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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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rencontre Karine Parrot 3 juin 2019 banniere

La Dépêche | 24/01/2010 - revu et corrigé

Réfugiés. Ils se disent Kurdes de Syrie. Les 124 personnes découvertes vendredi ont été transférés hier dans des centres de rétention. Certains ont atterri à Blagnac.

Les boat-people de Corse transférés à Toulouse

Le périple des 124 demandeurs d'asiles retrouvés vendredi matin sur une plage proche de Bonifacio, à l'extrême sud de la Corse, s'est poursuivi hier. Ils ont été transférés sur le continent, répartis dans différents Centres de rétention administrative (CRA). 19 d'entre-eux ont atterri à Toulouse-Blagnac, direction : le centre de Cornebarrieu (voir ci-dessous). Une vingtaine a été accueillie à Marseille, dix à Lyon. Les autres devaient être transférés à Lille, Nîmes et Rennes. D'après Jean-Charles Orsucci, le maire de Bastia, les premiers transfèrements se sont passés « sans incident ».
Les 57 hommes, 29 femmes et 38 enfants le répètent : ils sont des Kurdes de Syrie. Une source proche de l'enquête affirme d'ailleurs que de la monnaie syrienne aurait servi à payer les passeurs. Cherchaient-ils à fuir la répression du pouvoir syrien ?

La Ligue des droits de l'homme regrette que leur demande de droit d'asile n'ait pas été formulée depuis la Corse. Selon André Pacou, le représentant de l'organisation sur l'île, rendez-vous avait été pris avec le préfet pour 9 heures hier matin, et des avocats d'Ajaccio étaient prêts à s'occuper des réfugiés. De nombreuses associations de soutien aux étrangers ont d'ailleurs protesté contre les conditions d'accueil des clandestins. « On n'a pas le droit de les placer en CRA, car ce sont des réfugiés et ils ne sont donc pas expulsables » affirme SOS Soutien aux sans-papiers. « Dans l'ordre des choses, d'abord on traite les dossiers de demande d'asile et après, éventuellement, on place en CRA », estime Jean-Paul Nunez, délégué national de la Cimade en Languedoc-Roussillon.

De son côté, le ministère de l'Immigration affirme que les procédures légales ont été respectées : «Depuis le début de la procédure, ces personnes sont mises en mesure d'exercer l'ensemble de leur droit et bénéficieront dans les CRA d'une assistance juridique ».

C'est la première fois qu'un groupe aussi important de réfugiés débarque en Corse. Le gouvernement entend bien ne pas laisser l'Ile de Beauté devenir une nouvelle filière. Mais les clandestins ne visaient même pas la France. Ils affirment que c'est en Scandinavie qu'ils comptaient arriver. Maintenant qu'ils sont là, notre pays va pourtant devoir se prononcer sur leur demande. Et répondre à cette question : La France est-elle toujours une terre d'asile ?


2500 à 10 000 € par personne pour traverser depuis la Tunisie

L'enquête judiciaire se poursuivait, hier, pour tenter de mettre au jour l'organisation de ce trafic d'êtres humains qui a conduit 124 réfugiés, dont 38 enfants, à se retrouver sur une plage Corse. Leur périple, déjà, est étonnant. D'après les déclarations des réfugiés, ils auraient voyagé en camion de Syrie jusqu'en Tunisie, où ils auraient embarqué pour la Corse. Soulignant qu'il existe « beaucoup de zones d'ombre », le procureur de la République d'Ajaccio, Thomas Pison, a indiqué qu'ils avaient payé de 2500 à 10 000 euros par personne à des passeurs en Tunisie. Les autorités recherchent désormais activement le bateau des passeurs. Avec l'aide des autorités judiciaires italiennes, c'est un cargo battant pavillon russe ou ukrainien qui serait en ligne de mire. Vendredi, les autorités françaises évoquaient une première embarcation, piste jugée « peu prometteuse » hier, alors qu'un deuxième bateau était « en cours de vérification ».


16h25 : ils débarquent à Blagnac

Le Dash 8 n° 74 de la Sécurité civile avance sur le tarmac de l'aéroport d'affaire de Toulouse-Blagnac. Il est 16 h 23. Il progresse lentement pour se stationner sur la droite, à 200 mètres de l'ancienne aérogare. Autour du bimoteur, les véhicules de gendarmes et de la Police aux frontières prennent rapidement position pour encadrer la descente des passagers.

