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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Mediapart - Yves Faucoup - 30/1/2019

Des familles à Toulouse, au bord des berges de la Garonne ou sur l'île du Ramier, dorment dehors la nuit, parfois par moins 5 degrés. Des associations se battent pour obtenir des autorités publiques qu'elles prennent des décisions d'urgence afin de les mettre à l'abri. Une solution très provisoire, avec tentes de la Protection Civile, a été recalée par la bureaucratie ministérielle.

Le Collectif d'entraide et d'innovation sociale (CEDIS), très actif à Toulouse pour l'hébergement des gens à la rue, ayant repéré un bâtiment public disponible, appartenant à un ministère, vide depuis deux ans (sur un terrain en friche depuis quinze ans) a longtemps réclamé, en vain, qu'il soit aménagé pour y héberger des sans-abri. Finalement, récemment, face à l'insistance du collectif, la Préfecture a étudié à nouveau cette possibilité et a obtenu la mobilisation de ce bâtiment qui permettra d'accueillir pendant quelques mois 200 personnes.

Début février, une association gestionnaire, spécialisée déjà dans l'hébergement d'urgence, devrait être désignée pour une installation dans les lieux prévue dans un mois et demi environ. Auparavant, l'aménagement interne du bâtiment aura été réalisé par l'Agence Intercalaire (1) pour permettre l'installation des familles dans des conditions correctes. Il ne s'agirait que d'une occupation temporaire, jusqu'au début de juillet, bien que des négociations sont en cours pour obtenir une prolongation au-delà.

 Tentes militaires pouvant héberger des sans-abri [immoz.info]

En attendant, il était prévu d'installer, ailleurs à Toulouse, des tentes de l'Armée (pour 10 à 15 personnes chacune), gérées par la Protection civile, utilisées habituellement dans des opérations extérieures, sur des zones parfois de guerre. Ce campement aurait pu accueillir environ 300 personnes, adultes et enfants, qui vivent actuellement dehors, dans des conditions insupportables, avec des enfants, ce qui n’était jamais le cas jusqu’alors (ils étaient dans des squats ou dans des bidonvilles, mais pas sous tentes). 

Les associations qui suivent ce dossier sont la Fédération des Acteurs de la Solidarité (Occitanie, FAS ex-FNARS), le Collectif Inter-associations de Toulouse (CIAT), la Fondation Abbé-Pierre, l'URIOPSS Occitanie, le GPS (regroupement de travailleurs sociaux) et le CEDIS. Ces associations et la Préfecture étaient d'accord pour mettre en place au plus vite ce projet de tentes militaires mais, dans un ministère, quelqu'un s'y est opposé. Sans que l'on en connaisse vraiment la raison : parce que cela ferait "appel d'air", selon la formule odieuse mais consacrée par les opposants à toute solution humanitaire, parce que cela serait réclamé ailleurs et donnerait une image de la France devenant camp de réfugiés ? On ne sait.

Photo extraite du film d'Olivier Cousin "Un toit sur la tête" [© Narratio films] 

Toulouse est identifiée depuis longtemps comme une ville très active quant aux réquisitions. La mobilisation militante et solidaire a conduit, au fil du temps, à l'occupation de nombreux bâtiments pour y loger des sans-abri. Dans le passé, ce fut le cas célèbre de l'immeuble qui deviendra, à force de persévérance de la part des personnes qui menaient la lutte, à la maison d'accueil Goudouli, qui fonctionne toujours, hébergeant sur la durée d'anciens SDF. Par ailleurs, le CEDIS a une tradition de lutte en ce domaine, comme le film Un toit sur la tête d'Olivier Cousin l'a bien montré. Par ailleurs, j'ai décrit dans un article paru sur ce blog en novembre 2017, la méthode d'intervention du CEDIS, faite d'actes subversifs et de capacités de négociation.

Geneviève Genève, pour le CIAT, collectif qui a au moins 30 ans d'âge et regroupe 20 associations humanitaires et caritatives (2), une de ses six coordonatrices, devant l'accroissement du nombre de personnes à la rue, insiste sur la nécessité d'ouvrir des places et de faire du logement très social, que ce soit hiver comme été (il y a plus de morts à la rue l'été), et d'assurer un accompagnement social, car la mise à l'abri ne suffit pas : il faut aider la personne à accéder à un logement.

Anne-Claire Hochedel, pour la FAS, reproche à l'État de ne pas avoir de réflexion globale et de ne pas anticiper. Tout est toujours dans l'urgence. Ce bâtiment que propose la Préfecture (et c'est très bien) aurait pu être aménagé plus tôt, et il ne serait pas nécessaire, là, en plein hiver de chercher une solution d'urgence en attendant qu'il soit prêt à accueillir des familles et des personnes isolées actuellement à la rue dans des conditions inadmissibles. Par ailleurs, le pouvoir central réduit les crédits destinés aux CHRS (centre d'hébergement et de réinsertion sociale). Si certains élus de la Ville sont mobilisables et si l'État finit par bouger un peu, par contre le Conseil Départemental est le grand absent quand il s'agit de trouver des solutions, excepté ses interventions liées aux mineurs et aux familles dans le cadre de l'Aide sociale à l'enfance. 1500 personnes sont actuellement hébergées dans des hôtels, dispositif à saturation au point que 30 familles qui devraient être hébergées ne peuvent l'être faute de places disponibles. Par ailleurs, l'accompagnement social est nettement insuffisant, alors qu'il est indispensable pour aider ces personnes à trouver des solutions hors hôtel.

