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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Médiapart - Héléna Berkaoui - 20/4/2020

Dans les foyers de travailleurs migrants, les facteurs de décès s’accumulent : vulnérabilité, promiscuité, maladies chroniques, renonciation aux soins… Face à cela, la réponse des bailleurs et des pouvoirs publics a été tardive et lacunaire.

«Je viens d’apprendre la mort de Samba Top, le délégué du foyer des Grands-Pêchers à Montreuil », nous écrit Aboubacar Diallo, délégué du comité de résidents d’un foyer de travailleurs migrants à Saint-Ouen, géré par l’Association pour le développement des foyers (Adef). « Je suis triste, c’était un camarade de lutte, j’ai tout appris avec lui », ajoute-t-il au téléphone. Ce monsieur avait déjà de gros problèmes de santé, nous indique-t-on aussi.

Quelques jours plus tôt, la mort frappait dans son propre foyer. Un retraité algérien a été retrouvé, plusieurs jours après sa mort, dans sa chambre. Il s’appelait Ali Jil Bel Bagdadi. « Les pompiers sont venus et ont défoncé la porte, ensuite la police est venue et puis la morgue, le lendemain », raconte Aboubacar Diallo.

« La situation sanitaire était déjà préoccupante avant [la crise]. Si une épidémie se déclenche dans un foyer, ça risque d’être catastrophique », alerte le Dr Sébastien Bogajewski, membre de l’amicale des médecins de Montreuil. La suroccupation que connaissent certains foyers ainsi que la présence de cuisines et sanitaires collectives pourraient être des facteurs de propagation.

Sans compter le fait que les résidents des foyers, les plus âgés notamment, ont des facteurs de comorbidité plus élevés du fait des professions exercées et des conditions de vie. Les chibanis notamment représentent une population déjà plus fragile sur le plan de la santé. « 4,5 % des 60-69 ans nés au Maghreb ont des problèmes de dépendance contre 1,3 % chez ceux nés en France, soulève l’Unafo (Union professionnelle du logement accompagné). Ils ont parfois le profil des personnes accueillies en Ehpad. »

À Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), Aboubacar Diallo se retrouve démuni face à la crise. « Je ne peux même pas aller faire du porte-à-porte puisque je n’ai ni gants ni masque », s’inquiète-t-il. Lui-même a été atteint du Covid-19. Il raconte : « J’ai frôlé la mort. J’ai passé deux semaines dans ma chambre, je pouvais à peine me lever, j’étais coupé du monde. » Le médecin qu’il a eu au téléphone lui a déconseillé de se rendre aux urgences, lui prescrivant pour seul remède du Doliprane. « Je n’arrivais pas à respirer, j’avais l’impression qu’on m’enfonçait des coups de poignard dans le torse, c’était terrible », décrit-il.

L’entrée du foyer Adef de Saint-Ouen. © Bondy Blog
L’entrée du foyer Adef de Saint-Ouen. © Bondy Blog
 

Depuis plusieurs jours, Aboubacar Diallo interpelle tous azimuts : la mairie, la préfecture et bien sûr le gestionnaire du foyer, l’Adef. « Ils n’ont rien fait du tout, et vendredi ils ont envoyé quelqu’un pour encaisser les loyers. C’est de la provocation ! », fulmine-t-il. À l’heure actuelle, c’est lui-même qui négocie une intervention médicale auprès de Médecins du monde. Seules des associations, comme le collectif des Gilets noirs, sont passées ces derniers jours pour apporter des denrées alimentaires et des produits d’hygiène.

« Il y a des malades ici et une centaine de personnes âgées, il faut faire quelque chose ! », alerte-t-il. Contactée à ce sujet, l’agence régionale de santé (ARS) nous assure que le déplacement d’une équipe mobile sur le foyer de Saint-Ouen est prévu et précise que « le patient en question n’est pas, à la connaissance de l’ARS, décédé du Covid-19, et présentait une situation médicale compliquée ». Contactée par le Bondy Blog, l’Adef n’a pas répondu à nos questions à l’heure où nous écrivons ces lignes.

