent avec 100 ou 150 personnes. On a mis plus d’argent pour avoir quelque chose de plus sûr », expliquait Ibtissem, alors qu’elle était à bord. Un homme a aussi piloté l’embarcation en bois pendant une partie du trajet, avant de repartir à bord d’un autre bateau, quand sur la plupart des embarcations de migrants, la barre est confiée au premier venu qui, la nuit, a tôt fait de confondre les torchères des plates-formes pétrolières avec les lumières de l’Europe.

Une embarcation en détresse avec onze personnes à bord, au large de la Libye, le 20 septembre. SAMUEL GRATACAP POUR LE MONDE

Khaled, jeune Libyen de 30 ans, a vendu sa voiture et s’est fait prêter de l’argent par un ami pour réunir le millier de dollars (865 euros) nécessaire à sa traversée. Afef, mère célibataire de quatre fils, a payé pour elle et ses deux cadets de 13 et 14 ans, mais elle n’a pas eu assez d’argent pour que ses deux aînés de 20 et 21 ans la suivent. Père de quatre enfants âgés de 3 à 7 ans, Fouad avait déjà misé 20 000 dollars sur l’obtention de visas pour sa famille. En vain. Il a donc pris la mer. « Nous vivrons libres ensemble ou nous mourrons ensemble », s’étaient-ils promis avec sa femme.

Parmi les 47 personnes secourues à bord de la barque en bois, dans la nuit du 23 septembre, par l’Aquarius, il y avait deux vendeurs de voitures, un ingénieur du son, une infirmière, un comptable, une femme enceinte et dix-sept enfants… Des familles libyennes en majorité, des gens « bien établis », avait rapidement remarqué le responsable de l’équipe de MSF à bord de l’Aquarius.

Sur l’écran radar du navire humanitaire, Nick Romaniuk, responsable des opérations de recherche et de sauvetage pour SOS Méditerranée, n’a d’abord vu qu’une trace. Comme on cherche une aiguille dans une botte de foin, il espérait retrouver depuis plusieurs heures cette embarcation en détresse dont la présence en mer lui avait été signalée par la plate-forme téléphonique associative Alarm Phone. Lorsque les deux canots de sauvetage de l’Aquarius ont été mis à l’eau et se sont approchés, il faisait encore nuit. A mesure que le jour se levait, les sauveteurs sont parvenus à distinguer les traits, derrière les pupilles rondes, des membres de l’équipage singulier qu’ils venaient secourir, surpris dans les eaux internationales, sans balise de détresse et sans radio.

Un ordinateur et deux livres

Khaled a été le dernier à quitter la barque en bois pour suivre les sauveteurs de SOS Méditerranée sur leur canot pneumatique. Le jeune homme ne voulait pas prendre le risque d’abandonner ses sacs. En quittant sa Libye natale, il a emporté son ordinateur et un clavier numérique mais aussi son premier uniforme d’écolier, l’édition anglaise de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, de Harper Lee, ou encore L’Alchimiste, de Paulo Coelho.

Quarante-sept personnes ont été secourues au large de Zaouïa (Libye), le 23 septembre. SAMUEL GRATACAP POUR LE MONDE

Hassna, une mère de famille libyenne aux cheveux teints en blond, a tenu à prendre son chien dans la traversée du 23 septembre. C’est la première fois, en deux ans et demi de sauvetage en Méditerranée, que l’Aquarius porte secours à un chien. Il s’appelle Bella. C’est un bichon maltais, jure un membre de l’équipe de MSF. Il pourrait avoir raison. Et personne ne cherche à le contredire. Un chien de race maltaise qui porte un nom italien, c’est un peu d’ironie dans une mer de cynisme, alors que l’Aquarius est devenu depuis cet été persona non grata dans les ports des deux pays européens, sous l’impulsion du ministre de l’intérieur italien d’extrême droite, Matteo Salvini, qui a fait de ses positions anti-immigration le cœur de sa politique.

Les profils des rescapés libyens du 23 septembre interpellent. Comme si leur rang social les humanisait, comme si leurs nombreux bagages et leur chien les rendaient familiers. Plus réels, depuis la terre ferme, que ces hommes et ces femmes anonymes qui traversent la Méditerranée dans le dénuement le plus total.

Leur fuite raconte aussi la réalité d’un pays plongé dans la guerre depuis la chute du régime de Kadhafi en 2011 et que ses propres ressortissants désertent. Hassna a fui après que son mari a disparu, kidnappé par des milices ; à Tripoli, Khaled a subi les affres de ces mêmes milices et a effectué plusieurs séjours en prison pour avoir transporté de l’alcool ou participé à des fêtes en compagnie de femmes ; Ibtissem et son mari Mohamed ont dû vendre leurs deux voitures pour payer la rançon qu’exigeaient les coupeurs de routes pour leur rendre leur fils aîné ; Fouad est agnostique et dit craindre des représailles…

Le nombre de traversées en Méditerranée centrale a atteint son plus bas niveau depuis 2014. En 2018, quelque 22 000 personnes ont rejoint l’Italie depuis la Libye, soit une baisse de 80 % en un an. Ce chiffre ne révèle pourtant pas un volume moindre de candidats au départ depuis la Libye, où, selon des estimations, le tiers des 700 000 personnes migrantes présentes dans le pays pourraient nourrir un jour ou l’autre un projet d’Europe.

