En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés.

cdv logo  

Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

logo EGM Toulouse

Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Reporterre le quotidien de l'écologie - Manon Deniau - 19/6/2020

Au printemps 2018, dans un village de 600 habitants, une association bretonne a ouvert l’école alternative des Monts d’Arrée. Gérée par des bénévoles, elle a accueilli sa deuxième promotion de quinze personnes migrantes en septembre 2019. Elles y apprennent le français, le breton, les sciences... et en profitent pour se reconstruire.

  • Cloître-Saint-Thégonnec (Finistère), reportage

La bâtisse aux murs crème ressemble à n’importe quelle autre dans cette rue principale du Cloître-Saint-Thégonnec, commune finistérienne de 600 habitants perchée dans les Monts d’Arrée. À gauche de l’entrée, un banc construit en palettes a été installé. Des broderies bretonnes font office de rideaux et des affiches pour des cours de couture et des fest-noz ont été placardées par les organisations locales sur la porte blanche à la vitre opaque. Contrairement aux apparences, cette maison des associations ne sert pas uniquement aux collectifs du coin. Elle est devenue en mai 2018 l’école alternative des Monts d’Arrée, un lieu d’enseignement pour les personnes réfugiées, trois jours et demi par semaine.

En ce milieu de matinée du mercredi 11 décembre 2019, l’ambiance est studieuse dans la plus petite salle du rez-de-chaussée. Brigitte Maltet, l’une des trente professeurs bénévoles, fait noter une dictée à Ahnaf et Mehmet [1]. Les deux hommes froncent les sourcils et écrivent les sons qu’ils reconnaissent. « Le chat et le chien ? », interroge Ahnaf qui souffle ensuite dans la langue de Shakespeare : « L’anglais, ça va, mais le français, c’est plus dur… » Ce Bangladais de 16 ans comprend pourtant les questions qui lui sont posées, mais le traducteur automatique demeure nécessaire pour communiquer avec l’enseignante et son camarade de classe turc qui, lui, a plus de mal. Ahnaf est le petit dernier arrivé en novembre 2019 dans cet endroit pas comme les autres. 33 adultes et 24 mineurs exilés, dont 67 % originaires de l’Afrique de l’Ouest, en ont franchi les portes depuis ses débuts.

Le lieu est géré par l’association cloîtrienne Les Utopistes en action. « Leur apprendre le français pour les scolariser si cela est possible est notre principal objectif », résume Sandrine Corre, la coordinatrice. L’initiation à la langue permet d’anticiper le test de français demandé par l’État pour l’obtention d’une carte de résident. Surtout, ce lieu permet d’offrir gratuitement un accompagnement complet à ces personnes exilées, qui va des cours en petit groupe à l’aide individualisée en passant par le logement.

Le mercredi après-midi, lors des cours de breton, réfugiés et habitants se retrouvent comme Jean-Jacques, retraité de 65 ans.

L’idée a émergé à l’hiver 2017. En novembre de cette année-là, une quinzaine d’habitants, dont Sandrine Corre, se sont rendus au Centre d’accueil et d’orientation de Lampaul-Guimiliau, situé à une trentaine de kilomètres. À l’époque, 63 adultes y étaient logés depuis deux mois. Ce groupe aidait déjà les personnes migrantes depuis deux ans en mettant en place des collectes de vêtements mais il a pris tout à coup conscience « de l’accueil déplorable, [ils étaient] empaquetés dans des hôtels Formule 1 ».

« Certains mettent trois semaines ou un mois à pouvoir s’endormir tellement ils sont dans un état de stress épouvantable »

Des liens se sont tissés entre une quinzaine d’hommes d’origine guinéenne et ivoirienne et les locaux, des amitiés sont nées et le projet a germé. Ces migrants deviennent la première promotion de l’école en septembre 2018. En plus du français, ils y ont suivi des cours de sciences de la vie et de la terre, de mathématiques ainsi que de langue bretonne : « C’était une volonté de leur part. Dans leurs pays, ils parlent tous plusieurs langues. C’est une marque de respect envers les habitants qui les accueillent de savoir dire "Demat" ou "Mont a ra ?" ["Bonjour" ou "Comment ça va ?"] car ici, dans les Monts d’Arrée, on parle encore la langue au quotidien. » En outre, le collectif réalise le jeudi après-midi et le vendredi des activités manuelles : arts plastiques, menuiserie, chant, atelier d’écriture, musique…

