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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Médiapart - lilia Blaise - 14/10/2020

Malgré la crise du Covid-19, de nombreux jeunes Tunisiens continuent de fuir le pays vers les côtes italiennes. Les modes de migration se font souvent de façon plus autonome sans passer par les réseaux de passeurs pour la logistique et la traversée. Un nouveau naufrage provoquant de nombreux décès a eu lieu ce week-end.

Tunis (Tunisie).– Un nouveau naufrage de candidats à l’exil dimanche a fait près de 21 morts et sept survivants, au large de Sfax, une ville portuaire de l’est de la Tunisie. Sept personnes, en majorité des Subsahariens, ont pu être secourues. Selon les autorités, une trentaine de personnes avaient pris place dans l’embarcation.

Ce nouveau drame en Méditerranée rappelle que malgré la crise sanitaire en Europe, de nombreux jeunes Tunisiens et migrants subsahariens en situation économique précaire en Tunisie cherchent à migrer. Ces douze derniers mois près de 9 200 Tunisiens ont rejoint les côtes italiennes, selon les autorités italiennes. Leur nombre a été multiplié par quatre au cours du mois d’août 2020 par rapport à la même période en 2019, selon le rapport du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES). On ne dispose pas cependant de chiffres officiels sur le nombre de migrants subsahariens partis de Tunisie pendant cette période.  

Parmi les Tunisiens candidats au départ figure Haikel, 39 ans. Il a le cœur lourd lorsqu’il explique les raisons qui le poussent à partir clandestinement dans les prochains jours malgré ses deux jeunes enfants et sa femme en Tunisie. « Je n’ai plus le choix », dit-il sobrement.

Haikel n’est pas un jeune en mal d’avenir ou sans travail. Ses problèmes sont de nature juridique, car il est poursuivi pour non-paiement de ses dettes. En cause, une mauvaise gestion de sa société de livraison agroalimentaire.

Des migrants tunisiens et libyens à leur arrivée sur les côtes italiennes sur l'île de Lampedusa, le 1er août 2020. © Alberto Pizzoli/AFP
Des migrants tunisiens et libyens à leur arrivée sur les côtes italiennes sur l'île de Lampedusa, le 1er août 2020. © Alberto Pizzoli/AFP
 

Il ne peut plus travailler en Tunisie, mais pas question pour lui de laisser sa famille sans le sou s’il va en prison. Le voilà contraint de vivre comme un clandestin dans son propre pays. « Je n’ai jamais été un criminel, je n’ai pas eu de chance malheureusement et aujourd’hui je n’ai aucune échappatoire sauf celle de partir », déclare-t-il.

L’augmentation de ces flux migratoires vers l’Italie a été à l’origine de tensions avec la Tunisie pendant l’été. Des délégations italiennes ont rencontré à plusieurs reprises le président Kaïs Saïed et l’Union européenne a mobilisé une enveloppe de 10 millions d’euros pour renforcer l’équipement des garde-côtes tunisiens afin de lutter contre la migration clandestine.

L’Italie a également recommencé à expulser les candidats à l’exil qui arrivent sur les côtes italiennes, à raison de 80 migrants par semaine. Mais l’approche sécuritaire semble avoir trouvé ses limites, puisque malgré les nombreuses arrestations (plus de 400 depuis le début de l’année) selon le ministère de l’intérieur tunisien, les traversées se multiplient.

Des mineurs non accompagnés – près de 9 % selon les chiffres du FTDES – partent aussi, ainsi que des familles entières, qui en font même parfois la publicité sur les réseaux sociaux. « Pour nous, la migration des mineurs est liée à l’augmentation du décrochage scolaire (près de 100 000 élèves quittent l’école chaque année), ils seront protégés et ne seront pas menacés par le retour forcé une fois arrivés en Italie, donc beaucoup tentent leur chance », analyse Romdhane Ben Amor, chargé de communication au FTDES.

