En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés.

cdv logo  

Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

logo EGM Toulouse

Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Médiapart - Lucie Delaporte et Mathilde Mathieu - 13/6/2020

Nombre de manifestants présents samedi place de la République manient le concept de « privilège blanc », notion qui leur paraît précieuse pour décrire une réalité trop longtemps tue. D’autres, notamment dans le monde politique ou syndical, sont plus circonspects.

ans la foule anonyme place de la République, samedi 13 juin, ils sont encore peu nombreux à convoquer l’expression spontanément, au micro des journalistes. Mobilisés contre les violences policières et le racisme à l’appel du comité Adama, quelques manifestants n’ont même jamais entendu parler du « privilège blanc ». Mais, globalement, le concept séduit énormément. « C’est simple, basique ! », sourit Ibrahim, 20 ans.

Ayant « grandi au milieu des Noirs, des Blancs et des Asiatiques », Yanis l’a déjà adopté : « Il y a des faits, dit cet étudiant en BTS de 21 ans, venu de Châtillon (Hauts-de-Seine). Les Blancs trouvent plus facilement du travail ou un appartement. Entre un Blanc au Smic et un Noir au Smic, le Blanc sera toujours privilégié. Moi, je ne suis pas là pour les blâmer, mais beaucoup de Blancs ne se rendent même pas compte que c’est devenu un privilège de se promener sans se faire contrôler. En fait, le “white privilege”, c’est ça : juste vivre normalement, sans certains obstacles. »

Yanis, à droite, samedi 13 juin, place de la République. © MM Yanis, à droite, samedi 13 juin, place de la République. © MM

« J’ai aussi des amis blancs qui utilisent l’expression », précise-t-il. Comme Raphaël, à ses côtés, qui acquiesce et brandit sa pancarte : « Le silence est complice. » « Je ne blâme personne, ajoute Yanis. Par contre, je ne comprends pas qu’on ne profite pas de son privilège pour protéger les autres. »

Ce concept, qui cherche à décrire la somme des bénéfices objectifs et symboliques à être perçu comme « blanc », a fait une entrée fracassante dans le débat public français avec les mobilisations de ces derniers jours. Forgé à la fin des années 1980 par la chercheuse et militante féministe Peggy McIntosh, qui a souligné le parallèle existant entre le « privilège » d’être un homme et le « privilège » d’être « blanc » dans une société marquée par le sexisme et le racisme systémique, il est utilisé couramment dans les sciences sociales. Mais en France, l’expression n’avait guère dépassé, ces dernières années, les cercles militants et la sphère universitaire.

Accusée d’être une importation américaine, la notion heurte de plein fouet l’« universalisme républicain » français, qui refuse, par principe, de faire des distinctions en fonction de l’origine ou de la couleur de peau. Ces derniers jours, notamment après la publication de la lettre de Virginie Despentes évoquant son expérience du « privilège blanc », la gauche a étalé ses divisions sur le sujet.

La secrétaire à la coordination du Parti socialiste, Corinne Narassiguin, y a vu notamment un concept dangereux qui fait « le jeu de l’identitarisme », expliquait-elle dans une tribune au Monde, alors qu’un élu du PS pour les Français de Grande-Bretagne, Samy Ahmar, lui répondait dans Libération que le « privilège blanc » était utile pour décrire « une réalité vécue : l’expérience d’un Blanc en France n’est pas l’expérience d’une personne racisée ».

À 19 ans, Riyad semble hésiter encore. « Le privilège blanc, c’est moins manifeste en France qu’aux États-Unis. Ça vient des lois de ségrégation raciale [abolies seulement dans les années 1960 – ndlr]. Je crois que je préfère parler de discriminations. » Venu d’Eaubonne (Val-d’Oise), Riyad suit un DUT de gestion des entreprises et travaille en alternance, tandis que son copain Antoine, à ses côtés place de la République, a été licencié « à cause du Covid ».

« J’ai pas envie de dire qu’Antoine est privilégié, précise Riyad. Il a certaines facilités, mais un privilège… En fait, ce terme, je préfère l’employer pour parler des policiers : on a l’impression que certains sont sans foi ni loi, il y a une impunité planante. Moi qui suis algérien, je trouve que les forces de l’ordre, ici, c’est comme les militaires en Algérie : ils ont des “laissez-passer” pour tout. »

Pour comprendre, « il suffit de demander à un Blanc s’il a envie d’être traité comme un Noir », insiste Anna*, 35 ans, consultante en marketing et convaincue de la pertinence comme de l’efficacité du concept. « C’est une excellente chose qu’il arrive en France, où la thématique de l’ethnicité est taboue, où les statistiques sont interdites, où l’on ne sait pas mesurer ce problème. Le “privilège blanc”, ça permet d’enlever les œillères, de voir enfin les couleurs. » Parce qu’Anna n’en peut plus d’entendre les « universalistes » affirmer qu’il ne faudrait pas voir de couleurs : « Y a qu’une personne blanche pour prononcer une phrase pareille ! »

