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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Sabir Mohammed* s'est réveillé trempé jusqu'aux os et frissonnant de froid. Sa seule protection contre la pluie glaciale et le vent pinçant balayant les côtes de la Manche était une couverture donnée par une organisation caritative française. La pluie n'ayant toutefois pas cessé de tomber durant toute la nuit, la couverture s'est vite transformée en une large éponge trempée.

 

Le jeune homme de 22 ans, qui est originaire de Jalalabad dans l'est de l'Afghanistan, a raconté au personnel du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (http://www.unhcr.fr/cgi-bin/texis/vtx/news UNHCR) qu'il se sentait courbaturé et qu'il souffrait d'une douleur aiguë dans la poitrine à cause du froid. Ses amis et lui ont passé une grande partie de la nuit à déambuler dans les rues désertes de cette ville portuaire du nord de la France, chargés de leurs maigres effets personnels et poursuivis par la police qui leur a donné le choix entre quitter Calais ou être arrêtés.

 

Comme Sabir détenait des documents attestant qu'il attendait une décision finale sur sa demande d'asile, la police l'a laissé partir, mais quelques-uns de ses amis ont été emmenés dans un centre de rétention.

 

Les autorités locales permettent aux migrants et aux demandeurs d'asile - en provenance de l'Afghanistan, de l'Érythrée, de l'Éthiopie, du Ghana, de l'Iran, de l'Iraq, de la Somalie et du Soudan - de dormir dans une salle municipale sur des cartons faisant office de matelas. Ce lieu ne leur est toutefois ouvert que lorsque les températures passent sous la barre de zéro degré.

 

« J'ai quitté mon pays il y a presque un an en raison de sérieux problèmes », a expliqué Sabir par le biais d'un interprète. « J'ai passé sept mois en France à demander une protection. La France ne m'a accordé aucun papier. Ils ne m'ont donné ni abri ni argent.»

 

Le jeune homme explique qu'il a dû dormir sous les ponts et dans la boue. «J'essaie tous les jours d'obtenir des papiers et, chaque nuit, ils [les policiers] ne me laissent pas dormir », a-t-il ajouté. « Je suis malade et je deviens fou. Je suis épuisé.»

 

Sabir a expliqué avoir quitté l'Afghanistan après que son père et deux de ses frères plus âgés aient été tués. Sa mère vit encore en Afghanistan avec son frère et sa soeur plus jeunes. Une autre soeur est mariée et elle vit au Pakistan. Il n'a reçu aucune nouvelle d'eux depuis qu'il est parti, il y a presque un an.

 

Les personnes quittant leur pays par crainte fondée de persécution politique, religieuse ou ethnique ont droit au statut de réfugié. Conformément au règlement Dublin II de l'Union européenne (UE), les demandes d'asile sont cependant gérées par l'État membre via lequel le demandeur est initialement rentré dans l'UE. Sabir, comme plusieurs autres jeunes hommes vivant à la dure à Calais, est rentré en Europe via la Grèce, un pays où les demandeurs d'asile rencontrent de sérieuses difficultés pour accéder à une procédure d'asile efficace.

 

Il y a environ 30 demandeurs d'asile à Calais dont le cas relève du règlement de Dublin. Selon la loi française, les demandeurs d'asile qui ont été admis dans le cadre de la procédure normale de demande d'asile ont droit à un logement. Toutefois, les autorités font état d'une pénurie de logements et elles considèrent également que la priorité doit être accordée aux familles avec des enfants en bas âge. Les autorités françaises estiment enfin que certains demandeurs d'asile à Calais refusent d'être logés dans d'autres parties de la France, car leur intention réelle est de traverser la Manche pour travailler au Royaume-Uni.

 

Même si le but des autorités est d'éviter les traversées irrégulières, la pénurie de logements et les rondes et contrôles de police constants rendent la vie très difficile pour des demandeurs d'asile comme Sabir.

 

« Les difficultés de survie à Calais pendant l'hiver découragent de nombreuses personnes à demander l'asile en France et forcent la majorité des personnes relevant du règlement de Dublin à partir. Bien que certains migrants demandent l'asile en France pour obtenir un document qui leur permette de rester jusqu'à ce qu'ils puissent traverser vers le Royaume-Uni, ces personnes indiquent en majorité qu'elles resteraient en France et continueraient la procédure d'obtention de papiers si elles recevaient un logement et l'accès aux services essentiels », a expliqué Maureen McBrien, chef du bureau du HCR à Calais.

 

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés dispose d'une présence à Calais depuis juin dernier. Des employés du HCR, accompagnés d'un interprète, se rendent dans des villes et des villages situés le long de la côte dans le nord de la France pour y rencontrer des migrants sans papiers et les informer tant sur la procédure d'asile en France que sur les étapes à suivre pour demander le statut de réfugié, et enfin pour les aider à remplir les demandes.

 

Le HCR est particulièrement inquiet du nombre croissant d'enfants sans abri à Calais. On estime qu'un quart de tous les migrants sans papiers à Calais ont moins de 18 ans. Des employés du HCR ont rencontré des enfants de neuf ans, voyageant avec un frère ou une soeur plus âgés ou alors un proche.

