En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés.

cdv logo  

Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

logo EGM Toulouse

Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Guitinews - C'est leur histoire - 20/04/2020

Leur parole est rare. Ils sont chargés d’évaluer la minorité de jeunes migrants arrivés sur le territoire français. Si leur évaluation est positive, les jeunes sont pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Pour les autres, le parcours du combattant continue. Alioune Diop* est l’un d’eux. Travailleur social au compte de l’ASE dans un département de l’Est de la France depuis quatre ans, il raconte pour la première fois son quotidien, ses engagements sans cesse rattrapés par la réalité de son métier, les décisions insupportables et la nécessaire prise de recul.

Propos recueillis par Sofia Belkacem / Dessin : Gaspard Njock.

« Je suis la porte d’entrée des mineurs non accompagnés (MNA ndlr) dans le dispositif de l’aide sociale à l’enfance en France. Depuis mon arrivée dans le service, je pense avoir évalué environ 400 jeunes, dont une immense majorité de garçons originaires de Guinée-Conakry. J’ai reconnu leur minorité entre 60 et 70% du temps.

La difficulté, c’est aussi de s’accorder entre collègues. Nous sommes deux, parfois trois évaluateurs. Il y a un côté pervers, dans le sens où le consensus est indispensable à l’évaluation pour que le mineur puisse être admis. Si j’émets un avis contraire à un collègue, c’est compliqué. Aussi, le plus souvent, même en désaccord, je finis par appuyer sa décision.

C’est également pour le bien du jeune, car sinon il y a un va et vient permanent, et on tourne en rond. Refuser permet aussi au jeune de se tourner vers d’autres dispositifs, de se rendre dans d’autres départements.

Un refus souvent fondé sur le faciès

Théoriquement, l’évaluation de la minorité du jeune est basée sur des critères précis. Nous n’avons quasiment jamais eu recours aux très controversés tests osseux. En quatre ans, on l’a suggéré une fois, tant l’on sait qu’il existe des biais sur ces examens-là. L’évaluation se déploie plutôt au travers d’un long entretien du jeune : déclinaison de son âge, de son pays d’origine, de son ethnie, de sa fratrie, de son parcours migratoire, de son extrait de naissance…

En réalité, cela ne se passe pas comme ça. L’évaluation est subjective. Et le refus est souvent fondé sur le faciès du jeune. On se dit qu’il fait trop vieux. ’Il n’est pas mineur celui-là, faut arrêter de nous prendre pour des cons ‘, fulminent parfois des collègues. Ou alors l’on met en doute son discours et sa cohérence : comment a-t-il pu survivre à tout ce qu’il raconte ? Souvent, le jeune s’embrouille dans la restitution de son parcours. Alors, nous nous basons sur cette incohérence pour asséner un refus. Dès les prémices de l’entretien, le jeune apparaît en fait comme suspect. ‘Pourquoi avoir pensé à fuir avec ton extrait de naissance ? Et pas en emmenant de quoi manger ?’

Certains collègues sont bloqués dans leur incompréhension et mènent des entretiens dignes de films policiers made in Hollywood : ‘Dis la vérité ! Je sais que tu mens !’

Alors que dans les textes prévaut l’idée que le doute doit bénéficier aux jeunes. En pratique, le doute se retourne contre eux.

Pourtant, et nous le savons pertinemment, après un traumatisme, le discours n’est ni nécessairement fluide, ni cohérent. De la même manière, après une trajectoire migratoire pénible, le gamin change. Il est marqué, il fait vieux, il a pris des rides. Tandis que s’il parvient à se poser quelques mois, à être accepté par le dispositif de l’ASE, il redevient un enfant. On le voit, il est apaisé. Son visage change à nouveau.

Je n’en dors pas

Quand j’appuie un refus, il y a toujours une partie de moi qui part avec cette décision. Je n’en dors pas. Mon idéologie se trouve confrontée à la réalité de mon métier. Si j’ai choisi cette voie – et avec mes diplômes j’aurais pu m’orienter vers autre chose -, c’est que j’étais animé par cette fibre sociale.

Mais, je suis très frustré. En dehors de convictions politiques, c’est aussi lié à ma construction personnelle. Je suis d’origine sénégalaise. Je sais ce qu’induit de laisser son foyer derrière soi. Je sais ce que signifie partir. Personne ne fait le choix de partir par gaieté de cœur. C’est toujours traumatisant.

Lors des entretiens, parce que je suis noir, je sens bien que le jeune cherche mon regard, ma compassion. Avec une spontanéité naturelle.

Un gros turn-over

Quand tu évalues tant de personnes, psychiquement c’est lourd à porter. Il existe un important turn-over dans le service. En quatre ans, six évaluateurs sont partis. Ils arrivent, décidés, engagés, forts d’une conscience professionnelle, mais ne restent pas. Le récit des violences, des viols, des exactions… Soit tu arrives à te forger une carapace et te fier à ta mission, afin de mettre à l’abri un maximum de jeunes, soit tu laisses tomber.

J’ai été particulièrement marqué par les entretiens des jeunes filles. A une seule reprise nous avons refusé d’en admettre une. Cela m’a chamboulé. Elle attendait un geste de ma part. Cette jeune fille a subi des viols en Libye, elle a été persécutée. La manière dont elle expliquait son traumatisme a été perçue par l’autre évaluateur comme de la comédie. Et cela, je ne m’en remettrais pas.

Je revois nombre de jeunes dans la rue ou lors d’entretien de suivi. Ils suivent alors une scolarité, un apprentissage… Cela me fait plaisir. Grâce à la décision que j’ai donnée, j’ai pu aider cette personne. C’est ce qui me fait tenir. Je crois qu’il ne faut pas s’éterniser dans ce genre de services. Passer à un autre cadre après trois ou quatre ans d’exercice. Sinon, l’on s’habitue. Et l’on devient des machines. Or, on traite avec des êtres humains, on ne peut pas faire d’automatismes.

Un autre élément qui explique le stress des évaluateurs sont les consignes de quotas. Il nous est alors demander d’atteindre X refus pour pallier un dispositif saturé. Il ne faut pas se voiler la face : l’accompagnement des MNA n’est pas la priorité politique des départements. Partagés entre la loi protectrice de l’aide sociale à l’enfance et celle de l’immigration, les acteurs se renvoient la balle !

D’autres gestions sont possibles

Il y aurait pu y avoir d’autres gestions de ce public. Plus de centres pour une meilleure prise en charge des MNA. Il reste une possibilité de faire quelque chose. Les associations le disent, le défenseur des droits aussi. Quand les jeunes sont déboutés par l’ASE, des familles, des citoyens engagés peuvent prendre le relais.

A mon sens, les évaluations sont trop disparates. Il devrait exister une pluridisciplinarité dans l’approche, avec des psychiatres, des psychologues… Et pas simplement des travailleurs sociaux qui n’ont parfois pas de formations adéquates, ou qui n’appliquent pas la feuille de route.

Dans toutes les histoires, le déchirement est toujours là. Avant ses 18 ans, le ou la jeune n’aura jamais le temps de le panser. Il manque plus généralement dans l’encadrement des mineurs en France un accompagnement psychologique sur le long terme. Ils ont besoin de verbaliser leur traumatisme. Sinon, ils se lancent à corps perdu dans un projet pour tenter de l’oublier. Mais, ça les rattrape comme un boomerang. Un jour ou l’autre, ça reviendra.

*Le nom a été modifié.

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

Archive

Powered by mod LCA