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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Mediapart - Cécile Debarge - 15/8/2019

La région de Raguse, à la pointe sud-est de la Sicile, concentre près de la moitié de la production de légumes en serre d’Italie. Les ouvriers agricoles, pour la plupart d’origine étrangère, y travaillent dans des conditions extrêmement précaires. La situation est encore pire pour les femmes.

Marina di Acate et Raguse (Italie), de notre envoyée spéciale.– Vue du ciel, Marina di Acate émerge timidement parmi les milliers de bâches blanches et grises qui cernent ce tronçon de littoral du sud-est de la Sicile. Sur l’écran de son ordinateur, Vincenzo La Monica pointe un long voile gris métallique qui s’étend sur des dizaines de kilomètres : « Ce sont des serres ! En 1943, c’est là qu’avaient débarqué les Américains ! Autrefois, la région était faite de dunes et de sable, mais l’arrivée des serres a transformé tout le territoire. » Au premier étage du grand bâtiment qui abrite le diocèse de Raguse, le responsable du projet Presidio mené par la Caritas italienne, l’organisation de charité de l’Église catholique, revient sur cinq ans de travail auprès des travailleurs agricoles employés dans les serres : « Ici règnent d’autres lois, c’est un peu la terre de personne. »

Vue du sol, Marina di Acate est une paisible commune de 11 000 habitants, assoupie en bord de mer jusqu’à l’arrivée de l’été, quand les vacanciers raniment ses maisons désertées. Pourtant, de part et d’autre de la route qui part de Raguse, le chef-lieu de province, jusqu’à la côte, se joue une partition bien plus cruelle. Partout, les serres bouchent l’horizon, protégées par de hauts grillages. Dix mois sur douze, de septembre à juin, les travailleurs agricoles – dans leur grande majorité roumains, tunisiens et albanais – y produisent les tomates, mais aussi une partie des fruits et légumes qui arrivent sur les tables des Italiens et des Européens. Dans un silence que ne dérange que le claquement des bâches secouées par le vent, les abus des employeurs se sont multipliés : salaires inférieurs de moitié au minimum syndical, contrats de travail irréguliers, normes de sécurité inexistantes ou précaires, habitat indigne et plusieurs cas d’exploitation sexuelle des travailleuses, en particulier roumaines.

Serres à Marina di Acate (Sicile). © CD

Chaque lundi après-midi, Vincenzo La Monica et son équipe de la Caritas arpentent à bord d’un minibus les chemins les plus isolés de la région pour apporter les produits de première nécessité à ces travailleurs invisibles, qui vivent souvent dans la propriété agricole. « C’est un labyrinthe, on repère avant sur Google Maps et souvent, au milieu d’une voie publique, on trouve un portail qui barre la route et derrière, les serres. » Sur les photos qu’il fait défiler, on découvre une écurie dont chaque box a été transformé en logement, des garages où des réchauds ont été installés par terre, des tables faites de cagettes de légumes, des cabanes dont le seul isolant est fait de toiles de plastique tendues pour éviter la pluie. « Un jour, on a découvert quelqu’un qui dormait dans une citerne pour l’eau », se souvient le travailleur social. Presque systématiquement, les ouvriers agricoles font office de gardiens des lieux et n’ont pas la clé de la barrière qui les retient, de fait, prisonniers de la propriété.

Parmi eux, la Caritas a recensé environ 140 mineurs dont la moitié seulement sont scolarisés. « Nous avons eu connaissance de quelques cas de mineurs qui travaillent, mais ce n’est pas fréquent. En revanche, ces enfants, complètement isolés, sont souvent laissés seuls dès huit ou neuf ans, les plus grands s’occupent des plus petits », explique Giuseppe Scifo, le secrétaire général du syndicat CGIL Raguse. Sans service de ramassage scolaire, dans des endroits localisés à plusieurs kilomètres d’un arrêt de bus et avec un travail qui commence souvent entre 6 et 7 heures du matin, les parents sont incapables d’accompagner leurs enfants à l’école.

« Il y avait cette petite fille de quatre ou cinq ans dont la mère ne voulait pas qu’elle sorte quand elle travaillait. Donc elle déposait de grosses pierres devant la porte du baraquement », se rappelle Vincenzo La Monica. Certains signalements ont été faits aux services de la mairie, voire à la police, sans succès. « Les familles changent de serre, ce qui les rend difficilement localisables. Une fillette nous avait raconté que le propriétaire de la serre arrivait en s’annonçant par des tirs de pistolet en l’air, comme au Far West en somme. Nous voulions l’aider mais nous ne l’avons plus retrouvée pendant un an », raconte le travailleur social.

La région concentre à elle seule près de la moitié des cultures en serre du pays. Les récoltes sont ensuite vendues à quelques kilomètres de là, au marché de fruits et légumes frais de Vittoria, l’un des plus grands d’Europe. Contrairement à la Calabre ou aux Pouilles qui attirent une main-d’œuvre saisonnière, les travailleurs restent là toute l’année, soumis à des conditions de travail extrêmement précaires. « Je n’ai jamais rencontré qui que ce soit qui me dise avoir un contrat en règle ou un logement décent et on parle de 10 à 12 000 personnes qui travaillent dans les serres », tempête Michele Mililli, syndicaliste à l’USB, qui s’occupe depuis fin 2018 des travailleurs des serres.