Selon les chiffres officiels, la France compte aujourd’hui 142 foyers de travailleurs migrants qui accueillent environ 110 000 résidents. Au moins une trentaine de ces foyers sont suroccupés. L’ARS recense en Île-de-France « 100 foyers de travailleurs migrants “non transformés”, c’est-à-dire sans travaux d’aménagement et de rénovation de l’habitat, et avec des sanitaires collectifs » dont « 35 en Seine-Saint-Denis ».

S’il existe plusieurs gestionnaires comme l’Adef ou Coallia, le plus connu est Adoma, anciennement Sonacotra. L’histoire de la Sonacotra est assez tortueuse. Créée au milieu des années 1950, elle a eu pour rôle de loger les travailleurs étrangers, alors majoritairement algériens, employés pour reconstruire la France d’après-guerre.

Cet habitat s’est rapidement dégradé. Des règles abusives et infantilisantes auxquelles étaient soumis les résidents ont créé de fortes tensions avec les gestionnaires. Une longue grève des loyers de 1975 à 1980 posera d’ailleurs les jalons des mouvements de revendications des immigrés en France. Dans un article daté de 1980, le sociologue Abdelmalek Sayad analysait ici les mécanismes paternalistes appliqués aux « foyers des sans-famille ».

Les foyers de travailleurs migrants sont progressivement transformés en résidences sociales pour assurer un logement décent notamment pour les résidents âgés. Mais un grand nombre d’entre eux sont toujours dans un état de délabrement indigne. L’exemple du foyer Bara à Montreuil, géré par Coallia, en est un triste exemple (lire notre article).

Malgré le plan de traitement des foyers de travailleurs migrants (PTFTM), il reste environ 150 foyers à rénover. Certains comptent des chambres de 7,5 mètres carrés, comme à Romainville où le foyer Paul-de-Kock compte 301 chambres de cette dimension. Des chambres donc parfois plus étroites que des cellules carcérales. Des pièces exiguës où le confinement est intenable.

Si la situation est déjà critique, elle entraîne dans son sillage une multitude de complications. « La question du mal-logement accélère le risque de contamination, rapporte Maïa Lecoin, directrice du Café social (Association Ayyem-Zamen) mobilisé auprès de ce public. Ce que j’entends et ce que je vois, ce sont aussi des personnes isolées, en difficulté pour faire leurs courses. » Depuis le début du confinement, son association a mis en place une plateforme téléphonique pour maintenir un lien et rediriger vers des structures spécialisées si besoin.

« En temps normal déjà, les moyens ne sont pas mis pour les accompagner et avec le confinement, il y a un repli sur soi qui est terrible. Pour eux, le logement c’est un endroit dans lequel on dort, c’est tout », poursuit Maïa Lecoin. L’isolement est d’autant plus fort en cette période et ceux qui ont l’habitude de communiquer avec leur famille via les cartes prépayées, type Lycamobile, se retrouvent en difficulté, souligne-t-elle aussi.

Les craintes et les angoisses

« Au moins, je mourrai là-bas » : cette pensée à laquelle se tenir est désormais impossible. Comme le décrivaient nos confrères de Libé, le deuil se double ici de l’impossibilité de rapatrier les corps dans le pays d’origine et ne pas pouvoir procéder aux rites mortuaires. Certaines rumeurs font aussi craindre que les corps soient incinérés, ce qui est une source d’inquiétude supplémentaire pour les résidents musulmans.

« Avec l’épidémie, on va avoir des chibanis qui ont vécu dans 9 mètres carrés toute leur vie et qui vont se retrouver à Rungis. Ils vont être enterrés comme des soldats inconnus, ça me rend fou », fustige Salem Fkire, président de l’association Cap Sud MRE, qui a interpellé les autorités marocaines sur ce sujet.

Ce que note également Maïa Lecoin, c’est une forme de fatalisme face à cette crise sanitaire, « quand on a été exposé toute sa vie à des produits toxiques ou qu’on s’est rendu sourd à cause du marteau-piqueur, c’est compliqué. Après il y a aussi des gens qui sont extrêmement angoissés ». D’autres facteurs viennent encore corser la donne : « Certains ont arrêté de prendre des Doliprane, ils prennent des recettes de grand-mère à base d’ail ou de gingembre. Et il y a des gens qui ont peur d’aller à l’hôpital, ils pensent qu’ils ne seront pas pris en charge, qu’on les laissera dans les couloirs à cause du racisme », explique aussi Aboubacar Diallo.

