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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Mediapart - Mačko Dràgàn - 15/2/2019

Ce jeudi 14 février, jour de la Saint-Valentin, le tribunal de Nice a relaxé Cédric Herrou suite à la plainte de Georges-François Leclerc, préfet des Alpes-Maritimes, pour « injure publique ». Cédric avait vexé l’édile en comparant sa politique migratoire avec celle réservée aux juifs sous Vichy. « Vive la justice indépendante ! », a déclaré le citoyen solidaire en saluant cette décision. Récit.

Ce jeudi 14 février, journée de l’amour, des cœurs et des Mon Chéri, une petite foule joyeuse et souriante est rassemblée sur la place du Palais de Justice de Nice où, pour la énième fois, Cédric Herrou est appelé à comparaître devant la chambre correctionnelle. Il fait grand soleil, et tout le monde, ici (et ce détail n’est pas anodin), parait heureux.

Pourtant, c’est un véritable duel des titans qui, aujourd’hui, va voir son accomplissement. Oubliez Kaaris contre Booba. Dans le 06, c’est une lutte bien plus dantesque qui occupe les fonctionnaires de justice.

Voici les combattants. Faites sonner la cloche. À ma gauche, Cédric, donc, dit « l’ennemi public de la Roya », 39 ans, citoyen solidaire, agriculteur et éleveur de poule. A ma droite, vraiment très à ma droite, Georges-François Leclerc, dit « le multirécidiviste du 06 » (quatre condamnations au compteur pour « atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d’asile »), 52 ans, haut-fonctionnaire, préfet des Alpes-Maritimes. Motif du litige : une « injure grave » qui aurait été proférée sur Facebook à l’encontre du second.

Je rappelle les faits. Il y a quelques mois de cela, la SCNF annonce qu’elle refuse désormais de faire transiter gratuitement les migrants pris en charge à Breil-sur-Roya vers le centre d’accueil de Nice. Cédric propose alors sur sa page Facebook, ouvrez les guillemets, et prenez garde car la violence du propos peut choquer, telle une punchline de rappeur hardcore : « Peut-être que le préfet des Alpes-Maritimes pourrait s’inspirer des accords avec la SNCF pendant la deuxième guerre mondiale pour le transport des Juifs pour gérer le transport des demandes d’asile ? »

Aussitôt, c’est le clash. La réplique de M. Leclerc, légitimement interloqué, dans son cœur fragile de haut-fonctionnaire attaché à l’excellence de sa tâche, même quand celle-ci consiste à refouler illégalement des migrants épuisés vers l’Italie, par ces mots obscènes, ne se fait pas attendre : il porte plainte pour « injure grave à un fonctionnaire ». Lors du premier procès, 5000 euros d’amende sont requis à l’encontre du brigand de la Roya.

Et en ce jour de Saint-Valentin, donc, nous allons enfin connaître le délibéré, qui avait été reporté. Rendez-vous a été donné par la bande de Défends Ta Citoyenneté (DTC), l’association lancée par Cédric et ses amis, pour venir profiter du beau temps en dégustant la cuvée nouvelle d’huile et de pâte d’olive (la récolte ayant été, sachez-le, excellente cette année, avec une cueillette abondante et savoureuse).

Aujourd’hui, pour nous, un seul mot d’ordre : face à la bêtise, garder le sourire, et ne pas perdre cet humour festif qui fait la force des justes.  

J’arrive un peu en retard, mes lunettes noires sur le nez, clope au bec, et Cédric est déjà en train de passer. De toute façon, il fait trop beau pour s’enfermer dans un tribunal… Je reste donc dehors pour saluer les copains. Céline m’interpelle : « -Tu as vu nos affiches ? Pas mal, hein ? Je suis sûre que tu es jaloux ». Et comment, que je le suis. Normalement, je m’enorgueillis de trouver des slogans accrocheurs, mais cette fois-ci, les autres se sont surpassés. A côté des grilles du PJ, de petites pancartes garnies de charmantes pétales de fleurs proclament notamment : « Pour la Saint-Valentin, le préfet se fait des films Herrou-tiques » ; d’autres, accrochées en hauteur, annoncent : « Il préfet-re la mort en mer », « l'amour est dans le pré-fet », ou encore : « Arrêtez de mettre de bâtons dans l’Herrou » (sans doute mon préféré, c’est pourquoi j’ai décidé d’en faire le titre de mon papier).

