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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Mediapart - Bernard Cache - 21/8/2019

En trame de fond de la crise politique italienne, ce texte examine les raisons et les conséquences de l’acharnement judiciaire que subit Domenico Lucano, maire de Riace en Calabre, ainsi que son échec aux élections municipales.

Riace est l’une des nombreuses petites communes de Calabre sur le rivage tourné vers la Lybie, où s’étendent des plages de sable fin pour aller bronzer devant une mer bleue sous un soleil éclatant (voir carte ci-dessous). Jusque-là, rien de très original donc. Et puis, début août 1972, 5 plongeurs découvrent 2 statues de bronze, parmi les plus remarquables qu’on ait de l’antiquité. Ces statues sont désormais connues sous le nom de Bronzes de Riace, alors même qu’on ne les trouve plus à Riace, mais au Musée de la Grande Grèce à Reggio di Calabria, sur l’autre rivage tourné vers la Sicile. De la Grande Grèce en Italie ?

Les 2 Bronzes de Riace exposés au Musée de la Grande Grèce à Reggio di Calabria :

Eh bien oui, puisqu’un siècle à peine après que les Grecs soient sortis d’une obscure période où ils oublièrent jusqu’à l’écriture, leurs différentes cités voyaient leur « renaissance » limitée par l’aridité des sols. Au moment donc où d’anonymes chanteurs de banquets improvisaient des poèmes de fin de repas évoquant la nostalgie d’Ulysse de retour vers sa patrie après 10 années de Guerre à Troie, une multitude d’habitants de l’actuelle Grèce se virent contraints de quitter leur patrie pour des raisons économiques et de prendre le large pour s’établir un peu partout en Méditerranée. Parmi les nombreuses « colonies grecques » on trouve évidemment la Sicile et le Sud de l’Italie, où l’on a trouvé sur l’île d’Ischia une des toutes premières allusions aux chants qu’on attribue à un auteur imaginaire aveugle: Homère. De fait, quelques villages de Calabre parlent encore un dialecte dérivé du grec.

 Riace et le site de l’antique Caulonia en Calabre (= flèche rouge)

 

C’est à ces établissements de migrants qu’on doit la diffusion de la langue grecque un peu partout dans la Méditerranée, et surtout la constitution d’une culture commune qui se perpétuera pendant plus d’un millénaire, jusqu’à la fin de l’Empire romain, vers +500. Certes se fera-t-on encore la guerre, mais on adopte les dieux les uns des autres plutôt que de s’excommunier réciproquement, tandis qu’on s’échange les textes qui fondent encore la science moderne. Ainsi, avant de mourir sous les coups d’un soldat romain lors du siège de Syracuse en -212, Archimède correspondait régulièrement en grec depuis la Sicile avec ses collègues de la Bibliothèque d’Alexandrie en Egypte où, un siècle plus tôt, Euclide avait ordonné logiquement l’ensemble des théorèmes de la géométrie à la règle et au compas. Entre temps, ce grand centre de recherche d’Alexandrie avait été dirigé par Eratosthène de Cyrène : un libyen qui avait, entre autres, calculé la longueur du méridien terrestre, puis mis au point un instrument mécanique permettant de calculer des racines cubiques, sans oublier d’établir une première chronologie historique remontant jusqu’à la Guerre de Troie qu’il faisait se terminer en -1184.

De fait, tout ce qu’on sait de certain sur les Bronzes de Riace, c’est qu’ils furent tous deux fondus vers -450 à Argos[1], dans le Péloponnèse, région d’où provenaient précisément les colons qui fondèrent Caulonia[2] vers -700 juste à côté de Riace, après avoir établi Crotone à une centaine de kilomètres plus au Nord. Crotone : la ville où le réfugié politique Pythagore avait trouvé asile en –530, fuyant la tyrannie qui sévissait sur son île de naissance : Samos, au large de l’actuelle Turquie. Emigrés eux aussi, donc, ces 2 guerriers de bronze depuis la Grèce vers la Calabre, sans qu’on ait aucune idée de comment ils ont pu se trouver submergés au-devant des plages de Riace. Car, même si les colons grecs conservaient des liens étroits avec leur mère patrie, il est peu probable qu’ils aient eux-mêmes fait venir de telles statues[3] et les archéologues pensent plutôt à un naufrage, soit d’un bateau pillant ces statues pour les amener à Rome à la fin de la République romaine, soit au contraire d’un bateau les transportant de Rome vers Constantinople, lorsque Constantin y établit sa capitale, alors que Rome n’était déjà plus dans Rome[4].

