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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Médiapart - Pauline Graulle - 13/6/2020

Sur fond de tensions entre associations antiracistes, la gauche tergiverse sur son engagement dans le soulèvement actuel. La fracture réapparaît entre les « universalistes » et ceux qui veulent sortir du « déni » de la composante raciale.

Mardi 9 juin, place de la République, à Paris : à l’appel de SOS Racisme, ils posent un genou à terre pour rendre hommage à George Floyd. Il n’y a pas foule, mais tous les responsables politiques qui comptent à gauche sont là : Fabien Roussel, patron du PCF, Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, Yannick Jadot, le « présidentiable » d’Europe Écologie-Les Verts, et Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste.

Une démonstration d’unité qui ne sera pourtant pas rééditée, ce samedi 13 juin. Cette fois, c’est le comité Vérité et justice pour Adama qui a appelé à se regrouper – toujours aux pieds de la statue de Marianne – pour une marche nationale contre les violences policières, les violences raciales, et pour que justice soit faite sur la mort d’Adama Traoré, décédé en 2016 des suites de son interpellation à Beaumont-sur-Oise.

Or, cette fois, le PS ne sera pas dans le cortège : « On encourage les jeunes à se saisir du problème, et on se montre intraitable quant aux comportements racistes dans la police, mais on ne peut pas adhérer à une vision selon laquelle il y aurait un racisme systémique dans la police », avance-t-on dans l’entourage d’Olivier Faure.

Côté PCF, le secrétaire général, retenu sur ses terres du Nord, ne participera pas, lui non plus, au défilé, où l’on retrouvera néanmoins plusieurs élus locaux. Quant à Yannick Jadot, il n’a pas répondu aux sollicitations de Mediapart concernant sa présence… En définitive, seul Jean-Luc Mélenchon a écourté son déplacement prévu à Marseille ce week-end pour s’afficher en personne dans la manifestation parisienne, que les organisateurs espèrent « historique ».

Les députés insoumis Adrien Quatennens et Jean-Luc Mélenchon, au rassemblement du 9 juin, place de la République, à Paris. © Mathieu Menard / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Les députés insoumis Adrien Quatennens et Jean-Luc Mélenchon, au rassemblement du 9 juin, place de la République, à Paris.
© Mathieu Menard / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP 
 

Deux dates, deux rassemblements, deux ambiances. Et une gauche qui peine à trouver sa place : doit-elle soutenir les « nouveaux entrants » de la lutte antiraciste, comme le comité Vérité et justice pour Adama, qui a réussi à mobiliser plus de 20 000 personnes, mardi 2 juin, sur le parvis du tribunal de grande instance de Paris ? Ou rester dans la roue de SOS Racisme, la grande association historique fondée par le PS, mais qui ne compte plus guère d’adhérents ni d’implantation dans les quartiers populaires ?

Deux générations, mais aussi deux stratégies, et deux manières d’envisager le combat antiraciste, entre lesquelles les partis de gauche – eux-mêmes divisés en interne sur le sujet – se voient aujourd’hui appelés à se positionner, à leur corps défendant. « Ce serait dingue que notre doctrine sur des sujets aussi graves que le racisme et les violences policières se résume à : “Est-ce que Yannick Jadot va manifester le mardi ou le jeudi ?”, s’agace ainsi Alexis Braud, proche de l’eurodéputé Europe Écologie-Les Verts. Si on s’est déplacés mardi, place de la République, c’était pour soutenir George Floyd, et non une organisation contre une autre ! »

« Ce n’est pas le moment d’appuyer sur les différences d’appréhension de l’antiracisme, même si elles existent et qu’elles sont légitimes. Notre rôle, c’est de soutenir toutes les initiatives », abonde l’eurodéputé de La France insoumise Younous Omarjee, qui déposera, les jours prochains, une résolution au Parlement européen pour faire reconnaître l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Reste que du côté des organisations antiracistes, c’en est fini du pseudo consensus. Youcef Brakni, membre du comité Adama, somme les partis de choisir : « La question est simple, estime–t-il. La gauche veut-elle continuer à regarder passer les trains et à soutenir l’antiracisme moral et folklorique de SOS Racisme ? Ou monter dedans avec nous, et participer à la révolution mondiale qui est en train de voir le jour ? »

« SOS » versus « Adama » : les relations étaient déjà tendues entre ces deux branches de l’antiracisme français. Depuis le début des mobilisations autour de la mort de George Floyd, elles sont à couteaux tirés.

