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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Le Monde - Catherine Mary - 21/2/2019

Pour déterminer si un migrant est mineur ou pas, les autorités judiciaires peuvent ordonner une évaluation par radiographie. Mais celle-ci, peu précise, est récusée par les spécialistes médicaux. Le Conseil constitutionnel est appelé à trancher.

Les réponses de Moussa (son prénom a été changé) sont laconiques, son regard est fuyant lorsqu’il témoigne au sujet de l’examen radiologique de la main auquel il a dû se soumettre, sur demande du juge des enfants. Il faut lui arracher les mots, sans que l’on parvienne à cerner si ce mutisme provient de sa défiance, de sa difficulté à s’exprimer en français ou d’une volonté d’en dire le moins possible. Avec ses cheveux soigneusement rasés, sa joie à l’évocation de son frère jumeau retrouvé porte de la Chapelle, à Paris, quelques semaines auparavant, et son impatience d’aller rejoindre les autres jeunes migrants hébergés dans cet hôtel de la région parisienne par Médecins sans frontières, ce jeune Malien ressemble à n’importe quel autre adolescent.

Mais quel âge a-t-il vraiment ? Son destin, comme celui de tout migrant se déclarant mineur à son arrivée en France, est suspendu à cette question que les autorités judiciaires sont chargées de trancher. Et les résultats du test osseux, dont l’usage dans ce contexte est pourtant sous les feux de la critique, doivent servir à étayer la décision du juge.

Moussa, qui raconte être arrivé en France par la voie du Maroc au printemps 2018, affirme être âgé de 15 ans et avoir perdu ses papiers d’identité. Mais il n’a pas été cru et a été débouté de sa première demande de reconnaissance de minorité auprès du dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers (Demie) de la Croix-Rouge, mandatée pour cette mission en Ile-de-France. D’où son recours auprès du juge des enfants, avec le soutien de Médecins sans frontières, qui vient de lancer un programme visant à accompagner les jeunes migrants durant cette procédure.

Sérieuses réserves

L’enjeu est de taille. S’il est reconnu mineur, Moussa doit bénéficier, selon la convention internationale des droits de l’enfant de 1989 et le code de l’action sociale et des familles, des mêmes droits que n’importe quel enfant en danger. Soit une prise en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE) favorisant ses chances d’insertion et d’obtention du droit d’asile, à l’âge de 18 ans. Sinon, il devra se mêler aux demandeurs d’asile vivant dans la rue, sous menace d’expulsion.

Lire aussi Mineurs sans papiers : quelle prise en charge en France ?

Mis au point par deux médecins américains qui lui ont donné son nom, le test osseux de Greulich et Pyle, auquel le jeune Malien s’est soumis, a pour but d’évaluer la maturité osseuse à partir d’une radiographie de la face de la main gauche. Il se fonde sur le stade d’ossification des os de la main et du poignet : celle de l’os sésamoïde, situé au niveau de l’articulation du pouce, des os du carpe, dont la forme évolue avec la croissance, des os des phalanges, ainsi que du radius et du cubitus, dont les extrémités, jusqu’à maturité osseuse, sont séparées du reste de l’os par du cartilage de croissance.

Un atlas, conçu par Greulich et Pyle, répertorie différents stades d’ossification par tranches de six mois, à partir d’observations relevées sur une population d’enfants nord-américains entre 1931 et 1942. Le test osseux, encadré par l’article 388 de la loi du 14 mars 2016 relative à la protection de l’enfant, consiste en une analyse de la radiographie, basée sur cet atlas.

« En pratique, de tels tests sont inexploitables pour fournir un âge donné, et nous ne fournissons pas de résultats précis mais une fourchette d’âge. » Catherine Adamsbaum, radiopédiatre

Mais les spécialistes médicaux émettent de sérieuses réserves sur son utilisation pour l’évaluation de l’âge des migrants. « Le souci, c’est que ce test a été détourné de sa fonction initiale : détecter d’éventuelles anomalies de croissance et décider du recours à un traitement, explique la radiologue Kathia Chaumoître, de l’hôpital Nord de Marseille. Son usage pour évaluer l’âge des migrants repose sur un raccourci prétendant que l’âge osseux équivaut à l’âge réel. La maturité osseuse s’achève à 19 ans chez un garçon et diffère d’un enfant à l’autre. La variabilité individuelle est de un à deux ans », poursuit-elle. « En pratique, de tels tests sont inexploitables pour fournir un âge donné, et nous ne fournissons pas de résultats précis mais une fourchette d’âge », confirme la radiopédiatre Catherine Adamsbaum, de la faculté de médecine Paris-Sud.

La maturité osseuse varie en effet d’un individu à l’autre, mais également en fonction du sexe, de l’état nutritionnel et des conditions socio-économiques. Une étude menée en 2008 chez 1 372 enfants au Centre hospitalier régional et universitaire (CHRU) de Marseille a, par exemple, montré que l’ossification de l’os sésamoïde se fait entre 10 ans et 15,1 ans chez les garçons, et entre 8,8 ans et 15,2 ans chez les filles.

L’interprétation du résultat fluctue aussi selon le niveau d’expertise du médecin pratiquant l’analyse.

