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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Par Rémi Leroux | Rue89 | 13/03/2010

 

Tout l'arbitraire de la politique d'immigration du gouvernement pourrait être résumé dans l'histoire de Samira et Saïda Bobouch, des sœurs jumelles. Samira a été expulsée vers le Maroc en 2007. Saïda a continué à vivre à Velaux, Bouches-du-Rhône. Comme pour Najlae Lhimer, dont Rue89 vous racontait l'histoire en début de semaine et qui est revenue à Paris ce samedi, Samira a été autorisée à rentrer en France vendredi : entre temps, Saïda a été régularisée. Deux ans et demi pour rien…

Le 19 novembre 2007, au cours d'un banal contrôle routier, Samira Bobouch est interpelée. Sans papiers, elle est conduite au centre de rétention administrative (CRA) du Canet, sur la jetée du port de Marseille. Elle y est enfermée pendant quatorze jours.

Bénévole auprès d'enfants handicapés

A l'époque, Samira a 23 ans. Elle vit avec son père, ouvrier agricole en invalidité, et Saïda, sa sœur jumelle, à Velaux. L'histoire de Samira est racontée dans Cette France-là, un livre qui dresse un état des lieux implacable de la politique d'immigration choisie par Nicolas Sarkozy et mise en œuvre par ses ministres de l'Immigration et de l'Identité nationale.

Au moment de son interpellation, Samira travaillait bénévolement dans une association d'accompagnement des enfants autistes. Encouragée par la mère d'une adolescente autiste, elle-même diplômée pour la prise en charge de ces enfants, Samira envisage de se former et d'en faire son métier.

Le 19 novembre 2007, l'histoire de Samira s'arrête. Arrivées en France en 2000, Saïda et Samira étaient venues rejoindre leur père. Les deux demandes de regroupement familial qu'il avait faites n'ont jamais abouti : ses filles sont en France mais sans-papiers.

Au Canet, Samira reçoit des visites de son père et de militants de RESF :

« J'arrêtais pas de pleurer, je comprenais rien du tout. Rien que de voir les gardiens ça me faisait peur. (…) C'était un cauchemar, on dirait que j'étais pas vivante. »

Le 4 décembre, Samira est embarquée sur un vol Air France à destination de Casablanca. On lui fait alors comprendre « qu'elle ne devrait pas résister » :

« La veille, la commandante du CRA du Canet osait un “Ne rate pas ta chance. Tu pourras revenir facilement, tu as des possibilités”. »

Samira résiste et refuse d'embarquer. Reconduite au CRA, on lui annonce qu'elle sera convoquée devant le juge des libertés et de la rétention dans les 48 heures. Mensonge.

Menottée sur son lit, dans un bateau, direction Tanger

Le 5 décembre, la police aux frontières (PAF) la conduit à Sète et la force à embarquer sur un bateau, direction Tanger. Des militants et son père font le trajet jusqu'à Sète pour essayer d'empêcher le départ du cargo. Peine perdue. Samira est menottée à son lit. Retour sept ans en arrière, seule, dans un pays qu'elle ne connaît pas, qu'elle ne connaît plus.

Après avoir été hébergée par un membre de l'antenne marocaine de RESF, Samira a vécu pendant un mois dans une chambre d'hôtel que le propriétaire du lieu avait laissée gratuitement à sa disposition. Elle a vécu un moment avec d'autres jeunes filles qui avaient accepté de l'accueillir dans leur appartement d'un quartier populaire de Tanger.

Mais supportant difficilement de vivre de la charité, elle a finalement quitté Tanger pour rejoindre des proches de son père, avec une seule obsession : rentrer chez elle à Marseille.

Depuis deux ans, les militants RESF des deux côtés de la Méditerranée se sont mobilisés pour permettre à Samira de revenir en France. C'est finalement en accompagnant Saïda dans ses démarches de régularisation que les lignes vont commencer à bouger pour sa sœur. Ce que l'on accorde à l'une, pourquoi le refuserait-on à l'autre ?

