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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : GISTI - 9/5/2019

États généraux des Migrations

Sauver les migrants, c’est aussi sauver l’Europe
campagne d’interpellation des candidat⋅es aux élections européennes

Les États Généraux des Migrations en France et leurs partenaires en Grèce, Italie, Allemagne, Belgique, Espagne, Hollande … appellent les candidats aux élections européennes à construire une Europe digne et efficace autour de 12 engagements qui concernent, entre autres, un accueil digne, l’arrêt de l’externalisation des frontières, la suppression de la Convention de Dublin.

Déjà, au 8 mai, 116 candidats aux élections européennes de 6 listes différentes ont signé les 12 engagements. (voir ici la liste actualisée des candidat⋅es signataires).

Thierry, de Besançon, qui a contacté directement un grand nombre de candidats se réjouit : « l’engagement politique pour une Europe digne, solidaire, fraternelle dépasse donc les clivages politiques … contrairement à ce que voudrait nous faire croire le discours dominant !  ». Les États Généraux des Migrations appellent tous les candidats n’ayant pas encore signé les 12 engagements à le faire d’ici le 20 mai. La liste complète sera publiée.

9 mai : JOURNEE INTERNATIONALE POUR L’EUROPE…. Nous voulons une Europe solidaire et fraternelle ! Christine, bénévole au sein de l’Assemblée Locale des Etats Généraux des migrations l’affirme : « Il n’y a pas de crise migratoire mais une crise de l’accueil en Europe. Pensée, à l’origine, comme un outil en faveur de la Paix, l’Union Européenne est devenue une machine de guerre qui offre des bateaux militaires aux pays frontaliers pour stopper les migrations, qui favorise l’émergence de véritables camps de concentration en Libye et la recrudescence de l’esclavage.  »

Les politiques du gouvernement français sont de plus en plus violentes et inhumaines. Que dire quand une femme qui dort dans la rue n’est considérée vulnérable qu’à partir de son 8ème mois de grossesse ? Que dire quand la France refoule des mineurs en Italie et externalise sa propre frontière dans le territoire italien pour contourner le droit international ? Face à ces politiques des fonctionnaires tentent de respecter les valeurs de la République et de bien faire leur mission mais ils sont mis à mal, subissent des pressions de leurs hiérarchies, perdent le sens de leur travail…

C’est le parti de la solidarité qui fait les gros scores dans les sondages ! Face à cet aveuglement du gouvernement et de quelques personnalités politiques qui se concurrencent sur le champ de l’intolérance, les associations, collectivités et territoires constatent chaque jour que la population française n’est pas hostile aux migrants, bien au contraire. 34% français se disent prêts à s’engager pour aider les migrants : c’est plus que les scores des listes les plus racistes et fascisantes ! Et à chaque fois que des collectivités accueillent, à chaque fois que des solutions raisonnées sont trouvées pour l’accueil, se sont de belles rencontres qui se créent, des échanges qui se nouent et des français parmi les plus inquiets qui redécouvrent la réversibilité et les atouts locaux de la solidarité ! Aujourd’hui ce sont les associations, les collectivités et territoires accueillant et solidaires qui font l’Europe, grâce à leur hospitalité quotidienne. Pas les discours politiques haineux ou feutrés qui divisent et qui radicalisent les populations face à l’accueil.

Ce n’est pas l’extrême droite italienne qui a rédigé la Convention de Dublin, mais la Convention de Dublin qui a enfanté Salvini ! Les politiques inhumaines de l’Europe provoquent toujours plus de chaos et sont totalement improductives, improductives et dangereuses :
• Dans les pays du sud :
◦ Elles donnent des moyens et des pouvoirs à des dictatures ou des bandes mafieuses qui ont désormais un vrai levier de pression sur l’Union Européenne en prenant les migrants comme otages de leurs revendications… (cas de la Libye, de la Turquie, du Maroc…)
◦ Elles ne résolvent en rien les facteurs qui poussent les migrants à partir
• Dans les pays européens
◦ Elles génèrent la peur, l’inquiétude inutile, et favorise la montée des extrémismes
◦ Le mauvais accueil ne génère que des difficultés de cohésion sociale à venir (ex : ne pas prendre en charge les mineurs non accompagnés coûtera plus cher en conséquence sociales qu’une réelle politique d’accueil et d’éducation digne)

La solution est Européenne et l’Europe doit être le fer de lance d’une politique pour la Paix dans le monde. La paix dans le monde passe par trois dimensions que les Etats Généraux des Migrations rappellent aux dirigeants en même temps qu’ils l’appliquent sur le terrain : • Etre accueillant. « Quand on accueille bien, cela se passe bien ». C’est le leimotiv des Collectifs qui partout en Europe travaillent au quotidien auprès des migrants. Les politiques publiques doivent favoriser un accueil digne, responsable, visant la cohérence sociale…. Et c’est bientôt la Journée Mondiale du Vivre Ensemble en Paix (le 16 mai). • Etre solidaire. C’est en promouvant l’égalité et la solidarité à tous les niveaux, générationnel, territorial, européen, international que nous trouverons, ensemble, les solutions pérennes • Changer l’ordre des choses et l’ordre du monde. Il est urgent de s’attaquer aux facteurs qui poussent les migrants à quitter leur pays et qui les précarisent quand ils arrivent en Europe : corruption, pillage des ressources naturelles, mal-développement, exploitation des plus faibles, conditions de travail et de vie dégradantes.

