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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : France 3 Occitanie - Vincent Albinet - 9/6/2019

Arrêtés par les gendarmes en Lozère, convoyés à Toulouse pour expulsion, les époux Okhomouch et leur fillette de 5 ans ont été laissés pour compte à l'aéroport après une crise de tétanie de la mère sur le tarmac. Dernier avatar de 4 années de démarches kafkaïennes en France pour obtenir l'asile.

Tout était planifié, sauf la crise de tétanie d'Héléna.

Pour appliquer une Obligation à quitter le territoire français (OQTF), mercredi 5 juin au matin, une voiture de police la conduit, avec son mari Sergeï et sa fillette de 5 ans Christina, au pied de l'avion de 10h15 pour Paris d'où une correspondance est réservée pour Kiev. La veille, la famille avait été escortée depuis la Lozère par la gendarmerie au centre de rétention administratif de Cornebarrieu.

Terrassée par une crise de tétanie sur le tarmac de l'aéroport au pied de l'avion au moment de son expulsion

Mais la jeune maman Ukrainienne, âgée de 35 ans, tombe de la voiture de police, terrassée par une crise de tétanie, paralysée des deux mains.

Les instructions ne tardent alors pas à arriver. La Police de l'Air et des Frontières (PAF), qui a pris soin de conserver les extraits de naissance des parents et le carnet de santé de l'enfant, libère la famille, abandonnée à son sort dans l'aéroport, selon le témoignage de la traductrice du couple de migrants.

Finalement prise en charge par le poste de secours de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, alerté par son mari, Héléna est admise en début d'après-midi à l'hôpital Purpan, qui confirme la crise de tétanie.

Retour à la case Lozère

Hébergée dans la soirée par le Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu, une association dont l'objectif est de dénoncer le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers, la famille Okhomouch, attendue par son réseau de solidarité, a rejoint le lendemain par Blablacar la Lozère.

C'est dans ce département, dans les monts de la Margeride, à Gandrieu, que la famille s'est installée depuis un an. Mais au mois de mai, après avoir épuisé tous les recours de demande d'asile, elle y a été assignée à résidence, avec obligation d'aller tous les jours se présenter à la gendarmerie de Langogne, à une demi-heure de route. 

Lorsqu'ils sont allés y pointer mardi 4 mai, les époux Okhomouch ont été interpellés. Des gendarmes ont accompagné Héléna récupérer sa fille Christina à l'école. D'autres gendarmes ont escorté Sergeï dans le logement famillial pour emporter vite fait deux valises. Direction Toulouse et le centre de rétention administratif de Cornebarrieu.

4 ans de gymkana administratif

Epilogue pour les Okhomouch depuis leur arrivée en France il y a quatre ans, par un vol Kiev-Paris, d'un véritable gymkana administratif. Leur tort ? Etre arrivés avec un visa touristique pour l'Espagne. Or, le règlement européen, dit de Dublin III, prévoit que la demande d'asile et son instruction doivent être faites dans le pays d'arrivée des demandeurs d'asile. C'est ce qui semblerait être la raison du refus de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) d'accorder à la famille le statut de réfugiés.

Depuis septembre 2015, après leur arrivée à Paris, Sergeï et Hénèna ont transité par l'Hérault et les Pyrénées-Orientales. Interpellés à Perpignan, ils ont été placés avec leur bébé de 18 mois une première fois au centre de rétention de Toulouse en vue d'une expulsion vers Madrid. Après leur refus d'embarquer dans l'avion, le juge des libertés ordonne leur remise en liberté.

Migrants : la Cimade décrit une situation effroyable au centre de rétention de Toulouse-Cornebarrieu 

 

 


Le couple demande l'asile en France, et est alors hébergé en Lozère, au Centre d'accueil des demandeurs d'asile (CADA) de Chambon. Mais l'Ofpra refuse leur demande d'asile. Les époux ukrainiens font alors appel auprès de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Leur dossier, selon la préfecture de la Lozère, serait arrivé hors délai. 