Banque alimentaire et de vêtements à Raguse. © CD

Le ciel est d’un gris orageux en ce mardi après-midi lorsque Vincenzo La Monica et son équipe ouvrent les portes de leur permanence de Marina di Acate. Alors que la mer roule ses vagues au loin, Cristian, un travailleur agricole originaire de la région de Bucarest, la capitale roumaine, se met à l’abri du vent dans la cour de la maisonnette. C’est le seul travailleur agricole roumain qui accepte de parler et de montrer le contrat de travail qu’il tient fermement entre ses mains, plié en quatre.

Cet homme de trente-cinq ans travaille dans les serres de tomates, en théorie 102 jours par an, en réalité, tous les jours, de juin à septembre. Pour 30 euros par jour. C’est le cas typique du « travail gris ». La plupart des travailleurs ont un contrat, plus encore depuis que les contrôles de police se sont intensifiés dans la région à la suite d’une loi sur l’organisation du travail agricole votée en octobre 2016. Mais le nombre d’heures, de jours travaillés et les salaires perçus ne correspondent jamais à la réalité.

Cristian fait partie des mieux lotis : « Ça fait quatorze ans que je travaille ici, dont quatre dans la même entreprise, j’ai loué un appartement et mon fils ira à l’école à la rentrée », confie-t-il dans un italien encore rudimentaire. Parmi la quinzaine de travailleurs roumains rencontrés ce jour-là, tous éludent les questions sur leurs conditions de travail. « Buono, buono », coupent net ceux qui baragouinent quelques mots d’italien.

Exploitation sexuelle

Islam Hassan, lui, se montre plus loquace. Arrivé en Italie à douze ans, ce Tunisien en a aujourd’hui quarante et a toujours travaillé dans les serres. « Ça fait dix ans que c’est vraiment dur », se désole-t-il, « il y a trente ans mon salaire en lires équivalait à 60 euros par jour, aujourd’hui c’est 30 pour le même travail ». « Le taux journalier national est fixé à 58 euros, mais comme personne ne proteste, ces salaires sont devenus la norme », précise Dario Biazio, le juriste de la permanence.

Comme Islam Hassan, les premiers travailleurs étrangers de la région sont arrivés dans les années 1980-1990, presque tous originaires de Mahdia, une ville côtière entre Sousse et Sfax. « Ils forment une communauté très soudée, qui plus est d’un pays où la tradition syndicale est forte et où un gros travail a été fait pour améliorer leurs conditions de travail », commente Giuseppe Scifo, qui explique être en contact régulier avec la branche de Mahdia de l’UGTT, l’Union générale tunisienne du travail.

En 2007, la Roumanie entre dans l’Union européenne. C’est un tournant dans la région qui voit affluer une main-d’œuvre venue principalement de la région de Botoșani et de Iași, non loin de la frontière moldave. Douze ans plus tard, dans la province de Raguse, 8 997 Roumains sont enregistrés, représentant la première communauté étrangère.

Combien sont-ils à travailler dans les serres ? Difficile de le savoir, explique le juriste Dario Biazio : « Les ressortissants roumains n’ont pas besoin de permis de séjour, donc beaucoup d’entre eux ne s’inscrivent nulle part, n’ont aucun contrat ni de travail ni de location, c’est comme s’ils étaient des fantômes. » Encore plus vulnérables que les travailleurs en règle, pour nombre d’entre eux, les serres de la région se sont transformées en cauchemar.

Serres de tomates dans la région de Raguse. © CD

Pour prendre la mesure du phénomène, Emiliano Amico fournit des chiffres intéressants. À l’accueil de la permanence, il consigne toutes les demandes de prise en charge des travailleurs agricoles depuis cinq ans : « 54,3 % viennent de la Roumanie, ensuite on a la Tunisie avec 23 %, puis Maroc, Albanie et quelques Italiens. Mais la grande spécificité roumaine, c’est qu’on a plus de femmes que d’hommes qui travaillent dans les serres. » À la précarité de leurs conditions de travail s’ajoute pour une partie d’entre elles le tabou ultime : l’exploitation sexuelle.

Dans la presse italienne, dès 2015, le curé de Vittoria, Don Beniamino Sacco, est le premier à alerter l’opinion publique sur les « orgies agricoles » organisées par certains propriétaires des serres, avec la présence de leurs employées contraintes d’avoir des relations sexuelles. Dans sa paroisse, il accueille même plusieurs jeunes femmes mises enceintes par leur employeur.

