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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Télérama - Juliette Bénabent et Romain Jeanticou - 19/10/2020

Les migrants perçus comme une menace, la nécessité de fermer nos frontières… La pandémie a amplifié la peur de l’étranger. Autant de clichés démontés par le sociologue et démographe qui s’appuie sur l’évidence des chiffres.

Le discours n’est pas neuf, mais il a retrouvé de la vigueur : depuis le printemps, certains appellent à une fermeture des frontières, censée freiner l’épidémie de Covid-19. Les immigrés, accusés de profiter de notre protection sociale, de prendre le travail des Français, de faire grimper la délinquance,­ ­favoriseraient aussi la propagation du virus. « Mensonges », répond le démographe, sociologue, anthropologue et agrégé de philosophie François Héran. Courbes et tableaux à l’appui, il rappelle que la France n’est pas « envahie » par l’immigration, qui est au contraire essentielle à sa vie collective. Alors que l’Union européenne échoue ­depuis des années à harmoniser les politiques d’accueil migratoire, les idées fausses s’épanouissent, y compris au sein de la classe politique. Avec la rigueur statistique conservée de ses années passées à l’Institut national d’études démographiques et à l’Insee, François Héran les réfute inlassablement. Le Collège de France lui a offert en 2017 une nouvelle tribune avec la chaire Migrations et sociétés, depuis laquelle il tente sans relâche de faire triompher la « pédagogie » sur la « démagogie ».

La crise sanitaire serait pour les uns la preuve qu’il faut fermer les frontières, pour les autres qu’elles sont caduques… Qu’en dites-vous ?
Les États exercent à leurs frontières une souveraineté dont on ne peut les priver. Mais le discours qui, à droite et à l’extrême droite, a exalté leur fermeture au moment du confinement, vise en fait les seuls migrants : Philippe de Villiers se réjouissait qu’on verrouille le pays, tout en espérant que les étrangers reviennent rapidement au Puy du Fou… Cette crise a remis au jour le fantasme de l’étranger vu comme une menace. Elle nous montre, au contraire, que fermer les frontières serait un désastre ! Sans les immigrés et leurs enfants, qui représentent près d’un quart (23 %) de notre population, les hôpitaux, l’alimentation, la confection, le transport ou la police de notre pays ne tiendraient pas longtemps. D’autre part, ce n’est pas parce qu’ils ne respectent pas les mesures sanitaires que les immigrés ont été très touchés par le ­Covid-19, comme on l’a entendu. Mais parce qu’ils y sont ­surexposés, en raison de leurs conditions sociales : logements surpeuplés, télétravail impossible… C’est ce que ­révèle l’enquête EpiCOV, dont j’ai présidé le conseil scientifique, et qui se base sur un échantillon considérable de 135 000 personnes.

Qu’apporte l’outil statistique à ces débats ?
Cet outil fournit des données accumulées et vérifiées. J’ai la profonde conviction que la statistique n’est pas simplement, contrairement à une lecture à la Michel Foucault, un instrument de domination de l’État, mais qu’elle oblige ce dernier. L’État doit être comptable dans les deux sens du terme : rendre des comptes et maîtriser l’art de compter. La statistique est un bien public qui devrait être partagé par tous, et la crise sanitaire a permis la popularisation de cet outil.

“Nous accueillons, proportionnellement à notre population, deux fois moins de réfugiés que les Belges ou les Néerlandais.”

Les chiffres sont aussi votre arme pour contester la supposée explosion de l’immigration en France…
Chaque année, 85 à 90 millions de personnes franchissent nos frontières. Une bonne moitié sont des touristes, les autres sont en visite professionnelle et familiale, en voyage de formation ou d’études, en pèlerinage… Seuls 300 000 à 400 000 passages sont de nature migratoire, même si ce chiffre est difficile à estimer, car entre le visa de tourisme de trois mois et le séjour d’un an qui définit légalement la migration, il y a toute une zone grise. On oublie souvent qu’en France de nombreux sans-papiers passent des années à accumuler des papiers pour ne plus être… sans-papiers : prouver leur emploi, leurs impôts, la scolarité de leurs enfants. Ainsi, une partie non négligeable des titres de séjour accordés concerne des personnes déjà en France depuis des années.

Ce nombre progresse-t-il ?
Oui, mais il n’explose pas : en dix ans, on est passé de 190 000 titres de séjour délivrés chaque année à 272 000 en 2019. L’immigration familiale, c’est-à-dire les mariages entre Français et étrangers, ou la venue en France de la famille d’un étranger installé, se maintient autour de 90 000 personnes. L’immigration du travail, hors saisonniers, concerne 34 000 personnes, soit moins de 13 % du total. L’immigration estudiantine, elle, a beaucoup progressé : 92 000 étudiants en 2019, contre 50 000 il y a dix ans. Quant aux réfugiés, soyons précis. Leur nombre augmente mais reste modeste : ils étaient 23 000 en 2005, et 36 500 en 2019. En cinq années, de 2015 à 2019, l’Union européenne a enregistré 4,4 millions de demandes d’asile, dont 38 % déposées en Allemagne et seulement 11 % en France. Nous accueillons, proportionnellement à notre population, deux fois moins de réfugiés que les Belges ou les Néerlandais. Je rappelle que l’asile et le regroupement familial (soit près de la moitié des titres de séjour) sont garantis par des traités internationaux : pour les diminuer, il faudrait sortir de ces conventions.

