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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Mediapart - Pierre HAFFNER - 3/7/2019

Journaliste et opposante russe, Nadezhda Petrova et son mari Gennady sont depuis un mois en rétention à Nîmes. Ils ont refusé par deux fois d’embarquer dans l’avion qui devait les conduire à Prague. L’administration est sourde à leurs appels à l’aide. Le couple est à présent menacé de déportation par la route. Dans une ultime tentative, Nadezhda Petrova a rédigé une lettre au procureur.

 

Nadezhda Petrova , centre de rétention de Nîmes © Pierre HAFFNER
 

Il est très difficile de se défendre, lorsque l’on ne comprend pas le français, qu’on est privé de liberté, de moyens de communication et d’expression. Les verdicts des jugements expédiés au centre de rétention de Nîmes sont remis en français aux intéressés. Dans ses conditions, il est très difficile de faire valoir son droit, en premier lieu : son droit à la vie.

 Nadezhda Pétrova a peur et elle a raison. Plus de deux cents journalistes russes ont déjà été assassinés. Elle est convaincue que son nom figure sur la liste d’attente des prochaines exécutions.

 Voilà 18 mois qu’elle est pourchassée par le Kremlin et ses réseaux au travers de l’Europe. Le 3 août 2018, un tribunal moscovite à huis clos l’a déclarée « chef d’organisation terroriste » et a ordonné son arrestation. Nadezhda Pétrova a senti une première fois le vent du boulet lui passer très près le 25 octobre 2018 lorsque sur mandat d’Interpol la police française l’a arrêtée à Nice pour la livrer à Moscou. Le mandat d’arrêt devait la trouver en Autriche et en Tchéquie ou Vienne venait de l’expulser. Par bonheur, Nadezhda Pétrova s’était esquivée et avait fui en France. Le procureur français a fait annuler le mandat d’Interpol. On n’est pas convaincu qu’il en aurait été de même dans un autre pays. On sait que le Kremlin ne renonce jamais à ses proies.

 Nadezhda Pétrova est en danger. En dernier recours, avant une déportation sous contrainte, elle a écrit une lettre au procureur dont voici une vidéo et la traduction.

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 À Monsieur le Procureur général

de la part de Nadezhda Petrova et Gennady Esaulov.

 Monsieur le Procureur,

Nous sommes des citoyens russes, la journaliste Nadezhda Petrova et son mari Gennady Esaulov. Nous sommes contraints de nous adresser à vous pour sauver nos vies. Au cours du règne de Poutine, plus de 200 journalistes opposants ont été assassinés : Anna Politkovskaya, A Borovik, P Khlebnikov, le politique Boris Nemtsov. Ces personnes disaient la vérité sur la corruption, la violation de la constitution, les guerres déchaînées par Poutine et son régime criminel. En 2018, notre collègue de « Artpodgotovka », journaliste, Constatntin Senetsine de Saint-Pétersbourg a été assassiné. La famille de Srkypal a été empoisonnée en Angleterre. En 2018, en République centrale africaine ont été assassinés 3 journalistes russes. Ils enquêtaient sur « Wagner », une compagnie militaire privée appartenant à Prigogine, le « cuisinier de Poutine ».

Je suis Nadezhda Petrova, présentatrice du journal YouTube « Zakon i Poryadok ». Je mène également des investigations et soutiens les dépositions au TPI concernant les crimes de Poutine. Nous sommes à présent convaincus que la liste des journalistes condamnés à mort nous a atteints. Les assassins de Poutine ignorent les frontières. Ils agissent sur tous les territoires effrontément et impunément comme chez eux.

Nous sommes en grand danger pour plusieurs raisons. D’abord à cause de notre activité journalistique. En raison de celles-ci, moi Nadezhda, j’ai été persécutée et menacée en Russie. J’ai été contraint de quitter ma patrie, et de demander l’asile politique en Autriche. Ce fut mon premier pays de l’UE sur mon chemin. Ensuite, mon fils a été arrêté en Russie et mon mari Gennady Esaulov a subi des menaces. Mon Mari Gennady m’a rejoint en Autriche.

En Autriche, nous avons reçu le statut de demandeur d’asile « Normal ». Mais après l’audience à huis clos du tribunal de Moscou qui m’a déclaré Petrova « Chef de l’organisation terroriste “Artpodgotovka”, l’Autriche n’a pas résilié le statut “Normal” et a entrepris une procédure de transfert à la République tchèque. Cela s’est produit au moment où Poutine est venu au mariage de la ministre des Affaires étrangères Karin Kneissl. Nos vies sont devenues ainsi une monnaie d’échange dans un grand jeu géopolitique.

La Russie a lancé 5 mandats et Interpol dans plusieurs pays, Autriche, Tchéquie, Italie, France. Le Procureur français a déjà annulé ce mandat mensonger d’Interpol. Mais nous ne sommes pas certains que d’autres pays auraient agi ainsi. Nous avons été obligés de nous réfugier en France. Le pouvoir russe s’efforce pour nous capturer. Les provocations se poursuivent. Actuellement, tout est fait pour nous mener, tout d’abord en Tchéquie et ensuite en Russie pour nous régler notre compte.

La Tchéquie est aussi dangereuse pour nous que la Russie. Selon la BBC, un ministre du FSB russe, le général Barstrykine, possède à Prague une société privée pour obtenir des visas de longue durée en Europe aux agents du FSB. Cette information n’a pas été contestée par Barstrykine. Depuis la fin du pacte de Varsovie, une grande quantité d’agents du renseignement militaire sont restés en Tchéquie. Ils collaborent avec les GRU et FSB russes. Le président tchèque Zeman affiche son amitié avec Poutine et son soutien personnel à son régime. Contrairement aux autres pays d’Europe, la Tchéquie n’a pas expulsé les 140 diplomates russes de Prague, quoiqu’il est notoire qu’il s’agit d’espions russes. Par exemple, il y a 90 diplomates russes en Grande-Bretagne. Pour cette raison, nous considérons que toute tentative de nous expédier en Tchéquie nous mène au supplice en Russie.

