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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Mediapart - Christelle Gérand - 9/10/2018

Non contente d’accueillir près d’un million de réfugiés, l’Éthiopie s’engage à les intégrer, par l’emploi notamment. Le pays est massivement aidé dans sa démarche par l’Union européenne et les institutions internationales : ainsi, davantage de « migrants » devraient rester sur le sol africain.

Addis Abeba (Éthiopie), correspondance.-  S’il est un domaine pour lequel l’Éthiopie ne cesse d’être complimentée, c’est sa politique d’accueil des réfugiés. « Brillant exemple de l’hospitalité africaine », selon les termes du haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés Filippo Grandi, le pays accueille officiellement 928 663 réfugiés.

Limitrophe du Soudan du Sud en guerre civile, de l’Érythrée et de son travail obligatoire à durée illimitée, de l’archétype de l’État failli qu’est devenue la Somalie, l’Éthiopie, de par sa relative stabilité, apparaît comme une terre d’asile de choix. La mosaïque ethnique du pays facilite l’intégration des nouveaux venus. Ainsi, les Éthiopiens du nord parlent la même langue que la majorité des Érythréens, de même pour les Éthiopiens d’ethnie somalie qui accueillent les Somaliens.

Dans les camps, toutefois, les conditions de vie sont rudes. Pics de chaleur, moustiques porteurs du paludisme, isolement : situés à proximité des frontières où les réfugiés arrivent à pied, ils ne sont accessibles que par des pistes cabossées, uniquement empruntées par le bétail et les 4×4 des ONG.

Sans véhicule, les réfugiés sont « enfermés dehors », pour reprendre les termes du philosophe Michel Foucault à propos des boat people du Vietnam. Prisonniers du manque de perspectives des 26 camps dans lesquels, sauf autorisation spéciale, la loi les cantonne, nombreux sont ceux qui migrent une nouvelle fois. Ainsi, une étude de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) estime que 40 % des réfugiés érythréens quittent les camps éthiopiens durant les trois premiers mois suivant leur arrivée, et 80 % au bout d’un an. Certains espèrent que davantage d’opportunités les attendent en Égypte, en Arabie saoudite ou en Afrique du Sud. D’autres se rendent dans les grandes villes éthiopiennes. Ils renoncent alors aux abris de fortune des camps et à l’aide alimentaire qui y est fournie.

Dans la capitale Addis Abeba, les réfugiés, bien que non autorisés à travailler, sont partout. Pour l’achat de robes, de parfums et de cosmétiques, les Éthiopiennes se rendent dans le « petit Mogadiscio », un quartier où les réfugiés somalis revendent des produits importés illégalement à travers la frontière poreuse avec leur pays d’origine. De nombreux garages sont tenus par des Érythréens, dont la licence est au nom d’une connaissance éthiopienne, qui se fait généralement remercier pour ce « service » d’une part du chiffre d’affaires.

Certains réfugiés sont employés de façon informelle par des organisations officielles en tant que médecins ou interprètes. D’autres travaillent à la journée comme employés de maison ou dans l’un des multiples chantiers de construction d’une capitale en constante expansion. Plusieurs ONG financent des formations pour les réfugiés, or tous les programmes des ONG doivent être validés par le gouvernement. À quoi bon enseigner la carrosserie ou la coiffure aux réfugiés, si ce n’est pour qu’ils utilisent ce savoir dans le pays ?

L'Éthiopie accueille officiellement 928 663 réfugiés. 

Formaliser ce laisser-faire est l’un des axes de la nouvelle « vision » éthiopienne. Accorder des permis de travail et des licences commerciales aux réfugiés, les enregistrer à l’état civil, les autoriser à cultiver des terres fertiles… L’Éthiopie a pris neuf engagements lors du Sommet des dirigeants sur les réfugiés qui s’est tenu en septembre 2016 à New York. Deux ans et un changement de gouvernement plus tard, les progrès sont en cours. L’Éthiopie a instauré un « cadre d’action global pour les réfugiés » (CRRF dans le jargon du HCR), en novembre dernier. Depuis, des bureaux de l’état civil ont été établis dans les camps. Les enfants qui y sont nés ont dorénavant une existence légale, les actes de mariage évitent aux nombreuses femmes laissées seules d’être stigmatisées, et les actes de décès peuvent permettre d’hériter, ou de faciliter la garde d’un enfant orphelin.

Avec une personne sur quatre au chômage dans les villes, et un nombre inconnu mais important d’Éthiopiens devant se contenter d’emplois pour lesquels ils sont surqualifiés, ou de quelques heures informelles de-ci de-là, le quota d’emplois pour les réfugiés est la promesse « la plus controversée », selon Tadesse Kassa, conseiller auprès de la Commission éthiopienne des investissements. Cet avocat a fait partie du comité chargé d’amender la Constitution pour mettre en œuvre l’engagement de « construire des parcs industriels qui devront employer 100 000 personnes, dont 30 % de réfugiés ». Dans la nouvelle loi, approuvée par le Conseil de la fédération et « qui devrait être approuvée par le Conseil des représentants des peuples d’ici un mois ou deux », croit savoir Tadesse Kassa, les réfugiés sont traités non plus comme des étrangers, soumis à de nombreuses restrictions dans le pays, mais « presque comme des Éthiopiens ».