Assignée à résidence, la famille Okhomouch, qui fuyait depuis 4 ans l'Ukraine, la guerre, les viols, les persécutions et l’antisémitisme, commence à voir ses espoirs de trouver refuge en Lozère se dissoudre. 

Une fillette scolarisée, une famille bien intégrée localement

Leur fillette a beau s’épanouir à l’école maternelle.

La famille a beau être "très bien intégrée", selon Anne Deudon, du Réseau Education Sans Frontière (RESF) et "très appréciée de la population". Elle avait beau s'investir chez Emmaüs.

Un employeur a beau leur avoir fait une promesse d’embauche dans l’agro-alimentaire, qui manque de bras.

Ils ont beau faire une demande de régularisation par le travail.

Les services de la préfète du département le moins peuplé de France leur répond qu'il leur faut retourner en Ukraine pour obtenir auprès de l'Ambassade de France un visa de long séjour.

Dans une lettre à la préfète de Lozère, Héléna raconte son viol et la séquestration de sa famille au Donbass, sa région en guerre

Pour Héléna, c'en est trop. Elle s'effondre, puis se reprend et décide d'expliquer dans une correspondance à la préfète pourquoi elle ne peut pas retourner au Donbass, sa région en guerre, située à l'est de l'Ukraine, où s'opposent les forces gouvernementales et les séparatistes prorusses.

Dans une lettre édifiante, elle lui raconte le racisme et l'antisémitisme dont elle, de confession orthodoxe, et son mari, de confession juive ont fait l'objet.

Nous nous sommes mariés, explique-t-elle, nous n'aurions jamais cru que ces différences allaient transformer notre vie en enfer. Les humiliations, les injures vis-à-vis de notre couple, la porte d'entrée de notre appartement taguée de croix gammées, le refus d'embaucher un "sale juif"...

Elle raconte aussi la guerre au Donbass, "les bombardements et les chars dans les rue de notre petite ville de Ukraïnst", leur enlèvement par l'armée ukrainienne, son mari "emmené pour creuser des tranchées" qui devient "un témoin gênant pour les autorités car il a vu l'arrivée des bataillons de mercenaires de différents pays" (...) ainsi que "des tirs ukrainiens visant des civils de la république auto-proclamée de la région de Donbass(...)"

Elle raconte encore sa séquestration et son viol.

Ma fille et moi avons été jetées dans une cave dans une maison particulière où il y avait déjà quatre hommes qui paraissaient très affaiblis et qui portaient des traces de tortures", écrit-elle. "J'ai été séquestrée pendant trois jours et j'ai vécu l'enfer. Violée, humiliée, menacée, j'avais une seule pensée en tête : "ils vont tuer ma fille". Quand les soldats me séparaient de ma fille, je perdais connaissance.

Elle raconte enfin la répression exercée par la police et la justice sur leurs familles après leur fuite. "Le 9 octobre 2017, recherchant mon mari des inconnus habillés en militaires tuent sa grand-mère de 87 ans. Sa mère est convoquée plusieurs fois chez les enquêteurs de la police nationale de la ville, hulimiée, traitée de "sale juive" , menacée et jugée pour avoir caché le fugitif (...).mes parents sont convoqués à leur tour et subissent les mêmes traitements (...).

La lettre d'Héléna à la préfète n'a pas reçu de réponse.

La préfecture estime avoir fait appliquer les règles

Jointe ce dimanche, la directrice de cabinet de la préfète explique que les règles ont été appliquées. "A partir du moment où les recours sont épuisés, la préfecture se doit de faire appliquer les OQTF. Il s'agissait de faire appliquer une mesure administrative", précise Sophie Boudot.

