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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : France culture - Chloé Leprince - 9/11/2020

En 1938, une loi créait les “étrangers indésirables”, qu’on pouvait enfermer au nom du seul danger potentiel. En 1939, des dizaines de milliers d’Espagnols fuyant Franco étaient parqués, puis internés dans les camps du Sud de la France. Depuis Rivesaltes, retour sur 70 ans d’histoire de France.

Cet automne, les archives départementales des Pyrénées-Orientales ont annoncé l’ouverture massive d’un fond d’archives très important, désormais accessible à tous, depuis n’importe quel ordinateur personnel : une base de données numérisée, qui donne accès au sort de 60 000 personnes parmi les prisonniers internés aux camps de Rivesaltes et Argelès-sur-Mer, entre 1939 et 1942. Cet accès sans équivalent à l’histoire de ces lieux d’enfermement à une dizaine de kilomètres de Perpignan intervient alors que les demandes de consultation étaient de plus en plus nombreuses : les archives reçoivent aujourd’hui jusqu’à trois cents requêtes par an. 

Ces sollicitations affluent du monde entier, car de nombreuses trajectoires, et autant de nationalités, ont transité par ces 600 ha de baraques de fortune aux latrines infâmes. Certains ont survécu, d’autres sont morts sur place ou ont été assassinés en déportation en Allemagne. Tous comptent aujourd’hui des parents et des descendants, dispersés sur le globe terrestre, qui parfois cherchent à présent à reconstituer le fil tenu de ces trajectoires qui croisent histoire et mémoire.

Parfois, l'espoir est vain : le fichier mis en ligne compte quelque 90 000 fiches cartonnées au total, numérisées au terme d’un travail de fourmi d’une quinzaine d’années. Mais il est parcellaire, et souffre de trous inexorables : ainsi, toute la première partie de la Retirada, du nom de l’exil des Républicains espagnols fuyant le franquisme triomphant, est parti par pertes et profits à la Libération. Ceux qui chercheront aujourd'hui un nom, et un parcours pour en savoir plus sur ces visages gravés sur la pellicule en seront hélas pour leurs frais. Malgré tout, l’accès inédit à ces dizaines de milliers de fiches, et autant de traces d’histoires personnelles enchâssées dans une histoire collective, est un pas de géant alors que ces vies sont, longtemps, demeurées dans un silence assourdissant, faute d’accès aux sources et de volonté politique.

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Février 1939 : le camp Joffre change de vocation et devient le camp des indésirables. On a perdu la trace archivistique des tous premiers premiers prisonniers de la Retirada mais quelques images, dont celle-ci, nous laissent des visages. Crédits : Universal History Archive - Getty

Lorsque le dessinateur Aurel est venu sur France Culture raconter les prémices de son film Josep, consacré au destin de Josep Bartoli et de plusieurs milliers d’anonymes qui, à la fin des années trente, ont fui l’Espagne franquiste pour finir, parqués, dans des camps français des Pyrénées-Orientales, il a raconté avoir d’abord trouvé très peu d’images pour se figurer ce pan d’histoire. Une absence d’images qui a longtemps entouré non seulement la mémoire de la Retirada, mais aussi toute l’existence de ces camps français qui ont vu le jour en 1939 avant d'être regroupés sur un terrain où l’armée avait d’abord songé installer ses garnisons. Ont longtemps manqué les images tout court, réelles comme ces dessins du carnet du républicain Josep Bartoli ou la poignée de clichés découverts dans la “valise mexicaine” de Robert Capa et Gerda Taro. Mais aussi les images mentales, et les représentations explicites et métabolisées, d’une réalité longtemps restée tapie dans l’ombre d’une histoire que la France ne regardait guère.

Sorti peu de temps avant le reconfinement si bien que le plus grand nombre d’entre nous le découvrira désormais en vidéo, Josep ajoute aujourd’hui les images d’Aurel à celles de Bartoli lui-même, que vous pourrez retrouver aussi dans La Retirada, un livre sorti chez Actes Sud il y a déjà dix ans, pour les 70 ans de l’exil espagnol - et, au fond, une claque visuelle dont vous pouvez par exemple (re)découvrir les traits à l'occasion de ce portrait