Nous demandons l’asile en France et recevons comme réponse la proposition d’aller à l’échafaud volontairement.

Le pouvoir russe désire mettre un terme à l’affaire “Artpodgotovka”, d’une manière éclatante et efficace. Nous ramener d’Europe et montrer à tous à quoi mène la lutte avec le terrorisme. En fait, ils n’ont qu’un but : éliminer tous ceux qui savent et disent la vérité sur les crimes du régime, la corruption et la destruction du pays.

Aujourd’hui, toute personne qui dit son opinion en Russie à propos de ce régime criminel peut recevoir le statut de terroriste. L’étape suivante est l’élimination sans procès. N’importe quel assassinat sous des aspects légaux.

Dernièrement, il y a eu un événement significatif suite à une demande des États-Unis. Un marchand d’armes, y compris russes, Ali Fayad a été arrêté à Prague. Il livre des armes en Syrie et au Liban. Prague a libéré ce criminel en échange de cinq de ses agents. Nous sommes conscients que la Russie peut utiliser de telles méthodes contre nous. Exiger un échange contre des personnes emprisonnées en Russie, comme Oleg Sentsov ou les marins ukrainiens.

Nous vous demandons de protéger nos vies, ayant conscience que les services secrets russes mènent leurs sombres affaires en général jusqu’à la fin. Ils ont déjà tenté d’éliminer certains de nos partisans en Ukraine. Les membres d’Artpopodgotovka ont reçu l’asile en France. Aujourd’hui, nous sommes sans protection, pour cette raison, les services secrets russes font tout leur possible pour nous récupérer et faire de nous les responsables principaux.

Nous possédons tous les documents indispensables démontrant les menaces directes sur nos vies. Actuellement, pour l’affaire “fabriquée” de Artpodgotovka, une cinquantaine de personnes sont torturées en Russie. Certaines ont été condamnées à 15 ans de prison. Désignée Chef de bande, il est préparé 25 années de tortures pour Petrova.

Ce dernier mois, nous trouvant en arrestation administrative en France, pour avoir refusé de partir en Tchéquie, nous avons épuisé toutes les possibilités de défendre nos vies.

Nous sommes contraints de nous adresser à vous personnellement. Nous sommes venus demander de l’aide, mais personne ne nous a écoutés. L’Autriche et la Tchéquie utilisent des documents manipulés contre nous. Les lois sont retournées dans l’intérêt de la Russie décidée à nous éliminer. On nous propose de nous rendre volontairement au supplice ou de nous livrer comme des bagages sans passeport.

Nous vous demandons de sauver nos vies.

                                                                                            Le 1er juillet 2019

                                                                                            Petrova

                                                                                            Esaulov

Vite dit

06/06/2022 - Archarnement administratif, ca suffit !

« Comment peut-on croire qu'on sera plus heureux en faisant du mal à d'autres ? » (Hervé le Tellier – L'anomalie)

Ce mardi 7 juin 2022, Gideon est convoqué au tribunal judiciaire de Toulouse. Combien de juges a-t-il vu depuis le jour où il a été interpellé au commissariat de Pamiers ?

Au moins 7.

Le 3 mai, ce jeune gabonais de 18 ans, a été placé au centre de rétention de Cornebarrieu pour un vol prévu le 4 mai vers Libreville. Ce placement rendu possible par la loi (Article L 740-1 CESEDA) a été concrétisé par la préfecture de l'Ariège.

Il a refusé d'embarquer car toute sa famille vit en France de manière régulière. Il est scolarisé au lycée de Lavelanet et n'a plus du tout d'attache au Gabon.

Le 5 mai, le juge de la liberté et de la détention (JLD) décide de la prolongation de sa rétention (Article L742-3 CESEDA) permettant ainsi à l'administration d'organiser un nouvel 'éloignement'.

C'est le 27 mai qu'aura lieu cet 'éloignement' mais cette fois avec des techniques coercitives musclées (GTPI). Monté de force dans l'avion, Gidéon sera ligoté et molesté jusqu'au moment où le commandant de bord exigera son débarquement.

Mais s'opposer à son expulsion est un délit. Gidéon passera le soir même devant le procureur en CRPC (Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité) et sera puni d'une peine de prison de 3 mois avec sursis et 5 ans de mise à l'épreuve.

A 100 km de Toulouse, la préfète de l'Ariège reste inflexible : Gidéon doit rester enfermé pour être expulsé.

Le 2 juin, la juge JLD rendra un avis légèrement plus conciliant en lui permettant de rejoindre famille mais en l'obligeant à signer tous les jours au commissariat.

La préfecture de l'Ariège n'a pas apprécié cette décision. Elle a fait appel et l'audience aura lieu ce mardi 7 juin à 9h45 au palais de justice de Toulouse.

Si vous venez à cette audience, vous ne verrez pas le ou la signataire de cet appel. Il ou elle se fera représenter par un ou une porte-parole bien obéissant.e.

On sait qu'un nouveau vol a été demandé par la préfecture et si Gidéon le refuse, il risque cette fois 3 ans d’emprisonnement et une interdiction du territoire de 10 ans.

Depuis ses 18 ans, Gidéon vit sous la menace d'une arrestation, d'une expulsion !

Ce 6 juin, c'est son anniversaire. Il a 19 ans.

 

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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