Le comité Adama a appelé à ne pas se rendre au rassemblement organisé le 9 juin à l’appel du président de SOS Racisme, Dominique Sopo. Lequel ne se rendra pas à la marche organisée ce samedi. « Je n’ai pas envie que des images du président de SOS qui se fait chahuter par d’autres antiracistes tournent dans les médias », confie-t-il à Mediapart, avant de faire part de sa « stupéfaction » : « Vous vous rendez compte : une association antiraciste qui ne se sent pas la bienvenue dans une marche contre le racisme ? Quelque chose ne tourne pas rond en France ! »

En toile de fond, c’est une bataille vieille de presque 40 ans qui se joue. Et trouve aujourd’hui une forme de dénouement : « En 1983, la création de SOS Racisme par le PS visait à détruire l’autonomie de l’histoire des luttes de l’immigration. Nous, les héritiers du MIB [Mouvement de l’immigration et des banlieues, créé dans la foulée des marches du début des années 1980 – ndlr], tenons notre revanche politique ! », affirme Youcef Brakni.

« Pendant des années, SOS Racisme a dépolitisé les enjeux en refusant de parler de racisme structurel et de racisme d’État. Résultat, la lutte des quartiers a été spoliée et rien n’a avancé, accuse à son tour son camarade Madjid Messaoudene. Nous, on fait de la politique, on est dans le sens de l’histoire ! » 

Dominique Sopo, président de SOS Racisme, lui, s’inscrit en faux, réfute la « logique binaire », selon lui portée par le comité Adama. Il rappelle qu’il avait été très critique du quinquennat Hollande dès le début du mandat, renvoie à son texte, paru le 21 mai 2012, sur les « cabinets blancs de la République » et souligne qu’il était présent à la première marche pour Adama, peu après sa mort… Peine perdue : les deux branches semblent irréconciliables.

« Entre ces deux mondes, il y a une histoire et des cultures différentes, explique Samir Belgacem, maître de conférences à l’université Jean Monnet, à Saint-Étienne, et auteur d’un livre sur La Marche de 1983. SOS Racisme et les grosses structures nationales “old school” captent depuis les années 1980 l’essentiel des subventions publiques. Mais elles sont aujourd’hui coupées de leur base. En revanche, les organisations comme le comité Adama sont souvent issues de familles habitant dans des quartiers populaires et directement impactées par les violences policières et le racisme. Elles n’ont pas d’argent, s’auto-organisent et trouvent un relais important dans les classes populaires. »

« Depuis toujours, la gauche se bouche les oreilles »

Différences sur la forme, mais aussi sur le fond. Pour Patrick Simon, spécialiste des politiques d’intégration et de lutte contre les discriminations à l’Ined, c’est un « binôme » qui structure la question de l’antiracisme en France : « Les associations de type SOS Racisme ou Licra traitent le racisme comme un comportement déviant qu’il faut réparer en éduquant les gens via un travail sur leurs préjugés. Pour ces associations, même s’il existe des éléments structurels provenant de l’histoire coloniale, cela ne conduit pas à remettre en cause le fonctionnement des structures sociales. » En ce sens, estime le chercheur, « SOS Racisme est plutôt du côté de la canalisation des colères, permettant à la structure politique de ne pas prendre en compte le racisme systémique ».

En face, les organisations antiracistes plus récentes, comme le Cran (Conseil représentatif des associations noires de France), le collectif Rosa Parks, le comité Stop contrôle au faciès ou le comité Adama « ont un discours plus offensif, assument de dire qu’il y a une expérience singulière des personnes racisées, dénoncent le racisme systémique et mettent en cause les responsabilités de l’État », résume Patrick Simon.

Deux lignes entre lesquelles la gauche politique n’est jamais parvenue à se positionner. Du NPA au PS, en passant par La France insoumise, les questions ayant trait à la laïcité, au voile, à la pratique de l’islam n’ont eu de cesse de fracturer en profondeur les organisations (lire ici ou ).

Rebelote aujourd’hui sur les questions raciales et de discriminations. « “Privilège blanc”, “racisme d’État”, “statistiques ethniques” : depuis toujours, la gauche, qui n’a jamais fait son inventaire sur la question coloniale, se bouche les oreilles dès qu’elle entend ce vocabulaire. Elle refuse de voir que le racisme est une norme et pas un dysfonctionnement », tranche Nacira Guénif, professeure à l’université Paris VIII.

