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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Le Monde diplomatique - Philippe Descamps - juin 2018

Une affaire d’amours, de vies et de morts… mais pas seulement. Les chiffres et les mots des démographes — nuptialité, fécondité, natalité, mortalité — révèlent avec une précision déconcertante l’histoire du temps présent, ses tourments et ses tournants. L’Europe arrive à un nouvel âge. Sa population n’augmente globalement plus depuis 1993 et devrait lentement décliner dans quelques années, comme on l’observe déjà dans une majorité de pays (1).

Le point d’inflexion historique se situe à la fin de 1989, avec la chute du mur de Berlin. Ce symbole puissant de la réunification du continent marque rétrospectivement l’apparition de nouvelles divisions, en particulier dans la répartition du travail et des richesses. Celles-ci ont provoqué en Europe centrale et orientale un cataclysme démographique plus aigu et plus tenace que ne le fut celui de la première guerre mondiale en Europe occidentale.

Durant les années 1950 à 1970, la coexistence de deux grands systèmes géopolitiques n’empêchait pas une forte convergence. Au-delà des démarcations régionales, partout, la mortalité s’inclinait, largement dépassée par la natalité, tandis que les courbes de l’espérance de vie s’envolaient. Avec 30 millions de personnes d’écart en 1989, contre 60 millions en 1950, la population de l’Est (2) rattrapait lentement celle de l’Ouest. Par la suite, le paysage a été entièrement chamboulé, non seulement du fait de l’achèvement de la transition démographique — les courbes de la natalité rejoignent celles de la mortalité —, mais surtout en raison de la transition économique et sociale dans l’Est. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer la population de la France et celle de l’Ukraine (voir « France et Ukraine, histoires parallèles »). Jusqu’en 1989, leur progression était parallèle. Depuis, la première a gagné 9 millions d’habitants ; la seconde en a perdu autant…

Plus en détail, l’évolution des trente dernières années dessine trois groupes assez distincts. Dans le premier, celui du Nord-Ouest (pays nordiques, îles Britanniques, Benelux, Suisse et France), le nombre des naissances dépasse toujours celui des morts. Ce solde naturel durablement positif se double d’un solde migratoire positif — un excédent des entrées sur les sorties du territoire. Résultat : la population a progressé d’au moins 10 % depuis 1989. En dépit d’un indice de fécondité supérieur à la moyenne européenne, ces pays n’échapperont pas au vieillissement, notamment du fait des classes d’âge pléthoriques des années 1945 à 1965 et des gains d’espérance de vie.

Attraction occidentale

Attraction occidentale

Sarah Cabarry & Cécile Marin • graphique animé
 
Dans les pays du deuxième groupe, germaniques et du Sud, le solde naturel est devenu nul, voire négatif, mais il est compensé par un solde migratoire positif. Dès la fin des années 1960 pour l’Allemagne, et dès le début des années 1970 pour l’Italie et l’Autriche, l’indice de fécondité s’est effondré, pour se fixer durablement entre 1,4 et 1,5 enfant par femme — soit bien en dessous du seuil de renouvellement des générations (2,1). L’Allemagne n’a évité le dépeuplement qu’en attirant en masse des travailleurs étrangers, dont beaucoup venus de pays voisins (voir la carte ci-dessus). Depuis 1987, son solde migratoire connaît un excédent cumulé colossal : 10 millions de personnes…

L’Espagne, le Portugal et la Grèce ont connu au début des années 1980 la même chute de la fécondité, puis un afflux d’étrangers dans les années 1990. L’Espagne a ainsi attiré 6 millions de personnes de plus qu’elle n’en a perdu. Celles-ci venaient principalement du Maroc, d’Amérique latine et d’Europe centrale, sans oublier de nombreux retraités britanniques ou allemands, ni les émigrés rentrant au bercail. Selon plusieurs indicateurs (mortalité infantile, espérance de vie, etc.), ces trois pays, soumis à des dictatures jusqu’au milieu des années 1970, étaient alors à la traîne vis-à-vis de l’Europe centrale et orientale — qu’ils ont largement dépassée depuis. Après avoir connu l’émigration jusqu’à la fin des années 1980, puis une forte immigration, ils voient de nouveau une partie de leur jeunesse chercher un emploi à l’étranger depuis la crise financière de 2008 et seront confrontés à un vieillissement très rapide.