Ben, grand sourire et dreadlocks relevées en queue de cheval, a fait partie de la première promotion. Aujourd’hui, cet Ivoirien de 23 ans a trouvé un travail qui lui plaît dans le « montage de chaudières ». « C’est un peu rigolo », lance-t-il, assis à l’avant de la voiture de Sandrine puisqu’il se fait conduire ce matin-là chez le dentiste. Son séjour à l’école alternative lui a permis de « comprendre plein de choses, même si je n’arrive pas encore à tout saisir de l’administration française ». Il lui reste encore des problèmes à régler concernant Pôle Emploi, la Sécurité sociale et la Caisse d’allocations familiales… Mais Ben a enfin réussi à obtenir le précieux sésame : un titre de séjour de dix ans ! Ce qui est loin d’être le cas pour tout le monde. « Il faut comprendre que certains, arrivés en octobre 2017, ne savent toujours pas où leur dossier en est », tonne Sandrine Corre, 46 ans, qui s’est toujours dévouée aux autres.

En plus des cours, les réfugiés pratiquent des activités manuelles telles que la menuiserie.

Après avoir offert le gîte et le couvert à des femmes battues et à des jeunes toxicomanes, Sandrine héberge actuellement trois migrants, dont Ben qui fut le premier. Avec lui, elle a plongé dans le quotidien d’un demandeur d’asile en France. « C’est clair que quand tu ne vis pas avec eux, tu ne te rends pas compte de la violence que c’est d’être ici, raconte-t-elle autour d’un café. Ben est parti pour une raison X de son pays mais il n’a pas choisi d’être là. » Le jeune adulte a dû fuir son pays natal pour la Libye en marchant sans eau dans le désert. Ses compagnons sont morts de déshydratation. « On parle des morts dans la Méditerranée mais on en trouve également dans le sable », compare Sandrine.

Arrivé sur place, Ben a subi comme les autres le mauvais traitement des passeurs qui l’ont envoyé de force en Italie. « Là-bas, il a connu le racisme, des agressions sexuelles, des propositions de prostitution contre un logement », dit Sandrine. Ben est arrivé en France en septembre 2017 et tout cela, il a dû l’écrire dans un récit de vie, le répéter encore et encore pour demander l’asile auprès de l’Office français pour les réfugiés et les apatrides (Ofpra) à Paris. « Après l’entretien, on ne pouvait plus parler… », se souvient Sandrine.

L’objectif est aussi d’intégrer les personnes migrantes dans la vie du bourg

Beaucoup de migrants développent à leur arrivée, à cause de leur parcours de vie, un syndrome de stress post-traumatique qui se caractérise par des « hallucinations, des cauchemars ». « Certains mettent trois semaines ou un mois à pouvoir s’endormir tellement ils sont dans un état de stress épouvantable », témoigne Sandrine Corre. L’association qui gère l’école loue donc une maison, dans la campagne calme et vallonnée finistérienne, où entre six et huit personnes vivent en autonomie : « Mais il existe des règles et un contrat est signé entre eux et nous. » Souvent, c’est là-bas que la coprésidente passe ses soirées « devant la cheminée ou lors d’une partie de sport » à répondre à leurs questions. Dans ces moments de détente, les langues se délient. « J’essaie de mettre en place un état d’esprit familial, dit celle que tout le monde ici surnomme Tata. Je me faisais appeler ainsi bien avant, mais la tata africaine est celle qui est toujours là pour s’occuper d’eux. Pour eux, ça résonne tout de suite. »

Cette fresque a été réalisée en juin 2019 pour montrer le soutien de la population du Cloître-Saint-Thégonnec envers les réfugiés.

