En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés.

cdv logo  

Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

logo EGM Toulouse

Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Basta - Franck Dépretz - 25/6/2020

En Alsace-Moselle, le droit local oblige la commune à mettre à l’abri « toute personne dénuée de ressources ». À Metz, cela n’a pas empêché des milliers de personnes de vivre dans un camp de fortune. Si l’indifférence ou le déni priment chez plusieurs candidats à la mairie, d’autres pourraient mettre en oeuvre une vraie politique locale d’hébergement pour toutes et tous. Reportage.

Depuis quatre mois, Pol-Olivier héberge une famille d’origine albanaise, une mère, Adana [1], ses trois filles, adolescentes et à peine adultes et leur petit frère. Les quatre femmes ont subi les violences du père et mari. Cela faisait deux ans que la petite famille vivotait à Metz. « Adana et ses enfants se partageaient une minuscule chambre d’hôtel à cinq, sans télé, sans rien à faire, ils tuaient l’ennui toute la journée, nous explique Pol-Olivier dans un bar. Dès qu’elles ont appris qu’un gymnase était occupé par le Collectif mosellan de lutte contre la misère, elles y sont allées. »

Les reconduites à la frontière ont doublé

Une quinzaine d’occupations de lieux publics en tout genre – Maison de l’étudiant, camping municipal, mais surtout gymnases – impulsées par des citoyens, souvent à l’initiative du Collectif mosellan de lutte contre la misère, ont permis à des centaines d’enfants, de femmes et d’hommes de ne pas dormir dehors et d’être relogés par les services de la préfecture depuis novembre 2017. Avant, nombre d’entre-eux survivaient dans un bidonville, désormais démantelé, qui s’étendait sur un parking face à un incinérateur de déchets ménagers. Jusqu’à 1200 personnes ont ainsi « vécu » à Metz, sous des tentes, dans ce qui fut l’un des plus importants camp d’exilés du pays. Depuis sa fermeture, les exilés continuent d’affluer. Et d’échouer à la rue.

exites et sans abri 2

Le camp Blida à Metz, avant son dernier démantèlement en novembre 2017. © France Timmermans

exies et sans abri 3
© France Timmermans

À Metz, la politique migratoire du gouvernement s’est fait ressentir avant même la loi asile et immigration de 2018. Les mesures d’éloignements prononcées tout comme les reconduites à la frontières effectives ont plus que doublé depuis quatre ans. Plus de 1500 personnes ont été enfermées au centre de rétention administrative (CRA) de Metz-Queuleu rien qu’en 2018. Metz-Queuleu est le premier CRA de France en termes d’enfermement des enfants [2].

Des enfants, bébés, femmes enceintes sortis de la rue grâce aux occupations de gymnases

Gilet jaune « depuis le premier acte », permanent syndical et de toutes les luttes sociales, Pol-Olivier se rendait de temps en temps dans l’un de ces gymnases, pour apporter un peu de nourriture et de chaleur humaine à la cinquantaine de personnes, dont dix enfants, deux bébés et une femme enceinte, qui y vivaient. Cet ancien ouvrier communal prend la décision d’héberger Adana et ses enfants chez lui un mardi soir d’octobre 2019. Le lendemain, à la première heure, la police aux frontières débarquait au gymnase pour un contrôle. « La mère et la fille plus grande font l’objet d’une obligation de quitter le territoire français [OQTF] depuis un an… Si elles repartent en Albanie, elles sont en danger », confie Pol-Olivier.

exiles et sans abri 4

Dernière réouverture du camp Blida, avril 2017.
© France Timmermans

Que pensent les candidats à la mairie de Metz de cette situation en particulier et de celles des centaines de personnes réfugiés dans un grand dénuement sur le territoire de la commune ? Lors d’une réunion de quartier, Pol-Olivier a interpellé le candidat LR et sénateur de Moselle, François Grosdidier – et désormais qualifié pour le second tour avec 30 % des voix [3] – sur « la misère humaine », ces centaines de personnes qui dorment dehors, par tous les temps. « Dans une ville qui compte 8500 logements vacants, peut-on ouvrir des logements sociaux pour qu’il n’y ait plus personne à la rue ? » demande le citoyen.