Le fait que certains résidents soient en situation irrégulière n’aide pas. Idem pour ceux qu’on nomme froidement les « surnuméraires », ceux qui vivent dans ces foyers sans bail. « Même s’il y a des cas, les gens ne veulent pas en parler », affirme un résident qui préfère rester anonyme.

La défiance envers le gestionnaire est telle que certains craignent aussi l’instrumentalisation de cette crise pour procéder à des expulsions dans les foyers en suroccupation. Des inquiétudes remontent également concernant les loyers. Il y a déjà la difficulté de faire des paiements en ligne, la peur que les chèques envoyés soient encaissés trop tard et l’impossibilité même de régler les redevances pour ceux qui ont perdu leur emploi.

Un couloir du foyer Adef de Villepinte. © Bondy Blog
Un couloir du foyer Adef de Villepinte. © Bondy Blog
 

Le Dr Jean-Michel Cattin, mobilisé à Montreuil, souligne qu’il faut absolument créer un lien de confiance et « laisser les communautés décider de l’aide qu’on peut leur apporter, briser l’unité d’un foyer serait une catastrophe ». Lui est effaré de la situation actuelle dans les foyers à Montreuil. Les pouvoirs publics ont bien mis à disposition des chambres d’hôtel pour les personnes atteintes du Covid dans le bas-Montreuil et à Bondy. La préfecture du département indique par ailleurs qu’un centre d’hébergement va ouvrir en début de semaine prochaine à Aulnay, mais la situation reste critique.

Le confinement et les gestes barrières sont quasi impossibles à respecter vu l’état de certains foyers. Comme au foyer des Grands-Pêchers qui compte plus de 300 résidents. Deux immeubles de sept étages où les cuisines collectives, situées au sous-sol, sont restées ouvertes. « Ça pose des problèmes, ce n’est pas évident de respecter les gestes barrières », souligne Lassana Traoré, le secrétaire général de l’association des résidents.

Au foyer Édouard-Branly, toujours à Montreuil, « ça se passe difficilement, tous les espaces communs ont été fermés, les cuisines, les sanitaires, ils nous prennent pour des animaux », s’énerve Moussa Doucouré, président de l’amicale des Maliens de Montreuil. Ici, la fermeture des cuisines a eu l’effet pervers de provoquer des rassemblements autour des espaces cafétéria présents à chaque étage.

Les cuisines collectives ont un rôle important puisqu’elles produisent des repas à moindre coût pour les résidents. En cette période d’épidémie où certains ont perdu leur emploi, ce n’est pas négligeable.

Le gestionnaire de ce foyer, Adoma, affirme que les cuisines collectives n’ont pas été fermées mais que des instructions appelant à être au maximum deux en cuisine et à respecter les gestes barrières ont été affichées. Il confirme néanmoins qu’au foyer Édouard-Branly, « la cuisine informelle du RDC a été fermée le dimanche 15 mars ». Étonnamment, la préfecture de Seine-Saint-Denis nous indique, elle, avoir invité les gestionnaires à « fermer les lieux collectifs comme les cuisines ou les salles de prière ».   

Si le gestionnaire assure mettre tout en place pour contenir la propagation du virus, le sentiment d’abandon domine chez les résidents que nous avons contactés. « Il y a eu un décès et une personne est en réanimation, on espère qu’il va s’en sortir, nous informe Mamadou Doucouré, résident du foyer la Noue à Montreuil, qui regroupe un peu plus de 350 chambres de 9 mètres carrés. La partie administrative n’est plus là, il n’y a pas de gérant sur place. Depuis le début du confinement, ils ont déserté les lieux. Dans un bâtiment de treize étages, ce n’est pas humain, on est à l’abandon. » 