L’« Aquarius » indésirable

En réalité, la baisse des flux révèle, en creux que des hommes et des femmes sont de plus en plus empêchés de fuir. « Depuis l’été 2017, les départs sont bloqués », constate Flavio Di Giacomo, porte-parole en Italie de l’Organisation internationale pour les migrations. La mer Méditerranée est le dernier endroit où les effets de ce blocus peuvent être observés. C’est la route migratoire la plus meurtrière au monde. Près de 15 000 personnes y ont péri entre 2014 et 2018. Et les chances de mourir en tentant la traversée ont presque doublé entre 2017 et 2018.

A bord de l’Aquarius, les sauveteurs de SOS Méditerranée et les humanitaires de MSF touchent du doigt cette réalité. Dans la nuit du 23 septembre, ils ont senti à quel point leur présence en mer était devenue indésirable. Alors qu’ils procédaient au transfert de femmes et d’enfants sur leur canot de sauvetage, ils ont essuyé les foudres des gardes-côtes libyens, furieux qu’on leur dérobe ainsi ces vies qu’ils sont payés à empêcher de fuir. « Vous allez avoir de gros problèmes. Vous encouragez les migrants à aller en Europe », hurlent, cette nuit-là, les Libyens. L’échange radio est tendu et, sur la passerelle, le capitaine de l’Aquarius retient son souffle, tandis que la navette des gardes-côtes parvient à hauteur du navire et tourne autour de ses canots de sauvetage. « Vous avez perturbé et interrompu nos opérations. Vous quitterez la zone immédiatement », ordonnent encore les Libyens.

Le cadre est intenable. Il n’y en a pas. Trois jours auparavant, l’Aquarius avait secouru une petite barque avec, à son bord, un jeune Ivoirien de 20 ans et dix Pakistanais. L’embarcation avait été repérée lors d’un tour de veille à la jumelle, sur la passerelle du navire. Le sauvetage s’était passé sans encombre dans les eaux internationales, à 45 kilomètres au large de la Libye. Les autorités maritimes libyennes avaient ensuite exigé de l’Aquarius qu’il transfère ces rescapés à bord d’une navette de leurs gardes-côtes, ce qu’avait refusé le navire humanitaire.

Depuis le mois de juin, les autorités maritimes libyennes sont reconnues par l’Organisation maritime internationale comme étant compétentes pour coordonner des secours dans les eaux internationales au large de leur pays. Jusque-là, ce sont les Italiens qui assumaient ce rôle. Mais, à grand renfort de fonds européens, les Libyens sont montés en puissance, se sont équipés et ont fini par prendre la main sur une partie de la Méditerranée centrale. Ils sont non seulement les premiers acteurs à intervenir dans la zone – depuis le début de l’année, ils ont intercepté 14 000 réfugiés – mais ils sont aussi le point de passage obligatoire pour quiconque voudrait ici porter secours à une embarcation en détresse.

Dans le même temps, la Libye est en proie à des affrontements armés, les migrants y sont détenus dans des centres souvent aux mains de milices, le pays ne dispose d’aucune loi d’asile et les témoignages rapportant des situations de torture, de traite ou de violences sexuelles ne manquent pas. La Libye n’est pas un lieu sûr de débarquement après un sauvetage en mer, a répété en septembre le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. En raison des « graves maltraitances » que les migrants y encourent, leur renvoi en Libye est contraire au droit maritime international et, depuis les eaux internationales, il s’apparente à une entrave au principe de non-refoulement d’un réfugié vers un pays où sa vie ou sa liberté peuvent être menacées.

Sauvetage au large de Zaouïa (Libye) d’un petit bateau de pêcheurs, le  23 septembre. SAMUEL GRATACAP POUR LE MONDE

Et pourtant. C’est la situation qui s’est précisément installée en Méditerranée. Les rares navires commerciaux qui croisent au large de la Libye remettent aux Libyens les personnes qu’ils secourent, celles-ci étant presque aussitôt réintégrées dans les réseaux de passeurs. Et chaque sauvetage réalisé par une ONG qui refuse de se soumettre à cet état de fait occasionne une errance en mer de plusieurs jours, les navires se heurtant à la fermeture des ports italiens et l’incapacité de l’Europe à apporter une réponse ferme et de droit à cette situation.

