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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Les Observateurs - Maëva Poulet - 23/10/2020

La route migratoire des Canaries, empruntée par des dizaines de milliers de migrants dans les années 2000, semble redevenir une porte d'entrée en Europe. Depuis plusieurs mois, sur la côte sénégalaise, des départs à bord de longues pirogues de pêche traditionnelles s’organisent. Nos Observateurs expliquent que ces départs touchent principalement des pêcheurs, désemparés face à la raréfaction des ressources halieutiques, et des jeunes frappés par la crise liée à la pandémie de Covid-19.

Le phénomène n’est pas nouveau et rappelle à beaucoup la "crise des Cayucos" de 2006 à 2008. À cette époque, près de 40 000 personnes avaient débarqué à bord d’embarcations de pêche sur l'archipel espagnol des Canaries. L’année 2006, lors de laquelle plus de 31 000 arrivées avaient été comptabilisées, est particulièrement restée dans les mémoires en Espagne, mais aussi au Sénégal.

Non loin de Dakar, à Thiaroye-sur-mer, le drame des disparus en mer et l’expérience malheureuse de certains jeunes rapidement renvoyés au Sénégal, avaient abouti à la création l’année suivante, en 2007, de l’Association des jeunes rapatriés (Ajrap), pour prévenir et lutter contre les départs illégaux.

"Ce sont les pêcheurs d'ici qui s'en vont, ils n'ont plus de poissons"

Mais ces dernières semaines, le phénomène du "Barça ou Barsakh" ("Barcelone ou la mort"), poussant des jeunes à prendre la mer pour l’Espagne, repart à la hausse. Entre mi-septembre et mi-octobre, plus de 400 migrants ont été interceptés par la gendarmerie nationale sénégalaise.


Ces arrestations, et les vidéos montrant de jeunes hommes à bord de pirogues traditionnelles de pêche en route pour les Canaries qui circulent sur WhatsApp, donnent à Moustapha Diouf, président de l’Ajrap, un air de déjà vu.

Le 21 octobre, le sauvetage de 580 migrants au sud de l'île de Grande Canarie a porté à environ 2 600 le nombre de personnes arrivées par bateau au niveau de l’archipel en sept jours. C'est presque autant que sur toute l'année 2019, durant laquelle 2 698 migrants sont entrés aux îles Canaries.

Si les Sénégalais ne représentent pas la majorité des arrivants aux îles Canaries, et si de nombreux départs s’effectuent aussi depuis le Maroc ou la Mauritanie, ce phénomène migratoire connaît au Sénégal une "recrudescence" selon Moustapha Diouf :
 
Ce qu'il se passe ne m'étonne pas. Cela fait des années que je dis sur tous les médias du monde que des pirogues repartiront parce qu’ici, les gens sont fatigués. Même si le trajet depuis Dakar fait plus de 1 400 km. Ça ne va pas s’arrêter tant qu’il n’y aura pas de projets pour nos jeunes. Il y a toujours eu des départs organisés depuis Thiaroye-sur-mer. Entre 2006 et 2019, le phénomène n'a pas cessé : des pirogues partaient, notamment pour le Maroc, avec des jeunes venus d’un peu partout au Sénégal. Ce que l'on voit en 2020, c'est que ce sont surtout les pêcheurs d’ici qui s’en vont pour les îles Canaries parce qu'ils n'ont plus de poissons à pêcher. Des bateaux internationaux sont au large et nous pillent. Les gens sont pauvres. Je pense que dans les trois prochains mois, il y aura d'autres départs. Et cette fois la mer sera moins calme [à cause des conditions météorologiques moins favorables, NDLR].
 

Carte Google maps avec calcul de la distance entre Dakar et l'île de Grande Canarie à vol d'oiseau.

Ces derniers mois, les candidats à l’immigration ont profité de la période de l'hivernage, pendant laquelle la mer est plus calme, pour se lancer à l’aventure. Dans l’une des vidéos partagées dans des groupes WhatsApp au Sénégal, un homme filme la pirogue bondée sur laquelle il se trouve. La côte qui se dessine au large et le bateau rouge de la marine espagnole qui les suit indiquent que l’embarcation arrive au niveau des îles Canaries. Deux d’entre eux appellent alors les jeunes sénégalais à les rejoindre en montrant "comme la mer est calme".
 
Captures d'écran d'une vidéo qui circule sur WhatsApp (la rédaction des Observateurs ne la publie pas pour ne pas exposer les personnes qui apparaissent sur les images). Plusieurs sources ont indiqué que ces jeunes sont partis de M'bour entre septembre et octobre. On peut les entendre expliquer qu’ils sont presque arrivés en Europe : "Voilà les montagnes de l'Espagne, et la marine espagnole. Regardez la mer comme elle est calme. Venez, tous les jeunes Sénégalais, trouvez la paix. Il n'y a qu'une zone dangereuse de 50 km sur tout le trajet."
 
 

"Vous pouvez dire aux jeunes de rester. Mais ils vont vous répondre : 'et comment on survit ?'"

