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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Médiapart - Rachida El Azzouzi - 9/6/2020

Du fantasme raciste de la beurette toujours aussi vif à celui de l’Arabe violent et violeur, Mediapart bat en brèche les clichés hérités de la domination sexuelle et coloniale au Maghreb avec les historiennes Naïma Yahi et Christelle Taraud.

« TF1 raciste », « Je ne suis pas une beurette ». Voilà deux des hashtags viraux qui ont inondé le réseau social Twitter après la diffusion d’un épisode de la très populaire série télévisée « Joséphine, ange gardien » dimanche 31 mai sur la chaîne privée TF1, présentant un des personnages, Yasmina, comme « une beurette issue de banlieue ».

Fantasme sexiste, raciste, sexuel, « beurette » est l’un des nombreux clichés hérités de la domination sexuelle et coloniale au Maghreb qui perdure et révèle l’ampleur de l’impensé colonial, raciste en France. En témoigne la réaction du publicitaire Jacques Séguéla, emblématique d’un déni bien français, trouvant le mot « beurette » « poétique » comme « midinette ».

 

                             Pour en finir avec les fantasmes racistes de la « beurette » et de l'« Arabe violeur et violent ». © Mediapart

Des fantasmes racistes de la beurette ou encore de « l’Arabe violent et violeur » qui permettent d’essentialiser et de ne pas voir ces personnes comme des Français à part entière au mythe autour de la danseuse du ventre, Mediapart a battu en brèche ces clichés problématiques avec deux historiennes, deux féministes qui ont participé à l’ouvrage Sexualités, identités & corps colonisés (CNRS Éditions), invitées de notre émission « Maghreb Express ».

Un débat essentiel pour comprendre notamment quelques-unes des racines structurelles du racisme en France et qui donne des clés pour décrypter la très forte résonance dans l’Hexagone du meurtre de George Floyd, cet homme noir de 46 ans asphyxié par un policier blanc aux États-Unis.

Christelle Taraud est spécialiste de l’histoire contemporaine du Maghreb, de l’histoire des femmes, du genre et des sexualités en contexte colonial, tout particulièrement au Maghreb. Elle est l’autrice notamment d’Amour interdit. Marginalité, prostitution, colonialisme. Maghreb 1830-1962 (Payot, 2012).

Naïma Yahi est historienne, spécialiste notamment des musiques maghrébines, titulaire d’un doctorat portant sur l’histoire culturelle des artistes algériens en France (1962-1987).

La sexualité dans les empires coloniaux et la domination des corps sont aujourd’hui des sujets de recherche majeurs, après avoir été longtemps enterrés ou réduits à l’anecdote. Jamais ces héritages n’avaient provoqué autant de débats dans nos sociétés.

Près de deux ans après les polémiques autour du livre Sexe, race & colonies (La Découverte), une cinquantaine de chercheurs ont publié un nouvel ouvrage sur le sujet : Sexualités, identités & corps colonisés aux éditions du CNRS.

S’il s’inscrit dans le prolongement de Sexe, race & colonies dont il réédite une quinzaine d’articles et balaie toujours six siècles d’Histoire, il s’en démarque dès l’introduction et se veut académique quand son prédécesseur était destiné au grand public.

Surtout, il ne contient aucune des centaines d’images qui jalonnent Sexe, race & colonies et qui ont enflammé les débats à la fin de l’année 2018 ; ce livre étant accusé notamment d’esthétiser l’insoutenable, la violence raciste des oppressions coloniales et de nier les victimes.

La parution de Sexualités, identités & corps colonisés est l’occasion de revenir sur ces débats d’une ampleur inédite et de mesurer à nouveau l’impact actuel de la domination coloniale et sexuelle sur les imaginaires, tant dans les sociétés hier colonisées notamment au Maghreb qu’en Occident.

Il permet de s’interroger encore : pourquoi traiter de sexualité dans des contextes esclavagistes, coloniaux et postcoloniaux demeure aussi difficile et sensible alors que c’est une question fondamentale pour analyser et comprendre des sociétés occidentales au passé comme au présent ?

Extraits

Christelle Taraud : « Ce livre n’est pas un mea culpa après Sexe, race & colonies. Le livre que nous avons publié en 2018 avait pour objectif d’être grand public. On peut parfois perdre de vue que certaines images peuvent être violentes et qu’il faut mieux les encadrer et les expliciter. La version anglophone à paraître l’année prochaine le sera avec un appareil de notes très conséquent. Ici, nous sommes dans une démarche plus scientifique. Ce livre est un espace de débat entre spécialistes et non-spécialistes, appartenant au monde académique, intéressés par ces questions. »

Naïma Yahi : « Il y a eu une hystérisation des échanges qui écrase toute contradiction. J’apprécie qu’il y ait eu un travail plus académique, là où nous devons réfléchir collectivement sur notre capacité à évoquer scientifiquement, et dans le débat public, des problématiques liées à ces questions postcoloniales. Chaque semaine, on voit deux camps fantomatiques renvoyés dos à dos. Il y a des nuances, des générations de chercheurs, une demande sociale forte notamment des enfants colonisés qui réclament une histoire du patrimoine des conflits, d’aller plus loin dans la prise en charge d’un passé douloureux qui ne passe pas. Le livre du CNRS nous offre ce temps-là, de poser et documenter les termes du débat, ce qu’un livre grand public ne nous offre pas forcément. »

Christelle Taraud : « On croit que la sexualité relève de l’intime, du privé, mais elle n’a rien de privé. Elle est puissamment politique, elle est un enjeu majeur du pouvoir et de la domination depuis toujours, depuis les sociétés préhistoriques, car elle est liée à la reproduction. Or le pouvoir, dès l’origine, a été accaparé par les hommes. Et donc la sexualité est un enjeu de rivalité important entre les hommes et le véhicule de cette rivalité en général, ce sont les femmes.

Évidemment cette histoire nous travaille individuellement, collectivement. Elle travaille les enfants issus des mondes colonisés, les enfants issus des mondes coloniaux. C’est possible de faire cette histoire ensemble dans un respect et une empathie revendiquée comme un espace de travail. L’hystérisation nous empêche de travailler ensemble. »

Naïma Yahi : « Du mythe de la danseuse du ventre au fantasme de la beurette, catégorie porno qui écrase ce label, il y a une filiation sur le temps long de ces imaginaires sur les corps. Il s’agit d’humilier le corps des femmes, des autres, des indigènes. […] « La beurette est l’avenir du beur », comme disait l’ancien directeur de Libération Serge July dans les années 1980, post-Marche des beurs. En 2020, on a l’impression que c’est la femme voilée, même plus le garçon, qui va mettre à bas la République. La beurette n’est plus l’avenir du beur, mais dans le même bateau. Il est intéressant de voir comment ces stéréotypes voyagent d’époque en époque, d’où l’importance d’aller creuser ces imaginaires pour comprendre ce qu’il en reste dans la perception de ces populations que l’on ne veut pas voir comme françaises. »

Christelle Taraud : « Mon travail s’inscrit dans une perspective féministe. Les questions raciales font aussi écho aux questions de droits des femmes. Toutes les études montrent que les femmes dites racisées sont beaucoup plus impactées par les violences et les discriminations faites aux femmes. Car souvent elles cumulent les facteurs : femmes, immigrées, appartenant aux classes les plus populaires. »  

Naïma Yahi : « La place des femmes immigrées a tendance à être oubliée, car les flux migratoires étaient d’abord masculins. Elles ont souvent été effacées des luttes. Mon travail est de leur redonner leur place du point de vue social, culturel. »

 

 

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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