Comment rationaliser ce débat ?
Il faut comparer ce qui est comparable, comme chacun le fait au quotidien : le prix des appartements selon leur surface, les calories des aliments pour 100 grammes, etc. La comparaison absolue n’a aucun sens ! Quand on tient compte de la population et du Produit intérieur brut (PIB), la France est au douzième rang des pays de l’Union en nombre de demandes d’asile acceptées. Il y a un an, j’ai été auditionné au Parlement lors d’une discussion sur l’immigration. Les députés insistaient : la demande d’asile avait baissé de 50 % en Allemagne depuis janvier 2017, et augmenté de 25 % en France. C’est tout à fait vrai, leur ai-je expliqué, mais si on regarde les données des années précédentes, on voit que l’Allemagne redescend de l’Everest, tandis que la France gravit lentement les pentes du Morvan…

francois Heran

François Héran : « Je suis frappé par l’intolérance qui se répand dans le débat intellectuel. »

Rudy Waks pour Télérama

“Les populations les plus pauvres, comme celles d’Afrique subsaharienne, migrent peu car elles n’en ont pas les moyens.”

D’autres idées reçues circulent-elles sur l’immigration ?
Les étrangers sont soupçonnés de venir en France pour profiter de notre aide médicale d’État, alors que les études montrent que la moitié d’entre eux ignorent son existence. On croit aussi que les migrants quittent les pays les plus pauvres. C’est faux : les populations qui migrent le plus sont celles des pays moyennement développés, comme le Maghreb, le Mexique, ou l’Albanie et la Géorgie [les deux premières nationalités des demandeurs d’asile en France après l’Afghanistan, ndlr]. Les populations les plus pauvres, comme celles d’Afrique subsaharienne, migrent peu car elles n’en ont pas les moyens. Autre fausse idée : on dit beaucoup que la France « récupère » tous les demandeurs d’asile déboutés par l’Allemagne. Mais si c’était le cas, les chiffres exploseraient !

Si la France est si peu attractive, comment expliquer les difficultés de l’accueil, les campements indignes, les délais de traitement des demandes d’asile… ?
Cela dépend largement des efforts déployés ! En Allemagne, environ 6 000 personnes travaillent à l’accueil des demandeurs d’asile, contre 3 000 en France — et quelques centaines en Espagne ou en Italie. Les effectifs de l’Office français pour la protection des réfugiés et apatrides et de l’Office français de l’immigration et de l’intégration ont augmenté, mais souvent avec des contrats courts et précaires. Les décisions de Bercy font partie de la politique migratoire ! Et notre État gère seul l’hébergement des demandeurs d’asile, sans pouvoir décentralisé contrairement à l’Allemagne, où les universités ont par exemple un pouvoir juridique d’accueil.

Que nous enseigne cette fréquente comparaison avec l’Allemagne ?
La France connaît une immigration régulière et continue, tandis que l’Allemagne est habituée à des accueils par vagues. En 1992 déjà, elle avait accueilli de nombreux réfugiés de l’ex-Yougoslavie. Cela tient à la culture religieuse du pays, avec un concordat toujours en vigueur qui organise les relations entre l’État et l’Église et un secteur caritatif catholique très puissant, qui gère des hôpitaux ou des maisons de retraite. L’infrastructure d’accueil allemande est considérable. La France, elle, a d’autres points forts : le soutien juridique avec les associations comme le Groupe d’information et de soutien des immigrés ou la ­Cimade (soutien aux migrants et réfugiés), indispensables tant le maquis législatif français est complexe ; et l’aide médicale avec Médecins du monde ou Médecins sans frontières. Mais elle est freinée par sa centralisation étatique. Quand j’étais à l’Agence nationale de la recherche, je voulais accueillir des collaborateurs migrants, et le président m’avait répondu que ce n’était pas notre vocation. Nous avons tendance à tout attendre de l’État, qui lui se défausse sur les associations, sans vraiment les aider. C’est un jeu malsain.

Je reçois depuis des années injures et menaces de mort de groupes identitaires et anti-immigration.”

Vous réjouissez-vous de l’abandon du règlement de Dublin, qui oblige depuis 1990 un réfugié à demander l’asile dans son premier pays d’entrée dans l’Union ?
Cette règle a tout de suite creusé l’écart entre les pays de première ligne géographique et les autres. Son abandon, ­réclamé depuis des années, est une bonne chose. Il est néanmoins difficile d’être optimiste sur ce qui va le remplacer… Le principe de « justice spatiale » voudrait que les demandes soit réparties proportionnellement aux populations et aux ressources. Mais les déchirures profondes de l’Europe sont au grand jour : je vois mal les pays de Visegrád (Hongrie, Pologne, Slovaquie, République tchèque) assumer leur part ; la France elle-même a beaucoup tardé à prendre la sienne. Les tentatives passées de plans de répartition se sont toujours heurtées à de mauvaises volontés, et je redoute de sinistres négociations de marchands de tapis…

