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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Alternatives Economiques - François Héran - 30/9/2019

Sociologue et démographe, ancien directeur de l’Ined (Institut national d’études démographiques), François Héran est professeur au Collège de France, titulaire depuis 2017 de la chaire « Migrations et sociétés ». Il est également directeur de l’Institut Convergences Migrations, porté par le CNRS et sept autres institutions. Dans cet entretien, il relativise les efforts réalisés par la France pour accueillir les demandeurs d’asile et revient sur les termes du débat lancé par Emmanuel Macron sur l’immigration.

Quelle est votre analyse du tableau de la situation migratoire en France donné par Emmanuel Macron dans son discours du 17 septembre dernier ?

Dans ce discours, comme dans son entretien avec les journalistes d’Europe 1 deux jours plus tard, le président de la République a repris à son compte l’idée répandue selon laquelle la France serait en passe de « devenir le premier pays d’Europe pour la demande d’asile ». Or ce diagnostic est faux. Il repose sur une comparaison bancale, qui se contente de manier des chiffres absolus.

En un an, la Grèce a reçu 6 100 demandes d’asile par million d’habitant, la France pas plus de 1 730

Quand on veut comparer les pressions migratoires qui s’exercent à travers l’Europe, il faut raisonner proportionnellement, en tenant compte de la population des pays concernés, de leur richesse, de leur territoire. Ainsi, de juillet 2018 à juin 2019, en l’espace de douze mois, la France a enregistré 115 000 demandes d’asile et la Grèce 66 000. Faut-il en conclure que la France subit une pression deux fois plus forte que la Grèce ? ce serait parfaitement saugrenu : elle est six fois plus peuplée (67 millions d’habitants contre 10,8) ! Faites le rapport : en un an, la Grèce a reçu 6 100 demandes d’asile par million d’habitant, la France pas plus de 1 730.

N’est-ce pas un peu compliqué de faire ce genre de mise en rapport ?

Cela n’a rien de sorcier. C’est ce que vous faites dans la vie quotidienne quand vous comparez le prix de deux appartements, ou la teneur en sel de deux produits : vous considérez le prix au mètre carré, la teneur pour 100 grammes. Ce n’est pas toujours facile, mais vous comprenez bien que c’est cela qu’il faut faire.

Les comparaisons internationales qui se contentent de manier des chiffres absolus sont un attentat à la raison

La mesure de la demande d’asile exige la même précaution élémentaire. Je le dis sans ambages, les comparaisons internationales qui se contentent de manier des chiffres absolus sont un défi au bon sens, un attentat à la raison.

Dès lors, peut-on dire que la France est spécialement attractive en Europe ?

C’est tout le contraire. En Europe, la France se situe au 11rang concernant les demandes d’asile, mesurée par million d’habitants sur les douze derniers mois. Au plus fort de la crise, en 2015-2016, nous étions au 15e rang. Pas de quoi pavoiser ; pas de quoi gémir non plus. Le nombre de demandeurs d’asile enregistrés en France a certes progressé de 25 % entre janvier 2017 et juin 2019, alors qu’en Allemagne il reculait de 50 %.

Je comprends bien que l’Ofpra ou l’Ofii (Office français de l’intégration et de l’immigration) s’en préoccupent. Mais il faut élargir la perspective : les Allemands redescendent de l’Everest, tandis que les Français se plaignent de devoir remonter les pentes du Morvan. Nous étions à la moitié de la moyenne européenne pendant toute la crise. Nous nous en rapprochons désormais, mais nous sommes toujours au 11e rang. Nous surestimons gravement notre « attractivité ».

Les Allemands redescendent de l’Everest, tandis que les Français se plaignent de devoir remonter les pentes du Morvan

Les autorités françaises s’interrogent sur les demandes d’asile présentées en 2018 par les Géorgiens et Albanais, qui sont arrivés en seconde position derrière les Afghans. Pourquoi s’obstiner à demander l’asile quand on vient d’un pays sûr ? Une des dimensions du problème, à mon sens, est que ces deux pays ont des niveaux de développement moyens (ils se situent au niveau 7 sur une échelle à 10 degrés résumant l’Indice de développement humain). Or c’est à ce niveau qu’on observe les plus forts taux d’émigration dans le monde : Mexique, Maghreb, Turquie, Balkans, pays baltes, républiques d’Asie centrale... Contrairement aux populations les plus pauvres d’Afrique subsaharienne, celles de ces pays intermédiaires ont à la fois les aspirations à migrer et les moyens de leurs aspirations.

Peut-on dire que les pays riches ont des capacités d’accueil supérieures ?