Non-assistance à personnes en danger

Campement actuel à Toulouse, en bord de Garonne [Photo Thomas Couderette] 

Les associations citées plus haut ont écrit le 15 janvier au Préfet de Haute-Garonne pour lui rappeler que "plus de 300 personnes dont des enfants, sont contraints de vivre dans des jardins publics, sur les bords de la Garonne faute de place dans le dispositif d'hébergement". En effet, elles sont installées dans des tentes de camping, abris de fortune, sans point d'eau ni sanitaire, ni chauffage. Dans ce courrier, était dénoncé le fait que les conditions d'accueil habituellement proposées par l'État sont le plus souvent indignes : gymnases ouverts sur plusieurs mois, lieux d'hébergement fermés en journée. Tout en reconnaissant que l'installation sous tente n'est pas la meilleure solution, les associations considèrent cependant que les tentes militaires avaient le mérite d'être un lieu sécurisé, chauffé, doté de sanitaires et où les personnes pourraient rester 24 heures sur 24. Cela permettait aussi "de procéder aux premières évaluations de leurs besoins afin d'assurer une orientation vers des services et des lieux adaptés".

Le refus de mettre en place cette solution conduit toutes ces personnes, souvent très vulnérables (enfants parfois en bas âge, femmes enceintes, personnes âgées ou malades) à rester confrontées à des risques sanitaires énormes (3). Les associations dénoncent une non-assistance à personnes en danger, alors même qu'"une collaboration efficace entre l'État et les acteurs associatifs se construisait autour de ce projet à plusieurs phases et permettait d'envisager la mise en œuvre de solutions intéressantes pour les personnes concernées". Le Préfet est sollicité pour qu'il agisse toujours en vue de cette solution.

Autres solutions

 

Action du collectif Immobilier Sans Frontières devant Toulouse-Métropole, à Toulouse, le 25 janvier [Photo YF] 

Parallèlement à ce gros chantier, d'autres luttes ont lieu pour que des bâtiments publics soient mobilisés. Ainsi, la Métropole de Toulouse dispose d'un outil pour agir sur le foncier, avec l'EPFL, établissement public foncier local, menant des opérations foncières et immobilières pour le compte de 4 établissements publics de coopération intercommunale. Cette instance frileuse rechignait à bouger alors même que l'État et la mairie sont prêts à des concessions.

Thomas Couderette, du CEDIS, prenant la parole lors de l'action devant Toulouse-Métropole le 25 janvier [Photo YF]

Ce vendredi 25 janvier, le collectif Immobilier Sans Frontières a appelé à venir manifester devant la Métropole de Toulouse (dont le Président est Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse). Ce collectif est composé du CEDIS, de la CGT Action sociale, du DAL (Droit au logement), des collectifs de squats (celui du Maquis, et celui du Russell), d'Emmaüs et de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) : les militants de ces organisations se sont rassemblés devant ce siège bien gardé par la police. Et des petites tentes de camping ont été rapidement montées pour marquer le coup.

Un militant du DAL, le 25 janvier [Ph. YF]

En réalité, le matin même, apprenant cette action publique, la présidente de l'EPFL décidait de se mettre en mouvement et envoyait un mail au Collectif proposant un rendez-vous pour ce mardi 29 janvier. Ainsi l'EPFL (instance rattachée à la Métropole de Toulouse) s'engage à "mobiliser" des bâtiments dont elle dispose afin d'envisager des solutions temporaires d'accueil. Il importe de noter ici que l'État a une compétence forte en matière de logement, sans en avoir toujours les moyens puisque ce sont les collectivités qui aménagent le territoire et possèdent de nombreux bâtiments.

Il va de soi que l'approche de tels problèmes de logement sur l'aire urbaine toulousaine (1,2 million d'habitants, 452 communes, sur un territoire plus large que la seule Métropole) suppose que l'on ne se contente pas de faire appel à la seule ville de Toulouse. D'autres collectivités et institutions doivent être sollicitées car elles peuvent agir et éviter que tout se concentre sur le centre-ville.

Il en est de même sur tout le territoire français, il importe que s'impliquent fortement toutes les entités mobilisables : les collectivités, telles que communautés de communes, communautés d'agglomérations, mais aussi tout simplement communes, ainsi que les propriétaires publics de bâtiments, tels qu'entreprises et hôpitaux publics, et bailleurs sociaux. L'État devrait mettre le paquet pour que cela soit réalisé, ne serait-ce que parce qu’une personne à la rue, à terme, coûte deux fois plus cher que si elle était hébergée. Mais il semble parfois jouer la montre, gagner du temps, prenant des risques énormes, car si un enfant ou un adulte venait à mourir en essayant de dormir par moins 5 degré, il est bien possible que la responsabilité des pouvoirs publics serait recherchée. Et les valeurs de la République ne consistent pas à éviter que des êtres humains meurent mais à faire en sorte, tout simplement, qu'ils puissent vivre dans la dignité.

