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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Médiapart - Camille Polloni - 6/08/2020

Malik Allam, 28 ans, a exercé comme adjoint de sécurité pendant deux ans en Normandie. Il décrit un racisme omniprésent, qui a « gangréné » son quotidien professionnel jusqu’à sa démission. Aujourd’hui, il veut contribuer à « libérer la parole » dans l’institution policière.

Barbe fournie, tatouages, bagues et look de hipster : Malik Allam a abandonné l’uniforme depuis quatre ans. Cet ancien adjoint de sécurité, d’origine kabyle et martiniquaise, dit avoir affronté le langage raciste et les préjugés islamophobes de ses collègues lorsqu’il était dans la police. Dans un entretien vidéo à Mediapart, il raconte à visage découvert ce qu’il a vécu, lors de sa scolarité à l’école de police de Rouen-Oissel puis au commissariat d’Évreux (dans l’Eure). 

Des remarques répétées sur sa barbe, alors bien plus courte. Des propos racistes envers les citoyens, traités (dans leur dos) de « bâtards », « bicots », « bougnoules », « négros », « juifards ». Des surnoms attribués (devant lui) par d’autres policiers : « Oussama », « le terroriste », « S13 » (en référence aux « fichés S »). Des stickers du Front national sur les casiers, un stylo Marine Le Pen pour les contrôles. Et l’escalade qui aurait conduit l’un de ses collègues, un matin, à le mettre en joue avec son arme de service, sans que leur hiérarchie ne donne aucune suite.  

Sa démarche est réfléchie, mûrie, les mots pesés. Lorsqu’il retrace sa courte carrière dans la police, de 2014 à 2016, Malik Allam assure qu’il « n’éprouve aucune haine » envers ses ex-collègues, à qui il a « pardonné ». Il regrette juste le « gâchis ». « Si cela ne tenait qu’à moi, je serais encore dans l’institution. Mon objectif suprême était d’intégrer la brigade des mineurs. Je n’ai rien contre la police. C’est un métier nécessaire, louable, très difficile et perverti par les dérives racistes. » 

Aujourd’hui âgé de 28 ans, Malik Allam est devenu cadre dans une grande entreprise, en région parisienne. S’il porte un autre prénom à l’état civil, il a préféré être désigné, ici, sous son prénom d’usage. Il espère que son témoignage « aidera celles et ceux qui se trouvent dans une situation similaire » au sein des forces de sécurité et qui souffrent en silence.

Il s’inscrit dans la lignée d’Amar Benmohamed, le policier qui a dénoncé fin juillet – dans StreetPress – des maltraitances et des injures racistes au tribunal de Paris, ou de « Nicolas Garnier », qui témoignait sur Mediapart en 2018. Évoquant « les dépressions », « les suicides » et « les bons éléments qui quittent l’institution », Malik Allam estime qu’« il est temps d’agir ». Sa « main tendue » s’adresse aussi à « ceux qui assistent à tout cela » mais préfèrent se taire. 

Avant la publication de cet article, Mediapart a soumis les grandes lignes de son témoignage au Service d’information et de communication de la police nationale (Sicop), afin de permettre à ses anciens employeurs de répondre aux accusations portées. Par l’intermédiaire du Sicop, la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) de l’Eure ne s’est exprimée que sur un point : les « comportements inappropriés » reprochés à Malik Allam lorsqu’il était en poste à Évreux, même s’ils n’ont jamais conduit à des sanctions. Celui-ci n’en fait pas mystère, puisqu’il estime que ces reproches ont servi de prétexte à son « éviction »

En septembre 2014, Malik Allam intègre l’école de police de Rouen-Oissel, pour une formation de trois mois qui va faire de lui un « adjoint de sécurité » (ADS, l’échelon le plus bas dans la police). Dès les premiers jours de scolarité, il constate que sa barbe – alors courte et bien taillée (voir photo) – pose problème à certains formateurs. Malgré des tolérances, le port de la barbe et de tatouages apparents n’est formellement autorisé dans la police que depuis 2018.

policier raciste

 Malik Allam à l'école de police de Rouen-Oissel, en 2014. © DR
 

Pour garder la sienne, Malik Allam présente une exemption médicale de rasage, motivée par des problèmes dermatologiques et signée par son généraliste. « Le chef des formateurs m’a mis la pression pour que je me rase. Il n’hésitait pas à m’humilier devant les gens, en demandant pourquoi j’avais la barbe, si j’étais musulman. Il disait que mon certificat médical ne valait rien et que je devais voir le médecin de la police. » Celui-ci lui accorde une nouvelle exemption. 