exiles et sans abri 5

François Grosdidier, candidat Les Républicains. © France Timmermans

« Il faut éviter le manichéisme excessif. Voilà la réponse de François Grosdidier. Il y a des gens qui sont à la rue parce qu’ils veulent y être. Et même par grand froid, on voudrait vraiment les placer dans des foyers, ils le refusent. On ne peut pas les obliger. »

Les maires d’Alsace-Moselle obligés de mettre l’abri « toute personne dénuée de ressources »

Sur le cas des exilé, François Grosdidier répond par une question : « Mais quel est le statut de chacun ? Si ce sont des demandeurs [d’asile], on doit leur assurer des conditions dignes le temps de la demande. C’est clair, net, précis. » En revanche, c’est moins clair pour les personnes « déboutées », qui ont vu leur demande d’asile refusée. « Ils continuent de vivre sur le territoire alors qu’ils sont censés ne plus y être », dit le candidat. Mais puisqu’ils y sont, que compte-t-il en faire ? « L’accueil des migrants n’incombe pas à la ville », esquive-t-il. C’est faux !

C’est bien aux services de la préfecture de proposer une solution d’hébergement d’urgence à « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale », comme la loi les y oblige [4]. Mais, ici, en Alsace-Moselle, l’État n’est pas le seul acteur à qui incombe ce devoir. « Toute personne dénuée de ressources et âgée de plus de seize ans doit recevoir de la commune dans laquelle elle se trouve un abri, l’entretien indispensable, les soins et prescriptions nécessaires en cas de maladie ainsi que des funérailles décentes », dit un texte de droit local – l’article L511-2 du Code de l’action sociale et des familles [5]. Le texte s’applique à toute personne, qu’importe sa nationalité ou son statut administratif.

Un logement sur huit vacant à Metz

Pol-Olivier repart vers sa cité ouvrière, tandis que nous poursuivons notre tournée des locaux de campagne [6], cette fois aux côtés des membres du Collectif mosellan de lutte contre la misère. Ils ont prévu un questionnaire adressé à chacun des dix candidats aux élections municipales de Metz (il n’en reste plus que trois, sous l’étiquette LR, Unis pour Metz (EELV, PS, PCF) et RN (extrême-droite). La question principale, aux yeux de ces militants pour l’hébergement « immédiat, continu et inconditionnel des personnes à la rue », est celle de la réquisition des logements vacants. L’agglomération en compte 11 700, la ville de Metz 8500 – soit un logement sur huit de son parc ! [7].

Les quartiers bourgeois, premiers concernés par la vacance

Candidat de droite sans parti, Emmanuel Lebeau (5 % au premier tour) ne répond pas mieux que son concurrent : « Les logement vacants sont soit en très mauvais état, soit ils se trouvent à Borny, à Bellecroix, au Sablon [des quartiers populaires et périphériques de Metz], ça va ajouter de la pauvreté à la pauvreté. » Ce n’est pas ce que dit l’Agence d’urbanisme de l’agglomération de Moselle, selon laquelle la vacance est à Metz « beaucoup plus élevés dans les quartiers centraux ».

exiles et sans papier 6

Emmanuel Lebeau, candidat de droite, face à Éric Graff, porte-parole du Collectif mosellan de lutte contre la misère. © France Timmermans

Mais la réquisition de logements vacants n’est pas au programme d’Emmanuel Lebeau. Celle des gymnases non plus – « car ils ne sont pas faits pour ça », dit-il. Si demain, des dizaines, des centaines de personnes se retrouvaient de nouveau à la rue, ce managing director dans un établissement financier au Luxembourg, diplômé d’expertise comptable, préfère ouvrir des anciennes casernes militaires « inoccupées ». Les casernes militaires ne sont pas vraiment faites « pour ça » non plus, lui fait-on remarquer. « Sauf qu’elles appartiennent à l’État », précise-t-il.

