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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Médiapart - Kalidou Sy - 10/08/2020

En 1958, la Guinée est la première colonie française d’Afrique subsaharienne à proclamer son indépendance. Mais son choix est vécu comme un affront par Paris. Les services secrets français lancent des opérations de déstabilisation.

imanche 28 septembre 1958, jour de référendum en France et dans ses colonies d’Afrique subsaharienne. Les citoyens de ces territoires doivent dire s’ils approuvent ou pas une nouvelle Constitution qui prévoit la création d’une Communauté française, regroupant la France et son empire colonial africain, en remplacement de l’Union française. Toutes les colonies votent massivement « oui », excepté la Guinée, qui rejette le projet.

À l’annonce des résultats, peu après 22 heures, le journaliste Jacques Sallebert déclare à la télévision : « Pour l’Afrique noire, un seul territoire, la Guinée, a voté contre la Constitution et a choisi la sécession. » « Sécession », le choix du mot en dit long sur la perception qu’a la France de ce vote. Dans les semaines qui suivent, la France se retire brutalement du pays, rappelant ses fonctionnaires du jour au lendemain. 

« Il est vrai qu’il y a eu une volonté de saborder cette indépendance côté français », dit, à Mediapart, Odile Goerg, historienne, professeure à l’université Paris-Diderot. Mais il faut faire attention au mythe qui voudrait que les Français aient tout cassé et tout emporté avec eux. Il y a eu, en Guinée, des coopérants français, dont des enseignants, jusqu’en 1965, date de la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays », nuance-t-elle.

Pourquoi une telle animosité ? Pour comprendre, il faut revenir un mois en arrière. Le 25 août, Charles de Gaulle, président du Conseil, est sur le point d’achever une tournée africaine visant à vendre le « oui » au référendum et arrive en Guinée. Cette destination n’était pas prévue sur son itinéraire, elle a été ajoutée à la dernière minute par Bernard Cornut-Gentille, ministre de la France d’outre-mer. De Gaulle est attendu par Ahmed Sékou Touré, vice-président du Conseil de gouvernement guinéen. 

Son avion se pose à l’aéroport de Conakry aux alentours de 16 heures. Juste avant, il y a eu un premier couac : lors de la préparation de l’arrivée du dirigeant français et de son déplacement depuis l’aéroport jusque dans le centre-ville de Conakry, les Français ont prévu de placer la voiture de Sékou Touré en cinquième position, derrière les ministres guinéens, le haut-commissaire et le gouverneur français, alors que de Gaulle est en tête de cortège. Pour le leader guinéen, il est hors de question de se faire ainsi humilier. Il fait donc changer le protocole pour être dans la voiture de tête avec son homologue français…

Une caricature de 1958 d'Ahmed Sékou Touré triomphant du colonialisme. © AFP Une caricature de 1958 d'Ahmed Sékou Touré triomphant du colonialisme. © AFP
 

Il faut dire que « Sily », qui signifie « éléphant » en langue soussou, comme on le surnomme, n’est pas du genre à se laisser faire. Lorsqu’il n’était encore qu’un jeune syndicaliste, il a été indigné par la répression organisée par le pouvoir colonial contre un mouvement de protestation après des élections municipales jugées truquées, en 1945. Par la suite, il a participé à la création du Rassemblement démocratique africain (RDA), un parti couvrant huit colonies françaises d’Afrique subsaharienne. 

En 1952, il devient le secrétaire général du Parti démocratique de Guinée (PDG), principal parti politique guinéen. En 1957, il cumule les fonctions de député à l’Assemblée nationale française, maire de Conakry et vice-président du Conseil de gouvernement. C’est donc en homme fort de la Guinée qu’il accueille de Gaulle.

Lors du passage du convoi dans les rues de Conakry, on crie autant : « Vive de Gaulle ! » que : « Sily ! » ; les deux hommes saluent la foule, discutent, se montrent complices. Tout cela, sous un soleil radieux. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. En fin d’après-midi, les deux hommes arrivent à l’Assemblée nationale. Sékou Touré est vêtu d’une toque et d’un boubou blancs, il souhaite la bienvenue au Général et se lance dans un discours qui fera date.

Il laisse clairement entendre son intention de voter « non » au futur référendum. Devant son hôte médusé, il clame : « Nous ne renoncerons pas et nous ne renoncerons jamais à notre droit légitime et naturel à l’indépendance… Il n’y a pas de dignité sans liberté : nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage. »

Il lit son discours debout pendant que de Gaulle est assis. Sékou Touré se voit en porte-parole de l’Afrique face à l’oppresseur colonialiste. Le public guinéen exulte. « Il est certain qu’à Conakry la foule a été mise en condition. Sékou Touré a prononcé son discours sur un ton qui a exaspéré de Gaulle », commentera Jean Lacouture, biographe du général de Gaulle, quelques années plus tard.

Alors que, dans son allocution, Sékou Touré dit espérer la continuité de « l’association franco-africaine », de Gaulle considère l’ensemble de ses propos comme un réquisitoire contre la France. Il y voit un affront, voire une humiliation publique. Le discours de son hôte dure trente minutes. Trente minutes interminables pour la France, durant lesquelles se joue le futur des relations franco-guinéennes. 