Pourquoi une politique européenne harmonisée semble-t-elle si inaccessible ?
Les pays ont des histoires très différentes. L’Espagne, le Portugal ou l’Italie sont historiquement des terres d’émigration et non d’immigration, ils sont peu équipés administrativement. Les anciens pays communistes, longtemps coupés du monde, n’ont jamais connu d’immigration non européenne et acceptent très peu de réfugiés. Quant aux pays scandinaves, leur effort fut énorme malgré leur éloignement géographique. Même avant 2015, la Suède était la seule à accueillir Érythréens, Djiboutiens ou Afghans. Comme la Norvège, elle vit sous l’influence de Fridtjof Nansen, explorateur polaire norvégien qui créa un passeport pour les apatrides en 1922 et fut le premier haut-commissaire pour les réfugiés des Nations unies. Cette tradition est associée à une culture concordataire, comme en Allemagne, et à un habitat dispersé qui facilite l’accueil. Et la Grande-Bretagne, avant même le Brexit, profitait de son insularité pour en faire le moins possible…

N’êtes-vous pas, selon les mots d’Emmanuel Macron lors d’un discours en septembre 2019, l’un de ces « bourgeois [qui] ne croisent pas » l’immigration ?
Si le Collège de France se trouve à deux pas du Panthéon, l’Institut Convergences Migrations, que je dirige, est à Aubervilliers. J’habite en banlieue, dans une des communes de France comptant le plus d’immigrés. Je reçois depuis des années injures et menaces de mort de groupes identitaires et anti-immigration. Je n’ai qu’à ouvrir mes fenêtres pour voir une population mélangée à l’image de la France, je suis donc très hermétique à l’argument du bobo qui ne sait pas de quoi il parle. Plus généralement, reprocher à quelqu’un ce qu’il est, ses origines sociales, est un argument de bas étage.

Puisqu’on veut lutter contre la violence djihadiste, je crois qu’il faut nommer clairement la cible, sans discriminer l’ensemble d’une religion.”

Appartenir au Collège de France ne vous place-t-il pas dans une « bulle » ?
Contrairement à ce que croient certains, le Collège de France n’a pas des moyens de recherche considérables, son budget équivaut à celui d’un grand lycée parisien ! Concernant notre place dans le débat intellectuel, il y a toujours eu ici une volonté d’exercice de la raison et de la démonstration mais aussi de transmission. Ma mission comporte une responsabilité de pédagogie et une présence réfléchie dans le débat public. Dans mon métier, décrire, c’est déjà dénoncer. Je ne prétends rien trancher, je respecte la pluralité des opinions, des convictions, des fois religieuses. Je suis frappé par l’intolérance qui se répand dans le débat intellectuel, certains philosophes passant leur temps à réaffirmer avec grandiloquence l’idéal républicain et à parler des « ennemis de la République » face aux opinions divergentes des leurs…

La République, c’est donc le pluralisme ?
Les invocations répétées à la République me semblent ­excessives. Un nouveau sens du mot « républicain » est en train de se répandre, par exemple quand le gouvernement parle de l’« ordre républicain », ou des « tenues républicaines » à l’école… Le Larousse offre plusieurs définitions de cet adjectif, mais elles ne font pas référence à ce mélange d’égalité, de centralisme et d’autoritarisme ! Je crois que c’est un dévoiement de la République, et je reste fortement attaché au pluralisme. Benjamin Constant, grand libéral que j’aime beaucoup, disait : « Mieux vaut l’erreur libre que la vérité imposée. »

Que pensez-vous du projet de loi contre les « séparatismes » ?
Rappelons que ce mot était utilisé, dans les années 1900, par les responsables religieux pour dénoncer la séparation… de l’Église et de l’État ! Historiquement, la religion la plus accusée de séparatisme est le judaïsme : les Grecs justifiaient les pogroms d’Alexandrie, en 38 après J.-C., par le fait que les juifs vivaient à part. Puisqu’on veut lutter contre la violence djihadiste, je crois qu’il faut nommer clairement la cible, sans discriminer l’ensemble d’une religion. Parler de « renforcer les principes de laïcité » me paraît très vague… Le contrôle des mosquées, la suspension des financements étrangers me semblent des initiatives censées. Quant à l’enseignement de l’arabe, j’y suis très favorable. C’est une grande langue. Je l’ai moi-même apprise au lycée, après y avoir été sensibilisé par mes mois d’été passés en Algérie, où mon père a été coopérant durant trois ans. J’ai une vieille passion pour les langues. J’en ai étudié une quinzaine et encore aujourd’hui, quand je m’ennuie, j’ouvre une grammaire étrangère…

 

FRANÇOIS HÉRAN EN QUELQUES DATES
1953

Naissance à Laon (02).
1976-1979
Chercheur à la Casa de Velázquez, Madrid.
1979-1980
Ethnologue en Bolivie.
1980
Entrée à l’Ined et responsable d’enquêtes à l’Insee.
1999-2009
Directeur de l’Ined.
2017
Élu au Collège de France.

 

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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