Ce sont les inégalités croissantes qui génèrent les migrations subies. Il faut arrêter les politiques qui accroissent les inégalités dans le monde et en Europe. La paix dans le monde passe par des politiques qui visent l’égalité car l’égalité est meilleure pour tous.

C’est le dessein à venir des pays d’Europe, et de nous-mêmes, d’être les artisans de ce nouvel équilibre.

Les Etats Généraux des Migrations. Besançon, le 9 mai 2019
Dossier
de presse

ANNEXES

- Voir dans le dossier de presse :
• Les 12 engagements
• Argumentaire développé justifiant les 12 engagements.

- Calendrier (non exhaustif) des manifestations et événements en France et en Europe

13 avril. Nuit de l’Europe. Le Vigan

24 avril Rassemblement international de soutien à une famille syrienne devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Assemblée Locale de Strasbourg, Cimade, ONG belge et ONG de 11 pays représentés.

28 avril - 8 mai Marche solidaire pour les migrants de Vintimille à Calais ( avec l’Auberge des Migrants et les collectifs qui ont suivi et accompagné la marche sur tout l’itinéraire : Roya, Oulx et Bardonneche, Briançon, Savoie, St benoit, Chalons sur Saône, Troyes, …. Jusqu’à Calais)

30 Avril Table Ronde sur les Élections Européennes et les Migrations à Niort

3 mai Etats généraux des Migrations acte II : soirée musicale, informative et solidaire à Bourg en Bresse avec Cent Toits et Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives Economiques. (19h-23h)

5 mai L’embrassade des Peuples dans 35 villes d’Espagne. (autour/avec Finansas Eticas - détails de la campagne ici

9 mai Europe et Migrations, Dublin et Méditerrannée. Le Mans

9 mai Conférence de presse nationale des Etats Généraux des Migrations à Besançon

10 mai Film sur la Roya en avant première « LA LOI DE LA VALLEE » de Nuno Escudeiro. 20h à la Maison du Barreau de Paris, avec le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Paris, La Maison du Barreau de Paris, Le Barreau Solidaire de Paris, Point DuJour, Miramonte Film, l’avocat Zia Oloumi, l’ANAFE, le Secours Catholique… En partenariat avec États Généraux des Migrations, LDH, Licra, Anafé, International Commission of Jurists, Alliance des Avocats pour les Droits de l’Homme, CCFD-Terre Solidaire, Roya citoyenne, Tous Migrants, DTC - Défends ta citoyenneté

10 mai Journée mondiale de commémoration de la fin de l’esclavage. Ce pourrait être le jour où E. Macron et les dirigeants de l’Union Européenne pourraient utilement annoncé la fin des aides honteuses aux régimes tels celui de la Libye où l’esclavage et le trafic d’humains sont au plus haut…. S’ils ne le font pas, nous espérons que les médias pourront leur rappeler….

11 mai Étreintes fraternelles à Dax (10h30 place St Roch à Dax, avec la Cimade -le MRAP – le Mouvement de la Paix – Amnesty - CCFD Terre Solidaire- Terre Active – la Ligue de l’enseignement – l’AFL DU Marsan - la LDH - Une Ecole, un Toit, des Papiers, Pays dacquois…)

11 mai Film sur la Roya en avant première « LA LOI DE LA VALLEE » de Nuno Escudeiro sur la Chaine parlementaire Public Sénat

12 mai Marche pour le climat, contre le racisme et pour la justice sociale à Bruxelles.

14 mai Film sur la Roya en avant première « LA LOI DE LA VALLEE » de Nuno Escudeiro sur Arte 23h40

15 mai Film « Les nouveaux habitants » cofinancé par le Conseil Régional de Auvergne Rhone Alpes . 19h30 Forum Cinéma Chambéry

16 mai Etats généraux des Migrations Acte II « On n’arrête pas un peuple qui se met à danser » 14h30 – 23h Savoie Ateliers partenariaux pour changer l’ordre des choses / Table ronde « Elections européennes et migrations » avec MC Vergiat (députée européenne sortante) et Bruno Maurel (Emmaus France) / Grande tablée et scène ouverte (chorale, danses du monde…)

16 mai Journée nationale du Vivre Ensemble en paix.

17 mai Film « Colis suspect » et débat avec des candidats cinéma Victor Hugo 20h30 Besançon

19 mai UNE Europe Pour TOUS, manifestations dans des dizaines de villes en Allemagne et en Hollande. 19 mai Action internationale « Portes ouvertes au Parlement Européen / Portes fermées aux frontières » devant le Parlement Européen. (avec des représentants de plusieurs Assemblées locales des EGM et des partenaires européens).

21 mai Film COLIS SUSPECT suivi d’un débat avec des candidats aux élections européennes à la frontière italienne. Cinéma St Michel de Maurienne 20h30

25 mai STOP Dublin : Enregistrez le droit d’asile ! Mobilisations dans de nombreuses villes françaises (Besançon, Lyon, Nantes, ….) Avec une manifestation centrale à Paris : départ 14h Porte de la Chapelle + Flash mob avec la CIMADE à l’ arrivée République Plus d’infos sur Dublin : ici – conférence de presse à Paris le 15 mai.

Note : De nombreuses manifestations et événements sont également organisées par des associations, collectivités, assemblées locales. Certaines figurent sur l’agenda des Etats Généraux des Migrations. D’autres sont animées localement et rayonnent dans les territoires locaux. Les initiatives sont partout et génèrent du partage et du vivre ensemble concret, efficace…. Loin des discours traumatisants générant peur et recroquevillement.

titre documents joints :

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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