D’après le service de communication de la police nationale, le litige s’arrête là. Une fois ce certificat médical obtenu, l’ADS effectue « une très bonne scolarité » et obtient « des résultats très satisfaisants », sans autre incident à signaler. 

La version de Malik Allam est très différente. « Le chef des formateurs m’a ordonné d’avoir constamment cette exemption sur moi, raconte-t-il. Dès que je le croisais dans l’école, au détour d’un bâtiment, ou bien lors des séances de tir et de gestes techniques qui se déroulaient sous son commandement, il me faisait des “contrôles d’attestation”, sous peine de “travaux généraux” : ramasser les feuilles mortes, passer le balai… Parfois, il me la demandait lors d’un exercice. J’étais le seul de l’école à être contrôlé. Je précise que lui aussi portait la barbe. » 

Malik Allam explique aussi avoir appris, à l’école, que certains élèves gardiens de la paix le surnommaient « l’islamiste », à cause de sa barbe, et s’en être plaint à son référent. « Il était dans le déni total et m’a dit qu’il ne pouvait rien faire. J’ai voulu aller jusqu’à la direction de l’école, mais il a refusé : de toute façon, je partais dans peu de temps. » 

Deux jours avant la fin de la scolarité, fin novembre 2014, le directeur de l’école annonce à tous les élèves que le sous-préfet assisterait à la cérémonie de sortie des ADS. « Il nous a passé le message d’être “tous nickel, tous rasés, même ceux qui ont une exemption”. Tout le monde m’a regardé, parce que j’étais le seul “barbu” de l’école. Ils m’ont forcé à me raser. » 

À sa sortie de l’école, Malik Allam est affecté au commissariat d’Évreux. Il a grandi dans l’un des quartiers populaires de cette ville moyenne et se réjouit d’y exercer. Son profil est alors considéré comme « un atout » pour intégrer une nouvelle brigade, le Groupe de sécurité de proximité (GSP). Au menu : lutte contre le trafic de stupéfiants et les délits routiers, avec une partie du travail en civil. « Le futur chef du GSP, un brigadier, est venu me voir. Il m’a dit “Tu veux venir chez nous ? Le poste, tu l’as.” Je me suis senti “voulu”, donc j’ai accepté. C’était une chance, les missions étaient attrayantes. »  

De ces quatre mois passés au GSP, où il est le seul agent d’origine maghrébine, Malik Allam garde le souvenir d’une période difficile. Il est alors âgé de 22 ans. « Très vite, au bureau et lors des rondes en voiture, j’ai entendu le mot “bâtard”, pour désigner tous les citoyens masculins de 15 à 30 ans issus d’une cité, quelle que soit leur couleur de peau. Les habitants plus âgés passent dans une autre catégorie : “bicots”, “bougnoules”, “négros”, “juifards”, “bamboulas”. » 

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Le témoignage vidéo de Malik Allam enregistré en juillet. © Image : Small Bang. Montage : Armel Baudet / Mediapart

 

« Il a dégainé son arme de service et l’a pointée sur mon visage » 

L’ancien adjoint de sécurité dépeint une brigade qui s’acharne sur les cités de la ville, pour « faire du chiffre » avec des infractions routières. Pour lui, une grande partie des PV étaient, sinon imaginaires, du moins distribués « selon l’humeur ». Il se souvient, en particulier, des contraventions pour « vitesse excessive eu égard aux circonstances », qui laissent une marge d’appréciation aux agents. 

C’est sur les personnes issues de l’immigration, explique-t-il, que ses collègues se concentrent.  « Un jour, on a contrôlé un Arabe d’une cinquantaine d’années qui allait au travail, mais n’avait plus d’assurance. Son véhicule a été immobilisé. Mon collègue m’a dit : “Comme ça ce bicot pourra pas nourrir ses gamins.” » Il décrit des fonctionnaires « sans grande intelligence », avec « un côté facho », mais surtout « en roue libre ». « Le racisme dans cette brigade est un secret de Polichinelle. La hiérarchie savait, mais n’agissait pas. » 

Malik estime que l’un des fonctionnaires, « un grand Blanc balaise que tout le monde appelait “Shérif” », était particulièrement « problématique »« ll disait : “On va contrôler ces putains de bicots” ou “Putain, les bougnoules, j’ai envie de me les faire”. Il avait déjà été condamné pour des violences. »  

Les insultes racistes trouvent, selon lui, un écho dans les actes. « Envers les Maghrébins et les Noirs, ils n’y allaient pas de main morte. Pour justifier les gestes employés dans les rapports, ils disaient “On est d’accord, ça s’est passé comme ça”. » Malik Allam insiste sur ce point : deux fonctionnaires de son ancien commissariat ont été révoqués pour avoir menti dans une procédure.  