Saïda régularisée, la première victoire

Début 2010, finalement, Saïda obtient un titre de séjour. Une victoire à double détente qui va permettre au RESF et à la Ligue des Droits de l'Homme de relancer le dossier de Samira. Face à l'arbitraire de la situation des sœurs Bobouch, la Préfecture des Bouches-du-Rhône ne peut pas faire autrement que d'accepter de délivrer un titre de séjour à Samira. Comme cela a été fait, ailleurs en France, pour plusieurs jeunes majeur-es expulsées injustement. Et aujourd'hui autorisées à rentrer.

RESF a rappelé les cas de Salima ou de Najlae :

« Très récemment, une jeune fille clermontoise, Salima, a été expulsée loin de sa sœur jumelle dans des circonstances très proches de celles de Samira Bobouch. Suite à une forte mobilisation elle vient elle aussi d'obtenir un visa pour revenir, ainsi qu'un titre de séjour.

Ces victoires ne doivent pas faire oublier que l'on continue à expulser tous les jours des jeunes loin de leur famille, de leurs amis vers des pays qu'ils ne connaissent plus ».

Samira a été accueillie vendredi à l'aéroport de Marignane par son père, sa sœur ainsi que par tous ceux qui ont soutenu les Bobouch depuis deux ans et demi.

 

 

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Vite dit

13/2/2019 - MERCI de votre aide, Monsieur

Qu'est ce que ça fait du bien de rencontrer à l'accueil de la gare Matabiau, un agent SNCF prêt à outrepasser son strict travail de base.
Aider c'est déjà être à l'écoute de la personne, l'aider à formuler sa demande quand il ne parle bien le français, lui donner les renseignements sur les différentes possibilités de voyager. Ce soir là, la demande était d'aller vers Paris. Il y avait 2 solutions le train très cher et le bus Ouibus plus abordable.
Ce soir là, suite à notre demande, cet agent nous a tout simplement offert cette possibilité de choisir entre ces 2 solutions.
La base de son travail c'est de renseigner et vendre des billets SNCF, mais pas d'aller chercher la solution du bus. Il l'a fait et nous l'en remercions sincèrement. Mais il avait aussi deviné la vulnérabilité de la personne qui allait voyager. Cette personne était ce qu'on appelle, un sans-papiers sortant du centre de rétention de Cornebarrieu.
La gare est un des endroits les plus contrôlés de Toulouse et donc un endroit à éviter quand on n'est pas en règle avec l'administration française.

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19/1/2019 - « Occupation illégale de la voie publique »
C'est ce qu'a osé dire le porte-parole de la préfecture lors de l'audience du juge de la liberté et de la détention pour justifier l'interpellation de cet homme SDF, victime d'un accident du travail. Sans le papier l'autorisant à rester sur le territoire français mais avec une besace lourdement chargé de toute la paperasse qui contient la trace de son histoire personnelle, de sa vie.
Personne ne dirait qu’il est peu « fou », juste franchement malade, malade de la rue qui épuise et broie les organismes. Il n’a rien à faire au CRA  mais il doit y rester!
Ne serait-il pas mieux de lui proposer un peu de réconfort, un abri décent et des soins adéquats ?

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26/11/2018 - Théoriquement libre
Libéré par le juge judiciaire ce jour, le jeune M. ne pourra voyager aux côtés de son papa venu spécialement de Paris, assister à l'audience.
En effet, dépourvu de papier d'identité, il lui est interdit de prendre le bus, transport en commun le plus accessible (car subventionné). Comment rejoindra-t-il sa famille qui habite Paris? 
Par le train en payant un billet 2 ou 3 fois plus cher que le prix du bus, en prenant le risque d'être débarqué en cours de route ?
Quelle possibilité reste-il à un sortant du CRA, sans papier,  de regagner son domicile parisien ?

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29/9/2018 - Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie
A bord de l’Aquarius, qui fait route vers la Méditerranée centrale, quand le Dr Carlos Jaramillo pense aux migrants qu’il se prépare à secourir en mer, il se repasse les images du 11 septembre 2001. Celles de ces femmes et de ces hommes sautant par les fenêtres du World Trade Center, leur corps lancé dans une chute vertigineuse et sans issue. « Il devait y avoir l’enfer derrière ces fenêtres pour qu’ils se jettent dans le vide », dit-il. Comme ces gens qui choisissent de tenter la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune. « Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie en mer », résume Carlos Jaramillo.