Vexé, de Gaulle refuse que Sékou Touré prenne place, le lendemain, dans son avion en partance pour le Sénégal, contrairement à ce qui était initialement prévu. Le leader guinéen fait savoir en retour qu’il n’accompagnera pas le Général à l’aéroport. Le gouverneur français en Guinée négocie toute la nuit pour le faire changer d’avis. 

Le lendemain, le Général tend la main à Sékou Touré et lui lance : « Bonne chance pour la Guinée, monsieur le président. » La rupture entre les deux hommes est consommée. Il est évident pour tout le monde que les Guinéens voteront massivement contre le projet de Communauté française et que la Guinée deviendra, de ce fait, automatiquement indépendante. Pourtant, tout est tenté, côté africain, pour faire changer d’avis Sékou Touré, notamment par le biais de ses anciens camarades du RDA. En vain. 

Cinq jours avant le vote, Bernard Cornut-Gentille tente un ultime coup de pression dans un entretien au Monde : « Si la Guinée vote “non” le 28 septembre ainsi que M. Sékou Touré l’y a invitée, du moins aura-t-elle été parfaitement avertie des conséquences qu’aura son geste, quant à ses relations avec la métropole. Le général de Gaulle a dit sans équivoque qu’un territoire qui voudrait se séparer de la Communauté serait libre de le faire, mais, bien entendu, à ses risques et périls », menace-t-il.

Le 28 septembre, l’ambiance est plutôt calme en Guinée. Aucun incident n’est à déplorer, ni à Conakry ni en province. Le résultat est sans surprise : le « non » l’emporte à 95 %. La Guinée est le seul territoire à faire « sécession », alors qu’à Conakry on espérait que le Niger, voire le Sénégal en feraient autant. Cependant, « Sékou Touré ne cherchait pas à rompre totalement avec la France. Il n’en avait pas les moyens économiques », souligne Odile Goerg. Mais la France ne veut pas de « toutes les propositions de compromis » avancées par la Guinée. Son vote « non » est vu « comme un affront ». « Cette rupture par le “non”, c’est l’affrontement entre deux hommes, deux personnalités fortes », explique l’historienne.

La France ne va pas seulement refuser de négocier avec Sékou Touré, elle entame aussi un processus de discrédit du leader guinéen. Le Service de documentation extérieur et de contre-espionnage (SDECE), ses services secrets, va tout faire pour déstabiliser la Guinée et renverser Sékou Touré. 

«Dommage que vous n’ayez pas réussi !»

Yves Guéna, haut-commissaire de la France en Côte d’Ivoire entre 1959 et 1961, dira : « Lorsque j’ai pris mes fonctions de haut-commissaire, je suis allé voir Pierre Messmer, alors gouverneur de Dakar, qui m’a dit qu’il avait été décidé que le SDECE ferait son possible pour liquider Sékou Touré. À l’époque, pratiquement personne ne le savait, sauf Félix Houphouët-Boigny, qu’on avait mis dans le coup. » 

La France veut faire de la « punition » guinéenne un exemple pour tous les voisins africains qui auraient des velléités d’émancipation vis-à-vis de la France. Pour faire payer Sékou Touré, l’opération « Persil » est lancée début 1959. Il s’agit d’une action secrète contre le régime guinéen, menée par le SDECE et son bras armé, le 11e régiment parachutiste de choc. Elle comporte deux volets, militaire et économique.

Le journaliste Laurent Correau, de Radio France internationale (RFI), travaille depuis quelques années sur cet épisode, avec sa consœur Coralie Pierret. Il existe toujours des zones d’ombre, dit-il à Mediapart : « On n’a qu’une connaissance partielle de cette opération “Persil”. De par sa nature d’opération secrète, elle a laissé très peu de traces écrites. »

Il a pu néanmoins consulter des documents d’archives qui lui ont permis de faire en partie la lumière sur le volet armé. Il a également retrouvé un des protagonistes français de l’opération. Nom de code : Matraque. 

Pour Laurent Correau, cela ne fait aucun doute, le but était de « neutraliser » Sékou Touré. « Il y a une première version de l’opération, qui vise à éliminer Sékou Touré et qui est éventée, parce que certaines personnes sur le terrain ont manqué de discrétion. Le conseiller diplomatique de l’Afrique occidentale française, Albert Chambon, apprend qu’une opération est en cours, essaie d’en avertir le Quai d’Orsay en mars 1959, mais le télégramme diplomatique qu’il a discrètement fait envoyer circule trop largement au Quai. Pierre Messmer, mis au courant, le fait convoquer à Paris et Albert Chambon est limogé quelques jours plus tard », raconte-t-il.

De son côté, le journaliste Georges Chaffard écrit, dans ses Carnets secrets de la décolonisation (Calmann-Lévy, 1967), qu’une « opération visant à provoquer un coup d’État à Conakry, et éventuellement la liquidation physique du président guinéen, est étudiée début 1959 ».

