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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Libération | 03/12/2009

Par OLIVIER LE COUR GRANDMAISON universitaire

Le 18 mars 2003, pour sanctionner les comportements jugés inadmissibles de certains supporters qui avaient sifflé la Marseillaise au cours de deux matches de football - France-Algérie en 2001 et Lorient-Bastia en 2002 -, les députés ont voté des dispositions sanctionnant l’outrage à «l’hymne national» ou au «drapeau tricolore» lors d’une «manifestation organisée ou réglementée par les autorités publiques». Désormais les contrevenants sont passibles d’une amende de 7 500 euros et de six mois d’emprisonnement si les faits commis le sont «en réunion» conformément à l’article 433-5-1 du Code pénal. Pour souligner l’importance de ce texte, les parlementaires l’ont intégré à la loi sur la sécurité intérieure. La préservation de l’honneur des emblèmes du pays exigeait des moyens répressifs nouveaux voire une peine privative de liberté dans les cas supposés les plus graves, ainsi fut fait par une majorité qui pouvait s’enorgueillir de veiller à la défense de la France outragée. Vaste programme, vieux brouet sécuritaire, nationaliste et xénophobe.

2 novembre 2009. Les démagogues autoritaires qui sont au pouvoir lancent une vaste consultation sur l’identité nationale, qui est au débat démocratique ce que les tribunaux militaires étaient à la justice : une parodie sinistre placée sous le contrôle constant des représentants de l’Etat. En haut, les services du ministère de l’Immigration dictent les sujets abordés et, sur le site internet mis en place à cette occasion, sous couvert de modération, censurent les messages envoyés par des hommes et des femmes critiques. Admirable. En bas, les «forces vives du pays», comme l’écrit Eric Besson, doivent se réunir sous la direction de préfets aux ordres. Ces mêmes préfets qui, depuis 2005, jouent un rôle essentiel dans la traque des étrangers en situation irrégulière afin de réaliser les objectifs d’expulsions fixés par le ministre compétent, lequel est également chargé de promouvoir l’identité nationale. Ils rêvent de Marseillaise chantée à plein poumon par des citoyens fiers d’être français cependant que le pays serait pavoisé de drapeaux bleu-blanc-rouge puisque tous, en vertu d’une injonction unanimiste et antidémocratique empruntée au Front national - «la France, on l’aime ou on la quitte» -, sont sommés de chérir cette contrée. L’amour exigé d’un côté, des sanctions et des expulsions de l’autre ; deux faces d’une même politique où la seconde est la vérité de la première.

Dénoncer cette mascarade est nécessaire mais insuffisant. Il faut, de plus, exiger l’abrogation du délit d’outrage précité et revendiquer haut et fort le droit de siffler la Marseillaise et le drapeau tricolore lorsque ceux qui les utilisent violent les principes de liberté, d’égalité et de fraternité que ces emblèmes sont supposés incarner. Hier, il était juste d’agir ainsi lorsque ce chant et cet étendard devinrent ceux de la tyrannie et de l’exploitation coloniales, des disparitions forcées, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité - à Sétif et Guelma en mai 1945, à Haiphong en 1946, à Madagascar en 1947, en Algérie de nouveau à partir du 1er novembre 1954. De même aujourd’hui, pour signifier notre opposition à ceux qui portent la responsabilité politique et administrative des rafles d’étrangers, des dizaines de milliers de placements en centre de rétention administrative et des expulsions fixées à 27 000 pour l’année 2009. Enfin, autre registre, si demain des Français et/ou des étrangers sifflent l’équipe nationale de football, pour protester contre les conditions indignes de sa qualification à la Coupe du monde, et la Marseillaise, ils devront être défendus au nom de la liberté d’expression. Beaucoup louent le patriotisme des citoyens américains mais ils oublient ou ignorent ceci : profaner la bannière étoilée est un droit fondamental reconnu par la Cour suprême des Etats-Unis dans deux arrêts majeurs - Texas vs. Johnson du 21 juin 1989 et United States vs. Eichman du 11 juin 1990. A deux reprises, les juges ont estimé que les dispositions adoptées par plusieurs Etats pour sanctionner les outrages au drapeau étaient contraires au premier amendement de la Constitution fédérale, lequel interdit au Congrès de voter aucune loi restreignant la liberté d’expression. Républicains français, encore effort pour être démocrates !

Dernier ouvrage paru : «la République impériale. Politique et racisme d’Etat», Fayard, 2009.