Autre naufrage, autres migrants en 1997 : un navire turc échoue sur une autre plage, près de Badolato, toujours pas très loin de Riace, avec à son bord 800 réfugiés kurdes. Les maires de différentes communes du voisinage s’entendent alors pour accueillir ces réfugiés et initier une politique originale. Car, des logements, ces communes n’en manquent point, elles dont la plupart des habitants valides émigrent vers le Nord de l’Italie, ou vers d’autres pays européens, quand ce n’est pas l’Australie ou le Canada. Les Italiens, en général, font très peu d’enfants, mais en Calabre, l’absence de perspectives économiques fait que les jeunes quittent massivement la région qui n’est plus peuplée que de vieux. Les villages se vident, les maisons tombent dans l’abandon. Quelle aubaine, donc, que ces nouveaux venus qui pourront restaurer les logements qui les abriteront, mais aussi ceux que pourront occuper un nouveau type de touristes soutenant une agriculture durable et solidaire.

Trop beau pour être vrai ? Eh bien, détrompez-vous, cela a bel et bien marché, en collaboration avec certains organismes de l’administration italienne qui ont dédié un budget de 35 euros par jour pour l’accueil de tout réfugié. Un tel budget a permis de fonder des coopératives qui restaurent l’habitat, développent une agriculture et un artisanat local, tout en enseignant la langue italienne aux réfugiés, en leur prodiguant des soins médicaux et en les informant de leurs droits et obligations. Ce programme a ainsi pu s’étendre des kurdes débarqués en 1997 à de nombreux autres réfugiés arrivés en Italie par toute sorte de moyens. Ainsi, à Monasterace, sur le sol même de l’antique Caulonia[5], l’entreprise agricole A’ lanterna recourt à des saisonniers dûment déclarés, en les rémunérant à un tarif syndical tout en refusant de payer toute rançon à la branche calabraise de la mafia : la ’ndrangheta, en dépit de menaces réitérées comme le montre notre photo du panneau d’information archéologique criblé de balles (2ème image ci-dessous). De telles expériences ont eu une résonnance internationale au point que Wim Wenders, par exemple, soit venu tourner à Badolato le premier court-métrage italien en 3D, Il volo en 2010, au sujet, précisément, de l’accueil des migrants.

 Petits navires en béton représentant les différentes nationalités de migrants accueillis à Riace:

 

 C’est ce modèle que veut détruire Salvini, lui qui veut faire croire aux Italiens que les migrants seraient la cause principale de leurs difficultés. Le gouvernement actuel ne refuse plus seulement d’accueillir des réfugiés, mais également de secourir les naufragés en mer, à l’encontre des règles les plus élémentaires du droit maritime international. Des organisations non gouvernementales qui suppléent à cette défaillance de l’Etat Italien sont désormais poursuivies juridiquement. Le budget de 35 euros par jour est réduit à 22 euros pour le petit nombre de ceux qui peuvent encore en être bénéficiaires. Mais surtout, d’autres branches de l’administration italienne ont agi pour retarder les paiements, et mettre des bâtons dans les rouages des coopératives.

 C’est à Riace que la ligne de front est la plus dure, car Domenico Lucano, l’ancien maire de cette commune, de 2004 à 2018, s’est probablement plus engagé encore que ses collègues des communes avoisinantes. Ainsi, à Riace, l’accueil des réfugiés ne fut-il pas confié à une coopérative indépendante, mais fut géré par la municipalité elle-même. C’est ce qui a permis de soumettre cette structure d’accueil à une enquête administrative menant à l’inculpation de Domenico Lucano en octobre 2018 pour aide à l’émigration clandestine et entorse aux règles de passation de marchés publics. Domenico Lucano aurait favorisé un mariage blanc et confié la récollection des ordures à des migrants sans procéder à un appel d’offre. En attente d’un jugement dont l’instruction traîne en longueur, le maire a été suspendu de ses fonctions et même interdit de séjour sur sa propre commune. Au regard de la légèreté des faits qui lui sont reprochés, une telle interdiction est d’autant plus démesurée que bien des suspects d’association de malfaiteurs courent régulièrement les rues de Calabre.