Une autre étude, également menée au CHRU de Marseille chez 1 423 garçons et 1 191 filles âgés de 1 à 21 ans, en 2017, a mis en évidence que, pour un individu donné, les résultats du test osseux sont fiables de six mois à un an près entre 0 et 10 ans, et de un à deux ans près, au-delà de 10 ans. La plus importante variabilité est observée entre 16 et 18 ans, l’âge le plus fréquent chez les migrants mineurs. L’interprétation du résultat fluctue par ailleurs selon le niveau d’expertise du médecin pratiquant l’analyse.

D’où les réserves émises depuis plusieurs années par différentes autorités médicales, dont l’Académie française de médecine, le Comité consultatif national d’éthique et le Haut Conseil de la santé publique, pour alerter sur le manque de fiabilité du test, en particulier pour la tranche d’âge qui concerne les migrants mineurs. « La détermination d’un âge osseux ne permet pas de déterminer l’âge exact du jeune lorsqu’il est proche de la majorité légale. La détermination d’un âge physiologique sur le seul cliché radiologique est à proscrire », soulignait ainsi le Haut Conseil de la santé publique dans un avis de 2014.

Lire aussi Jugée majeure puis mineure, une immigrée victime d'examens osseux non fiables

La loi du 14 mars 2016 intègre ces réserves en encadrant les conditions de réalisation du test. « Les conclusions de ces examens, qui doivent indiquer la marge d’erreur, ne peuvent à elles seules déterminer si l’intéressé est mineur », résume-t-elle ainsi, ajoutant que « le doute profite à l’intéressé ». Elle rappelle également que son consentement à passer ce test est nécessaire.

Mais plusieurs associations d’aide aux migrants alertent sur les conditions d’application de cette loi, et certaines, telles que la Cimade, plaident pour l’interdiction du test osseux. « Depuis un an et demi environ, les procureurs ont de plus en plus recours aux tests osseux. Dès que l’âge de 18 ans est compris dans l’intervalle fourni par le résultat, l’interprétation est toujours orientée de manière à ce que le migrant soit considéré comme majeur par le parquet », rapporte Violaine Husson, de la Cimade, qui a récemment produit un rapport sur la situation des étrangers mineurs isolés.

Instrumentalisation du test

« Les juges ont la liberté de demander ce test osseux. Il y a certaines situations où je comprends qu’on puisse le faire. Mais dans la mesure où il y a une expertise sur les papiers, réclamer ce test, c’est de l’acharnement », dénonce un éducateur de Médecins sans frontières, évoquant le cas d’un migrant pour lequel le juge a ordonné un examen osseux, alors que l’expertise de ses papiers administratifs l’avait déclaré mineur.

Des constats repris dans un procès-verbal daté de mars 2018 par le comité d’éthique du CHRU de Brest, saisi par un collectif d’associations d’aide aux migrants. Il y rapporte un recours systématique au test osseux, et des résultats rendus sans marges d’erreur. « Le consentement est souvent contourné ou obtenu contre le gré du mineur, compte tenu des conséquences dissuasives en cas de refus de se soumettre », signale-t-il également.

Lire aussi Le gouvernement face au défi de la prise en charge des mineurs étrangers non accompagnés

Connaissant cette instrumentalisation du test, certains médecins, comme à l’Institut médico-légal de Brest, refusent de le réaliser, tandis que la plupart d’entre eux acceptent. « Tout médecin peut s’y opposer s’il considère qu’il n’a pas la compétence pour le faire. Mais ce n’est pas évident de refuser la réquisition dans la mesure où il n’y a pas de décision du ministère pour dire “on ne le fait pas”, se défend Kathia Chaumoître. Si vous estimez que vous êtes compétent et que vous refusez de le pratiquer, le test risque alors d’être confié à une personne qui va l’interpréter sans en avoir forcément la compétence et sans fournir de fourchette d’estimation adéquate, à plus ou moins deux ans. »

Ce qui n’écarte pourtant pas la responsabilité du médecin, comme le soulignait, en mars 2018, le comité d’éthique du CHRU de Brest : « Les médecins réalisant le test osseux ne sont pas sans connaître le caractère potentiellement fautif d’une réponse qui exposerait l’enfant à des décisions extrêmement préjudiciables pour lui, pour sa santé physique et mentale, ce qui est le cas lorsque des décisions du juge, assises sur la seule exécution d’un test osseux ou dentaire, conduisent à l’arrêt de la prise en charge par les services de l’ASE et très concrètement à la mise à la rue, avec toutes les conséquences que cela peut entraîner sur des personnes déjà traumatisées. »

Lire aussi Quelles techniques pour évaluer l’âge des jeunes migrants ?

L’arbitrage est désormais entre les mains du Conseil constitutionnel. Fin décembre, la Cour de cassation a jugé recevable une question prioritaire de constitutionnalité visant l’article 388 du code civil. Les « sages » devraient se prononcer après une audience publique fixée le 14 mars. De quoi satisfaire le défenseur des droits, Jacques Toubon, qui a dénoncé à plusieurs reprises l’usage du test osseux et a salué la décision de la Cour de cassation comme « une étape importante pour les droits fondamentaux des enfants ».

Lire aussi Le Conseil constitutionnel saisi d’un recours sur les examens osseux des migrants mineurs

Catherine Mary

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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