 

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Vite dit

13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

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19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

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26/11/2018 - Théoriquement libre
Libéré par le juge judiciaire ce jour, le jeune M. ne pourra voyager aux côtés de son papa venu spécialement de Paris, assister à l'audience.
En effet, dépourvu de papier d'identité, il lui est interdit de prendre le bus, transport en commun le plus accessible (car subventionné). Comment rejoindra-t-il sa famille qui habite Paris? 
Par le train en payant un billet 2 ou 3 fois plus cher que le prix du bus, en prenant le risque d'être débarqué en cours de route ?
Quelle possibilité reste-il à un sortant du CRA, sans papier,  de regagner son domicile parisien ?

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29/9/2018 - Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie
A bord de l’Aquarius, qui fait route vers la Méditerranée centrale, quand le Dr Carlos Jaramillo pense aux migrants qu’il se prépare à secourir en mer, il se repasse les images du 11 septembre 2001. Celles de ces femmes et de ces hommes sautant par les fenêtres du World Trade Center, leur corps lancé dans une chute vertigineuse et sans issue. « Il devait y avoir l’enfer derrière ces fenêtres pour qu’ils se jettent dans le vide », dit-il. Comme ces gens qui choisissent de tenter la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune. « Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie en mer », résume Carlos Jaramillo.

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reves jeunesse24/9/2018 - On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !
Nous sommes accoutumés à ce que nos jeunes voyagent à travers le monde, par Erasmus mais aussi bien souvent, sans qualification particulière, en Angleterre voire en Australie qui semble exercer sur eux une forte attraction. La plupart du temps au bout de quelques mois ou quelques années ils reviennent dans leur pays d'origine.
Comment ne pas comprendre que des jeunes nés au sud ne partagent pas ce rêve de découvrir un jour ce qu'ils voient sur leur télé ou leur portable ? 
Nous avons reçu un jeune venu de son village du fin fond de la Gambie dont le rêve était de voir le PSG ! Un autre après avoir erré entre Paris et Limoges et être mis en rétention, au vu de l'accueil reçu ici, nous disait "Finalement on est mieux chez nous".
Il est bien évident que ceux qui ont réussi à arriver après un parcours périlleux n'ont pas vraiment envie de repartir et cela d'autant moins qu'ils n'ont aucun moyen matériel pour rentrer chez eux, sans parler du fait qu'ils doivent bien souvent rembourser des sommes exorbitantes aux familles qui les ont aidé.
Donnons leur la chance de sortir de chez eux. 
On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !

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4/9/2018 - Dans quel monde vivons-nous ?
Comment une famille venant d’Ukraine avec deux enfants de 3 et 5 ans, après avoir déposé une demande d’asile, s’est retrouvée à la rue sans aucun hébergement et rapidement sans ressources a fini, au bout de 40 jours, par s’installer dans l’aéroport de Blagnac pour pouvoir être à l’abri, et qu’il ait fallu l’entremise d’un policier de la PAF qui nous a prévenus pour que nous puissions leur trouver une solution transitoire grâce aux réseaux de solidarité ?
Comment encore aujourd’hui n’ont-ils pas de solution digne qui leur soit proposée ?
Dans quel monde vivons-nous ?

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9/9/2018 - IRTF
Créées en 2016, les interdictions de retour du territoire français (IRTF), d'une durée d'un à cinq ans, ont connu en 2017 
une augmentation de 1 097% par rapport à 2016 : elles  passent de 1 859 à 19 901 sur un total de 85 268 obligations à quitter le territoire délivrées (OQTF). 23% des OQTF ont été assorties d’une interdiction de retour en 2017.
Ces mesures représentent une monstrueuse épée de Damoclès utilisée pour dissuader, précariser et contrôler.
Il n’existe aucune procédure d’abrogation de droit de cette mesure pour tenir compte d’éventuelles évolutions de la situation personnelle.
En savoir plus

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30/8/2018 - « Urgence, papa expulsé, trois enfants en danger »
Certains ont pu s’indigner de la barbarie de Trump qui séparait les enfants des parents sans papiers emprisonnés, quand, en toute discrétion, ici, on fait la même chose !
Samuel GAZARIAN, arménien, a été arrêté à Tarbes et placé au Centre de rétention de Cornebarrieu. Ce papa arménien a 3 enfants scolarisés en primaire et collège. Ce père de famille risque à tout instant d’être embarqué pour Erevan, laissant son épouse et ses enfants sur notre territoire. Cette situation est intolérable et cette séparation est d’une cruauté inconcevable.
Comment la préfecture des Hautes-Pyrénées peut faire acte d’une telle inhumanité avec cette famille investie dans la vie associative tarbaise ?! Aucune des meilleures raisons du monde ne peut autoriser un pays civilisé à procéder de cette méthode d’un autre âge, d’un autre temps.

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Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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