Panneaux d’information du site archéologique de Caulonia criblé d’impacts de balles tirées par la ‘ndrangheta:

 

Interdit de séjour sur sa propre commune, Domenico Lucano n’a pas pu participer à la campagne électorale visant à la désignation de son successeur. Et, de fait, la candidate qu’il aurait aimé voir lui succéder a échoué au profit d’un adversaire d’une autre liste citoyenne : Antonio Trifoli. Dans le contexte italien d’aujourd’hui, cet échec a été présenté de manière dénaturée par les médias nationaux. En effet, sur la liste victorieuse figure bien un membre du parti de Salvini : la Lega, qui s’est constituée pour prôner la sécession de la Lombardie en décriant le Sud, toujours présenté comme corrompu et fainéant. Mais ni Antonio Trifoli, ni la plupart des autres membres de sa liste ne sont affiliés à aucun parti, même s’ils se reconnaissent une orientation de centre droit. A ce jour[6], le nouveau maire n’envisage d’ailleurs pas de renoncer définitivement à une politique qui combinerait accueil des migrants, tourisme solidaire, restauration urbaine et agriculture durable. La victoire d’Antonio Trifoli n’est donc pas celle de la Lega, à rebours de ce que clament les médias nationaux. Ce qui est en cause, c’est une meilleure prise en compte des réalités locales dans un contexte national de plus en plus tendu.

 En effet, comme Badolato, Camini, Caulonia, Monasterace, et toutes les communes du littoral avoisinant, Riace a une configuration particulière où un ancien bourg médiéval à flanc de montagne étend son territoire jusqu’à la côte, restée pratiquement vierge avant que ne viennent y bronzer les touristes. Et bon nombre de ces touristes sont des émigrés calabrais, encore attachés à leur terre d’origine où ils retournent régulièrement. Ainsi la langue des conversations sur la plage peut-elle facilement osciller entre dialecte calabrais, Suisse allemand et anglais australien. Deux dynamiques, donc, dans toutes ces communes : d’un côté, le bourg, riche d’un vieux patrimoine à l’abandon au milieu de terres agricoles et de pâturages difficiles à exploiter, de l’autre la côte truffée de constructions récentes, souvent abusives aux deux sens du terme : illégales, et disproportionnées au regard des besoins des habitants permanents.

 Si la liste défendue par Domenico Lucano a perdu les élections, c’est pour n’avoir pas suffisamment pris en compte cette dualité du territoire. Car la l’accueil des migrants n’a véritablement concerné que le vieux bourg où se trouve le patrimoine à restaurer afin d’y accueillir un tourisme alternatif aux infrastructures côtières. Mais, précisément, qu’on le déplore ou non, ces infrastructures existent au long de la route littorale SS 106 et de la ligne de chemin de fer. C’est pour n’avoir pas su tisser une politique qui allie les 2 pôles du territoire que Domenico Lucano, déjà harcelé par l’administration judiciaire, voit s’évanouir sa Cité Future. Un examen détaillé des résultats du scrutin le démontre clairement : les votes qui ont promu Antonio Trifoli ne traduisent pas un racisme ou un rejet des 350 habitants du bourg qui se seraient vu submergés de bronzés venus d’Afrique et du Moyen Orient, mais un sentiment d’abandon des 1500 habitants des zones littorales. En tout état de cause, l’échec électoral de Domenico Lucano ne fut pas un vote en faveur de Salvini, bien que, de toute évidence, ce résultat nourrisse le jeu de tous ceux qui font des migrants la cause des difficultés sociales en Europe, telle notre Marine Le Pen nationale.

Les temps ne sont guère au romantisme. Lutter contre Salvini, c’est d’abord combattre le désarroi des classes populaires au chômage réduites à l’alternative de l’émigration ou de l’illégalité. Qu’on se garde bien donc de particulariser les enjeux. Le harcèlement judiciaire contre Domenico Lucano et son interdiction de séjour sur sa propre commune sont remarquablement injustes, mais il est peu probable qu’on soutienne sa cause en l’identifiant à Tommaso Campanella ou à Pasquale Cavallaro[7]. Car, ce qui perdure en Calabre depuis des siècles, c’est surtout la misère du peuple qui incita ces 2 personnages de communes avoisinantes à fomenter des insurrections : le premier à Stilo en 1599, le second à Caulonia en 1945.

