En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés.

cdv logo  

Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

logo EGM Toulouse

Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : rfi - Arnaud Jouve - 4/07/2020

La Guinée est le premier pays d’Afrique subsaharienne en termes d’immigration irrégulière en France. Un phénomène particulier et dramatique, qui risque d’avoir de lourdes conséquences pour la Guinée. Entretien et analyse avec Olivier Peyroux.

Le sociologue Olivier Peyroux, cofondateur de l’association Trajectoires, travaille depuis plusieurs années sur une étude, commandée par Caritas Maroc et Caritas France, pour comprendre les spécificités de la migration guinéenne.

RFI : Pourquoi cet intérêt particulier pour le phénomène migratoire guinéene ?

Olivier Peyroux : Quand on regarde les chiffres, cette migration guinéenne est surprenante. La Guinée est un pays d’Afrique de l’Ouest qui est relativement petit démographiquement avec une population approximative de 13 millions d’habitants. Lorsqu'on regarde les chiffres des trois dernières années pour les mineurs non accompagnés (MNA) guinéens, on observe que c’est la première nationalité en France dans les arrivées en provenance d’Afrique subsaharienne, tout confondu, Afrique de l’Ouest et de l’Est. Quand on regarde les chiffres de l’asile, on remarque qu’en France, en Belgique et en Espagne, les Guinéens sont la première nationalité pour les demandeurs d’asile d’Afrique subsaharienne depuis 2017. C’est d’autant plus surprenant que la Guinée n'a pas une diaspora développée dans ces pays, à la différence des diasporas malienne, sénégalaise ou ivoirienne beaucoup plus présentes, la diaspora étant en général un facteur important de migration.

Le deuxième point que l’on observe, c’est que certes il y a des difficultés politiques en Guinée, mais si on compare avec le Mali par exemple, qui est un pays au bord de la partition, on n’est pas dans cette gravité politique, ni en termes de conflit comme c’est le cas au Mali. Donc, on n’a pas de facteur explicatif à première vue qui explique cette arrivée importante de Guinéens, qu’ils soient mineurs en âge ou majeurs.

 Guinee la vente des terres finance la migration 2

Quel que soit le candidat pour lequel ils ont voté les Guinéens veulent le changement. Comme cet habitant du village de Djankanakoura qui critique l'immobilisme des précédents présidents. RFI/Laurent Correau

Depuis combien de temps ces arrivées guinéennes sont-elles significatives ?

Depuis 2016, c’est tout à fait significatif. En France, la cellule de répartition nationale de la protection judiciaire de la jeunesse qui est financée par l’Etat et dont la fonction est de répartir les MNA sur le territoire pour que ce ne soit pas un poids trop lourd pour les départements, est une source de référence sur les chiffres des mineurs non accompagnés (MNA). D’après cette cellule, les MNA guinéens représentaient en 2017, 29% de l’ensemble des MNA arrivés en France et 31% en 2018 et 2019. Donc on est sur une moyenne de 30%. C’est de loin la première nationalité de MNA pris en charge en France. En valeur absolue, 4 323 MNA Guinéens en 2017, 5 227 en 2018 et 5  47 en 2019. Si on totalise majeurs et mineurs guinéens en France, on est à peu près sur 11 000 personnes qui arrivent par an depuis 2017, ce qui est important pour cette migration.

Comment expliquez-vous ce phénomène migratoire guinéen alors que la Guinée se porte plutôt mieux économiquement que dans le passé ?

Si on observe économiquement, on voit que depuis 2016 la Guinée renoue avec une croissance soutenue de l’ordre de 6% chaque année, ce qui n’est pas le cas de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest. Mais politiquement, il y a une inquiétude pour l’avenir, comme en témoignent un certain nombre de manifestations récentes de l’opposition suite au référendum sur la Constitution qui permet au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat, considéré par l’opposition comme une atteinte à la démocratie guinéenne, avec le risque d’installation dans la durée d’un chef d’Etat comme la Guinée en a connu dans son histoire. De plus pour les Guinéens, il est pratiquement impossible d’avoir des visas pour migrer en Europe et donc la seule voie, qui est la plus empruntée, c’est celle de la migration irrégulière.