Le troisième groupe rassemble pratiquement toute l’Europe centrale et orientale, en mettant de côté la Russie et ses particularités (3). Cette région cumule un solde naturel négatif et un solde migratoire qui l’est tout autant. Comme le résume une boutade locale : « Le plus dur dans le communisme, c’est la fin du communisme ! » En trente ans, la Roumanie a perdu 3,2 millions d’habitants, soit 14 % de sa population de 1987. L’hémorragie a été encore plus intense chez ses voisins : 16,9 % en Moldavie, 18 % en Ukraine, 19,9 % en Bosnie, 20,8 % en Bulgarie et en Lituanie, ou encore 25,3 % en Lettonie. Peut-on imaginer une France qui aurait perdu le quart de sa population de 1987 et qui n’aurait plus que 41 millions d’habitants ?

Globalement un peu plus féconde que l’Europe occidentale avant 1989, cette région était toutefois affectée par une mortalité plus forte et par le plafonnement de l’espérance de vie dans les décennies 1970 et 1980. Efficace contre les maladies infectieuses, le système de soins s’était révélé impuissant à réduire le nombre de maladies cardiovasculaires et de cancers. Le décalage sanitaire se creusant dans les années 1970, les autorités soviétiques décidèrent même de suspendre en 1975 la publication de certaines données…

Après la chute du mur de Berlin et l’imposition du capitalisme sauvage, la mortalité sous toutes ses formes a bondi, en particulier chez les hommes, tandis que la fécondité s’écroulait. On pourrait citer de nombreux exemples, comme celui de l’Allemagne de l’Est, qui a observé un doublement des cirrhoses en trois ans, ou des accidents de la route dès 1990, alors que le nombre d’enfants par femme était divisé par deux. Loin de se rapprocher de ceux de l’Ouest, beaucoup d’indicateurs s’en sont d’abord éloignés, notamment l’espérance de vie.

L’Europe centrale et orientale se distingue surtout du reste du continent par l’exode qu’elle subit, et qui est souvent celui de la frange la plus jeune, la plus instruite, la plus entreprenante sur le plan économique, politique ou social. Profitant d’une liberté de déplacement et d’installation nouvelle, beaucoup y voient la solution pour échapper au déclassement et à l’appauvrissement promis. C’est toujours une réponse au dumping social quand, pour le même travail, le salaire représente à peine le tiers de celui pratiqué de l’autre côté de la frontière, comme entre Bratislava et Vienne. Cette émigration dépasse celle que l’on observe en Afrique, avec un solde migratoire cumulé qui dépasse partout 10 % de la population de 1987, voire 16 % en Lettonie, 17,1 % en Moldavie ou 17,8 % en Lituanie ! Marginalisés par la logique d’attractivité des politiques européennes, soumis à la volonté des entreprises étrangères sur leur sol et rétifs à l’immigration, ces pays semblent aspirés dans une spirale.

Le parcours singulier de la Slovénie, qui, par sa démographie, se rapproche davantage du deuxième groupe, rappelle son refus des thérapies de choc et son choix d’une approche beaucoup plus gradualiste dans l’introduction de l’économie de marché. C’est en partie vrai aussi pour la Tchéquie, qui a rompu dès 1992 avec les politiques de restriction salariale dictées par les experts occidentaux, et organisé la création d’un tissu dense de petites et moyennes entreprises. Enfin, quelques pays balkaniques (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine, Monténégro et Kosovo) ont un solde naturel positif, et un solde migratoire (très) négatif sur la période (— 37,6 % de la population pour l’Albanie). Ces pays pourraient bientôt rejoindre le troisième groupe, si on en croit l’évolution récente de leur fécondité, passée en dessous de la moyenne européenne.

Pénurie de main-d’œuvre, poids des retraités et des personnes dépendantes, certains défis du vieillissement seront communs à tous les pays européens, même si une mortalité précoce le retarde dans l’Est. Mais les situations apparaissent bien différentes entre ces trois groupes. Les moyens d’y répondre seront sans commune mesure, quand, par exemple, le revenu moyen d’un Moldave représente — selon la Banque mondiale — à peine un trentième de celui d’un Luxembourgeois.