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Mais la temporalité de la fabrication du film nous montre aussi tout le chemin parcouru : lorsque le dessinateur a commencé à travailler à son projet, le mémorial de Rivesaltes n’existait pas encore. Il a vu le jour en 2015. Une étape essentielle pour documenter l’histoire de ce que les historiens Nicolas Lebourg et Abderahmen Moumen ont nommé “le camp de la France”. C’est le titre de leur livre, paru justement cette année 2015. Docteurs depuis dix ans l’un comme l’autre, aucun d'eux n’avait pourtant fait sa thèse sur “Rivesaltes”, comme on dit aujourd’hui pour saisir le destin de ce petit archipel de camps rapidement centralisé dans les baraquements en dur de l'ancien site de garnison. En somme, une histoire de France à tiroirs, dont le détail déborde largement celle de la Retirada des Républicains espagnols. Après eux, ce sont les Juifs et les Tsiganes de Zone libre sous Vichy, puis les collaborateurs à la Libération, et les harkis, abandonnés par la France après avoir traversé la Méditerranée à la fin de la Guerre d’Algérie où ils avaient servi de supplétifs à l’armée française, qui y seront accueillis jusqu’au départ des toutes dernières familles, en 1977. Encore que “accueillis” soit un terme bien trop euphémistique pour l’expérience d’un séjour au camp. De l’ancien site militaire grand comme soixante fois Paris, l’Etat fera brièvement (et contre l'avis du préfet, sollicité sur la délicatesse de la destination), un CRA (Centre de rétention administrative, pour les étrangers en situation irrégulière) avant de laisser la garrigue reprendre ses droits entre ces murs bien chargés.

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Le 7 février 1939, des réfugiés espagnols affluent par centaines dans les rues d'Argeles-sur-Mer à Collioure. Crédits : APIC - Getty

Un fichier aux ordures

Longtemps, il n’y eut que peu de recherches académiques à fouiller directement l’histoire du site. Quand Anne Boitel consacrait, en 2000, un mémoire de maîtrise à la fac de Perpignan au sort des Juifs à Rivesaltes en 1941 et 1942, très peu d’ouvrages étaient encore disponibles, même si la liste des 2 300 Juifs enfermés sur place avait par exemple fait l’objet d’une publication au début des années 1990. Aujourd’hui au cœur de plusieurs travaux de doctorants, récemment soutenus, ou encore en cours, l’histoire de Rivesaltes gagnera encore à l’accès libre au fichier d’archives décidé en septembre 2020, ce qui pourra permettre d’arpenter, depuis les inventaires désormais accessibles en ligne, des angles morts. Car longtemps, l’absence de travaux et les difficultés d’accès aux sources parcellaires, éparses et fragiles, ont coïncidé. Au milieu des années 1990, une partie du fichier des Juifs internés au camp avait même carrément fini à la benne. On pouvait y lire le nom d’un millier de Juifs passés entre le 15 avril et le 24 décembre 1942 par cette gare de triage devenue antichambre des camps de la mort. La plupart y figurent, classés par nationalité, et parfois, inscrits sur des listes qui distinguaient entre ceux qui partaient pour Drancy, et ceux qui étaient fléchés pour y échapper - au moins momentanément. D’autres documents en partance pour la déchetterie renseignaient encore des bribes de la trajectoire d'étrangers en situation irrégulière qui transitèrent, eux aussi, par le camp à cette époque, dans l’entrelacs de ces pans d’histoire encore largement à excaver à l’époque.

En 1997, on trouvait encore tout au plus, sur place, une stèle érigée à la mémoire des Juifs déportés du camp de Rivesaltes vers Auschwitz, inaugurée en 1994, avant une autre, pour les harkis, en décembre 1995. Il faudra attendre cinq années de plus et 1999 pour voir sortir de terre une autre plaque, cette fois en hommage aux Républicains espagnols. Sauvé in extremis avant sa destruction et rendu public dans la presse locale, le fichier des prisonniers juifs de 1942 avait regagné les archives départementales, mais l’idée, tellement saisissante, qu’on ait pu seulement imaginer s’en débarrasser accélère le travail de mémoire. Et le rend surtout incontournable. C’est dans la foulée que l’idée de créer un Mémorial de Rivesaltes redouble d’ardeur. Elle doit beaucoup au travail de mobilisation de deux locaux, Claude Delmas et Claude Vauchez, et d’un relais important trouvé auprès de Serge Klarsfeld qui, dès 1978, avait cherché à viraliser la liste des déportés juifs du camp qui semblait sombrer dans l’oubli.

Vingt ans plus tard, une pétition d’ampleur nationale voit cette fois le jour, tandis que, sur place, dans les Pyrénées-Orientales, un élu socialiste part en campagne et décide de militer pour la création d’un lieu de mémoire ambitieux. C’est Christian Bourquin, qui remporte la présidence du Conseil départemental en 1998, et bientôt prendra la tête de la Région à la mort de Georges Frêche. Sans perdre de vue son objectif : créer un Mémorial. En 2006, le projet a déjà fait un pas de géant lorsque l’architecte Rudy Ricciotti est missionné, et qu’un vaste travail de documentation s’ouvre.