« À nous, le mot parle. Aux États-Unis, ils ont les mots pour ce que nous vivons tous les jours, glisse son amie Hatoumata, 47 ans. Il ne faut pas le recevoir comme une injure ou quelque chose de honteux. Si t’es gêné, c’est qu’il y a quelque chose à faire bouger. Mais je comprends que ce soit difficile de se penser comme participant au système… »

Cette « combattante », qui travaille « dans l’insertion », choisit ses mots avec soin, insiste par exemple sur la différence entre « racisme systématique » (« celui du quotidien, les questions du genre : “Tu bronzes, toi ?” ») et le « racisme systémique » (« celui induit par les institutions, l’économie, l’éducation, les manuels scolaires… »). L’ennemi profond, c’est le second. Alors, « bien sûr, des gens s’opposeront à la notion parce qu’ils ne veulent pas bouger leur curseur. Mais le fait que toutes les couleurs soient sur la place de la République montre bien que des personnes blanches comprennent ».

Alexandre, 26 ans, est de celles-là. « Si des personnes non blanches estiment qu’il y a un “privilège blanc”, c’est qu’elles ont raison. On est mal placés pour juger, on n’a pas de lisibilité sur ce qui peut arriver aux autres… Des gens se braquent ? On est obligés de passer par là pour réveiller les consciences. De toute façon, il y a même des gens pour se sentir attaqués par le slogan “Black Lives Matter” [les vies noires comptent – ndlr] ! »

« Si j’étais privilégié, je n’aimerais pas qu’on me le dise »

Engagée dans un syndicat étudiant de gauche, Judith, 24 ans, reconnaît volontiers qu’« en contexte militant, on fait attention au terme de “privilège”, que ce soit pour parler de classe ou de couleur. Mais il [lui] semble, personnellement, que le mot n’est pas à jeter, parce qu’il permet de dire clairement la différence de traitement. On a plus intérêt à s’en emparer, à travailler cette notion, plutôt qu’à la rejeter à cause de polémiques sémantiques ».

Croisé à la manifestation dans un T-shirt de sport bleu-blanc-rouge, floqué du mot « France », le sénateur communiste Fabien Gay (Seine-Saint-Denis) réfléchit encore. « C’est compliqué, confie-t-il. Je suis ouvert, et je ne veux pas paraître à reculons : le racisme, il existe. Dans l’accès au logement, à l’emploi, à la culture… Et oui, les violences policières touchent plus les quartiers populaires, et davantage ceux qui sont perçus comme noirs ou arabes. Mais je n’utilise pas l’expression “privilège blanc”. » Pour quelles raisons ? « Certains diront parce que je suis blanc, rigole l’élu, un peu pour évacuer. Je suis prêt, en tout cas, à avoir ce débat. »

« Je comprends que l’expression crispe, car quand on a des privilèges, on préfère se dire que tout le monde a les mêmes droits », affirme Romain, 24 ans, qui se définit comme « afro-descendant ». À ses côtés, Samuel, 23 ans, renchérit : « Si j’étais privilégié, je n’aimerais pas qu’on me le dise. J’aurais peur de [le] perdre [ce privilège], qu’on essaie de me l’enlever. »

Pour eux, la réticence à utiliser un terme qui, pour certains, enferme dans la notion piégée de « race » cache une grande hypocrisie. « Dans un monde idéal, il n’y pas de couleurs, mais ce n’est pas la réalité. Ce n’est pas ce qu’on vit nous, affirme Romain. Partout, on me demande d’où je viens ! Et quand je dis que je viens de Marne-la-Vallée, on me répond : “Non mais en vrai, tu viens d’où ?” C’est ça que je vis tous les jours. Un Blanc ne vit pas ça. »

Romain, Gédéon et Samuel, samedi 13 juin. © LD
Romain, Gédéon et Samuel, samedi 13 juin. © LD

 

Les déclarations alarmistes d’Emmanuel Macron sur l’« l’ethnicisation de la question sociale », encouragée, selon lui, par une partie du monde universitaire qui utilise depuis des décennies le concept de « privilège blanc », leur paraissent tomber complètement à côté. « C’est bizarre, on parle toujours de communautarisme pour les Noirs, les Arabes, mais pas du communautarisme blanc », s’agace Romain.

Secrétaire nationale adjointe d’EELV, Sandra Regol, justement, « aime bien en parler ». « Les Pinçon-Charlot l’ont démontré : en France, le milieu qui se mélange le moins (mariages, écoles, vacances, etc.), c’est la part la plus aisée de la société, très majoritairement blanche. » Mais son parti utilise-t-il l’expression « privilège blanc » ? « Pas spécialement. »

L’écologiste relève que « c’est violent pour certains, parmi les catégories les plus pauvres de la population, de se voir attacher ce terme de “privilégiés” » : « Je comprends que ça puisse énerver. Mais si l’expression gêne tant, c’est qu’elle tape où ça fait mal, sur un déni. Comme l’écriture inclusive, s’agissant de la place des femmes. Il faut qu’on travaille sur l’Histoire en France… » Et de rappeler que c’est « un terme de chercheurs, comme le mot “racisé”. On n’est pas obligé d’être d’accord avec tous les travaux universitaires, mais c’est un constat scientifique, et l’un des outils pour penser l’oppression et la faire disparaître ».