Malik Allam dans les locaux de Mediapart, en juillet. © Mediapart
Malik Allam dans les locaux de Mediapart, en juillet. © Mediapart
 

Selon son témoignage, les policiers se livrent à un « petit jeu », le week-end : lorsqu’ils délivrent des convocations à la brigade des accidents et délits routiers (BADR) à des personnes issues de l’immigration, ils les font signer avec un stylo Marine Le Pen. Des stickers et des magnets du Front national décorent aussi les casiers de la brigade. Interrogée sur ce point, la DDSP de l’Eure n’a fait aucun commentaire.

Au départ, Malik Allam ne proteste pas. « Je suis déconcerté par ces mots, surtout que je suis dans ma ville, dans les rues où je gambadais quand j’étais gamin. S’ils m’avaient croisé dans la rue, ils m’auraient traité de quoi ?” » Mais après quelques semaines, il commence à faire remarquer à ses collègues qu’ils emploient des termes « inadéquats »

Les insultes se seraient alors retournées contre lui. « À partir de là, je n’étais plus le fonctionnaire Allam mais “le bicot”, “le bougnoule”, etc. Quand je rentrais dans le bureau, le Shérif disait “Chut, y a Oussama, y a un Taliban, taisez-vous”. C’était systématique. À un moment, il m’appelait “S13”. Ça faisait marrer tout le monde. » 

Quelques jours après les attentats de janvier 2015, alors que « le Shérif » lui inflige un de ces surnoms pour la énième fois, une altercation éclate au bureau. Les deux agents sont sur le point d’en venir aux mains. « J’ai réussi à lui prendre son Tonfa à la ceinture. Il n’a pas supporté que je le défie. Il a dégainé son arme de service, un Sig Sauer SP 2022 chargé et approvisionné, l’a pointée sur mon visage à 4 mètres de moi en me disant “T’es mort, bicot’”. » D’après son récit, le chef de brigade, qui entrait dans la pièce, a posé sa main sur l’avant-bras du fonctionnaire pour l’inviter à baisser son arme. Il aurait ensuite demandé à Malik de garder le silence sur cet épisode. 

Pour l’adjoint de sécurité, cette scène marque « une rupture », tant dans la confiance accordée à ses collègues que dans sa carrière. Deux mois plus tard, il est muté au commissariat de Val-de-Reuil. Si la DDSP de l’Eure n’a livré aucun commentaire sur les faits rapportés par Malik – ni les propos racistes, ni les comportements discriminatoires, ni l’épisode de l’arme de service – le service de communication de la police nationale détaille les raisons qui ont motivé sa mutation. 

« Trois rapports » signés par la hiérarchie de Malik évoquent des « comportements inappropriés », allant d’une « impulsivité déplacée » lors des contrôles à « une trop grande proximité » avec les personnes contrôlées dans les cités, avec qui il se serait montré très amical. L’un de ces rapports évoque même la « transmission d’informations confidentielles » à des personnes recherchée par la justice, ce qui peut constituer une infraction pénale. 

Sur ce point, Malik assure avoir simplement indiqué à une personne contrôlée comment entreprendre des démarches pour que sa « fiche J » (indiquant un mandat de recherches judiciaires), qui était périmée, soit retirée du Fichier des personnes recherchées. Et ce, afin d’éviter les fausses alertes lors des contrôles de police. 

Bien que Malik n’ait jamais fait l’objet de poursuites – ni pénales, ni disciplinaires – pour les manquements cités, le Sicop indique qu’ils lui ont valu « des remontrances » puis une convocation chez le directeur départemental de la sécurité publique, qui lui a signifié en personne sa mutation. 

À l’inverse, Malik interprète cette séquence comme « une éviction » bâtie sur une suite de « rumeurs » et de « mauvaises interprétations » colportées par des collègues à la suite de leurs différends. « Je tentais de faire mon travail de la façon la plus sérieuse possible. Je suis rentré dans cette institution pour aider les gens, les protéger, et j’ai eu le sentiment d’être fauché en plein vol par ceux qui m’ont qui m’ont fait les yeux doux pour être des leurs. Ma connaissance des quartiers, présentée comme un atout, s’est transformée en handicap. » 

En tout état de cause, Malik n’a plus connu d’ennuis après son départ d’Évreux. Mais il s’est progressivement éloigné de la police, optant d’abord pour un congé sans solde, puis pour une reconversion. Il a définitivement quitté l’institution en novembre 2016 et aimerait, aujourd’hui, que son message soit entendu. « Tous les fonctionnaires ne sont pas racistes, j’en suis la preuve. Mais l’institution cautionne les exactions de certains fonctionnaires, et il est temps que ça cesse. »  

 

 

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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