Pour comprendre, Il faut distinguer les questions structurelles des questions personnelles. En ce qui concerne les questions personnelles, dans les entretiens les raisons invoquées par les majeurs et les mineurs sont un peu différentes. Les mineurs pointent davantage les violences familiales et se disent victimes de mauvais traitements, par exemple quand il y a un décès et que la mère se retrouve sous la coupe de la première épouse du mari décédé. Les adultes invoquent davantage la raison politique. Il y a vraiment ce sentiment partagé de manque de perspectives. Tous pointent une corruption endémique, un népotisme, car c’est une société très clientéliste où il est très difficile sans relations d’obtenir un travail ou de faire des études. Le délabrement et la privatisation du système d’éducation est aussi invoqué par des jeunes qui n’ont accès à la mondialisation que par les images et qui ont l’impression que cette société actuelle, notamment avec le maintien au pouvoir du président actuel, ne leur offrira pas des perspectives dans un avenir proche, et cette absence de perspectives les poussent à migrer. Donc du point de vue structurel, il y a un mélange d’une société qui au niveau des services public semble ne plus avoir de système éducatif public fonctionnel, de système de santé public fonctionnel et avec une justice pointée comme privatisée, dans le sens où la corruption a créé une forme de privatisation de la justice. De plus, il a aussi des questions de conflits fonciers. Il y a des incertitudes au niveau du cadastre qui rendent très compliquées certaines successions. Et enfin comme tous les jeunes, il y a un désir d’aspiration, de faire partie de la mondialisation dont ils se sentent exclus s'ils restent en Guinée. C’est le sentiment profond qui ressort des entretiens.

Révolte de jeunes dans les rues de Conakry, le 21 novembre 2017.
Révolte de jeunes dans les rues de Conakry, le 21 novembre 2017. CELLOU BINANI / AFP

Combien coûte un voyage vers l’Europe pour ceux qui décident de migrer irrégulièrement ?

Dans le cadre de la migration irrégulière, la principale voie est la voie terrestre. Pour les garçons comme pour les hommes, c’est cette voie qui est empruntée et donc elle a un coût parce qu'une fois sortie de l’espace de la CEDEAO - par exemple une fois sortie de Gao (Mali) - cette migration ne peut se faire que par des passeurs qu’il faut rémunérer. Si on ne le fait pas, on ne peut pas dépasser certaines frontières : on risque d’être séquestré, kidnappé, parfois vendu, donc le coût est pratiquement obligatoire pour l’ensemble des personnes qui tentent l’aventure migratoire.

Les coûts varient entre 3 000, 4 000 euros, notamment s'il s'agit de personnes qui cherchent à passer les fameuses barrières de Ceuta et Melilla qui deviennent de plus en plus infranchissables, c’est-à-dire les deux enclaves espagnoles qui sont sur le continent Africain, situées au Maroc. En revanche, et c’est une voie qui se développe de plus en plus, si les personnes souhaitent rejoindre l’Espagne avec une embarcation, qui part notamment de Nador, plus que de Tanger, il faut rajouter entre 3 000 et 5 000 euros. Donc on arrive à des coûts de migration qui peuvent s’élever au minima du minima à 3 000, 4 000 euros jusqu’à 10 000 euros si ce n’est plus, car sur la route il peut y avoir des surprises, les personnes peuvent de faire dépouiller, kidnapper etc.

Comment le candidat à l’immigration peut–il trouver les fonds nécessaires pour financer son voyage ?

C’est un petit peu notre hypothèse de travail. Dans d’autres pays, en général c’est la diaspora qui se cotise et qui aide la personne à rejoindre l’Europe. Or, la diaspora guinéenne en Europe, peut-être à l’exception de la Belgique, reste très limitée en nombre et donc, comme on a pu le vérifier par des entretiens, une grande partie des jeunes n’ont pas des membres de leur famille et encore moins des « sponsors », installés à l’étranger qui les aideraient à financer leur voyage. Donc se pose la question : comment font-ils pour rassembler cette somme, sachant que la Guinée reste un pays où la richesse est très mal répartie, avec une grande partie de la population - 55% d’après la Banque Mondiale - sous le seuil de pauvreté ?

