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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Médiapart - Accueil De Merde - 19/11/2020

Une «mise à l'abri» dans la même logique que les autres, mais en pire ! Lundi 17 novembre 2020, la police et les CRS bouclent le campement situé sous la bretelle de l'autoroute A1 à Saint-Denis. Romane s'est levée tôt pour être là avant eux. Elle témoigne de ce qu'elle a vu.

Je n’ai pas vraiment les mots pour décrire ce qu’il se passe, mais je vais quand même essayer…

Hier a eu lieu la 65e évacuation de campement (au moins la 65e, j’ai perdu le compte…). Plus de 2000 personnes survivent depuis des mois dans cet enfer et attendent d’être « mis à l’abri », ils sont restés éveillés toute la nuit. Alors quand les bus arrivent ça se bouscule. C’est ce qui arrive quand on laisse pourrir la situation, quand on attend qu’il y ait des milliers de personnes, quand on attend que les gens aient froid et crèvent la dalle, quand on attend qu’il y ait des morts pour réagir. Tout au long de l’évacuation les flics gazent les exilés qui tentent de monter dans les bus. Ils leur disent qu’il ne sert à rien de se ruer, qu’il y aura de la place pour tout le monde. C’est bien sûr un mensonge.

 

© accueil de merde
 

Lorsque le dernier bus part, il reste encore des centaines de personnes. La police leur demande de se disperser, un groupe d’un côté, un groupe de l’autre. On le sait, à la fin de chaque évacuation, lorsque les journalistes sont partis, c’est la chasse à l’homme qui commence dans les rues de Paris. Les policiers leur disent d’aller à Porte de la chapelle, alors ils se mettent en marche, sans protestation. Sur le chemin, sur l’avenue Wilson, les policiers les gazent, les matraquent. Ils ont loupé la chance d’avoir un hébergement, la police a confisqué toutes les tentes et les couvertures, ils n’ont plus rien, ils savent qu’ils sont repartis pour des mois de survie à la rue. Mais visiblement, l’Etat estime que ce n’est pas suffisamment horrible, il faut aussi les gazer et les tabasser. Depuis 2015 les campements de la honte s’enchainent. Depuis 2015 la réponse de l’Etat est la même : la surenchère de violence.

 

© Utopia 56
 

Hier soir à Rosa Parks il y avait des centaines de laissés pour compte de l’évacuation. Il y avait E., un exilé Afghan qui était reporter de guerre dans son pays. Il s’est fait arrêter quelques heures plus tôt sur l’avenue Wilson. A un moment il s’est arrêté de marcher car son sac était lourd. Les policiers n’ont rien voulu entendre, ils l’ont violement poussé pour qu’il continue d’avancer. Il a voulu filmer les agressions de la police. Il a demandé aux habitants qui observaient la scène de leur balcon de filmer les policiers en train d’attaquer des civils sans défense. Alors ils l’ont arrêté. Filmer la police n’est pas encore un délit. C’est pourtant bien pour ça qu’ils l’ont arrêté, imaginez si cette putain de loi passe…

 

© accueil de merde
 

Les policiers l’ont immobilisé en mettant leur jambe sur sa nuque. Il dit qu’à ce moment-là, il a pensé à George Floyd, assassiné par la police américaine et cette même méthode d’interpellation. C’est la première fois de sa vie qu’il se fait arrêter, il est choqué, traumatisé d’avoir été traité avec une telle brutalité, d’avoir été traité comme un criminel. Durant sa rétention au commissariat, il a demandé de l’eau, parce que le gaz lacrymo ça irrite et ça donne soif. Il a demandé de l’eau plusieurs fois, personne ne lui en a donné. Il a finalement été libéré. Il n’a commis aucune infraction et ses papiers sont en règle… A Rosa Parks il me montre ses poignets enflés sur lesquels figurent encore les traces rouges des menottes. Ils ont serré assez pour que ce soit bien douloureux. Durant l’interpellation les flics ont également cassé son téléphone sur lequel figuraient les images des charges de la police sur les exilés.