Derrière cette augmentation, plusieurs facteurs révèlent la désillusion de nombreux Tunisiens face à la période post-révolution en Tunisie et la transition démocratique encore à ses débuts.

Ainsi, le destin migratoire de Haikel remonte au 11 septembre 2001. Alors qu’il fait un voyage à destination de la Turquie dans le but de monter un business avec des amis, il est cloué au sol lors de son escale à Paris. Aucun avion ne décolle à cause des attentats aux États-Unis.

Haikel entre en contact avec de la famille à Paris. « À l’époque, sous Ben Ali, c’était déjà le rêve pour tout Tunisien d’aller en Europe. Même si on pouvait s’en sortir en Tunisie, la vie semblait meilleure là-bas », raconte-t-il.

Il a la vingtaine, il reste en France et effectue des petits boulots de chantiers pendant un an puis se rend en Italie quand il apprend que le pays est prêt à régulariser certains sans-papiers pour faire des contrats de travail. De retour en France, il y travaillera dix ans avec des papiers italiens, principalement sur des chantiers, gagnant bien sa vie.

« En 2008, je me suis marié en Tunisie et après la révolution, j’ai voulu rentrer pour avoir des enfants et être enfin avec ma famille. C’est là que les problèmes ont commencé. » Il ouvre une société de livraison de fruits et légumes pour le marché libyen avec son beau-frère. Au début, le projet fonctionne, mais très vite, le marché noir vient concurrencer ses prix, et Haikel n’arrive plus à rivaliser, s’endettant jusqu’à être poursuivi en justice. Aujourd’hui, cela fait deux ans qu’il cherche à partir.

Fait nouveau, de nombreux Tunisiens comme Haikel s’organisent désormais seuls pour éviter les bateaux surchargés et les risques de noyade à cause d’un passeur peu scrupuleux. Il a organisé sa traversée avec un petit groupe de jeunes de son quartier, a acheté le moteur avec eux et même le bateau, dans les 25 000 dinars (7 700 euros).

« On trouve tout sur internet, c’est devenu un business. Tout comme le fait de trouver des gens qui veulent partir avec toi, il suffit de demander dans n’importe quel café du coin. C’est plus cher mais moins risqué qu’avec un passeur de partir comme ça », déclare-t-il.

Début septembre, Haikel attendait que la météo soit plus clémente. Tout était prêt. La traversée allait être longue, près de 15 heures, puisqu’il comptait accoster dans une des villes de la côte sicilienne pour éviter l’arrestation du côté de Lampedusa ou Pantelleria, déjà très contrôlées depuis les arrivées massives de cet été. Parti au début du mois d’octobre, il a été arrêté en pleine mer par la garde nationale tunisienne, avant d’atteindre les côtes italiennes. C’était ce qu’il redoutait le plus. Plus que la mort en mer.

Wael, 28 ans, jeune de la ville de Korba, dans le Cap-Bon tunisien, cultive aussi le rêve de partir, malgré une expulsion après une traversée réussie il y a deux mois, lorsque l’Italie a commencé à rapatrier des Tunisiens dans des avions.

Cigarette aux lèvres, café noir dans la main, il contemple la plage de Korba, d’où partent chaque jour des vingtaines de Tunisiens. Il a été poursuivi en justice à son arrivée en Tunisie pour « tentative d’immigration illégale », tout en restant en liberté.

« Des fois, certains partent vers 5 heures du matin, quand les gens se baignent déjà. Tu en as qui nous souhaitent bonne chance, d’autres qui appellent la police. Le problème ici n’est pas seulement économique. Depuis l’âge de 15 ans, on a tous envie de partir parce qu’on ne voit pas notre avenir ici. C’est comme si on était bloqué dans notre condition sociale, on n’a pas de possibilité d’évoluer. Soit tu trimes pour 8 euros par jour, soit tu vends de la drogue, soit tu essayes de creuser le sol pour trouver des pièces archéologiques à vendre illégalement, soit tu pars clandestinement, ce sont les seules options qui se présentent à nous », explique ce jeune qui, n’ayant pas eu le baccalauréat, a travaillé des années dans des chantiers avec son père.