Il est donc difficile de comprendre comment les personnes sont en capacité de rassembler cet argent. On s'est aperçus qu’il y avait des systèmes d’héritage. C’est souvent au moment d’un décès que les jeunes prennent la route parce qu’ils ont les moyens d’emprunter aux autres membres de la famille lors du décès et du partage des richesses de la personne défunte. Mais, en cours de route, des frais supplémentaires qu’ils n’avaient pas prévus viennent se rajouter et souvent, les Guinéens vont demander à leur famille d’emprunter de l’argent à des prêteurs. La spécificité guinéenne, c’est qu’on trouve davantage de prêteurs que dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest pour une raison qui est assez facile à comprendre au regard du développement actuel de la Guinée. Depuis 2016, les investissements étrangers sont très importants, notamment autour des mines, puisque la Guinée au niveau du sol et du sous-sols possède des richesses très importantes : un tiers des réserves mondiales de bauxite, des mines de zinc, de diamants, d’or et de nombreux autres minéraux. Ces ressources suscitent des convoitises et ont développé toutes sortes d’intermédiaires qui espèrent revendre un terrain et qui pratiquent différentes formes d’expropriations. On trouve beaucoup plus facilement en Guinée des personnes qui sont prêtes à financer cette migration en donnant un crédit. Le véritable piège, c’est que ce ne se sont pas des crédits réalisés par des usuriers classiques qui cherchent à récupérer un taux d’intérêts très élevé. L’objectif de ces crédits, c’est que les personnes ne soient pas en capacité de les rembourser pour que les prêteurs récupèrent la terre, parfois des troupeaux, mais surtout des terres puisque ce sont surtout ces terrains qui sont convoités. Car une fois que le terrain est récupéré, l’intermédiaire va pouvoir revendre parfois dix fois le prix à des compagnies ou à d’autres entreprises surtout étrangères.

Au port de Katougouma, la bauxite, le minerai rouge, est exploitée par l'entreprise guinéo-chinoise, la SMB, la société minière de Boké et exportée direction la Chine par bateaux.
Au port de Katougouma, la bauxite, le minerai rouge, est exploitée par l'entreprise guinéo-chinoise, la SMB, la société minière de Boké et exportée direction la Chine par bateaux. RFI/Coralie Pierret

On imagine souvent que les migrants viennent des populations les plus pauvres et les plus désespérées mais là vous nous parlez de populations qui ont des dispositions financières. La migration guinéenne est-elle constituée principalement de populations qui disposent d’un capital ?

Ce ne sont jamais les populations les plus pauvres qui migrent. Cela demande des ressources aussi bien en capital qu’en termes d’adaptation qui ne sont pas à la portée des populations les plus pauvres. Les populations qui sont relativement pauvres, sans être les plus pauvres, vont migrer dans les pays limitrophes : 80% des migrations se font dans un pays voisin, très peu partent loin et encore moins vers l’Europe. On peut avoir des personnes provenant des campagnes et des villages, mais on reste sur des personnes qui seraient de la classe moyenne pauvre à la classe moyenne élevée. C'est plutôt ce spectre de population.

En termes de profil, il s'agit surtout d'une migration masculine de 15 à 30 ans. On retrouve dans les flux migratoires pratiquement toutes les origines ethniques du pays, mais ceux que l’on voit le moins actuellement dans la migration, ce sont les forestiers.

Quelles sont les principales routes utilisées pour parvenir en Europe ?

Jusqu’en 2016 - 2017, le voyage passait majoritairement par la Libye. Les personnes en général partaient de Guinée, à travers le Mali rejoignaient le Niger et remontaient sur la Libye avec tous les risques qu’on connaît pour rejoindre ensuite l’Italie à travers la Sicile sur des embarcations de fortune. Depuis 2017, la principale route passe toujours de Guinée au Mali mais pour rejoindre l’Algérie. Certains travaillent un moment en Algérie pour pouvoir financer le reste du voyage et ensuite partent vers le Maroc en passant par Oujda, puis cherchent à regagner l’Espagne, d’où elles iront majoritairement en France ou parfois en Allemagne ou en Belgique.