C’est vrai, mais cela ne suffit pas à expliquer les différences de comportement. Pour prendre équitablement la mesure des choses, il faut se demander si le revenu national par habitant ne joue pas. Après tout, la Suède, l’Allemagne, l’Autriche, le Luxembourg, la Norvège sont des pays riches. Je me suis posé la question : vu leur richesse, sont-ils finalement si accueillants ? Vérification faite, leur performance recule quand on considère le PIB par habitant, et celle de pays comme la Grèce ou la Bulgarie remonte, bien sûr. Mais les pays de l’aire germanophone ou scandinave restent en très bonne position. La Suède, notamment, suivie de l’Autriche et, dans une moindre mesure, des Pays-Bas, ont entamé leurs efforts dès 2014, en répondant aux cris d’alarme du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR). A l’autre extrémité, le Royaume-Uni a profité de sa position géographique pour tirer au flanc.

La Suède, suivie de l’Autriche et, dans une moindre mesure, des Pays-Bas, ont entamé leurs efforts dès 2014, en répondant aux cris d’alarme du Haut-Commissariat aux réfugiés

Lorsque l’Allemagne a stoppé son effort, à la suite de l’accord de mai 2016 avec la Turquie, l’Italie a pris un temps le relais, avant que la charge ne retombe sur les pays situés en première ligne sur le front de la Méditerranée orientale. La France, pendant ce temps, malgré les vaillantes initiatives de l’Ofpra, est parvenue à prendre beaucoup moins que sa part – y compris dans la période récente. Si l’on remonte le temps, la France est coutumière du fait. Lors des grandes crises du passé (guerres de l’ex-Yougoslavie, troubles du Kosovo), elle a accueilli – proportionnellement à sa population – beaucoup moins de réfugiés que l’Allemagne. Cinq à huit fois moins, selon les critères.

Que pensez-vous des effets du règlement de Dublin1 ?

Ils sont très négatifs pour la solidarité européenne. Dans la pratique, les grands pays obligent les petits, ceux qui s’ont exposés en première ligne, à reprendre les demandeurs d’asile enregistrés chez eux pour la première fois. Le règlement de Dublin a pour principal effet de creuser les écarts entre les pays les plus exposés et les pays les moins exposés. Il n’est pas étonnant que les grands pays souhaitent conserver cette procédure, qui les éloigne du théâtre des opérations.

Emmanuel Macron met en cause l’attractivité excessive qu’exerce la France sur les migrants. Qu’en pensez-vous ?

C’est effectivement l’argument majeur qui est censé justifier le débat parlementaire initialement prévu ce lundi (reporté en raison des obsèques de Jacques Chirac le même jour, NDLR). Mais cet argument tombe à l’eau quand on mesure notre réelle attractivité à l’échelle européenne. Il est donc vain de prendre pour cible de prétendus « facteurs d’attractivité », tels que l’aide médicale d’Etat, la législation sur le regroupement familial, le droit du sol, les allocations familiales, que sais-je encore.

Les pays les plus attractifs au monde depuis les années 2000 ont été l’Espagne et les Etats-Unis, qui sont précisément des pays peu généreux en protection sociale. Il n’est pas interdit d’adapter et d’améliorer ces instruments, mais ce n’est pas cela qui mettra fin à un pouvoir d’attraction imaginaire.

Vous remettez donc l’asile et la migration en perspective. Comment comptez-vous diffuser ces évaluations chiffrées ?

Mon rôle, en tant que chercheur, est de rétablir les ordres de grandeur et les bonnes proportions. C’est un travail pédagogique de fond. J’ai présenté la méthode et les résultats à une quarantaine de députés de toutes tendances lors d’une audition devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, le 17 septembre. J’ai récidivé le 26 devant le comité d’évaluation de la politique migratoire. Ces invitations sont un signe positif, même si j’ignore ce qui en sortira.

J’ai la conviction profonde que la statistique sociale est un bien public. Elle ne se réduit pas à un instrument de domination

Mais ce ne sont pas mes seuls interlocuteurs ; il y a aussi les enseignants, les associations, les auditoires de mes cours, les jeunes chercheurs mobilisés par l’Institut des migrations, sans oublier le formidable travail de comparaison internationale et de diffusion accompli par la branche « migrations » de l’OCDE. J’ai la conviction profonde que la statistique sociale appartient à tout le monde. C’est un bien public. Elle ne se réduit pas à un instrument de domination. Elle doit permettre au citoyen de demander des comptes aux autorités. Ce n’est pas par hasard que la recherche est bridée dans les régimes autoritaires.