 Mais Domenico Lucano n’est pas un lettré hérétique comme Tommaso Campanella[8] qui finit par se reconvertir au catholicisme sous le poids de 30 années de captivité, inaugurées par d’effroyables tortures. Et heureusement, car l’accueil des migrants dans la Città Futura de Riace ne doit pas advenir dans une utopique Cité du Soleil[9] comme l’avait pensé Campanella, mais dans une commune bien réelle avec sa double polarité entre mer et montagne. Domenico Lucano n’est pas non plus le maitre d’école Pasquale Cavallaro, déserteur en 1916, dès lors réduit à la clandestinité, puis à 7 années de confinement sur les îles d’Ustica, puis de Favignana, période où il fut forcément amené à fréquenter toutes sortes d’individus maffieux. Au contraire de Pasquale Cavallaro qui put mobiliser quelques éléments subversifs de la ’ndrangheta pour créer l’éphémère République rouge de Caulonia[10], Domenico Lucano est un des seuls maires de Calabre à avoir porté plainte contre les exactions d’une ’ndrangheta, totalement investie dans le commerce de la drogue à grande échelle, sans plus aucune considération populaire.

 Ce qui vaut pour les personnes, vaut aussi pour les lieux. Quelles que soient les déclarations d’Antonio Trifoli, il est évident que Riace n’accueillera plus des centaines de réfugiés comme ce fut le cas du temps de Domenico Lucano. Mais, l’essentiel n’est-il pas que cet accueil perdure dans de nombreuses communes en trouvant l’équilibre qu’il a pu trouver à Badolato, où le maire Gerardo Mannello a toujours veillé à bien mixer l’accueil des migrants avec le développement de l’ensemble de sa commune : du bourg comme de la côte. Encore une fois, cette politique d’accueil fut un succès et s’est diffusée dans bon nombre de communes avoisinantes. En soi, le harcèlement judiciaire de Domenico Lucano, et son échec aux élections ne mettent pas donc terme à ce modèle de développement. Et s’il est nécessaire de soutenir Domenico Lucano dans son combat judiciaire, c’est aussi parce que ce procès devient un instrument de la politique mise en place par Salvini au niveau national.

 Mais c’est à un échelon encore supérieur que tout européen est concerné par ces événements des bords de plage en Calabre. Ce n’est pas seulement que l’Italie, l’Espagne et la Grèce sont aux avant-postes de la rive nord d’une Méditerranée dont nous peinons à perpétuer une culture commune avec la rive Sud. Ce n’est pas seulement qu’il est chaque jour plus urgent de remettre en cause les accords de Dublin afin que l’accueil des migrants ne repose plus sur les seuls pays méditerranéens. C’est que, pour le bien ou pour le mal, l’Europe devient elle-même un continent de migrations internes. On ne rappellera jamais assez qu’avec son faible taux de natalité, un pays comme l’Allemagne ne peut espérer maintenir sa démographie qu’en intégrant 800.000 migrants chaque année, soit l’équivalent de l’ouverture faite, temporairement, par Angela Merkel récemment, en dépit de toutes les critiques que la chancelière a subies. A force ou à raison, toute une fraction de notre jeunesse s’européanise en migrant vers le Nord, tout en laissant de grands vides dans le Sud.

 Comment peut-on encore promouvoir des solutions nationalistes dans ce contexte ? Comment, par exemple, envisager des réformes des régimes de retraites nationaux, alors que les jeunes travailleurs méridionaux vont cotiser au Nord et abandonner leurs Anciens au Sud ? Inversement, comment penser un accueil des retraités du Nord pendant les longs mois d’hiver où les infrastructures du Sud demeurent vacantes en absence du tourisme d’été ? En tout état de cause, la question générationnelle est un aspect majeur des problèmes d’aujourd’hui, en Europe, et plus largement en Méditerranée et au-delà. Qu’on pense que plus de la moitié de l’Algérie a moins de 30 ans quand la moitié de l’Europe aura bientôt plus de 50 ans. Qu’on pense au climat où l’incapacité des pays dits développés à remettre en cause leur modèle économique aura des conséquences dans le monde entier sur des générations qui ont à peine vu le jour ? Etablir le lien entre des horizons à court et long terme, voilà bien une tâche cruciale qui n’est plus accomplie depuis que les Etats l’ont abandonnée à une finance qui ne fait plus que spéculer au jour le jour. Aujourd’hui plus jamais, penser national dans l’espace, revient à s’empêcher d’agir à long terme dans le temps.

