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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : InfoMigrants - Emma Wallis - 16/10/2020

Début octobre, un avion Airbus en provenance de Londres atterri à Rennes. A son bord, une seule personne, un demandeur d’asile expulsé du Royaume-Uni dans le cadre du règlement de Dublin.

Certains journalistes ont dû faire de grand yeux à l’aéroport de Rennes, en ne voyant qu’une seule personne descendre d’un vol charter en provenance de Londres. 

Cet épisode étonnant s’est déroulé le premier octobre. Selon des journaux français et la chaîne de télévision britannique Channel 4 News, l’homme qui est sorti de l’avion est un migrant de 27 ans qui dit s’appeler Ismail et venir du Soudan. "Un jumbo jet, une flotte de bus et un staff de plusieurs dizaines de personnes - uniquement pour expulser une personne qui n’a plus le droit de séjourner au Royaume-Uni vers la France", peut-on lire sur le site de Channel 4. Channel 4 website.

Règlement de Dublin

Ismail a été expulsé dans le cadre du règlement de Dublin. Une personne qui a déjà demandé l’asile dans un autre pays de l’UE est ainsi renvoyé vers ce pays pour y poursuivre la procédure.

 

 

Selon les autorités françaises, Ismail n’est pas originaire du Soudan mais du Tchad. L’homme avait déjà épuisé les recours en France et été notifié de son obligation de quitter le territoire français en 2019.

Selon le site d’information 20 Minutes, Ismail est désormais assigné à résidence dans un petite ville d’Ille-et-Vilaine pendant que les autorités préparent son expulsion vers le Tchad. 

Son avocat, Francois Tuyaa-Boustug, a expliqué à 20 Minutes que cette décision d’obligation de quitter la France est basée sur de fausses informations, à savoir sur le fait qu’Ismail serait Tchadien. "Ismail est Soudanais, il le clame depuis le départ".

 

L’avion avec seulement Ismail à son bord décolle de l’aéroport de Gatwick, le 1er octobre. | Source : Capture d’écran Channel 4 News
L’avion avec seulement Ismail à son bord décolle de l’aéroport de Gatwick, le 1er octobre. | Source : Capture d’écran Channel 4 News

 

Toujours selon 20 Minutes, Ismail est arrivé au Royaume Uni sur une petite embarcation et a été immédiatement intercepté par les autorités britanniques. 

Channel 4 a évalué le coût d’un tel vol du Royaume-Uni vers la France "aux alentours de 30.000 livres", soit près de 33.000 euros. Le Home Office, qui est le ministère britannique de l’Intérieur, se refuse cependant à confirmer la somme payée pour ce vol charter. 

Selon une interview de la chaîne avec un ancien responsable du Home Office, le ministère a dépensé en un seul trimestre près de 250 millions de livres sur des vols charter, dont "aucun n’a finalement décollé".

Pour le gouvernement et la secrétaire d’Etat à l’Intérieur Priti Patel, les "avocats de gauche" sont responsable des avions cloués au sol et du si faible nombre de migrants effectivement expulsés, parce qu’ils posent des recours en justice à la dernière minute pour bloquer la procédure. 

Critiques malhonnêtes 

L’avocat Toufique Hossain, qui travaille pour le cabinet Duncan Lewis au Royaume Uni a assisté la plupart des autres migrants, surtout des Yéménites, qui devaient à l’origine prendre ce vol charter vers Rennes. Il estime que les critiques du gouvernement sont malhonnêtes. 

Il a expliqué a Channel 4 que le caractère in extremis de la plupart de ces recours est dû au fait que les migrants censés être expulsés n’accèdent à un conseiller juridique que dans les tous derniers jours avant le décollage des vols.

"Il est peu après 2 heures du matin… trois minibus arrivent au centre de détention Brook House à proximité de l’aéroport de Gatwick. Ils sont ici pour expulser un groupe de migrants qui ont traversé la Manche cette année", raconte le journaliste Paraic O’Brien dans son reportage pour Channel 4.

L’expulsion d’une partie des plus de 7.000 personnes à avoir traversé la Manche cette année est "une pierre angulaire" de la politique d’immigration de Priti Patel, précise le reporter. Il affirme que la secrétaire d’Etat espère expulser "au moins 1.000 migrants de cette manière d’ici la fin de l’année". Sur ce vol charter vers Rennes, le nombre de passagers aurait dû être de 30.

 

Après quelques heures passées au commissariat de police, Ismail reçoit les instructions pour son hébergement par une ONG locale | Source : Capture d’écran Channel 4 News
Après quelques heures passées au commissariat de police, Ismail reçoit les instructions pour son hébergement par une ONG locale | Source : Capture d’écran Channel 4 News

 

Brook House est géré par l’entreprise Serco. Celle-ci a un contrat "estimé à 200 millions de livres" avec le Home Office pour gérer les centres de détention de migrants. Les bus servant à transporter les migrants de ces centres vers l’aéroport appartiennent à une autre compagnie du nom de Mitie. Selon Channel 4, ce contrat pèse "525 millions de livres".

L’avion qui a servi à cette expulsion est "un grand Airbus, qui a une capacité de 200 passagers", note le reporter britannique. Selon Channel 4, Ismail a quitté le Soudan à 18 ans. Il a voyagé au Chad, puis en Libye, en Italie, en France et finalement au Royaume Uni. 

Des journaux français affirment qu’il a vécu dans la rue et dans la "jungle" de Calais avant de réussir à passer la Manche. 

"Je retournerai au Royaume-Uni"

Dans le reportage, on voit Ismail parler au téléphone. Il explique qu’il a trouvé un avocat pour faire appel de son expulsion et que si cela ne fonctionne pas, dit-il, "je retournerai au Royaume-Uni".

La chaîne a demandé au Home Office pourquoi Ismail a été la seule personne à bord du vol. Dans sa réponse écrite, le gouvernement insiste sur son respect du règlement de Dublin et sur les recours en justice de dernière minute. 

Ces derniers arrivent souvent "quelques heures avant le vol prévu". Pour le Home Office, "ces appels sont très souvent sans fondements et sans valeur mais reçoivent toute l’attention juridique requise , ce qui conduit à reprogrammer l’expulsion". 

 

Le Home Office pointe les recours en justice formulés peu avant le départ des vols d’expulsion pour expliquer cette affaire.  | Capture d’écran Channel 4 News
Le Home Office pointe les recours en justice formulés peu avant le départ des vols d’expulsion pour expliquer cette affaire. | Capture d’écran Channel 4 News

 

David Wood a été responsable de l’immigration au Home Office entre 2013 et 2015, lorsque l’ancienne Première ministre Theresa May était encore secrétaire d’Etat à l’Intérieur. 

Sur Channel 4, il estime que faire décoller un vol charter avec une seule personne à bord n’est pas une manière appropriée d’utiliser l’argent public, même si les recours en justice sont nombreux et que beaucoup de personnes finissent pas ne pas embarquer.

Selon David Wood, "le vol aurait normalement du être annulé". Pour Channel 4 News, le Home Office passe pour une administration qui veut véhiculer "un message de fermeté sur l’immigration, mais sans avoir de résultats efficaces". 

Ce message de fermeté, "nous l’avons vu avec les migrants traversant la Manche", note David Wood. "Nous l’avons vu récemment avec l’idée de faire monter des demandeurs d’asile sur des bateaux pour les envoyer sur différentes îles dans le monde. Je pense que ce sont vraiment des suggestions irréalistes qui affichent une fermeté mais ne pourraient probablement jamais être mises en place."

 

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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