Face à tout le discours qui consiste à affirmer que nous sommes en train de « récupérer » toutes les personnes dont l’Allemagne n’a pas voulu, c’est-à-dire les déboutés du droit d’asile, il faut examiner ce qui s’est passé depuis 2015. Au niveau des demandes (quelle que soit l’issue qui leur a été réservée), on voit effectivement que l’Allemagne a répondu positivement à peu près à la moitié des demandeurs, puis cela a été brutalement interrompu après l’accord avec la Turquie. Mais quand on regarde de près, ces personnes ne sont pas allées en France. L’explication simple qui consiste à dire que le phénomène de re-migration expliquerait l’augmentation des arrivées en France est erronée.

Pourquoi ces chiffres ne sont-ils pas cités par les gouvernements successifs ? Pourquoi le discours officiel s’en tient-il à une mesure aussi simpliste ?

Nombre de politiques – c’était particulièrement le cas chez François Hollande et j’espère que ce n’est pas celui d’Emmanuel Macron – sont convaincus que « les gens ne sont pas capables de comprendre ». Dans le même temps, ils s’arment des sondages d’opinion pour écouter la voix du peuple. Et bien des intellectuels se font les « compagnons de route » du peuple, sans trop nous dire en quoi ce peuple consiste au juste.

Nombre de politiques sont convaincus que « les gens ne sont pas capables de comprendre »

Les sondages sont l’instrument majeur de la politique d’opinion. Je pense aux fameux sondages privés de l’Elysée sous Nicolas Sarkozy (mais déjà pratiqués sous les présidents précédents). Je songe aussi à l’effet d’un sondage comme celui sur les « fractures françaises », reconduit depuis 2013 par Ipsos. Les deux tiers des Français pensent qu’il y a trop d’« étrangers » en France, qu’on ne se sent pas « chez soi » en France. On retrouve des proportions analogues ailleurs en Europe et aux Etats-Unis.

Mais qui est de trop dans notre société ? Pour Malthus, qui écrivait au tournant du XIXe siècle, c’étaient les pauvres (« Au banquet de la nature, il n’y a pas assez de couverts pour eux »). Les pauvres surchargés d’enfants et qui n’avaient pas les moyens d’entretenir leur famille seraient impitoyablement éliminés par la Nature, par le biais des guerres, des famines, de la mortalité infantile. D’où la nécessité d’apprendre aux pauvres à ajuster leur fécondité à leurs moyens.

Aujourd’hui, ce sont les immigrés qui sont jugés « de trop », surtout ceux qui sont plus visibles physiquement et religieusement. Dans mon livre Avec l’immigration, j’évoque les analyses « multivariées » (c’est-à-dire soucieuses de démêler les ressorts de ces attitudes) qui ont été menées par les chercheurs américains sur des sondages analogues. La « préférence nationale » (le « nativisme », comme ils disent) s’avère être le facteur prédominant.

Je doute du succès d’une stratégie qui consisterait à caresser l’opinion publique dans le sens de ses peurs

Il faut du courage en politique, mais sur des sujets aussi sensibles et « clivants », c’est plus facile à dire qu’à faire. Je n’ai pas de leçon de courage à donner aux politiques, mais je doute du succès d’une stratégie qui consisterait à caresser l’opinion publique dans le sens de ses peurs et à lui promettre qu’on pourra en tarir la source. Je ne crois pas davantage qu’on apaisera les « gilets jaunes » en déviant leur colère vers les immigrés, comme le Rassemblement national a tenté de le faire, assez vainement jusqu’à présent.

J’appelle depuis plusieurs années à moins de démagogie et à plus de pédagogie sur ces questions difficiles. Les politiques, à terme, y gagneront. L’expertise et le savoir sont des composantes de la démocratie. Ils jouent un rôle décisif dans la phase délibérative : celle où l’on prend le temps de récolter des données, de s’informer, d’évaluer les précédents, de peser le pour et le contre, d’anticiper les conséquences.

C’est dans les régimes autoritaires que l’on brise les sciences sociales et qu’on occulte les données. Nous ne devons pas cesser de mener une réflexion de fond sur le rôle de l’expertise, de l’évaluation et des interactions entre savoir et pouvoir, science et société. Cela s’impose tout particulièrement quand on traite d’un domaine aussi sensible que celui de l’immigration.

  • 1. Signé en 2013, ce règlement a instauré le principe selon lequel c’est le premier pays d’arrivée d’un migrant qui doit examiner sa demande d’asile. Autrement dit, s’il s’est installé en France mais que le premier pays par lequel il est arrivé sur le continent est l’Italie, c’est à cette dernière d’examiner la demande d’asile.
Propos recueillis par Catherine André

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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