Selon le gestionnaire, le taux de présence de leurs collaborateurs est de 56 % en Seine-Saint-Denis, « Adoma assure également une veille téléphonique auprès des personnes âgées et vulnérables (couplée à l’envoi de SMS) ». L’agence régionale de santé nous précise, elle, que des équipes mobiles ont été déployées avec 21 interventions dans le 93.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par le risque d’une augmentation des cas dans les foyers, qui abritent une population particulièrement fragile. Pour cette raison, le gouvernement a décidé d’étendre le principe du dépistage systématique prévu dans les Ehpad aux foyers de travailleurs migrants à risque (forte proportion de personnes âgées ou surpopulation) », assure également l’ARS. La préfète à l’égalité des chances de Seine-Saint-Denis, Anne-Claire Mialot, nous indique également qu’un centre d’hébergement à Aulnay va être ouvert pour ceux qui ont besoin d’être confinés.

On ne peut affirmer que rien n’a été fait de la part de tous ces acteurs mais la prise en compte de cette situation semble réellement tardive et, pour certains foyers, absente. Les problèmes liés à la gestion des foyers de travailleurs migrants ne sont pas une nouveauté mais cette crise, comme partout ailleurs, aggrave encore la situation. En Seine-Saint-Denis, on dénombre 8 décès, 37 cas de suspicion Covid-19 et 22 cas avérés pour les seules structures Adoma, selon leurs propres chiffres communiqués le 10 avril. Une situation probablement vouée à s’aggraver si des moyens supplémentaires ne sont pas rapidement mis en œuvre.

 

 

Vite dit

06/06/2022 - Archarnement administratif, ca suffit !

« Comment peut-on croire qu'on sera plus heureux en faisant du mal à d'autres ? » (Hervé le Tellier – L'anomalie)

Ce mardi 7 juin 2022, Gideon est convoqué au tribunal judiciaire de Toulouse. Combien de juges a-t-il vu depuis le jour où il a été interpellé au commissariat de Pamiers ?

Au moins 7.

Le 3 mai, ce jeune gabonais de 18 ans, a été placé au centre de rétention de Cornebarrieu pour un vol prévu le 4 mai vers Libreville. Ce placement rendu possible par la loi (Article L 740-1 CESEDA) a été concrétisé par la préfecture de l'Ariège.

Il a refusé d'embarquer car toute sa famille vit en France de manière régulière. Il est scolarisé au lycée de Lavelanet et n'a plus du tout d'attache au Gabon.

Le 5 mai, le juge de la liberté et de la détention (JLD) décide de la prolongation de sa rétention (Article L742-3 CESEDA) permettant ainsi à l'administration d'organiser un nouvel 'éloignement'.

C'est le 27 mai qu'aura lieu cet 'éloignement' mais cette fois avec des techniques coercitives musclées (GTPI). Monté de force dans l'avion, Gidéon sera ligoté et molesté jusqu'au moment où le commandant de bord exigera son débarquement.

Mais s'opposer à son expulsion est un délit. Gidéon passera le soir même devant le procureur en CRPC (Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité) et sera puni d'une peine de prison de 3 mois avec sursis et 5 ans de mise à l'épreuve.

A 100 km de Toulouse, la préfète de l'Ariège reste inflexible : Gidéon doit rester enfermé pour être expulsé.

Le 2 juin, la juge JLD rendra un avis légèrement plus conciliant en lui permettant de rejoindre famille mais en l'obligeant à signer tous les jours au commissariat.

La préfecture de l'Ariège n'a pas apprécié cette décision. Elle a fait appel et l'audience aura lieu ce mardi 7 juin à 9h45 au palais de justice de Toulouse.

Si vous venez à cette audience, vous ne verrez pas le ou la signataire de cet appel. Il ou elle se fera représenter par un ou une porte-parole bien obéissant.e.

On sait qu'un nouveau vol a été demandé par la préfecture et si Gidéon le refuse, il risque cette fois 3 ans d’emprisonnement et une interdiction du territoire de 10 ans.

Depuis ses 18 ans, Gidéon vit sous la menace d'une arrestation, d'une expulsion !

Ce 6 juin, c'est son anniversaire. Il a 19 ans.

 

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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