Dans ce vol en provenance directe de Corse, dix-neuf réfugiés membres du groupe découvert vendredi matin sur une plage au sud de la Corse. « Nous accueillons les familles avec des enfants. Le centre de rétention de Cornebarrieu est équipé pour cela », indique un membre de la Police aux frontières.

En moins de 10 minutes, les dix-neuf réfugiés dont six enfants s'installent dans les minibus venus les chercher. En convoi, les véhicules se dirigent vers Cornebarrieu. Dans les deux bus, aperçus à travers les fenêtres, des hommes aux visages tirés, le regard digne d'une femme jeune, les cheveux tenus par un foulard et une petite fille au manteau rouge, qui lui donne des airs de Petit Chaperon au regard triste et fatigué…

Une femme enceinte hospitalisée à PURPAN

Le convoi a contourné les pistes de l'aéroport de Blagnac pour rejoindre le centre de rétention où les véhicules s'engouffrent, devant les caméras et quelques témoins qui patientaient depuis le début de l'après-midi dans le froid. L'une des femmes, enceinte et prise de contractions, ressort une heure plus tard, direction la maternité Paule de Viguier de l'hôpital Purpan pour accoucher.

Des membres d'associations sont présents. « Il ne faudrait pas que le gouvernement s'engage dans une voix dangereuse… N'oublions pas que nous sommes devant des êtres humains. Ils ont des droits, des garanties. Nos textes doivent être respectés », insiste Jean-François Mignard, de la Ligue des droits de l'homme. « Ces réfugiés méritent notre soutien. Les traiter comme des étrangers qui ont violé la loi est scandaleux », s'indigne une femme. Jean-François Mignard approuve. « Ils sont frappés depuis la nuit dernière d'un arrêté d'expulsion. En clair, ils veulent les virer ! Cette façon d'agir est indigne de notre pays ! »

Dès leur arrivée au centre de Cornebarrieu, les dix-neuf réfugiés ont été vus par un médecin. Leurs dossiers vont être regardés de près par les membres de la Cimade et les avocats. « Nous sommes à leurs côtés pour les aider et veiller à ce que leurs droits soient respectés », prévient Pierre Grenier, de la Cimade.

 

Note de l'administrateur du blog : en guise de correction j'ai remplacé cinq fois dans le texte original le mot "clandestin".

 

 

 

 





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Vite dit

systeme ecrase17/5/2019 - Encore un.e jeune brisé.e.
Rafaël, Joseph et tant d'autres. Des jeunes venus en France motivés par l'espoir d'apprendre un métier, d'être autonomes, de participer positivement à notre société.
Pas assez pour l'administration française, qui les poursuit, les place en rétention, puis les expulse vers un futur incertain dans leurs pays, dont ils savent qu'ils n'auront que peu d'espoir de s'y épanouir et d'y vivre dignement.
Pas assez quoi ?

Pas assez intelligents ? Ils et elles le sont.
Pas assez motivé.e.s ? Ils et elles le sont.
Pas assez travailleurs et persévérants ? Ils et elles le sont.
Pas assez français ? Non, en effet. C'est bien la France qu'ils et elles ont choisie pour s'y intégrer, et ils ont fait des efforts considérables pour y arriver, toujours appréciés par leur entourage, mais l'administration leur refuse des papiers parce que pas assez quelque chose.
En fait on les condamne pour un seul "crime" : ne pas être né.e.s en France.
Nos dirigeants aiment se gargariser de ce que la France a besoin de jeunes plus motivés, prêts à étudier et à travailler. En voilà quelques-uns.e.s. Ils et elles n'attendent que d'être reconnus comme tels par l'administration.
Emmanuel Macron (ONU, 20 septembre 2017) : "Nous passons beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, beaucoup d’argent à régler les problèmes de ce monde et les grandes crises, mais l’éducation c’est ce qui - parmi les réponses qui sont à notre portée - permet de les régler bien plus que les autres".
Une vérité incontestable. Dommage que ce ne soient que des paroles.