La recherche d’un meilleur équilibre entre les générations suppose de balayer les vieux schémas de la famille ou de la place des femmes dans la société. Les pays où naissent le plus d’enfants sont ceux où l’on enregistre le plus de naissances hors mariage et où les femmes sont les plus actives (groupe du Nord-Ouest). Comme le relève le démographe Alain Monnier, en Scandinavie, « un ensemble de dispositions offre la possibilité de travailler aux femmes qui ont des enfants, avec une protection sociale étendue qui permet d’envisager l’avenir familial avec sérénité, et enfin une conception plus égalitaire des rapports entre hommes et femmes (4)  ». Un rôle déterminant revient aux hommes, la fécondité restant atone lorsqu’ils ne prennent pas leur part dans la sphère privée (garde, congé parental, tâches quotidiennes), en particulier dans le sud de l’Europe.

Les mesures purement natalistes, à l’exemple de celles mises en œuvre en République démocratique d’Allemagne en 1976 ou en Suède dans les années 1980, peuvent avoir des effets, mais ils sont rarement immuables. C’est la concordance des politiques sociales permettant aux parents d’avoir autant d’enfants qu’ils le désirent qui compte, précise un collectif de démographes : « Les politiques ayant un impact sur les décisions des couples sont celles qui se maintiennent durablement en contribuant à un climat social favorable aux familles et qui assurent un soutien cohérent et continu tout le long de l’enfance (5).  »

Sur le plan géopolitique, le poids démographique n’est peut-être pas sans importance. La Révolution française n’aurait sans doute pas eu le même écho si le pays de Robespierre n’avait pas été le plus peuplé d’Occident à l’époque. Avec 28 millions d’habitants (6), la France comptait en 1789 trois fois plus d’habitants que l’Angleterre et le Pays de Galles (8 millions au total), pratiquement autant que tout l’Empire russe ou que les deux Amériques réunies. Mais, à la même période, la Chine représentait plus du tiers de la population mondiale, soit dix fois plus que la France, avec un rayonnement limité à l’Asie (7). Depuis deux siècles, le poids démographique relatif de la Chine sur la planète a diminué de moitié, mais pas son poids géopolitique.

Essorés par les guerres napoléoniennes, la révolution industrielle et l’exode rural, les Françaises et les Français furent les premiers en Europe à réduire leur fécondité. À tel point que, en dépit d’une émigration restée faible, la France n’était plus que le cinquième pays du continent par sa population en 1950, avec 4 millions d’habitants de moins que l’Italie. Aujourd’hui, les « déclinologues » devraient relire les alarmes intempestives de leurs ancêtres Michel Debré ou Pierre Chaunu, qui prédisaient dans les années 1970 l’arrivée d’une « peste blanche » : la « société sans enfants ». La France est déjà redevenue troisième, avec 67 millions d’habitants, et pourrait doubler l’Allemagne d’ici à vingt-cinq ans (8). À l’horizon 2050, les Européens ne représenteraient plus qu’un Terrien sur treize. Mais on se gardera de prendre les projections pour des inventaires : qui avait prévu la chute du mur de Berlin ?

Philippe Descamps

(1) L’apogée est un peu plus tardif si on ne compte que l’Union européenne. Sauf mention particulière, les données sont celles de l’Institut national d’études démographiques (INED), Paris.

(2) Partie européenne de l’URSS, Albanie, Allemagne de l’Est, Bulgarie, Hongrie, Pologne, Roumanie, Tchécoslovaquie et Yougoslavie.

(3) Lire « La Russie en voie de dépeuplement », Le Monde diplomatique, juin 2011.

(4) Alain Monnier, Démographie contemporaine de l’Europe. Évolutions, tendances, défis, Armand Colin, Paris, 2006.

(5) Alexandre Avdeev (sous la dir. de), « Population et tendances démographiques des pays européens (1980-2010) » (PDF), Population, vol. 66, no 1, INED, 2011.

(6) Michel-Louis Lévy, « La population de la France en 1989 et 1789 », Population & Sociétés, no 233, INED, mars 1989.

(7) Jean-Claude Casanova et Béatrice Dedinger, « L’Europe de 1800 à 2055 », Commentaire, no 161, Paris, printemps 2018.

(8) Organisation des Nations unies, projections de la population mondiale, 2018.

 

Vite dit

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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