« Le principal débat, réagit de son côté Léo Valadim, membre de la direction du NPA Jeunes et qui se réjouit de ces mobilisations, c’est de savoir si le racisme est une construction uniquement culturelle que les Blancs auraient à déconstruire. Le racisme, c’est surtout une oppression structurelle qui prend racine dans les fondements mêmes du capitalisme. » Pour ce militant, « l’enjeu central, c’est donc qu’il y ait des convergences dans les mobilisations, notamment avec les travailleuses de la santé la semaine prochaine, vu le recoupement entre les personnes qui subissent les violences policières et ceux qui ont le plus souffert ou combattu pendant l'épidémie. »

Iseult McNulty, elle, se tient à côté d’une petite pancarte où elle a inscrit : « Racisme systémique, brutalités policières, c’est ici aussi. » Cette étudiante, très engagée sur la question des discriminations, explique avoir créé une page de sensibilisation à la « whiteness » sur Facebook. Elle y parle de « blanchité » et s’est récemment penchée sur la question du « féminisme blanc », ou de la « blanchité chez les écologistes ». « C’est en anglais parce que je suis franco-irlandaise », prévient-elle.

Elle raconte avoir pris conscience de sa propre « blanchité » et de son « privilège blanc » lors d’une expérience humanitaire au Ghana. « Je me demandais à quel titre j’étais là, à faire de l’alphabétisation, alors que je n’avais aucune compétence particulière. Je n’étais pas éducatrice. C’était peut-être juste le fait d’être blanche qui me donnait cette place. » « Il y a une gêne en France parce qu’on a toute cette histoire avec la notion de race, qu’on a d’ailleurs supprimée de la Constitution. L’universalisme républicain est officiellement aveugle à la couleur mais, en fait, il est surtout aveugle au racisme systémique. En croyant dépasser la notion de “race”, qui est une construction sociale et pas un fait biologique, on aboutit à nier les discriminations raciales », insiste-t-elle.

La présence dans les manifestations de ces derniers jours sur les violences policières et le racisme d’une génération qui s’est emparée de ces concepts correspond à ce qu’elle observe depuis quelques années sur les réseaux sociaux. « Je vois beaucoup de jeunes intéressés par ces questions qui se forment grâce aux réseaux sociaux. Ils disent beaucoup de choses mais je me demande s’ils sont vraiment – même aujourd’hui – écoutés. »

 

 

 

Vite dit

06/06/2022 - Archarnement administratif, ca suffit !

« Comment peut-on croire qu'on sera plus heureux en faisant du mal à d'autres ? » (Hervé le Tellier – L'anomalie)

Ce mardi 7 juin 2022, Gideon est convoqué au tribunal judiciaire de Toulouse. Combien de juges a-t-il vu depuis le jour où il a été interpellé au commissariat de Pamiers ?

Au moins 7.

Le 3 mai, ce jeune gabonais de 18 ans, a été placé au centre de rétention de Cornebarrieu pour un vol prévu le 4 mai vers Libreville. Ce placement rendu possible par la loi (Article L 740-1 CESEDA) a été concrétisé par la préfecture de l'Ariège.

Il a refusé d'embarquer car toute sa famille vit en France de manière régulière. Il est scolarisé au lycée de Lavelanet et n'a plus du tout d'attache au Gabon.

Le 5 mai, le juge de la liberté et de la détention (JLD) décide de la prolongation de sa rétention (Article L742-3 CESEDA) permettant ainsi à l'administration d'organiser un nouvel 'éloignement'.

C'est le 27 mai qu'aura lieu cet 'éloignement' mais cette fois avec des techniques coercitives musclées (GTPI). Monté de force dans l'avion, Gidéon sera ligoté et molesté jusqu'au moment où le commandant de bord exigera son débarquement.

Mais s'opposer à son expulsion est un délit. Gidéon passera le soir même devant le procureur en CRPC (Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité) et sera puni d'une peine de prison de 3 mois avec sursis et 5 ans de mise à l'épreuve.

A 100 km de Toulouse, la préfète de l'Ariège reste inflexible : Gidéon doit rester enfermé pour être expulsé.

Le 2 juin, la juge JLD rendra un avis légèrement plus conciliant en lui permettant de rejoindre famille mais en l'obligeant à signer tous les jours au commissariat.

La préfecture de l'Ariège n'a pas apprécié cette décision. Elle a fait appel et l'audience aura lieu ce mardi 7 juin à 9h45 au palais de justice de Toulouse.

Si vous venez à cette audience, vous ne verrez pas le ou la signataire de cet appel. Il ou elle se fera représenter par un ou une porte-parole bien obéissant.e.

On sait qu'un nouveau vol a été demandé par la préfecture et si Gidéon le refuse, il risque cette fois 3 ans d’emprisonnement et une interdiction du territoire de 10 ans.

Depuis ses 18 ans, Gidéon vit sous la menace d'une arrestation, d'une expulsion !

Ce 6 juin, c'est son anniversaire. Il a 19 ans.

 

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

Archive

Powered by mod LCA