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reves jeunesse24/9/2018 - On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !
Nous sommes accoutumés à ce que nos jeunes voyagent à travers le monde, par Erasmus mais aussi bien souvent, sans qualification particulière, en Angleterre voire en Australie qui semble exercer sur eux une forte attraction. La plupart du temps au bout de quelques mois ou quelques années ils reviennent dans leur pays d'origine.
Comment ne pas comprendre que des jeunes nés au sud ne partagent pas ce rêve de découvrir un jour ce qu'ils voient sur leur télé ou leur portable ? 
Nous avons reçu un jeune venu de son village du fin fond de la Gambie dont le rêve était de voir le PSG ! Un autre après avoir erré entre Paris et Limoges et être mis en rétention, au vu de l'accueil reçu ici, nous disait "Finalement on est mieux chez nous".
Il est bien évident que ceux qui ont réussi à arriver après un parcours périlleux n'ont pas vraiment envie de repartir et cela d'autant moins qu'ils n'ont aucun moyen matériel pour rentrer chez eux, sans parler du fait qu'ils doivent bien souvent rembourser des sommes exorbitantes aux familles qui les ont aidé.
Donnons leur la chance de sortir de chez eux. 
On n'a pas le droit de tuer les rêves de la jeunesse !

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4/9/2018 - Dans quel monde vivons-nous ?
Comment une famille venant d’Ukraine avec deux enfants de 3 et 5 ans, après avoir déposé une demande d’asile, s’est retrouvée à la rue sans aucun hébergement et rapidement sans ressources a fini, au bout de 40 jours, par s’installer dans l’aéroport de Blagnac pour pouvoir être à l’abri, et qu’il ait fallu l’entremise d’un policier de la PAF qui nous a prévenus pour que nous puissions leur trouver une solution transitoire grâce aux réseaux de solidarité ?
Comment encore aujourd’hui n’ont-ils pas de solution digne qui leur soit proposée ?
Dans quel monde vivons-nous ?

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9/9/2018 - IRTF
Créées en 2016, les interdictions de retour du territoire français (IRTF), d'une durée d'un à cinq ans, ont connu en 2017 
une augmentation de 1 097% par rapport à 2016 : elles  passent de 1 859 à 19 901 sur un total de 85 268 obligations à quitter le territoire délivrées (OQTF). 23% des OQTF ont été assorties d’une interdiction de retour en 2017.
Ces mesures représentent une monstrueuse épée de Damoclès utilisée pour dissuader, précariser et contrôler.
Il n’existe aucune procédure d’abrogation de droit de cette mesure pour tenir compte d’éventuelles évolutions de la situation personnelle.
En savoir plus

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30/8/2018 - « Urgence, papa expulsé, trois enfants en danger »
Certains ont pu s’indigner de la barbarie de Trump qui séparait les enfants des parents sans papiers emprisonnés, quand, en toute discrétion, ici, on fait la même chose !
Samuel GAZARIAN, arménien, a été arrêté à Tarbes et placé au Centre de rétention de Cornebarrieu. Ce papa arménien a 3 enfants scolarisés en primaire et collège. Ce père de famille risque à tout instant d’être embarqué pour Erevan, laissant son épouse et ses enfants sur notre territoire. Cette situation est intolérable et cette séparation est d’une cruauté inconcevable.
Comment la préfecture des Hautes-Pyrénées peut faire acte d’une telle inhumanité avec cette famille investie dans la vie associative tarbaise ?! Aucune des meilleures raisons du monde ne peut autoriser un pays civilisé à procéder de cette méthode d’un autre âge, d’un autre temps.

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Formation CESEDA

Le Cercle des voisins a proposé deux sessions de formation sur la nouvelle loi CESEDA animées par Maître Benjamin Francos (ADE) les samedi 19 novembre et 10 décembre 2016.
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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