L’auteur de la loi qui privatise les HLM

Au local de campagne de Richard Lioger, candidat investi par La République En Marche (7 % au premier tour), à peine franchissons-nous le seuil qu’il défend son bilan national de député. « Vous savez que j’ai été rapporteur de la loi Elan [sur le logement] ? ». Richard Lioger a été adjoint à l’urbanisme de la mandature PS, de 2008 à 2017. Parmi les projets qu’il a soutenus, on trouve : un quartier « Cœur impérial » composé de logements coûtant 3500 à 5000 euros le mètre carré, deux grands centre commerciaux ouverts en 2014 et 2017, le futur Hôtel Starck quatre étoiles exploité par le groupe luxe Hilton, un centre des congrès, deux cinémas multiplexes…

«On ne peut pas obliger un propriétaire à louer... » « Si, si ! C’est dans la loi »

Richard Lioger entend « inciter » les propriétaires à « rénover, isoler, louer » les logements vacants dans son programme. Mais pas les réquisitionner pour être habités par des personnes privées du minimum vital ? « On ne peut pas obliger un propriétaire à louer... », répond-il. « Si ! si ! C’est dans la loi », lui assure Éric Graff, le porte-parole du Collectif mosellan de lutte contre la misère. En effet, les préfectures peuvent procéder à des réquisitions « des locaux à usage d’habitation vacants » pour « les personnes dépourvues de logement ou logées dans des conditions manifestement insuffisantes » [8].

exiles et sans papier 7

Richard Lioger, candidat La République En Marche, face à Éric Graff. © France Timmermans

« Bien sûr, accorde Richard Lioger. Mais après, quand on regarde dans le détail, je peux vous assurer que chacun des propriétaires a de bonnes raisons pour expliquer la vacance. Il y a des gens de condition modeste qui n’ont pas les moyens de réhabiliter leur logement, par exemple. » Il y a aussi des gens de condition modeste qui n’ont nulle part où dormir... « C’est un drame, c’est terrible, reconnaît le député En Marche. Je vois bien, il y a une dame qui est juste là en face... » « Annick [9] », précise Jean, membre du collectif, qui lui rend visite quotidiennement. « Je ne connais pas son nom, reprend le député-candidat. Mais assez régulièrement, ici, on lui donne quelque chose pour l’aider. Plusieurs fois, je lui ai demandé pourquoi elle ne va pas vers les solutions qui existent pour elle… » Richard Lioger met son manteau, prend ses clés, s’apprête à partir. « On n’est pas aussi inhumains que vous le dîtes », conclut-il.

Quelques dizaines de mètres plus loin, Annick fait la manche. Nous lui rapportons les propos de Richard Lioger. « Je voudrais bien vivre en foyer. Mais des foyers, à Metz, il y en a huit. Un seul est réservé aux femmes et aux enfants... », explique-t-elle.

« Il y a juste à aérer et à rallumer le chauffage »

« Je ne l’exclus pas, mais me pose la question : comment réquisitionner des logements vacants ? », s’interroge aussi Béatrice Agamenonne. Elle est l’ancienne référente En Marche, exclue du mouvement pour avoir maintenue sa candidature (6 % au premier tour) aux élections municipales alors qu’elle n’était pas investie par LREM. À la sortie du confinement, cette ingénieure en cheffe des ponts, eaux et forêts a fusionné sa liste avec celle de François Grosdidier.

exiles et sans papier 8

Béatrice Agamennone, ex-référente En Marche, au milieu de son équipe de campagne. © France Timmermans

Soutenue par la France Insoumise, la liste « Metz Commune libre » (2,3 % au premier tour) – dont fait partie Éric Graff – a de son côté déjà réfléchi à quels bâtiments pourraient être réquisitionnés. « Il y a des bâtiments municipaux inoccupés en parfait état dans la métropole, assure Fernand Beckrich, membre du NPA. Des instituteurs y logeaient jusqu’au début des années 2000. Moi-même j’habite dans un logement municipal qui a été entouré par quatre appartements vides pendant dix ans. »

 exiles et sans abri 9

Fernand Beckrich (à gauche), avec les membres de la liste Metz Commune libre (non qualifiée pour le second tour). © France Timmermans

