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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Fermez les Centres de Rétention !

La secrétaire générale de La Cimade dénonce : les enfermements arbitraires, les violences et les mises à l’isolement répétées, un climat de stigmatisation grandissante, les expulsions illégales

Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Gisti - 19/11/2019

ACTION COLLECTIVE

Stop aux destructions coûteuses, inutiles et inhumaines !

Les associations dénoncent la destruction illégale d’un campement à Saint-Hilaire Cottes (62) avec un hélicoptère, trois véhicules et plus de gendarmes que d’exilés présents. Deux semaines après, les personnes sont encore là, encore un peu plus précaires.

Des conditions de vie indignes

Mercredi 6 novembre en fin d’après-midi, la gendarmerie d’Isbergues a détruit le campement de Norrent-Fontes / Saint-Hilaire Cottes, constitué de deux pauvres tentes et de quelques bâches et couvertures, posées le long de bosquets, en plein champs, entre l’autoroute et la route nationale.

Deux petites tentes où s’abritaient à peine une dizaine de personnes. Seules 6 d’entre elles étaient présentes lors de la destruction.

Deux tentes, trois bâches et rien d’autre. Même pas de quoi faire un feu pour se réchauffer ou cuisiner. Pas de ramassage des poubelles. Ce sont les bénévoles qui cuisinent et amènent les repas et de l’eau à ces jeunes hommes qui cherchent à aller en Angleterre.

Le harcèlement jusqu’à détruire deux tentes que se partagent une dizaine de personnes en souffrance.

Ce harcèlement n’est malheureusement pas nouveau et, qu’il soit le fait des autorités ou d’individus, cela se répète depuis des mois :

  • Début mai, les tentes de l’association ont été lacérées et détruites ;
  • 17 mai : les effets personnels des exilés sont ramassés par la brigade mobile de gendarmerie, pourtant assez loin de l’autoroute, son territoire théorique d’intervention ;
  • 24 septembre : destructions des effets personnels (tentes, sacs de couchages, sacs, téléphone), jetés à la déchetterie immédiatement, rendant impossible toute récupération ;
  • 19/20 octobre : une tente a été brûlée. Quelqu’un aurait pu se trouver à l’intérieur.

Une expulsion illégale et coûteuse

La destruction du mercredi 6 novembre s’inscrit dans cette triste liste.

Est-ce parce que des bénévoles se trouvaient sur les lieux ? Il a été question cette fois d’un arrêté municipal sur lequel se basait l’expulsion.

Pourtant, malgré les recherches, aucun arrêté n’était affiché, ni sur place, ni même en mairie. L’avis interdisant le campement n’a été affiché que le lendemain de la destruction du dit campement : honte.

Aucun huissier, aucun travailleur social, mais 7 gendarmes, un hélicoptère et trois véhicules pour confisquer 2 tentes et ignorer les 6 personnes présentes à ce moment-là : honte.

De plus, aucune enquête sociale n’a été menée. Ainsi, les gendarmes ont affirmé qu’aucun de ces jeunes hommes n’était mineur, sans même leur avoir posé la question : honte.

Enfin, aucune proposition de mise à l’abri n’a été présentée à ces personnes sans domicile, alors qu’on leur enlevait leur seul abri : honte.

Du mépris pour les personnes expulsées

Est-ce parce que des bénévoles se trouvaient sur les lieux ? A aucun moment les gendarmes ont adressé la parole aux personnes dont ils détruisaient les seuls abris. Aucun interprète n’était présent et les gendarmes ne parvenaient pas à s’exprimer en anglais.

Et lorsque posément, l’un des jeunes hommes s’est adressé aux gendarmes pour demander où et comment il pouvait s’abriter sans sa tente, seul le silence lui a répondu : honte.

Des pressions sur les bénévoles témoins

Lorsque les trois bénévoles qui se trouvaient sur les lieux ont voulu filmer la scène de destruction, ils ont subi une pression mensongère de la part des gendarmes afin de leur faire effacer les images honteuses. Pire : leurs identités et adresses ont été prises, avec la promesse d’une convocation prochaine pour dépôt d’ordures. Ces bénévoles avaient amené des crêpes à partager avec les personnes exilées. Est-ce déposer des ordures que d’amener des crêpes à des personnes dans le dénuement le plus extrême ? D’ailleurs, les bénévoles veillent quotidiennement à ramasser les ordures lors de leur venue pour apporter de l’aide humanitaire : honte.

