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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Le monde - Julia Pascual - 12/11/2020

La classe politique est prolixe sur le rapport entre attentats et contrôle des frontières. La corrélation est pourtant ténue, selon les chercheurs.

Terrorisme et immigration. Depuis plusieurs jours, les deux mots se mêlent dans les discours politiques. Mardi 10 novembre, un mini-sommet européen virtuel s’est tenu pour muscler la réponse au terrorisme, après les récents attentats en France et en Autriche. Il a notamment été question de renforcer les contrôles aux frontières. « Il est urgent et crucial de savoir qui entre et qui sort », a défendu la chancelière allemande, Angela Merkel. « Nous avons des milliers de combattants terroristes étrangers qui ont soit survécu aux combats en Syrie, en Irak (…) et sont revenus, soit qui n’ont pas pu partir parce qu’ils ont été arrêtés. (…) Ce sont des bombes à retardement », a averti le chancelier autrichien, Sebastian Kurz. Emmanuel Macron a, quant à lui, dénoncé « le dévoiement du droit d’asile ».

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En France, les trois dernières attaques terroristes ont été le fait de ressortissants étrangers, aux profils très différents. C’est un Pakistanais de 25 ans, en France depuis trois ans, qui a blessé deux personnes à coups de hachoir, vendredi 25 septembre, devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, à Paris, pour « venger le Prophète » ; c’est un Russe de 18 ans et d’origine tchétchène, réfugié en France depuis son enfance, qui a assassiné le professeur du collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), Samuel Paty, le 16 octobre ; c’est un Tunisien de 21 ans, sur le territoire depuis moins de quarante-huit heures, qui a tué trois personnes dans la basilique de Nice, le 29 octobre.

« Le problème de l’immigration et son contrôle doit être posé », a réagi sur RTL, le 30 octobre, le président du parti Les Républicains, Christian Jacob. « Le lien entre terrorisme et immigration est évident », avait aussi affirmé, le 17 octobre, Thierry Mariani, député européen du Rassemblement national (RN). Une idée largement rebattue par la présidente du RN, Marine Le Pen, depuis plusieurs années. Au sein du gouvernement, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a multiplié ces dernières semaines les visites en Tunisie, au Maroc ou en Algérie, pour obtenir des autorités de ces pays qu’elles reprennent certains de leurs ressortissants en situation irrégulière et soupçonnés de radicalisation. Tandis que M. Macron, en déplacement le 5 novembre à la frontière franco-espagnole, a annoncé un renforcement des contrôles. « Il ne faut en rien confondre la lutte contre l’immigration clandestine et le terrorisme, mais il nous faut regarder lucidement les liens qui existent entre ces deux phénomènes », a dit de nouveau le chef de l’Etat mardi.

Phénomène endogène

Ces propos suscitent un certain malaise, notamment au sein du secteur associatif, en contact direct avec les migrants. « On a une double crainte, explique Laurent Giovannoni, responsable du département accueil et droits des étrangers au Secours catholique. C’est de voir des responsables politiques s’engouffrer dans cette brèche populiste des simplifications outrancières et des amalgames excluants, et faire des propositions qui tendent à fragiliser les droits fondamentaux comme l’asile ou le regroupement familial. On craint aussi que ce débat public délétère amène à renforcer les craintes sur l’islam et le rejet des personnes d’origine étrangère. Il y a un vrai danger pour la cohésion sociale. »

Qu’en est-il réellement du couple que formeraient immigration et terrorisme ? La parole politique est aussi prolixe que la matière scientifique est rare sur le sujet. C’est une question « embarrassante », confie Jean-Baptiste Meyer, sociologue à l’Institut de recherche pour le développement et auteur d’un article sur « Le lien entre migration et terrorisme. Un tabou à déconstruire », paru en 2016 dans la revue Hommes & Migrations. « Dans la communauté des spécialistes des migrations, dit-il, on hésite à évoquer directement ce sujet, de crainte que les personnes xénophobes surfent dessus pour porter l’opprobre sur l’ensemble de la population immigrée. » Dans son article, M. Meyer a recensé le profil des auteurs d’attentats terroristes en France de janvier 2012 à août 2016. Et observe que l’écrasante majorité sont de nationalité française.