Éric Graff nous rappelle comment se sont traduits, pour les exilés, les deux précédents mandats du maire sortant, le socialiste Dominique Gros. « Même avec un texte du droit local – unique en France – qui oblige le maire à mettre à l’abri les personnes à la rue, Dominique Gros persistait à décharger sa responsabilité sur l’État », dit le militant. En novembre 2015, d’énormes pierres avaient été installées sur une pelouse où les demandeurs d’asile échouaient, pour les empêcher d’y monter leurs tentes. Le maire a aussi déposé des requêtes au tribunal administratif de Strasbourg, en octobre 2019, pour obtenir l’évacuation du gymnase dans lequel des exilés s’étaient réfugiés.

Il y a aussi eu les déclarations publiques alarmantes : « Nous sommes envahis par des personnes sans droit ni titre ! », avait dit le maire lorsque 64 personnes occupaient un gymnase, en avril 2019, à propos de personnes pourtant munies d’attestations de demande d’asile délivrées par la préfecture ou de convocations pour l’enregistrement de leur demande [10]. Dominique Gros peut aussi s’afficher sous un autre jour. Comme lorsqu’il souhaitait ses vœux en janvier 2018 [11] : « Il nous faut sans doute trouver une approche responsable – et j’en prends ma part –, digne, où les grandes villes prennent en charge, en lien avec les associations, l’accueil des demandeurs d’asile. »

Pourquoi ne pas attaquer l’État en justice ?

Xavier Bouvet, conseiller au cabinet du maire pendant quatre ans, nous rejoint. Avec sa liste de gauche (qui réunit des candidats issu de différents partis, Générations, Place Publique, Europe écologie Les Verts, Parti communiste), il fait partie, avec 25 % des voix, des trois qualifiés pour le second tour des municipales, derrière François Grosdidier et devant le Rassemblement national. Xavier Bouvet reprend l’idée de Damien Carême, maire de Grande-Synthe entre 2001 et 2019, d’« expérimenter un revenu minimum social garanti », qui serait versé en monnaie locale (voir notre article sur la politique de Damien Carême à Grande-Synthe). « Nous devons encore en définir les conditions, le montant. »

exiles et sans papier 10

Éric Graff face à Xavier Bouvet, candidat de gauche. © France Timmermans

Ce communicant de 36 ans porte une autre grande mesure : créer un « village des solidarités » pour les personnes démunies. En gros, dit-il, « un site central où l’on pourrait concentrer l’ensemble des moyens d’hébergement, d’accompagnement, de point d’information... » Encore faut-il que l’État prenne en charge, ensuite, les personnes qui y auront été recueillies temporairement. « Car le but n’est pas qu’elles restent. Il ne faut pas que ce soit un tombeau des espérances, il faut que ce soit... un sas. »

Et pourquoi ne pas attaquer l’État en justice ? L’idée a surgi subitement dans la conversation. C’est Éric Graff qui l’a lancée. Xavier Bouvet semble pensif. « Effectivement, je n’avais jamais analysé ça. Il y a bien eu une pétition appelant à attaquer l’État français en justice pour "inaction face aux changements climatiques" [12]. S’il faut en passer par le droit, la justice, et la médiatisation qui va derrière pour faire bouger les choses, je ne l’exclus pas. »

Faudra-t-il en passer par là ? Dès la sortie du confinement, des personnes sans-abri se sont trouvées à nouveau sans toit dans le centre-ville de Metz. Des exilés sans autre moyen de se loger ont recommencé à installer des tentes aux abords de la ville. Un terrain vague boueux sert de bidonville à des personnes habitant en caravanes. « Pendant le confinement, j’ai fait le tour de la ville, je n’ai vu absolument personne dormir à la rue, note Jean, du Collectif mosellan de lutte contre la misère. Tout le monde avait pu être mis à l’abri. Comme quoi, quand il le veut, l’État sait faire son boulot. »

 

 

 

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

Archive

Powered by mod LCA