Campement des Arènes, sur un parking, à Besançon, démantelé depuis par la Préfecture du Doubs en octobre 2018 [Photo YF] 

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(1) L'Agence Intercalaire a été créée spécialement pour accompagner les propriétaires, dans ce genre de situation d'"occupation temporaire des bâtiments et des espaces inhabités". Son ambition est de "redynamiser la ville, servir la création et le développement d'activités entrepreneuriales, associatives et culturelles en permettant à des porteurs de projet d'accéder à des locaux à coûts réduits". On comprendra mieux les beaux objectifs de ce regroupement d'architectes, d'urbanistes, de travailleurs sociaux et de militants divers quand on saura que l'agence est portée par l'association Mutualisation pour l'Innovation Sociale et la Solidarité (MI2S) dont le président n'est autre que Thomas Couderette, l'animateur principal du CEDIS.

(2) Dont Médecins du Monde, Secours Catholique, Croix-Rouge, Groupe Amitié Fraternité (GAF), fondé il y a une trentaine d'années par des SDF, Cité la Madeleine (Association des Cités du Secours Catholique), Emmaüs, Entraide Portestante, La Roulotte Solidaire, Pas Sans Toit 31, Petits Frères des Pauvres, Société SaintVincent : https://www.collectif-toulouse.org/

(3) A noter qu'en ce début de XXIème siècle, en France, des femmes enceintes dorment à la rue, accouchent et, l'été, sont renvoyées chez elles, c'est-à-dire sous tente, avec des nouveaux-nés, dans des conditions de risque extrême. L'hiver, les hôpitaux les gardent tout de même un peu plus longtemps, en sachant qu'elles et leur bébé dormiraient dans le froid. Tout récemment, il a fallu que des travailleurs sociaux se battent pour obtenir qu'une femme reste un peu plus à la Maternité après son accouchement afin qu'elle ne se retrouve pas dans une petite tente sordide avec son bébé en bord de Garonne. Vingt femmes isolées, victimes de violence ou risquant de l'être (étant à la rue) sollicitent en vain le 115, qui ne peut rien leur proposer.

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Extrait de l'Appel intitulé Stop au gâchis humain !, publié le 8 janvier dans Libération et le 29 janvier sur son blog de Mediapart par Roland Gori, psychanalyste, auteur de La Fabrique des imposteurs (2013) :

"La fraternité est la seule valeur à même de « réconcilier ces sœurs ennemies que sont la liberté et l’égalité » (Bergson). La Démocratie a pour exigence première le « prendre soin », le prendre soin de soi et de l’Autre sans lequel il n’y a pas de vie qui mérite d’être vécue. C’est pour cela que nous ne devons plus laisser à la rue ces enfants, ces femmes, ces hommes, ces familles que notre République a les moyens de prendre en charge, et dont le coût sera moins prohibitif que les opulences financières, les obésités luxueuses que le laisser-faire politique du néolibéralisme a permis. A moins que le spectacle de cette misère ne soit partie prenante des méthodes d’intimidation sociale que le politique pratique depuis quarante ans. Le pays a les moyens de prendre soin de la vulnérabilité de ses citoyens."

Pour rédiger cet article :

J'ai rencontré et contacté plusieurs acteurs de diverses associations, dont Thomas Couderette (CEDIS), Geneviève Genève (CIAT) et Anne-Claire Hochedel (FAS), ainsi que des travailleurs sociaux et des occupants de squats.

 

Photo extraite du film d'Olivier Cousin "Un toit sur la tête" [© Narratio films]

Pour en savoir plus :

Sur ce blog :

. Un toit sur la tête, 27 novembre 2015.

. Hébergement d'urgence et solutions pérennes, 20 novembre 2017.

 Sur le site le24heures.fr :

. "Le Plan Grand Froid n'est pas à la hauteur", par Camille Obry, le 7 janvier. Interview de Thomas Couderette.

Communiqué de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) du 29 janvier sur le Grand froid et la situation critique des personnes et familles sans-abri, listant les situations les plus préoccupantes, à Paris, dans la Seine-Saint-Denis, à Toulouse, à Lyon, à Lille, à Nantes. Le communiqué évoque, entre autres, "l'épuisement des travailleurs sociaux".

Billet n° 445

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   [Le blog Social en question est consacré aux questions sociales et à leur traitement politique et médiatique. Voir présentation dans le billet n°100. L’ensemble des billets est consultable en cliquant sur le nom du blog, en titre ou ici : Social en question. Par ailleurs, les 200 premiers articles sont recensés, avec sommaires, dans le billet n°200. Le billet n°300 explique l'esprit qui anime la tenue de ce blog, les commentaires qu'il suscite et les règles que je me suis fixées. Enfin, le billet n°400, correspondant aux 10 ans de Mediapart et de mon abonnement, fait le point sur ma démarche d'écriture, en tant que chroniqueur social indépendant, c'est-à-dire en me fondant sur une expérience, des connaissances et en prenant position.]

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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