Ses déclarations font grand bruit, mais nombreux sont ceux à crier à l’exagération, disant qu’aucune plainte n’a été déposée. C’est faux même si cela reste l’exception. « L’un des points qui ne peuvent pas être sous-évalués, c’est le très haut taux d’avortement des femmes roumaines dans la région, souligne Giuseppe Scifo. Mais là encore, certains milieux médicaux ont expliqué que, pour ces femmes, c’était une pratique usuelle et fréquente, comme si c’était un moyen de contraception. »

S’il est difficile à faire émerger, le phénomène est pourtant une réalité. Au bord d’une route longée par les serres, un épouvantail trône au-dessus du portail d’une exploitation. « Parfois il est vêtu, parfois non, parfois masqué, parfois non, son pubis est peint en vert, il ne sert évidemment pas à faire fuir les oiseaux, mais à indiquer un lieu de prostitution, où on trouve des femmes », explique le responsable du projet Presidio Vincenzo La Monica.

Plusieurs cas de prostitution parmi les travailleuses agricoles ont été rapportés, aussi bien auprès d’autres travailleurs des serres que des employeurs. « On a aussi rencontré plusieurs cas où les femmes doivent répondre aux attentes de leur patron, à tous les points de vue », confie Michele Mililli du syndicat USB.

« Certains employeurs considèrent ces femmes comme leur propriété. Ça peut vouloir dire les regarder travailler en short et tee-shirt court en les fixant. Il faut se rappeler que dans les serres, il fait déjà 40 °C le matin au printemps, ou bien avoir les mains baladeuses, voire les exploiter sexuellement », précise Vincenzo La Monica, qui a rencontré plusieurs cas au cours de ses cinq années auprès des travailleuses des serres. « Parfois, avoir des relations sexuelles avec son patron, ça peut faire la différence entre manger une fois ou trois fois par jour, entre dormir dans un baraquement où il pleut ou dormir au chaud, avec l’eau courante. » « Le chantage est latent, poursuit Giuseppe Scifo. Certains employeurs se défendent en disant que les relations sont consenties, mais avec de si fortes disparités de pouvoir, il est difficile de parler de consentement. »

« Dans le secteur agricole de la province de Raguse, le système tout entier semble créer les conditions pour “l’acceptation” des violences sexuelles de la part des employeurs, simplement pour avoir le droit de travailler », analysent les chercheuses italiennes Letizia Palumbo et Alessandra Sciurba, auteures du rapport fourni en mai 2018 au Parlement européen intitulé « La vulnérabilité à l’exploitation des migrantes travailleuses agricoles dans l’Union européenne : la nécessité d’une approche basée sur les droits de l’homme et le genre ».

Les deux chercheuses citent l’exemple de cette femme qui travaille dans une petite ferme de la région. Son fils et sa fille sont avec elle. Pour accepter de les conduire à l’école en voiture, le propriétaire de la serre demande à leur mère d’avoir des relations sexuelles avec lui. Un jour, il décide de ne plus emmener les enfants à l’école. La mère arrête d’avoir des rapports avec lui. Le propriétaire les prive alors d’eau potable, elle et ses enfants. « L’exploitation sexuelle est principalement rendue possible à travers des pressions psychologiques et du chantage. Les employeurs abusifs n’ont pas besoin d’avoir recours à la force physique, l’exploitation sexuelle est une dérive possible d’un système d’exploitation par le travail qui s’assimile à un “néo-esclavagisme” », poursuivent dans leur rapport les deux chercheuses italiennes.

Face à l’ampleur du problème, les gouvernements italien et roumain se sont rendus dans la région. La commission des droits de l’homme du Sénat a mandaté un rapport. Une multitude de tables rondes ont été organisées, sans que rien ne bouge pendant des années. Pourtant, soulignent tous les acteurs de terrain rencontrés, depuis le vote de la loi d’octobre 2016 et l’intensification des contrôles de police, la situation s’est légèrement améliorée.

Mais le cœur du problème, soulignent les syndicats, reste le modèle d’exploitation, complètement dépassé pour faire face aux conditions du marché. Les entrepreneurs, eux, se défendent en invoquant des prix de rachat toujours plus bas. Pourtant, précise Giuseppe Scifo, secrétaire général du syndicat CGIL de Raguse, « l’emploi est stable dans la région : 6 000 entreprises sont enregistrées à la chambre de commerce, 5 000 environ fonctionnent bel et bien, de la petite entreprise familiale de deux, trois personnes à la grosse entreprise, cela représente 28 000 employés dont 40 % environ d’origine non italienne ».

Pour lui, le problème est ailleurs : « C’est un secteur très en retard, avec peu d’innovation scientifique et aucune coopération ; pourtant, il existe des entreprises plus grandes et structurées, avec de bonnes positions sur le marché et complètement hors de ces logiques d’exploitation. Ça veut dire qu’il existe un autre modèle possible. » Si certaines entreprises parviennent à restructurer leur modèle de production, d’autres préfèrent miser sur une main-d’œuvre toujours plus vulnérable : les migrants hébergés dans les centres d’accueil de la région constituent leurs nouvelles recrues. Ils les payent entre 15 et 20 euros par jour.

 

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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