Dernière preuve en date : le mandat de François Hollande, marqué, entre autres, par son renoncement à mettre en place des récépissés pour lutter contre les contrôles policiers au faciès, par l’arrivée à Matignon d’un Manuel Valls très vindicatif contre « l’islam politique », mais aussi par la proposition d’étendre la déchéance de la nationalité.

« Il y a eu les marches de 1983-84, puis les émeutes de 2005, les violences policières dans les quartiers… Mais la gauche n’a rien fait, si ce n’est dénoncer des “brebis galeuses” et prendre le Front national comme expression principale du racisme, avance Patrick Simon. Or le racisme n’est pas uniquement produit par des racistes mais s’inscrit dans des institutions et des structures de la société. Pour que les politiques puissent agir, il faut que les pouvoirs publics reconnaissent que les inégalités raciales existent en tant que système, comme ils l’ont fait concernant les inégalités entre les femmes et les hommes. »

Même constat de Samir Belgazem, qui a publié une tribune dans Mediapart appelant la gauche à « inaugurer de nouveaux rapports » avec les quartiers populaires : « La gauche doit en finir avec l’antiracisme moral et l’universalisme dépolitisé, et faire de la question de l’antiracisme, qui est dans son ADN, une question de premier plan, fondamentale, et pas un point dans un programme. Sinon, cette offre politique est condamnée à rester au second plan. »

« Les partis sont très en retard sur la société, ajoute la sociologue, professeur d’études urbaines, Marie-Hélène Bacqué. Néanmoins, certaines formations semblent évoluer, poussées par le mouvement social et par le renouvellement des générations qui a, ces dernières années, fait émerger un nouveau personnel politique, plus jeune et racialisé. »

De là à voir le début d’un changement d’ère dans les relations entre la gauche et l’antiracisme ? Du côté de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon a en tout cas opéré un virage spectaculaire. Fini le temps, pourtant pas si lointain, où ce Républicain laïc (lire ici), proche de Julien Dray – dirigeant de SOS Racisme –, refusait de prononcer les mots « racisé » ou « islamophobie ».

Dans les rangs des antiracistes, on se souvient aussi de son ode à « la nouvelle France », qu’il se refusait toutefois pudiquement à définir, lors de son intervention à Épinay-sur-Seine, à l’automne 2018. Ou de la présence d’Henri Peña-Ruiz, aujourd’hui proche de Michel Onfray, invité des universités d’été des Insoumis l’an dernier, qui avait déclenché la colère les militants des quartiers populaires après sa sortie sur le thème « on a le droit d’être islamophobe » (lire ici).

La participation de l’ancien candidat à la présidentielle à la Marche contre l’islamophobie, le 10 novembre, organisée notamment par des proches d’Assa Traoré, a été un tournant. Un changement de cap qui en a mécontenté beaucoup en interne, jusque dans son premier cercle. Mais qui lui a fait reprendre langue avec la galaxie des militants du comité Adama, quand bien même le député de Marseille considère toujours qu'il n'y a pas de racisme de structure dans les institutions françaises (lire ici). « Il y a eu une évolution. Elle n'est pas totalement aboutie et ne concerne pas tout le mouvement, mais c’est déjà ça », salue ainsi Youcef Brakni.

Au PCF aussi les choses sont complexes : d’un côté, le parti s’embourbe à Saint-Denis à propos d’une sombre affaire liée à la présence de Madjid Messaoudene sur une liste électorale ; de l’autre, Assa Traoré était invitée à son congrès d’Ivry, il y a deux ans…

Europe Écologie-Les Verts semble en revanche avoir enfourché sans barguigner la cause du camp Adama : « Sur ce sujet, on n’a pas eu de débat en interne », raconte Sandra Regol, secrétaire nationale adjointe du parti, qui s’était rendue, en compagnie de la sénatrice Esther Benbassa, devant le tribunal de grande instance.