Depuis le début de l’été, plusieurs navires humanitaires sont en outre bloqués à quai à Malte, empêchés de repartir en mer. En l’espace d’à peine un peu plus de deux mois, l’Aquarius a perdu son port d’attache italien, et, à deux reprises, son pavillon pour des raisons exclusivement politiques. Il est actuellement retenu dans le port de Marseille, dans l’attente de retrouver une bannière sous laquelle naviguer. Deux bateaux humanitaires de sauvetage patrouillent actuellement en Méditerranée centrale, contre une dizaine l’an dernier à la même époque. L’Europe organise de facto la pénurie des secours en mer Méditerranée.

Tuer le temps, tromper l’ennui

A bord du bateau, les jours d’attente ressemblent à des jours sans fin et sans horizon. Qu’il vente ou qu’il pleuve, l’Aquarius sait désormais qu’il fera des ronds dans l’eau tant que les Etats membres ne se seront pas mis d’accord pour se répartir la prise en charge des migrants secourus en mer. A chaque sauvetage, le même imbroglio diplomatique, le même bricolage européen. L’époque où le navire débarquait ses hôtes en l’espace de deux jours est révolue.

Les équipes de SOS Méditerranée et de MSF sont passées de la gestion de l’urgence à celle de l’incertitude et de l’impuissance. Tuer le temps, tromper l’ennui, atténuer les tensions qui affleurent dans un espace confiné et secoué par la houle. On fabrique un jeu de dames avec un bout de carton et des bouchons en plastique, on joue un air d’accordéon, on se passe les enfants de bras en bras, on fume une cigarette, puis deux, puis trois. On distribue des pastilles contre le mal de mer, du dentifrice et des brosses à dents. On organise des douches tous les deux jours. On propose des sacs de survie pour les nuits humides sur le pont. Un conteneur réfrigéré a aussi été installé sur le pont avant du bateau, dans lequel peuvent être conservés les corps sans vie repêchés en mer.

A plusieurs jours de navigation de la France, les équipes de l’Aquarius perçoivent la petite musique qui se joue sur le continent depuis quelques mois, et sur l’air de laquelle les ONG sont accusées de favoriser les mouvements migratoires. Ils se revendiquent marins, sauveteurs avant tout, médecins, sages-femmes ou infirmiers. Ils sont étiquetés « complices du business de l’immigration clandestine » par Matteo Salvini ou « complices des mafias de passeurs » par ­Marine Le Pen.

Pourtant, ni les opérations de sauvetage réalisées par les ONG ni celles portées par des Etats – comme ce fut le cas de l’Italie avec Mare Nostrum, qui a secouru 170 000 personnes en 2014 – n’ont eu d’incidence sur le nombre de tentatives de traversée. La pénurie des moyens de secours a en revanche un effet levier réel sur le taux de mortalité en Méditerranée centrale.

Les chaussures trempées de rescapés sèchent sur un pont du navire, le 20 septembre. SAMUEL GRATACAP POUR LE MONDE

Pressé de dire s’il ouvrirait les ports français aux rescapés de l’Aquarius, Emmanuel Macron a dit ne pas vouloir céder aux « bons sentiments faciles ». « Plus tard, cette crise sera dans les livres d’histoire et on en aura honte », croit Liza Courtois, infirmière sur l’Aquarius. Tandis que Carlos Jaramillo, médecin pour MSF à bord, pense à ses traversées comme à ces sauts dans le vide depuis les fenêtres des hauts étages des tours du World Trade Center, le 11 septembre 2001.

Lire aussi :   Pour les 58 migrants débarqués de l’« Aquarius » à Malte, l’île est « comme une prison »

Une demi-douzaine d’accouchements ont eu lieu à bord du navire depuis deux ans et demi. Un jour, un bébé a été secouru, encore relié à sa mère par le cordon ombilical. Nick Romaniuk ne compte plus les corps qu’il a vus passer dans des sacs mortuaires. Ils ont d’abord connu la mer comme pêcheurs, capitaines de marine marchande, vacanciers de bord de plage ou passagers d’une croisière, désormais c’est un autre regard qu’ils portent sur cet espace.

Edouard Courcelle, de MSF, se souvient avec douleur de cette nuit de janvier au cours de laquelle il a vu des mains l’implorer puis couler l’instant d’après, des corps flottants, sans espoir, un bébé renaître sous l’effet d’un massage cardiaque. Il a tatoué son corps du souvenir de cette nuit, pendant laquelle, dit-il, « on s’est fait défoncer ». Au large de la Libye, il y a quelques jours, il regardait le bleu « artificiel », presque « chimique », qui teinte les eaux. « Tu vois ce bleu ? C’est beau, mais c’est paradoxal. C’est une image qui fait penser au voyage. Et puis tu sais qu’en dessous ce sont des corps et des canots crevés. » Ben a côtoyé toute sa vie la mer Méditerranée. Né en Tunisie, installé en Italie, ce membre de MSF n’y trempe plus un pied. « Elle a avalé trop de gens », dit-il.

Lire aussi :   « Aquarius » : « Ne laissons pas le pavillon de l’indifférence flotter en Méditerranée »

 

Vite dit

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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