Inauguré fin 2015, ce Mémorial compte aujourd’hui un conseil scientifique, toujours présidé par Denis Peschanski, spécialiste de l’histoire mémorielle, que Bourquin était allé chercher tandis que le projet en était encore aux limbes. A la fois institution à vocation scientifique et lieu pédagogique en soi, ce lieu vient trouer la brume des impensés et des non-dits. Sur le net, on trouve par exemple la trace de rencontres entre des survivants du camp et des élèves en lycée agricole dans la région, et les médias régionaux qui filment ces moments de transmission, comme ici France 3 Occitanie :

 

Mais ailleurs, c’est par exemple France Bleu Sud Méditerranée qui viralise des photos du camp telles qu’elles voyagent désormais plus largement :

 

Xénophobie administrative

Car l’existence d’un lieu mémoriel a non seulement permis de sédimenter une histoire menacée par l’oubli (ou le déni), mais aussi aidé à la circulation de matériaux - principalement des photos - pour documenter l’histoire d’un site : le “camp Joffre” de son nom administratif, éternellement en travaux, et seule adresse durable de ceux que l’Etat français a durablement construits comme ses “étrangers indésirables”. Mais parce que des ponts existent entre tous les objets de cette histoire filigrane, au-delà de l’histoire du site, c’est aussi à l’histoire française de l’immigration, outre celle de Vichy, que l’on accède en découvrant Rivesaltes. La catégorie “étrangers indésirables” qui s’affiche, explicite et in extenso, sur la littérature administrative, vient d'une loi de 1938, qui autorisera l'internement au nom du seul danger potentiel que ces étrangers étaient censés représenter - et non ce qu'ils avaient fait. Lorsqu'ils sont plus de 400 000 à franchir la frontière en février 1939 après la victoire de Franco dans la Guerre d'Espagne, les Espagnols de la Retirada sont les premiers à être enfermés au nom de cette catégorie administrative qui mutera encore au fil de l’histoire, creusant à chaque fois un peu plus le fossé qui séparait la réalité vécue par ces “indésirables”, des paroles d’un Léon Blum qui avait d’abord parlé de “nos hôtes espagnols”. 

A l'été 1940, on compte quelque 50 000 personnes dans les camps du rivage catalan. La catégorie "indésirables", marqueur de l’indignité, n’a pas toujours concerné les mêmes gens, mais tous feront l’expérience d’un dispositif qui a en commun l’enfermement, la dégradation et, à chaque fois, le rôle des forces de l’ordre françaises pour chapeauter le tout, alors que le camp redeviendra lieu de garnison quand les Allemands prendront le contrôle de la zone dite "libre", en 1942. En deux ans, 17 500 personnes auront été internées à Rivesaltes, dont 53% d’Espagnols, 40% de Juifs étrangers, et 7% de Tsiganes, français. Un véritable observatoire de l’histoire française de la relégation xénophobe au XXe siècle en somme. Et justement l’historien Philippe Joutard écrivait dans la préface au livre de Lebourg et Moumen, en 2015, que “écrire l’histoire du camp de Rivesaltes [...] c’est [adopter] un prisme à travers lequel apparaît l’histoire tourmentée de la France depuis plus de sept décennies".

Contrairement à Drancy qui a retrouvé sa fonction de cité HLM en Ile-de-France, le camp de la zone libre est finalement resté tel quel. Aujourd’hui, les visiteurs découvrent un site planté dans la garrigue, à la sortie de Perpignan, pas très loin de là où file l’autoroute A9. Là où l’on trouve aujourd’hui un centre de formation, une agence Chronopost et quelques domaines agricoles où l’on fait pousser le raisin pour en faire surtout du muscat, les baraquements frustes sont devenus des lieux de mémoire. Une mémoire à plusieurs facettes, que mobilisent des hommes et des femmes politiques de bords différents, et notamment d’extrême-droite, qui ont pu s’y montrer pour honorer le souvenir de l’endroit, et labourer quelques hectares politiques. Et si Denis Peschanski a souvent évoqué Rivesaltes comme un lieu “qui parle de lui-même”, l’usage politique qui se dessine rend d’autant plus crucial le récit scientifique, et la démocratisation de l'usage des archives. Les centaines de demandes, et autant de connexions individuelles, depuis l'ouverture du site d'archives au grand public, parlent aussi de cela : la nécessité de s'approprier une mémoire, et de continuer disséquer, et construire, à hauteur de vies humaines, une histoire, pour s'affranchir de toute confiscation politique.

 

 

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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