Migrants clandestins dans un centre de rétention à Zawiyah, à 45 km à l'ouest de Tripoli en Libye, le 17 juin 2017.
Migrants clandestins dans un centre de rétention à Zawiyah, à 45 km à l'ouest de Tripoli en Libye, le 17 juin 2017. Taha JAWASHI / AFP

Sur la réalité de la route, les migrants expliquent qu'à partir de Gao, ils sont obligés d'utiliser des passeurs avec ce qu’ils appellent des « taxis mafia », des taxis qui les conduisent d’un point à un autre, parfois de l’autre côté de la frontière et qui les amènent le plus souvent directement dans ce qu’ils appellent les « foyers », des appartements ou des maisons qui sont fermés et gardés. Là, ils exigent d'être payés et demandent en général à des personnes restées en Guinée d’envoyer par transfert la somme demandée. Une fois que les candidats à la migration ont payé, ils sont libérés et peuvent continuer la route. Ceux qui ne sont pas en capacité de payer sont torturés, souvent avec le téléphone allumé pour que leurs proches entendent, afin de les obliger à payer. C’est souvent à ce moment-là que les familles se décident à emprunter de l’argent aux intermédiaires qu’on a décrit et donc de s’endetter, avec un risque de non-remboursement et de perdre une partie de leur patrimoine. Et pour ceux qui n’ont pas de famille et qui ne sont pas en capacité de payer ou d’emprunter de l’argent, le risque est d’être vendu et exploité dans des formes très proche de l’esclavage parfois pendant plusieurs mois ou plusieurs années. C’est pour cette raison que cette route et très dangereuse et la façon de limiter le danger est d’avoir un capital. On observe aussi des personnes qui font du « step by step » (étape par étape) qui travaillent dans chaque pays pour financer leur passage aux frontières.

Les femmes empruntent-elle les mêmes trajets ?

La migration des femmes est moindre. Elles ne passent pas majoritairement par la route terrestre. La plupart des femmes prennent un vol soit au départ de Conakry (Guinée) ou au départ de Dakar (Sénégal) et atterrissent au Maroc à Casablanca, pour ensuite tenter de rejoindre l’Europe. La difficulté est que l’on perd totalement la trace des nombreuses jeunes femmes guinéenne que l’on voit au Maroc quand elles passent en Europe. Une des hypothèses est qu'un certain nombre de femmes rejoignent des maris et que leur venue correspond à une forme de regroupement familial. Les deux familles se mettent d’accord pour que les maris installés en France puissent faire venir leurs épouses directement de Guinée et c’est la famille du mari qui finance le voyage. Cela reste une hypothèse, qui n'est certainement pas la seule. Mais on a du mal à interviewer ces jeunes femmes parce qu’elles sont très peu présentes dans les structures de prise en charge, que ce soit pour une demande d’asile ou pour les MNA.

Sur cette image visible sur un mur à Rome, on peut lire «Migrants pour la vie».
Sur cette image visible sur un mur à Rome, on peut lire «Migrants pour la vie». REUTERS/Tony Gentile

Quelles sont les actions possibles pour endiguer le phénomène ?

Si on regarde les chiffres, on observe que le flux est constant. Donc, on voit bien que malgré toutes les formes de sécurisation des frontières, la réponse entièrement sécuritaire ne fonctionne pas avec cette migration. Ce qu’il faudrait surtout serait de diminuer les risques. En Europe de l’Ouest, on a énormément de secteurs économiques qui sont en pénurie de main d’œuvre, donc ce n’est pas véritablement une difficulté pour l’Europe d’absorber cette migration quel qu’en soit le motif. La vraie difficulté, c'est surtout la conséquence de cette migration irrégulière. C’est un risque d’appauvrissement des familles pour ceux qui se sont cotisés, qui ont emprunté de l’argent pour pouvoir permettre à un membre de leur famille de partir. Cela risque d’avoir des conséquences sociales en Guinée très importante. En général, la migration est plutôt un enrichissement car la diaspora reverse de l’argent aux familles. Mais dans le cas de la migration guinéenne, ce qui est inquiétant, c’est que cela peut aboutir à un appauvrissement puisque cela se traduit clairement par une perte importante de patrimoine.

 

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

Archive

Powered by mod LCA