Au bout d’une vingtaine de minutes d’attente joyeuse et conviviale, à jouer avec les enfants, fumer des cigarettes, prendre des nouvelles du petit dernier ou discuter avec les curieux venus demander ce pourquoi nous étions là, Céline reçoit un message : « RELAXE ! » Après un doute sur la teneur de l’information (peut-être lui indique-t-on simplement de rester calme, du genre : "relax, take it easy, il a pris six ans ferme"), la rumeur circule parmi nous, nous crions : « relaxe ! relaxe ! », et une première salve de hourras et d’applaudissement accueille la nouvelle.  

Avec Axel, volontaire DTC, nous allons chercher l’huile et la pâte d’olive (qui, message à caractère informatif, diffère de la tapenade en ce qu’elle ne contient pas d’anchois) et les tréteaux dans la camionnette pourrie de Cédric garée dans le parking souterrain, et nous installons le stand dégustation sur la place.

Puis ceux qui avaient assisté à l’audience commencent à sortir du palais. Cédric arrive, escorté par Sabrina Goldman et Zia Oloumi, son duo d’avocat.e.s talentueux.es en plus d’être sympathiques, et nous les applaudissons. Cédric dit qu’il est surpris de cette décision, mais qu’il est heureux que la justice, que l’on peut critiquer sur bien des points, ait ici fait preuve de son indépendance. Il dit : vive la justice indépendante !, remercie ses merveilleux.ses avocat.e.s, puis va parler aux médias présents, dont France 3 Région et 20 minutes, qui rapporte ces propos de Zia : « Cédric Herrou a été relaxé sur le fond de l’affaire. [Cela] lui fait reprendre un peu confiance en la justice, dont il peut ressentir un certain harcèlement. Il a l’habitude d’être écouté quand il provoque, mais pas entendu quand il met le doigt sur des problèmes. »

Cédric évoque également la situation dramatique des demandeurs d’asile dans la Roya, à la frontière franco-italienne, et la pression politique qui est imposée à ceux qui tentent encore et toujours de leur venir en aide, face à des instances publiques répressives et tatillonnes. A ce titre, rappelons que le procureur de Nice vient d’ouvrir une enquête préliminaire visant la Police Aux Frontières (PAF) de Menton, à propos des infractions commises par ses agents –falsification de données, non-respect des droits des demandeurs, reconduite de mineurs… Peut-être la justice, dans cette histoire, finira-t-elle enfin par condamner les véritables criminels, les pantins de l’ordre injuste et les bourreaux, qui, si ils ont une conscience, la voient chaque jour s’encombrer de dizaines, de centaines de victimes, dans le froid mordant de la neige des hauteurs ou la bouche noire et glaçante d’une Méditerranée parfois impitoyable…

Le parquet peut toujours faire appel. Nous le saurons dans dix jours. Mais, pour le moment, cette triste tentative d’instrumentalisation de la justice par un préfet qui assume avec morgue et indécence une politique migratoire inhumaine, prend fin dans la joie et la bonne humeur, sous un soleil quasi printanier. C’est une victoire de plus, après l’annulation par la cour de cassation, en décembre 2018, de la condamnation de Cédric et Pierre-Alain pour « délit de solidarité », et il y a de quoi se réjouir. Plus le temps passe, plus la justice française, particulièrement en Macronie, montre ses failles (procès ineptes de gilets jaunes, affaire des perquisitions chez la FI et Médiapart, poursuite des citoyens solidaires…), mais quelques lueurs d’espoir, fugaces, subsistent encore. Ce qui les rend d’autant plus savoureuses -comme l'huile d'olive nouvelle.  

Prochain rendez-vous : le procès intenté par notre grand ami, le doux, tendre, chauve et tempéré Éric Ciotti, que nous apprécions tous beaucoup et qui, sans doute pour attirer son attention dans le but de quémander son amour, a porté plainte contre Cédric après que celui-ci eût posté sur Twitter : « Quand Eric Ciotti dit en 2018 « Mettons les migrants en Lybie » [des propos malheureusement authentiques, la bêtise de notre édile ne connaissant aucune limite] il dirait en 1940 mettons-les dans les chambres à gaz ». Cédric s’est expliqué auprès de Nice Matin, précisant ses propos : « D'après ses dires, on peut tout à fait imaginer dans quel camp aurait été M. Ciotti en 1940. Renvoyer les migrants en Libye, c'est les conduire directement à la mort. Tout le monde sait qu'en Libye, les hommes et les enfants sont tués, les femmes violées ». Affaire à suivre.