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Un constat qu’a d’ailleurs rappelé Gérald Darmanin, à propos des attaques depuis 2015 : « Sur les 30 derniers terroristes confondus pour des actes commis sur notre sol, 22 étaient français, 8 seulement étrangers », a-t-il répété auprès de plusieurs médias. Le Centre d’analyse du terrorisme (CAT) s’est aussi penché sur ces profils depuis 2012. Et tire la même conclusion. « Sur 29 auteurs, il y a 62 % de Français et si on élargit aux tentatives d’attentats, on double le nombre d’auteurs et on est à 67 % de Français », avance Jean-Charles Brisard, le président du CAT, selon qui « il n’y a pas de lien entre immigration et terrorisme. Nous sommes face à un terrorisme essentiellement endogène, conçu et exécuté dans le pays d’origine, a fortiori depuis l’affaiblissement de l’Etat islamique ».

« Je ne pense pas que la surenchère républicaine et sécuritaire avec des démonstrations aux frontières permette de s’approcher d’une solution, appuie Christophe Bertossi, directeur du Centre migrations et citoyennetés de l’Institut français des relations internationales. Les politiques migratoires ne peuvent pas devenir une politique de sûreté nationale. Cela voudrait dire que la violence est importée dans la société française. Or, la problématique est davantage que la société française produit cette violence. » D’autres données étayent ce constat. « En 2019, poursuit M. Brisard, 88 étrangers étaient détenus en France pour terrorisme en lien avec la mouvance islamiste, soit 18 % du total. Les binationaux sont, quant à eux, au nombre de 42, soit environ 8 % du total. »

Malaise surdéterminant

Si l’on s’intéresse au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), qui comprend plus de 20 000 personnes – toutes ne résidant pas en France –, M. Darmanin a récemment révélé que 4 111 d’entre elles étaient étrangères, dont 851 en situation irrégulière sur le territoire, soit respectivement moins du quart et à peine 4 %. Autre donnée intéressante, soulignée par le CAT : « Entre 20 % et 25 % des personnes fichées au FSPRT ou parties en Syrie ou en Irak sont des Français convertis à l’islam. Et ils représentent plus de 40 % des personnes impliquées dans des attentats, tentatives et projets d’attentats depuis 2018. »

Une tendance qui augmente. C’est le cas, par exemple, de Michaël Chiolo, converti à l’islam en 2010 et qui a agressé au couteau deux surveillants de la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne) en mars 2019. Ou, quelques mois plus tard, de Mickaël Harpon, qui a tué quatre de ses collègues à la Préfecture de police de Paris. Ou encore de Nathan Chiasson, qui a mortellement atteint au couteau une personne à Villejuif (Val-de-Marne), le 3 janvier. Dans ses travaux, Jean-Baptiste Meyer avait toutefois noté qu’entre 2012 et 2016, « la plupart des auteurs d’attaques terroristes sont des ressortissants français d’origine étrangère ». Le sociologue y décèle un « malaise social, culturel et générationnel » qui « surdétermine la radicalisation ». « Quand on regarde ces profils, on constate des dérives individuelles, existentielles. Ça ne veut pas dire, outre ces phénomènes pathologiques, qu’il n’y a pas de causes sociales profondes. »

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Nombreux sont les chercheurs qui décryptent les ressorts du terrorisme. A l’image de Fethi Benslama, psychanalyste franco-tunisien et spécialiste du fait religieux, qui analyse les « tourments identitaires » de certains jeunes réceptifs aux discours radicaux de prédicateurs. Il regrette la « démagogie politique » qui se manifeste ces derniers jours comme le cache-misère d’une forme d’« ignorance ». « Beaucoup d’hommes politiques ne lisent pas la recherche, alors que les sciences humaines ont sillonné ces sujets », insiste-t-il.