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2/4/2019 - Quoi ? Encore !?!? La loi est pourtant bien claire là-dessus en disposant que les séances du JLD sont publiques.
Publiques ! Cela veut dire que quiconque ne portant pas d'armes ou assimilables armes, a le droit d'assister aux audiences, à l'heure prévue, et durant toute la durée, jusqu'à ce que la ou le juge disent : "L'audience est levée".
Ce n’est pas compliqué non ? Et pourtant, le Cercle des Voisins doit se battre encore et encore pour que nos membres puissent assister aux permanences que nous assurons aux audiences. Mais cela ne concerne pas que nous. Des familles et ami.e.s de retenu.e.s peuvent aussi être bloqués aux portes du tribunal.
Est-ce le gouvernement ou le président du TGI qui ont ainsi décidé ? Ben non, ce sont de simples vigiles, d'une société privée qui assure la sécurité de l'entrée au tribunal, qui s'autodésignent policiers, juges et bourreaux, et décident, en fonction de leur propre
s imagination ou idéologie, si tel ou tel a ou pas le droit d'assister aux audiences.
Société privée ça passe encore, mais une justice privée ?
Le tribunal n'aurait donc pas le contrôle de ses troupes ? Ce serait difficile à croire, mais une chose est certaine, "quelqu'un" doit faire le nécessaire pour que ces violations répétées du Droit cessent.

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9/3/2019 - Respect des êtres humains ? Bof !
Cet AM, la PAF du CRA de Cornebarrieu a appelé Alain et Catherine, militants du Cercle des Voisins. Mr X, retenu au CRA, était dehors, soi-disant suite à une décision de justice.
Alain et Catherine sont allés le récupérer; en guise de dossier médical les policiers de la PAF leur dont donné une enveloppe vide et 2 comprimés de Doliprane, mais comme Mr X est atteint d'une maladie psychiatrique grave, il a absolument besoin d'un traitement contre la schizophrénie, ils l'ont amené aux urgences psy.
Après 2h30 aux urgences psy, ils sortent avec 2 Temesta (Lorazépam) et rassurés (+ou- ) sur un éventuel comportement dangereux. Il passe la nuit chez nos militants sans problème. Le lendemain matin re-problème. La PAF du CRA ignore ou se trouve son dossier médical. Après une dizaine d’appels, ils obtiennent une réponse peu coopérante au début : venez lundi (ça rouspète dur !!!), mais finalement ils les rappellent : l’infirmière avait préparé le dossier avec 5 jours de traitement, mais les policiers de service ne le savaient pas (et c’est bien le dernier de leur souci).... Ils sont donc allés chercher ce dossier avec, bien évidemment, Mr X. Retour à la maison et achat d’un billet sur OUI BUS pour la destination qu'il souhaitait. Ils l'ont laissé devant le bus.
Un cas exceptionnel ? Malheureusement non. Les policiers de la PAF et l'État français déchargent leur responsabilité régulièrement sur les associations de soutien aux retenus avec une désinvolture qui ne peut qu'être assimilé à la mise en danger d'autrui, ou du moins à la non-assistance à personne en danger.
Jusqu'à quand, sous prétexte de protéger la France de cette "horde d'étrangers envahissants", allons-nous permettre au gouvernement de violer et piétiner les droits fondamentaux des êtres humains, ces droits mêmes qui feraient de la France le grand pays qu'elle prétend être ?

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22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

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13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

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19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

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26/11/2018 - Théoriquement libre
Libéré par le juge judiciaire ce jour, le jeune M. ne pourra voyager aux côtés de son papa venu spécialement de Paris, assister à l'audience.
En effet, dépourvu de papier d'identité, il lui est interdit de prendre le bus, transport en commun le plus accessible (car subventionné). Comment rejoindra-t-il sa famille qui habite Paris? 
Par le train en payant un billet 2 ou 3 fois plus cher que le prix du bus, en prenant le risque d'être débarqué en cours de route ?
Quelle possibilité reste-il à un sortant du CRA, sans papier,  de regagner son domicile parisien ?

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29/9/2018 - Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie
A bord de l’Aquarius, qui fait route vers la Méditerranée centrale, quand le Dr Carlos Jaramillo pense aux migrants qu’il se prépare à secourir en mer, il se repasse les images du 11 septembre 2001. Celles de ces femmes et de ces hommes sautant par les fenêtres du World Trade Center, leur corps lancé dans une chute vertigineuse et sans issue. « Il devait y avoir l’enfer derrière ces fenêtres pour qu’ils se jettent dans le vide », dit-il. Comme ces gens qui choisissent de tenter la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune. « Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie en mer », résume Carlos Jaramillo.

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Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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