Il est parti juste après le ramadan, avec un groupe de huit amis, sans solliciter des passeurs. « Beaucoup d’entre nous connaissent la mer et on a une boussole pour s’orienter », raconte-t-il. Il ajoute que presque tous ses amis d’enfance sont déjà partis pour l’Europe. « C’est pour ça que l’on est sûr de trouver du travail en arrivant, il y a déjà une communauté, installée en France, car beaucoup ne restent pas en Italie. »

En Tunisie, le président Kaïs Saïed a déclaré début août que la migration clandestine était une affaire « tuniso-tunisienne » et qu’il fallait s’intéresser aux raisons qui poussent les jeunes à partir. Élu avec plus de 70 % des voix en octobre dernier, il avait séduit une partie de la jeunesse qui voyait en lui un candidat antisystème, un nouvel espoir.

Mais cet enthousiasme a été assombri depuis par les crises politiques à répétition que vit le pays (un nouveau gouvernement a été formé cet été, le troisième depuis les élections) et la dégradation de la situation économique, avec un taux de chômage passé de 15 % à 18 % ces derniers mois.

 

 

Vite dit

06/06/2022 - Archarnement administratif, ca suffit !

« Comment peut-on croire qu'on sera plus heureux en faisant du mal à d'autres ? » (Hervé le Tellier – L'anomalie)

Ce mardi 7 juin 2022, Gideon est convoqué au tribunal judiciaire de Toulouse. Combien de juges a-t-il vu depuis le jour où il a été interpellé au commissariat de Pamiers ?

Au moins 7.

Le 3 mai, ce jeune gabonais de 18 ans, a été placé au centre de rétention de Cornebarrieu pour un vol prévu le 4 mai vers Libreville. Ce placement rendu possible par la loi (Article L 740-1 CESEDA) a été concrétisé par la préfecture de l'Ariège.

Il a refusé d'embarquer car toute sa famille vit en France de manière régulière. Il est scolarisé au lycée de Lavelanet et n'a plus du tout d'attache au Gabon.

Le 5 mai, le juge de la liberté et de la détention (JLD) décide de la prolongation de sa rétention (Article L742-3 CESEDA) permettant ainsi à l'administration d'organiser un nouvel 'éloignement'.

C'est le 27 mai qu'aura lieu cet 'éloignement' mais cette fois avec des techniques coercitives musclées (GTPI). Monté de force dans l'avion, Gidéon sera ligoté et molesté jusqu'au moment où le commandant de bord exigera son débarquement.

Mais s'opposer à son expulsion est un délit. Gidéon passera le soir même devant le procureur en CRPC (Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité) et sera puni d'une peine de prison de 3 mois avec sursis et 5 ans de mise à l'épreuve.

A 100 km de Toulouse, la préfète de l'Ariège reste inflexible : Gidéon doit rester enfermé pour être expulsé.

Le 2 juin, la juge JLD rendra un avis légèrement plus conciliant en lui permettant de rejoindre famille mais en l'obligeant à signer tous les jours au commissariat.

La préfecture de l'Ariège n'a pas apprécié cette décision. Elle a fait appel et l'audience aura lieu ce mardi 7 juin à 9h45 au palais de justice de Toulouse.

Si vous venez à cette audience, vous ne verrez pas le ou la signataire de cet appel. Il ou elle se fera représenter par un ou une porte-parole bien obéissant.e.

On sait qu'un nouveau vol a été demandé par la préfecture et si Gidéon le refuse, il risque cette fois 3 ans d’emprisonnement et une interdiction du territoire de 10 ans.

Depuis ses 18 ans, Gidéon vit sous la menace d'une arrestation, d'une expulsion !

Ce 6 juin, c'est son anniversaire. Il a 19 ans.

 

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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