L’inquiétude de Moustapha Diouf quant au lien entre la récente multiplication des départs et la raréfaction des ressources halieutiques est partagée par Mor Mbengue, membre de la Plate-forme des acteurs de la pêche artisanale du Sénégal (Papas), coordinateur du Conseil local de la pêche artisanale (CLPA) et secrétaire général de l'association des jeunes rapatriés d'Espagne de Kayar :
 
À Kayar, on a vu plus de 100 jeunes partir en moins de deux mois. Certains ont été interceptés par la police. Mais ils vont repartir. On voit même des capitaines de pirogues qui s'en vont. C'est dur de tourner le dos à la mer, et ça a longtemps été considéré comme une honte. Mais aujourd'hui, nous avons la mer sans les poissons. Vous pouvez dire aux jeunes de rester. Mais ils vont vous répondre : "et comment on survit ?"

Dans la presse sénégalaise, le 21 octobre, des membres de l’Union régionale de la pêche artisanale (URPAS) de Saint-Louis ont également pointé "le pillage des océans par des navires étrangers" comme la cause des départs de jeunes vers l'Europe.


Une crise de confiance dans les communautés de pêche

Le sujet est au cœur de l’actualité. Le 9 octobre, l’ONG Greenpeace a dénoncé dans un rapport l’attribution non-transparente de licences de pêche à des navires industriels étrangers, qui surexploitent les ressources sénégalaises.

"La promotion de notre rapport dans les zones de pêche a coïncidé avec la reprise des départs. Les pêcheurs ne sont plus seulement les convoyeurs, mais ce sont aussi les passagers des pirogues qui quittent le Sénégal. Certains vendent leurs matériels de pêche pour aller aux îles Canaries", explique Abdoulaye Ndiaye, chargé de campagne à Greenpeace Afrique.

Selon lui, une perte de confiance envers les autorités s’observe dans les communautés de pêche, où les dernières campagnes ont été marquées par une faible rentabilité : "beaucoup de pêcheurs se sont endettés pour partir en mer et ont dû se cotiser pour payer le carburant". La situation est d’autant plus difficile à vivre qu’ils "constatent la présence de plus en plus importante de navires industriels, alors même que depuis 2012, le nombre de pirogues artisanales est limité pour faire face à la raréfaction des ressources halieutiques", poursuit Abdoulaye Ndiaye.

Greenpeace demande à ce que le gouvernement sénégalais publie la liste des navires de pêches industriels autorisés à pêcher dans la zone économique exclusive (ZEE) du Sénégal. En attendant, selon Abdoulaye Ndiaye, "la polémique enfle et les vidéos des jeunes qui arrivent aux Canaries font tâche d'huile".

Captures d'écran d'une vidéo envoyée par Moustapha Diouf à la rédaction des Observateurs de France 24 le mercredi 21 octobre
(la rédaction des Observateurs ne la publie pas pour ne pas exposer les personnes qui apparaissent sur les images).
Selon Moustapha Diouf, ces jeunes sont partis de Thiaroye-sur-mer aux alentours du 16 octobre.

Les facteurs de départ se superposent les uns aux autres, accentués par la pandémie de Covid-19. "Beaucoup de secteurs en ont souffert, celui de la pêche mais pas que : les petits commerces devant les maisons et les activités informelles ont été ralenties", a précisé à notre rédaction Ameth Ndiaye, secrétaire général de l'association des jeunes rapatriés de Thiaroye-sur-mer.

Avec son président, Moustapha Diouf, il répète depuis plusieurs années que les solutions se trouvent dans la formation professionnelle et le financement de campagnes de sensibilisation. En 2019, grâce à des partenariats noués notamment avec Caritas, l’association avait réussi à former des jeunes aux métiers de la transformation alimentaire et de la couture. "Il faut nous écouter et nous appuyer", insiste Moustapha Diouf.
 
 
 

"À Saint-Louis, on a vu des projets de coopération se mettre en place pour favoriser l’insertion économique et sociale des jeunes"

À Saint-Louis, Petit Ndiaye, blogueur et responsable de communication, veut rester positif. Malgré les récents départs, il note la mise en place de nombreux projets qui, selon lui, vont dans le bon sens :
 
J'ai fait partie du Comité de pilotage des jeunes de Saint-Louis dans la lutte contre le Covid-19, créé à l'initiative du maire du Saint-Louis. Nous faisions le tour des quartiers pour faire de la prévention sur la maladie et nous en avons profité pour organiser des discussions autour des dangers de l'immigration clandestine. Il faut en parler aux jeunes hommes qui partent mais aussi à leurs familles, leur entourage, car la pression sociale est forte. À Saint-Louis, on a vu des projets de coopération se mettre en place pour favoriser l’insertion économique et sociale des jeunes. La commune aide les pêcheurs à se reconvertir dans d'autres secteurs comme la mécanique, le commerce, ou encore l'agriculture. Il y a également des projets mis en place pour les femmes et les jeunes diplômés. Ce sont des solutions essentielles.


 
Pour faire face aux conséquences économiques de la pandémie de Covid-19, le président Macky Sall a lancé un programme de relance de 22 milliards d'euros. Ce "plan d’attaque économique" devrait inclure une série de réformes dans des secteurs fondamentaux comme l’agriculture, le tourisme ou encore la santé.
 
Jeudi 1er octobre, le ministre des Affaires étrangères, Amadou Ba, s'est quant à lui exprimé devant les ambassadeurs de l'Union européenne. Il a assuré que le Sénégal travaillait à ce que les "migrations régulières puissent être encouragées", tout en combattant les migrations irrégulières.
 

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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