Son ami m’explique qu’il a été matraqué par les policiers. Lorsque E. s’est fait arrêté, il a tenté de s’interposer. Les policiers lui ont ordonner de continuer d’avancer. Il leur a répondu qu’il ne partirait pas sans son ami, que les policiers pouvaient le tuer sur place, qu’il ne bougerait pas. Les policiers l’ont matraqué. Un autre homme m’explique qu’il s’est également fait frapper par les flics. Lorsqu’ils ont chargé, il est tombé. Ils l’ont matraqué dans le dos lorsqu’il était à terre. Un autre me dit qu’il s’est fait frapper à l’épaule. Le policier lui a dit « Pourquoi vous venez chez nous ? Restez dans votre pays ».

M.est sidéré par cette violence gratuite. « Même si au fond de nous on était détruit, parce qu’on a pas pu monter dans les bus, on a rien dit. On a montré qu’on était patient, on sait qu’on doit attendre pour la prochaine chance, qu’on va rester dehors pour des mois en plus. Mais ils nous ont quand même gazé, c’est quoi ça ? ». Il y a un jeune homme au bord des larmes. Lui aussi s’est fait frapper cet après-midi, il dit qu’il ne supportera pas de vivre à la rue plus longtemps. Son ami tente de lui remonter le moral comme ils peut, il lui dit « on survivra à ça ». Un autre m’explique que les évacs ne sont jamais une bonne nouvelle pour lui. Il en a déjà fait 5, il est remis à la rue à chaque fois. C’est dur pour lui de voir les autres heureux de monter dans les bus. Il n’a plus d’espoir, il sait qu’il n’y a que l’errance qui l’attend.

 

Remy Buisine © Remy Buisine
 

Utopia et SMW distribuent des couvertures. Tous les exilés demandent où ils peuvent aller dormir ce soir… Nulle part. On sait qu’ils vont être traqués par la police. Les policiers de Paris vont leur dire de retourner à St Denis. Ceux du 93 vont les chasser vers Paris. Ils n’ont pas le droit de dormir sur un bout de trottoir, ils n’ont pas le droit d’être dans l’espace public, ils n’ont pas le droit d’être. Il n’y a pas plus clair comme message : on ne veut pas les accueillir, on veut les faire disparaître, on veut les anéantir.

Ce soir, un homme m’appelle et me raconte ce qu’il a subit avec ses amis la nuit dernière. Ils se sont installés dans un recoin de la porte d’Aubervilliers. Des policiers les ont réveillés à coup de pieds. Ils leur ont ordonné de partir. Alors ils se sont posés un peu plus loin. De nouveau réveillés à coup de pieds, de nouveau chassés. En tout ils se sont faits réveillés 4 fois par la police cette nuit qui leur a ordonné de partir. Vers où ? Nulle part. Part d’ici mais pas là-bas… Et ce matin à l’aube ce sont les services municipaux qui les ont réveillés et chassés. Ils n’avaient pas dormi la veille à cause de l’évacuation, ils n’ont quasiment pas dormi cette nuit. Ils ont faim, ils ont froid, ils n’ont plus de tente. Et s’ils en avaient une elle serait détruite ou confisquée par les flics. Il demande combien de jours ça va durer car il ne tiendra pas longtemps. Je n’ose pas lui dire que ça risque de durer des semaines…

C’est de la torture. L’état français torture les exilés et veut les faire dépérir loin des regards.

 

© accueil de merde
 

Le silence médiatique est insupportable. Quand est-ce que les médias parleront de cette politique immonde et criminelle ? Recracher le CP du préfet, même lorsqu’on cite une phrase d’un bénévole pour faire genre on les écoute aussi, c’est pas du travail de journaliste.

Notre impuissance est insupportable. Quand est-ce que les collectifs/assos antiracistes vont se réveiller ? Les premières victimes du racisme, les premières victimes des violences policières, ce sont eux, et ils ont plus que jamais besoin de soutien ! Quand est-ce qu’on va se réveiller ? Qu’on occupe un lieu avec tous ces gens qui dépérissent sur nos trottoirs ? Quand est-ce qu’on se décide à rester avec eux, dehors, pour faire tenir un campement ? Quand est-ce que tous les gens qui likent les posts, ceux qui disent « ah c’est bien ce que tu fais, continue », vont nous rejoindre vraiment sur le terrain ??

Quand ?

#EvacDeMerde

#PaysDeMerde

#etatcriminel

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Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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