Notre rôle n'est pas de dire si les demandeurs d'asile peuvent bénéficier du statut de réfugié. C'est l'OFPRA qui décide. Ce sont des professionnels. A notre niveau, nous n'avons pas les moyens de refaire une enquête.

Alors pourquoi avoir sursis au renvoi de la famille Okhomouch ? "Ce n'est pas nous qui avons sursis au renvoi. Nous n'avons pas eu l'information du malaise. Nous avons été informés jusqu'à ce que l'escorte de gendarmerie arrive au Centre de rétention. A partir de là, nous n'avons plus suivi le dossier. Lorsque les personnes expulsées refusent d'être embarquées sur un vol commercial, on ne les embarque pas, mais cela ne met pas fin aux mesures".

Quant à la lettre d'Héléna à la préfète, sa directrice de cabinet assure qu'elle ne leur est pas parvenue. "La famille dit qu'elle n'a pas reçue de réponse. Le bureau des étrangers va vérifier."  

En l'état donc, la famille ukrainienne risque toujours l'expulsion vers son pays d'origine. Toutefois le cabinet de la préfète assure avoir demandé vendredi au bureau des étrangers "de refaire le point sur l'intégralité du dossier". "On va voir et quoi qu'il en soit, on transmettra à l'OFPRA"

De leur côté, les soutiens à la famille s'organisent. Il est désormais question d'associer les associations juives à cette mobilisation. 

Extraits du rapport 2018/2019 d'Amnesty International sur l'Ukraine

L’enquête sur les prisons clandestines administrées par le Service de sécurité d’Ukraine (SBU) – les services secrets ukrainiens – était au point mort. Les responsables de l’application des lois continuaient d’avoir recours à la torture et,plus généralement, aux mauvais traitements.

Les autorités de fait des territoires sous contrôle séparatiste ont cette année encore arrêté et placé en détention leurs adversaires de manière illégale. Mise en place par le pouvoir contrôlant la région, la Cour suprême de Donetsk a ordonné en novembre la mise à mort d’un homme. En Crimée sous occupation russe, les personnes critiques à l’égard des autorités étaient la cible de manoeuvres d’intimidation, d’actes de harcèlement et de poursuites pénales.

Dans l’est de l’Ukraine, des affrontements ont continué d’opposer les forces séparatisteset l’armée régulière, en violation de l’accord de cessez-le-feu conclu en 2015. Le nombre de victimes a continué d’augmenter, aussi bien parmi les combattants que parmi les civils. L’ONU citait le chiffre de 10 225 mortsau 15 août, dont 2 505 civils. Le 27 décembre, les deux camps ont procédé à un échange de prisonniers, libérant au total 380 personnes.

Daria Mastikacheva a été arrêtée le 15 août par le SBU et détenue au secret pendant deux jours. Ressortissante ukrainienne résidant en Russie, la jeune femme était venue rendre visite à sa mère en Ukraine. Elle a été accusée de trahison et de détention illégale d’armes. Des photos d’elle prises par son avocat devant le tribunal montraient qu’elle avait été frappée, voire torturée, par des agents du SBU. Selon son avocat, Daria Mastikacheva aurait reçu des menaces visant sa mère et son fils, jusqu’à ce qu’elle accepte de lire devant une caméra une déclaration dans laquelle elle s’accusait des infractions qui lui étaient reprochées. Elle se trouvait toujours en détention à la fin de l’année,dans l’attente de son procès.

VIOLENCES SEXUELLES LIÉES AU CONFLIT

Dans un rapport publié en février, la Mission de surveillance des droits de l’homme en Ukraine a fait état de plusieurs cas de violences sexuelles liées au conflit, reprochant au système judiciaire ukrainien de ne pas avoir permis aux victimes d’obtenir justice et dénonçant l’absence de prise en charge et d’accompagnement dignes de ce nom. La majorité des cas signalés concernaient des violences sexuelles perpétrées contre des hommes et des femmes détenus aussi bien par les forces gouvernementales que par des groupes armés.

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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