Maurice Robert, chef de poste à Dakar puis directeur du SDECE en Afrique, revient sur cet épisode dans ses mémoires : « Nous devions déstabiliser Sékou Touré, le rendre vulnérable, impopulaire et faciliter la prise de pouvoir par l’opposition. Nous avons armé et entraîné des opposants guinéens pour qu’ils développent un climat d’insécurité en Guinée et, si possible, qu’ils renversent Sékou Touré », explique-t-il.

Quelques mois plus tard, une deuxième version de l’opération est conçue. Elle prévoit des actions armées aux frontières ivoirienne et sénégalaise. On dispose aujourd’hui de peu d’éléments sur la partie de l’opération en territoire ivoirien. Côté sénégalais, des documents d’archives permettent d’y voir plus clair, car l’opération a donné lieu à une enquête des autorités.

« “Persil” va s’appuyer sur une organisation de Guinéens de la diaspora basée à Dakar, qui s’appelle Solidarité guinéenne. Elle sera encadrée clandestinement par des officiers du 11e choc en vue d’un soulèvement. L’un des responsables de la Solidarité guinéenne, Sadou Bobo Diallo, est invité à Paris en octobre 1959 », détaille Laurent Correau. 

Dans la capitale française, Sadou Bobo Diallo rencontre un certain Leroy, qui se présente comme un responsable d’une organisation de lutte contre le communisme et lui promet un soutien logistique, technique et financier. Le but est de former la Solidarité guinéenne aux techniques de guérilla.

« Parallèlement, “Persil” va mettre en place des caches d’armes de part et d’autre de la frontière sénégalaise. La première cache est découverte par les autorités guinéennes sur leur territoire. Elle donne lieu à l’arrestation des chefs locaux de l’opération de la Solidarité guinéenne et, en cascade, aboutit à la chute de toute la partie du réseau qui est dans cette zone du pays », précise Laurent Correau. 

À la suite de l’enquête sénégalaise et de la découverte des planques d’armes, Mamadou Dia, président du Conseil du Sénégal, écrit à de Gaulle, le 13 mai 1960, pour protester contre la présence de l’opération sur son sol. De Gaulle est furieux. De là à imaginer qu’une opération de déstabilisation d’un régime légal, sur le sol d’un pays souverain, se fasse sans l’aval du président français… 

Sur ce point, il est difficile de trancher, malgré les déclarations de Jacques Foccart, un des plus proches collaborateurs du Général, estime Laurent Correau. « Dans son livre d’entretiens Foccart parle, Foccart a une petite phrase qui laisse penser que de Gaulle était plus qu’informé de l’opération », indique le journaliste. Foccart dit, en effet, à propos du Général et de l’opération « Persil » : « Il aurait pu exploser, me demander de quel droit j’ai pris cette initiative. Mais je lui ai donné des explications et il a eu un commentaire laconique : dommage que vous n’ayez pas réussi ! » 

Quoi qu’il en soit, l’opération est un échec : tout a été découvert avant le déclenchement de l’insurrection par les autorités sénégalaises. Ces dernières retrouvent certains protagonistes du complot, dont des parachutistes du 11e choc mais également Sadou Bobo Diallo, qui est arrêté.

Le deuxième volet de l’opération « Persil » cible l’économie guinéenne. À ce moment-là, la Guinée a dû se résoudre à quitter, en mars 1960, la zone franc et à abandonner l’usage du franc CFA, pour créer une monnaie nationale, le franc guinéen. Conakry a pris cette décision devant le refus des autorités françaises d’assouplir les règles d’appartenance à la zone franc et de laisser ainsi le pays retrouver une autonomie monétaire tout en restant lié à la France. 

Un pagne à l'effigie de Sékou Touré fabriqué dans les années 1960. © Tommy Miles/Flickr Un pagne à l'effigie de Sékou Touré fabriqué dans les années 1960. © Tommy Miles/Flickr
 

Le SDECE décide de fragiliser un peu plus Sékou Touré, quitte à plomber l’économie du pays : « Les services spéciaux français ont fait imprimer des faux francs guinéens qu’ils ont déversés sur le sol guinéen pour déstabiliser l’économie guinéenne », expliquera André Lewin, ambassadeur de France en Guinée de 1975 à 1979. Satisfaction de Maurice Robert : « Cette opération a été une véritable réussite et l’économie guinéenne, déjà malade, a eu du mal à s’en remettre », raconte l’ex-directeur du SDECE en Afrique dans ses mémoires.

Globalement, l’opération « Persil » est un échec pour le SDECE et la France, si l’on se réfère à leur objectif d’éliminer Sékou Touré. Côté guinéen, ce « complot des armes » va conduire les autorités guinéennes à procéder à des arrestations arbitraires, sans liens prouvés avec l’opération. Des opposants sont arrêtés, certains sont condamnés à mort, dont un dénommé Ibrahima Diallo, qui voulait créer un parti d’opposition.

Sékou Touré s’appuiera vraisemblablement sur l’opération « Persil », un complot réel, comme arme de propagande pour réprimer des complots établis (comme l’opération « Mar Verde », lancée en 1970 par le Portugal) mais aussi imaginaires. Il restera à la tête de la Guinée jusqu’à sa mort, le 26 mars 1984.

 

 

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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