En une heure de discussion, elle aura décroché son téléphone trois fois, à chaque fois à propos de l’école alternative des Monts d’Arrée. « Ici, on se trouve tout le temps dans l’urgence », s’excuse-t-elle. Tout est fait avec des bouts de ficelle. Sandrine Corre estime à plus de 1.000 euros par mois les frais de fonctionnement : 800 de nourriture, 400 de logistique, 150 en fournitures en plus du loyer de la maison. La communauté de communes de Morlaix a apporté 8.500 euros pour une année. Le reste provient de dons et de la bonne volonté des habitants du territoire. Par exemple, Jean-Jacques, retraité de 65 ans nouvellement installé, vient apprendre ici le breton une heure le mercredi après-midi, en soutien, alors qu’il prend déjà des cours ailleurs : « Ma cotisation va à l’association. »

Cette démarche s’inscrit dans celle, plus générale, d’intégrer les personnes migrantes dans la vie du bourg. « Tous les matins, l’un d’entre eux va acheter des baguettes à l’épicerie, le seul commerce du Cloître-Saint-Thégonnec », ajoute Sandrine Corre. Les cours de football en salle sont ouverts à tout le monde le mercredi soir et le groupe a ses petites habitudes dans un café associatif du bourg à côté où ils se rendent le week-end à vélo.

La mairie n’a jamais été réticente au projet, et dès le départ, elle a même mis gratuitement à disposition la Maison des associations. Peint noir sur blanc dans le village depuis juin 2019, on lit : « En accord avec la mairie et Les Utopistes en action, Sébastien alias SKP, membre de Dispac’h [un collectif bretonnant anticapitaliste, féministe et écologiste] a réalisé une fresque à l’occasion d’un fest-noz en soutien à l’école alternative », dit Luz Chauveau, l’un des deux professeurs de breton qui vient deux fois par mois, lui-même membre. [2]

En face des rideaux brodés et du banc en bois, sur un pan de mur blanc est dessinée une main de couleur noire qui en serre une autre, blanche, dans un rond rouge. Au-dessus est suspendu un gwenn ha du breton, un drapeau du Trégor, le territoire des Monts d’Arrée, ainsi qu’un triskell, un symbole breton. En-dessous, on peut lire en breton, etre ar pobloù. Entre les peuples.

 

 

Vite dit

06/06/2022 - Archarnement administratif, ca suffit !

« Comment peut-on croire qu'on sera plus heureux en faisant du mal à d'autres ? » (Hervé le Tellier – L'anomalie)

Ce mardi 7 juin 2022, Gideon est convoqué au tribunal judiciaire de Toulouse. Combien de juges a-t-il vu depuis le jour où il a été interpellé au commissariat de Pamiers ?

Au moins 7.

Le 3 mai, ce jeune gabonais de 18 ans, a été placé au centre de rétention de Cornebarrieu pour un vol prévu le 4 mai vers Libreville. Ce placement rendu possible par la loi (Article L 740-1 CESEDA) a été concrétisé par la préfecture de l'Ariège.

Il a refusé d'embarquer car toute sa famille vit en France de manière régulière. Il est scolarisé au lycée de Lavelanet et n'a plus du tout d'attache au Gabon.

Le 5 mai, le juge de la liberté et de la détention (JLD) décide de la prolongation de sa rétention (Article L742-3 CESEDA) permettant ainsi à l'administration d'organiser un nouvel 'éloignement'.

C'est le 27 mai qu'aura lieu cet 'éloignement' mais cette fois avec des techniques coercitives musclées (GTPI). Monté de force dans l'avion, Gidéon sera ligoté et molesté jusqu'au moment où le commandant de bord exigera son débarquement.

Mais s'opposer à son expulsion est un délit. Gidéon passera le soir même devant le procureur en CRPC (Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité) et sera puni d'une peine de prison de 3 mois avec sursis et 5 ans de mise à l'épreuve.

A 100 km de Toulouse, la préfète de l'Ariège reste inflexible : Gidéon doit rester enfermé pour être expulsé.

Le 2 juin, la juge JLD rendra un avis légèrement plus conciliant en lui permettant de rejoindre famille mais en l'obligeant à signer tous les jours au commissariat.

La préfecture de l'Ariège n'a pas apprécié cette décision. Elle a fait appel et l'audience aura lieu ce mardi 7 juin à 9h45 au palais de justice de Toulouse.

Si vous venez à cette audience, vous ne verrez pas le ou la signataire de cet appel. Il ou elle se fera représenter par un ou une porte-parole bien obéissant.e.

On sait qu'un nouveau vol a été demandé par la préfecture et si Gidéon le refuse, il risque cette fois 3 ans d’emprisonnement et une interdiction du territoire de 10 ans.

Depuis ses 18 ans, Gidéon vit sous la menace d'une arrestation, d'une expulsion !

Ce 6 juin, c'est son anniversaire. Il a 19 ans.

 

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

Archive

Powered by mod LCA