Le projet, sobrement baptisé « pacte de travail », est financé à hauteur de 429 millions d’euros par la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement, l’Union européenne et le Royaume-Uni. Du fait du grand nombre de réfugiés et de son très faible revenu intérieur brut, l’Éthiopie bénéficie également d’une aide spéciale de la Banque mondiale, par le truchement des crédits IDA (association internationale de développement) : en juin, le pays s’est vu accorder un don de 102 millions d’euros et un prêt de 72 millions d’euros sur 38 ans.

Ces financements s’inscrivent dans la nouvelle logique des donateurs de favoriser les projets de développement, visant, selon les termes de l’Union européenne, à « agir sur les causes du déplacement et des migrations irrégulières en créant des opportunités économiques ». Pour la directrice du bureau européen d’Amnesty International, Iverna McGowan, il s’agit de « balancer de l’argent pour garder les réfugiés au loin ». L’Éthiopie fait ainsi partie des 16 pays que l’Union européenne entend aider en priorité dans le but de décourager les migrations vers l’Europe : le fonds fiduciaire qui lui est alloué représente 224 millions d’euros, utilisés pour des formations, des microcrédits et un accès amélioré à l’eau et à l’éducation, notamment.

« Les donateurs ont l’impression d’entendre que l’Éthiopie a besoin d’aide depuis 50 ans »

Ces arrivées de fonds estampillés « développement » compensent la « fatigue des donateurs », estime Alexandra de Sousa, directrice du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies en Éthiopie. « Les donateurs ont l’impression d’entendre que l’Éthiopie a besoin d’aide depuis 50 ans. L’année dernière, c’était la sécheresse ; cette année, les conflits ethniques à l’origine du déplacement de 2,8 millions de personnes… Cette “fatigue” est difficile à surmonter », se désole-t-elle.

Pour Tadesse Kassa, l’échange est « gagnant-gagnant » : grâce à sa politique d’accueil des réfugiés et de collaboration concernant le retour de ses migrants, l’Éthiopie perçoit une « assistance technique pour déployer son agenda industriel ». Clémentine Nkweta-Salami, la représentante du HCR en Éthiopie, n’est pas aussi optimiste : « Cette année, nous avons demandé 282 millions d’euros pour l’aide aux réfugiés, et, à ce jour, nous n’avons reçu que 19 % de la somme. Donc nous priorisons, et nous faisons avec le peu que nous avons. »

Les montants alloués étant fonction du nombre de réfugiés, on peut se demander si ceux-ci ne sont pas gonflés. Ainsi, les chiffres utilisés par le Programme alimentaire mondial (PAM) sont beaucoup moins importants que les chiffres officiels, comptabilisés par l’Agence éthiopienne pour les réfugiés et les rapatriés, un organisme gouvernemental qui n’a pas voulu répondre à nos questions, et par le HCR. Le PAM distribue de la nourriture aux 685 761 réfugiés qu’il comptabilise dans les camps. On est loin des 928 663 censés s’y trouver. Clémentine Nkweta-Salami ironise : « Aucun réfugié ne vient nous voir pour nous dire : “Retirez-moi de la liste, je vais dans un autre pays.” » Elle assure que son agence va mettre en place un comptage biométrique « dans les prochaines semaines ».

Quel que soit le nombre exact de réfugiés, Stine Paus, directrice du Norvegian Refugee Council (NRC) en Éthiopie, s’enthousiasme du « changement positif » de la politique éthiopienne en leur faveur. Elle souhaiterait toutefois que davantage de moyens soient consacrés à leur intégration dans les villes. Selon elle, en effet, les cantonner dans des camps est « très onéreux et n’aide pas le pays ». En réalité, même « enfermés dehors », les réfugiés contribueraient au produit intérieur brut, d’après une étude de la Banque mondiale et du HCR. Dans le comté de Turkana, l’aide alimentaire et financière apportée aux 160 000 réfugiés du camp de Kakuma au Kenya accroîtrait la consommation ; le camp, quant à lui, contribuerait au produit intérieur brut du comté à hauteur de 3 %.

Outre les considérations financières, la politique d’accueil de l’Éthiopie lui permet d’améliorer son image à l’international. « C’est le pays qui va bien, où l’on se réfugie », insiste Stine Paus. Il est d’ailleurs vraisemblable que ce rôle de « gardien des migrants », particulièrement apprécié de l’Union européenne, lui vaille que ses manquements en matière de droits de l’homme soient passés sous silence.

 

Vite dit

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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