Une expulsion inutile et inhumaine

Cette situation est identique à Steenvoorde, Grande-Synthe, Paris, Calais et ailleurs. Sans solution, les personnes ainsi harcelées sont dans des situations toujours plus précaires et errent de campements en campements.

D’ailleurs le mercredi 6 novembre, aucune autorité ne s’est souciée des êtres humains qui vivaient là.

Ces êtres humains s’abîment au fur et à mesure du harcèlement subi. Et cela fait honte.

19 novembre 2019

Signataires :

  • Association minorités visibles et de la diversité
  • Auberge des Migrants
  • Cercle du silence Hazebrouck
  • Collectif AID
  • Collectif Cambrésis pour l’aide aux migrants
  • Flandre Terre Solidaire
  • Fraternité migrants Bassin Minier 62
  • GISTI
  • Human Rigthts Observers
  • Itinérance Cherbourg
  • Migraction 59
  • Nouvelle Jungle Lille
  • Refugee Youth Service
  • Secours Populaire Français - comité local de Vendin-Oblinghem
  • Terre d’Errance (Norrent-Fontes)
  • Terre d’Errance Steenvoorde
  • Utopia 56

 

 

Vite dit

06/06/2022 - Archarnement administratif, ca suffit !

« Comment peut-on croire qu'on sera plus heureux en faisant du mal à d'autres ? » (Hervé le Tellier – L'anomalie)

Ce mardi 7 juin 2022, Gideon est convoqué au tribunal judiciaire de Toulouse. Combien de juges a-t-il vu depuis le jour où il a été interpellé au commissariat de Pamiers ?

Au moins 7.

Le 3 mai, ce jeune gabonais de 18 ans, a été placé au centre de rétention de Cornebarrieu pour un vol prévu le 4 mai vers Libreville. Ce placement rendu possible par la loi (Article L 740-1 CESEDA) a été concrétisé par la préfecture de l'Ariège.

Il a refusé d'embarquer car toute sa famille vit en France de manière régulière. Il est scolarisé au lycée de Lavelanet et n'a plus du tout d'attache au Gabon.

Le 5 mai, le juge de la liberté et de la détention (JLD) décide de la prolongation de sa rétention (Article L742-3 CESEDA) permettant ainsi à l'administration d'organiser un nouvel 'éloignement'.

C'est le 27 mai qu'aura lieu cet 'éloignement' mais cette fois avec des techniques coercitives musclées (GTPI). Monté de force dans l'avion, Gidéon sera ligoté et molesté jusqu'au moment où le commandant de bord exigera son débarquement.

Mais s'opposer à son expulsion est un délit. Gidéon passera le soir même devant le procureur en CRPC (Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité) et sera puni d'une peine de prison de 3 mois avec sursis et 5 ans de mise à l'épreuve.

A 100 km de Toulouse, la préfète de l'Ariège reste inflexible : Gidéon doit rester enfermé pour être expulsé.

Le 2 juin, la juge JLD rendra un avis légèrement plus conciliant en lui permettant de rejoindre famille mais en l'obligeant à signer tous les jours au commissariat.

La préfecture de l'Ariège n'a pas apprécié cette décision. Elle a fait appel et l'audience aura lieu ce mardi 7 juin à 9h45 au palais de justice de Toulouse.

Si vous venez à cette audience, vous ne verrez pas le ou la signataire de cet appel. Il ou elle se fera représenter par un ou une porte-parole bien obéissant.e.

On sait qu'un nouveau vol a été demandé par la préfecture et si Gidéon le refuse, il risque cette fois 3 ans d’emprisonnement et une interdiction du territoire de 10 ans.

Depuis ses 18 ans, Gidéon vit sous la menace d'une arrestation, d'une expulsion !

Ce 6 juin, c'est son anniversaire. Il a 19 ans.

 

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