Cette recherche se heurte, cependant, à une limite statistique. « Le terrorisme est un phénomène rare, rappelle Alex Nowrasteh, économiste et directeur des études migratoires du think tank libertarien américain CATO. En 2020, en France, sept personnes en sont mortes. Une personne a une chance sur 9,3 millions d’être tuée par le terrorisme chaque année. Si on fait une moyenne à long terme, entre 1975 et 2020, ce risque est d’une chance pour 5,3 millions chaque année. C’est pour ça qu’il est difficile de dire quoi que ce soit qui ait du sens statistiquement. »

Dans une étude parue en 2019, intitulée « Do Immigrants Import Terrorism ? » (« les migrants importent-ils le terrorisme »), M. Nowrasteh se penche, avec trois autres économistes, sur les données de 174 pays entre 1995 et 2015. « Nous n’observons aucune association significative entre la part des migrants dans un pays et une activité terroriste », écrivent-ils. En revanche, « le principal corrélat de l’activité terroriste est toujours l’implication d’un pays dans un conflit armé, interne ou international ». D’où leur conclusion, sans appel : « Des restrictions à l’immigration inspirées par la peur du terrorisme sont mal orientées. »

 

 

Vite dit

06/06/2022 - Archarnement administratif, ca suffit !

« Comment peut-on croire qu'on sera plus heureux en faisant du mal à d'autres ? » (Hervé le Tellier – L'anomalie)

Ce mardi 7 juin 2022, Gideon est convoqué au tribunal judiciaire de Toulouse. Combien de juges a-t-il vu depuis le jour où il a été interpellé au commissariat de Pamiers ?

Au moins 7.

Le 3 mai, ce jeune gabonais de 18 ans, a été placé au centre de rétention de Cornebarrieu pour un vol prévu le 4 mai vers Libreville. Ce placement rendu possible par la loi (Article L 740-1 CESEDA) a été concrétisé par la préfecture de l'Ariège.

Il a refusé d'embarquer car toute sa famille vit en France de manière régulière. Il est scolarisé au lycée de Lavelanet et n'a plus du tout d'attache au Gabon.

Le 5 mai, le juge de la liberté et de la détention (JLD) décide de la prolongation de sa rétention (Article L742-3 CESEDA) permettant ainsi à l'administration d'organiser un nouvel 'éloignement'.

C'est le 27 mai qu'aura lieu cet 'éloignement' mais cette fois avec des techniques coercitives musclées (GTPI). Monté de force dans l'avion, Gidéon sera ligoté et molesté jusqu'au moment où le commandant de bord exigera son débarquement.

Mais s'opposer à son expulsion est un délit. Gidéon passera le soir même devant le procureur en CRPC (Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité) et sera puni d'une peine de prison de 3 mois avec sursis et 5 ans de mise à l'épreuve.

A 100 km de Toulouse, la préfète de l'Ariège reste inflexible : Gidéon doit rester enfermé pour être expulsé.

Le 2 juin, la juge JLD rendra un avis légèrement plus conciliant en lui permettant de rejoindre famille mais en l'obligeant à signer tous les jours au commissariat.

La préfecture de l'Ariège n'a pas apprécié cette décision. Elle a fait appel et l'audience aura lieu ce mardi 7 juin à 9h45 au palais de justice de Toulouse.

Si vous venez à cette audience, vous ne verrez pas le ou la signataire de cet appel. Il ou elle se fera représenter par un ou une porte-parole bien obéissant.e.

On sait qu'un nouveau vol a été demandé par la préfecture et si Gidéon le refuse, il risque cette fois 3 ans d’emprisonnement et une interdiction du territoire de 10 ans.

Depuis ses 18 ans, Gidéon vit sous la menace d'une arrestation, d'une expulsion !

Ce 6 juin, c'est son anniversaire. Il a 19 ans.

 

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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