« On soutient tout ce qui émerge dans la société, poursuit l’écologiste, aussi bien ce qui vient de SOS Racisme que du comité Adama. Mais il faut bien reconnaître qu’il se passe quelque chose du côté des quartiers populaires. Quelque chose de comparable aux mouvements pour le climat, notamment parce que, dans les deux cas, la jeunesse s’y retrouve en masse. Et puis, sur le fond, il est clair que les discours universalistes ne suffisent pas à engager les changements profonds qui sont nécessaires : il faut donc arrêter le déni, et réfléchir à autre chose. »

Chemin inverse concernant le PS, où il n’est pas question de soutenir la marche de ce jour : « Il y a depuis plusieurs années, l’introduction de concepts américains issus des “Identity politics” qui n’est pas dans l’histoire de nos combats républicains et universalistes », avance ainsi Corinne Narassiguin, numéro 2 du parti à la rose, qui vilipendait, mardi dernier, dans une tribune du Monde, « cette partie de la gauche tombée dans le communautarisme victimaire quand elle organise la lutte antiraciste par la “non-mixité raciale” ».

La formation d’Olivier Faure, dont certains membres de la direction affichent leur proximité avec le Printemps républicain, entend au contraire incarner « ce canal républicain et universaliste contre les discriminations qui manque aujourd’hui dans une France polarisée ». Le parti, qui réclame l’interdiction des LBD et du plaquage ventral, a décidé d’utiliser son droit de tirage au Parlement pour mettre sur pied une commission d'enquête destinée à « avoir un aperçu sur ce qui se passe dans la police [afin] de faire des propositions visant à améliorer la relation entre les citoyens et la police ».

À l’automne dernier, le PS, seul parti à gauche à s’être opposé d’un bloc à la Marche contre l’islamophobie de novembre, se félicitait d’avoir enregistré une hausse des adhésions liées à ses positions plus « fermes » sur la laïcité. Son absence remarquée ce samedi lui permettra, une fois encore, de se singulariser. Au risque, peut-être, de passer à côté de « l’histoire ».

 

 

 

Vite dit

06/06/2022 - Archarnement administratif, ca suffit !

« Comment peut-on croire qu'on sera plus heureux en faisant du mal à d'autres ? » (Hervé le Tellier – L'anomalie)

Ce mardi 7 juin 2022, Gideon est convoqué au tribunal judiciaire de Toulouse. Combien de juges a-t-il vu depuis le jour où il a été interpellé au commissariat de Pamiers ?

Au moins 7.

Le 3 mai, ce jeune gabonais de 18 ans, a été placé au centre de rétention de Cornebarrieu pour un vol prévu le 4 mai vers Libreville. Ce placement rendu possible par la loi (Article L 740-1 CESEDA) a été concrétisé par la préfecture de l'Ariège.

Il a refusé d'embarquer car toute sa famille vit en France de manière régulière. Il est scolarisé au lycée de Lavelanet et n'a plus du tout d'attache au Gabon.

Le 5 mai, le juge de la liberté et de la détention (JLD) décide de la prolongation de sa rétention (Article L742-3 CESEDA) permettant ainsi à l'administration d'organiser un nouvel 'éloignement'.

C'est le 27 mai qu'aura lieu cet 'éloignement' mais cette fois avec des techniques coercitives musclées (GTPI). Monté de force dans l'avion, Gidéon sera ligoté et molesté jusqu'au moment où le commandant de bord exigera son débarquement.

Mais s'opposer à son expulsion est un délit. Gidéon passera le soir même devant le procureur en CRPC (Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité) et sera puni d'une peine de prison de 3 mois avec sursis et 5 ans de mise à l'épreuve.

A 100 km de Toulouse, la préfète de l'Ariège reste inflexible : Gidéon doit rester enfermé pour être expulsé.

Le 2 juin, la juge JLD rendra un avis légèrement plus conciliant en lui permettant de rejoindre famille mais en l'obligeant à signer tous les jours au commissariat.

La préfecture de l'Ariège n'a pas apprécié cette décision. Elle a fait appel et l'audience aura lieu ce mardi 7 juin à 9h45 au palais de justice de Toulouse.

Si vous venez à cette audience, vous ne verrez pas le ou la signataire de cet appel. Il ou elle se fera représenter par un ou une porte-parole bien obéissant.e.

On sait qu'un nouveau vol a été demandé par la préfecture et si Gidéon le refuse, il risque cette fois 3 ans d’emprisonnement et une interdiction du territoire de 10 ans.

Depuis ses 18 ans, Gidéon vit sous la menace d'une arrestation, d'une expulsion !

Ce 6 juin, c'est son anniversaire. Il a 19 ans.

 

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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