 

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés demande la mise en oeuvre d'une approche européenne commune pour les enfants, à travers une action législative et une coopération pratique entre les membres de l'UE. Cette approche devrait inclure l'accès à des tuteurs qualifiés, à des procédures justes pour la détermination de l'âge des enfants et à des structures d'accueil appropriées. Dans cet environnement, il serait alors possible de déterminer la meilleure solution pour chaque enfant et de garantir que l'intérêt supérieur de l'enfant demeure la priorité.

 

* Nom fictif pour des raisons de sécurité

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Jean-François Dubost

Responsable du service Réfugiés Migrants

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Amnesty International France

Tel : + 33 (0)1.53.38.65.82

Fax : + 33 (0)1.53.38.55.00

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Web Migrants : www.amnesty.fr/droitsdesmigrants

 

 

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Vite dit

13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

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19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

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26/11/2018 - Théoriquement libre
Libéré par le juge judiciaire ce jour, le jeune M. ne pourra voyager aux côtés de son papa venu spécialement de Paris, assister à l'audience.
En effet, dépourvu de papier d'identité, il lui est interdit de prendre le bus, transport en commun le plus accessible (car subventionné). Comment rejoindra-t-il sa famille qui habite Paris? 
Par le train en payant un billet 2 ou 3 fois plus cher que le prix du bus, en prenant le risque d'être débarqué en cours de route ?
Quelle possibilité reste-il à un sortant du CRA, sans papier,  de regagner son domicile parisien ?

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29/9/2018 - Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie
A bord de l’Aquarius, qui fait route vers la Méditerranée centrale, quand le Dr Carlos Jaramillo pense aux migrants qu’il se prépare à secourir en mer, il se repasse les images du 11 septembre 2001. Celles de ces femmes et de ces hommes sautant par les fenêtres du World Trade Center, leur corps lancé dans une chute vertigineuse et sans issue. « Il devait y avoir l’enfer derrière ces fenêtres pour qu’ils se jettent dans le vide », dit-il. Comme ces gens qui choisissent de tenter la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune. « Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie en mer », résume Carlos Jaramillo.

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reves jeunesse24/9/2018 - On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !
Nous sommes accoutumés à ce que nos jeunes voyagent à travers le monde, par Erasmus mais aussi bien souvent, sans qualification particulière, en Angleterre voire en Australie qui semble exercer sur eux une forte attraction. La plupart du temps au bout de quelques mois ou quelques années ils reviennent dans leur pays d'origine.
Comment ne pas comprendre que des jeunes nés au sud ne partagent pas ce rêve de découvrir un jour ce qu'ils voient sur leur télé ou leur portable ? 
Nous avons reçu un jeune venu de son village du fin fond de la Gambie dont le rêve était de voir le PSG ! Un autre après avoir erré entre Paris et Limoges et être mis en rétention, au vu de l'accueil reçu ici, nous disait "Finalement on est mieux chez nous".
Il est bien évident que ceux qui ont réussi à arriver après un parcours périlleux n'ont pas vraiment envie de repartir et cela d'autant moins qu'ils n'ont aucun moyen matériel pour rentrer chez eux, sans parler du fait qu'ils doivent bien souvent rembourser des sommes exorbitantes aux familles qui les ont aidé.
Donnons leur la chance de sortir de chez eux. 
On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !

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4/9/2018 - Dans quel monde vivons-nous ?
Comment une famille venant d’Ukraine avec deux enfants de 3 et 5 ans, après avoir déposé une demande d’asile, s’est retrouvée à la rue sans aucun hébergement et rapidement sans ressources a fini, au bout de 40 jours, par s’installer dans l’aéroport de Blagnac pour pouvoir être à l’abri, et qu’il ait fallu l’entremise d’un policier de la PAF qui nous a prévenus pour que nous puissions leur trouver une solution transitoire grâce aux réseaux de solidarité ?
Comment encore aujourd’hui n’ont-ils pas de solution digne qui leur soit proposée ?
Dans quel monde vivons-nous ?

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9/9/2018 - IRTF
Créées en 2016, les interdictions de retour du territoire français (IRTF), d'une durée d'un à cinq ans, ont connu en 2017 
une augmentation de 1 097% par rapport à 2016 : elles  passent de 1 859 à 19 901 sur un total de 85 268 obligations à quitter le territoire délivrées (OQTF). 23% des OQTF ont été assorties d’une interdiction de retour en 2017.
Ces mesures représentent une monstrueuse épée de Damoclès utilisée pour dissuader, précariser et contrôler.
Il n’existe aucune procédure d’abrogation de droit de cette mesure pour tenir compte d’éventuelles évolutions de la situation personnelle.
En savoir plus

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30/8/2018 - « Urgence, papa expulsé, trois enfants en danger »
Certains ont pu s’indigner de la barbarie de Trump qui séparait les enfants des parents sans papiers emprisonnés, quand, en toute discrétion, ici, on fait la même chose !
Samuel GAZARIAN, arménien, a été arrêté à Tarbes et placé au Centre de rétention de Cornebarrieu. Ce papa arménien a 3 enfants scolarisés en primaire et collège. Ce père de famille risque à tout instant d’être embarqué pour Erevan, laissant son épouse et ses enfants sur notre territoire. Cette situation est intolérable et cette séparation est d’une cruauté inconcevable.
Comment la préfecture des Hautes-Pyrénées peut faire acte d’une telle inhumanité avec cette famille investie dans la vie associative tarbaise ?! Aucune des meilleures raisons du monde ne peut autoriser un pays civilisé à procéder de cette méthode d’un autre âge, d’un autre temps.

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Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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