Mais pour le moment, nous sommes là, à parler, à rire, tout en dégustant le pain frais imbibé d’huile d’olive suave et gouleyante. J’en profite pour m’acheter des œufs certifiés Herrou, et estampillés Nature et progrès, ce qui est, comme le fanfaronne un Zia hilare, « encore plus bio que bio. C’est du super-bio, il n’y a pas mieux ». Seul vient troubler la fête un vieux bougon réac' (une denrée assez répandue à Nice), venu hurler : « Prenez-les chez vous, les migrants ! », ce à quoi nous n’avons pu que répondre : « Les prendre chez nous ? Vous êtes un visionnaire, monsieur, on n’y avait pas pensé ! » Mais nous ne lui prêtons guère plus attention : nous avons bien mieux à faire, comme par exemple, être heureux.

Micka, jeune homme fraichement arrivé à Nice pour ses études, que j’avais invité à venir et qui découvre la bande, me confie : « Je suis content d’être venu. C’est beau, toute cette douceur, toute cette tendresse. Ça inspire ». Et c’est bien vrai que c’est touchant et beau, cette atmosphère qui règne maintenant. Ça doit sans doute leur faire envie, tout cet amour, aux costume-cravate de l’autre camp.

Puis, évidemment, nous allons célébrer la victoire sur la terrasse d’un bar du coin. Il y a là Cédric, Marion, Céline, ses deux adorables filles, les avocat.e.s, les bénévoles de DTC, des réfugié.e.s ou demandeurs.ses d’asile, quelques autres potes, et nous sommes bien. La bière est fraîche. Nous nous racontons des blagues, et nous rions et sourions comme seuls savent rire et sourire ceux qui font en sorte de pouvoir se regarder dans le miroir sans frémir, et qui ont au cœur cette joie qui est le don fait aux justes par la vie (car la vie n'aime pas qu'on laisse mourir les gens au prétexte qu'ils sont pauvres et noirs).  

Assis sur une terrasse au soleil, baignés par la lumière de ce Sud que nous aimons tant, malgré tous ses défauts, nous sommes bien, nous sommes heureux. On se moque gentiment de nos amis politiciens de droite du 06. On imagine la possibilité de faire monter Pamela Anderson dans la Roya (après tout, elle est déjà venue à Calais), un beau coup de com’ en perspective. On dit des conneries, quoi, on « déconne », comme dirait notre monarque, comme les couillons de pauvres et « réfractaires » que nous sommes.  

Nous guettons, sur les réseaux sociaux, les réactions de l’autre camp, et voyons passer celle de M. Estrosi, humoriste involontaire local (et accessoirement maire de Nice) : « Soutien au @prefet06 et aux forces de l’ordre à nos frontières après la relaxe incompréhensible et inquiétante de Cédric Herrou qui avait osé suggérer au préfet de s’inspirer du transport des juifs pendant la 2nde guerre mondiale pour le traitement des demandeurs d’asile ».

Et nous rions. Et nous nous disons que, de l’autre côté, ils ont l’air triste, triste comme la mort, et nous avons pitié pour eux. Ces gens-là ont si peu d’humour. Ils ont l’air de rire si rarement, toujours si sérieux dans leurs costumes gris et noirs.

Il y a une barricade. D’un côté, il y a des difficultés, certes, des épreuves, de la misère même parfois, des souffrances, des violences, des humiliations, des gaz lacrymogènes, des procès et des gardes à vue, mais aussi et surtout des rires, de la joie, de la solidarité, des fêtes, des jeux, des apéros, des repas partagés, et du courage. De l’autre, il y a richesse et pouvoir, mais aussi et surtout de l’ennui, de la tristesse, de la bassesse et de la lâcheté.

Vous voulez être de quel côté ? Moi, j’ai fait mon choix depuis longtemps. Comme nous tous. Et nous y sommes bien. Et ça, aucune poursuite, aucun procès, aucune condamnation ne pourra jamais rien y faire, parce que la flamme des solidaires ne s’éteindra jamais.

En 1940 comme aujourd'hui, il s'agit de ne pas être dans le camp de l'abjection.

Vive la justice indépendante, vivent les citoyens solidaires,

Salut et fraternité,

M.D.  

P.S. : le slogan utilisé en titre serait issu, à ce qui se raconte, du cerveau du sieur Herrou lui même. Mais loin de moi l'idée de dire que cet homme aurait du talent.

Compte-rendu du premier procès : https://blogs.mediapart.fr/macko-dragan/blog/301018/le-citoyen-solidaire-cedric-herrou-contre-le-prefet-les-justes-juges-par-les-pantins

 

Vite dit

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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