[1] Daniele Castrizio et Cristina Iara : Bronzi di Riace : L’enigma dei due guerrieri. Città del Sole Edizioni, 2016.

[2] Claudio Panaia : Caulonia, storia di una polis. Città del Sole Editore.2018.

[3] Thèse toutefois défendue par le mathématicien Giuseppe Panetta dans : I Bronzi di Riace : Perché non fu un naufragio. Arti Grafiche Edizioni, 2018.

[4] Telle est, en effet, l’hypothèse de Daniele Castrizio et Cristina Iara qui identifie dans les 2 bronzes de Riace les 2 frères rivaux Etéocle et Polynice d’un groupe sculptural de 5 personnes qui comprenait :

  • leur mère Jocaste découvrant ses seins pour rappeler à ses fils qu’ils s’y été tous deux nourris
  • Créon, attisant la haine d’Etéocle pour Polynice
  • Antigone tentant d’apaiser ses 2 frères.

On sait que ce groupe statuaire grec fut visible à Rome sous le nom des Fratricides dans la demeure impériale sur le Palatin depuis le règne d’Auguste jusqu’en +165 et les 2 auteurs supposent que Constantin n’a pas pu s’en séparer à Constantinople.

 Cf : Daniele Castrizio et Cristina Iara : Bronzi di Riace : L’enigma dei due guerrieri. Città del Sole Edizioni, 2016.

[5] En Calabre, il peut arriver que les lieux se déplacent comme les personnes. D’abord connue seulement par des textes d’auteurs classiques comme Strabon, le lieu d’identification de l’antique Kaulon a varié au fil des progrès de l’archéologie. Ainsi, en 1863, a-t-on rebaptisé en Caulonia le village de Castelvetere où sera instituée la République rouge de Caulania en 1945, événement que nous évoquerons un peu plus loin. Ce n’est qu’en 1910 que les travaux de construction du phare de Punta Stilo permirent à l’archéologue Paoli Orsi de repérer les vestiges de la véritable Kaulon, sur la commune de Monasterace, voisine de celle de Riace. Mais on en rebaptisa pas pour autant les communes concernées et c’est toujours l’ancien Castelvetere qui se nomme Caulonia.

[6] C’est du moins ce qu’Antonio Trifoli nous a déclaré dans un entretien qu’il nous a accordé à la Mairie de Riace le Mercredi 31 juillet 2019.

[7] Sur ce point, nous ne pouvons que nous distancer de la manière dont Ilario Ammendolia fait usage de ces références historiques dans La ‘ndrangeheta come alibi. Dal 1945 ad oggi. Città del Sole Edizioni. 2019.

[8] Tommaso Campanella est injustement méconnu du public français alors qu’il mourut à Paris en 1639 après avoir prédit le jour de naissance de Louis XIV qui eut bien lieu un 5 septembre, comme son propre jour de naissance.

[9] Dans la Città del Sole, rédigée en 1602 en prison, Campanelle décrit une cité aux murs concentriques dans le sillage d’Utopia de Thomas Moore (1516), où s’entremêlent plusieurs traditions dans la veine de la République, mais aussi du Timée et du Critias de Platon.

[10] Le contexte et les 4 journées que dura la République de Caulonia du 4 au 8 mars 1945 constituent une sorte de référent méridional tragique du Petit monde de Peppone et Don Camillo, le film que tourna Julien Duvivier en 1951, sur la base du feuilleton anti-communiste publié à partir de 1948 par Giovannino Guareschi. On trouve une chronique très détaillée des événements dans le livre d’Armando Scuteri, journaliste natif de Caulonia : La Repubblica di Caulonia tra omissioni, menzogne e contraddizioni. Rubettino Editore. 2016. Scuteri examine, en particulier, comment s’entremêlèrent dans cette insurrection toutes sortes de motifs privés et politiques.

 

 

Vite dit

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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