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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Médiapart - Nicolas Cheviron et Elisa Perrigueur - 23/11/2020

Secourus en mer par des gardes-côtes turcs, des migrants accusent la marine grecque de les avoir refoulés vers la Turquie sur des radeaux de sauvetage sans moteur après avoir coulé leur embarcation. Reportage en mer et enquête sur cette pratique du « pushback », de plus en plus fréquente et dénoncée par de nombreux observateurs, qui pointent la responsabilité de l’UE.

Marmaris (sud-ouest de la Turquie) et Athènes (Grèce).– Samedi 31 octobre, une heure du matin. Le patrouilleur 101, de l’unité des gardes-côtes de Marmaris, dans le sud-ouest de la Turquie, file à fond de train sur une mer houleuse. Le commandement central, à Ankara, vient d’informer le personnel local de la présence d’embarcations de migrants en perdition au large de Kizilburun, une langue de terre turque inhabitée et inhospitalière proche de l’île grecque de Symi.

Après une petite heure de navigation, le puissant navire, qui peut pousser des pointes de vitesse à plus de 80 km/h, arrive sur les lieux. Les nouvelles sont bonnes : les migrants, répartis sur deux radeaux de sauvetage gonflables, sont parvenus à accoster sans dégâts sur des rochers. Un Zodiac part les récupérer, avec à son bord des agents en tenue antibactériologique, coronavirus oblige.

Transbordés sur le patrouilleur, les migrants sont installés sur le pont arrière, avec des couvertures et des plateaux-repas. Ils sont 18, des adultes à l’exception de deux enfants de trois et quatre ans, et de deux ados d’une quinzaine d’années. Des Syriens, hormis une famille palestinienne. Épuisés, apeurés, mais sains et saufs. « On a de la chance : d’habitude on récupère aussi des cadavres », commente un marin turc.

Un Zodiac des garde-côtes turcs transborde des migrants secourus vers leur patrouilleur. © NC Un Zodiac des garde-côtes turcs transborde des migrants secourus vers leur patrouilleur. © NC

Les gardes-côtes embarquent aussi les radeaux gonflables orange fluo des migrants, dont ils pointent la marque : Lalizas, une entreprise grecque, basée au port du Pirée. Pour eux, cela ne fait pas de doute, il s’agit une fois encore d’un « pushback », d’un refoulement vers les eaux turques organisé par leurs homologues grecs. « Ils sont là, pas très loin, en train de nous observer. Notre radar a identifié un de leurs bateaux près d’ici », affirme un officier.

Les récits fournis par les migrants confirment l’hypothèse. Leur bateau a pris la mer la veille vers 19 heures, après versement aux passeurs de 2 000 euros par personne, avec pour objectif de rallier l’île grecque de Rhodes. Mais après deux heures en mer, le moteur s’est arrêté, et l’embarcation s’est mise à dériver au hasard des courants et des vagues.

Elle a finalement été abordée par un navire de la marine grecque. « Je ne peux pas me tromper : il y avait des écritures en grec partout, je sais les reconnaître, et les marins parlaient grec entre eux, indique Hassan, un Syrien de 37 ans, originaire d’Idlib, une enclave proche de la Turquie, aux mains de l’opposition syrienne. Et il s’agissait d’un vrai navire de guerre, avec des armements et des marins en uniformes. »

Les migrants sont ensuite confiés à un second vaisseau, toujours grec, probablement des garde-côtes – « il était comme celui-ci, avec des hommes armés », souligne Hassan en désignant le patrouilleur turc qui l’a secouru. « [Cette fois], les Grecs nous ont fait monter sur leur bateau. Et ils ont pris tout ce que nous possédions, y compris nos téléphones portables », explique une des migrantes.

Après avoir tiré sur l’embarcation vide des migrants pour la couler, le bateau grec navigue pendant près de deux heures. « Nous sommes arrivés au milieu de nulle part. On ne voyait pas la terre, juste quelques lumières au loin. C’est là qu’ils ont jeté les radeaux gonflables et nous ont fait monter dessus, puis ils nous ont poussés avec des perches loin de leur navire, affirme Hassan. Nous n’avions pas de gilets de sauvetage et rien pour diriger les radeaux, juste une seule rame. »

Craignant d’être séparés par la houle, les migrants parviennent à lier entre elles les deux embarcations. Par chance, les courants finissent par les pousser vers la côte. « Les enfants criaient, les femmes pleuraient. On a pensé qu’on allait mourir parce que la plupart d’entre nous ne savent pas nager, et que les rochers auraient pu crever les radeaux », poursuit l’ingénieur en électricité.

L’homme, qui a fui Idlib par peur des milices djihadistes après l’assassinat de son frère, se félicite de ne pas avoir embarqué dans son périple sa femme et ses enfants, restés à Hatay, un département turc mitoyen de la Syrie. « C’était stupide et dangereux, jamais je n’aurais dû tenter un truc pareil », déclare le migrant, qui espérait depuis Rhodes se rendre jusqu’aux Pays-Bas pour y trouver du travail.

Le groupe parvient finalement à prévenir les secours. « Nous avions un téléphone, que nous avions caché aux Grecs. C’est avec lui que nous avons appelé les Turcs, le numéro des urgences », confie la femme, qui comptait retrouver ses enfants en Allemagne. De retour sur la terre ferme, les Syriens seront renvoyés vers leur ville turque d’enregistrement, les Palestiniens probablement placés en centre de rétention.

L’officier turc qui a dirigé les opérations n’en est pas à sa première intervention de secours de refoulés. « Des “pushback”, il y en a toujours eu, mais jamais de manière aussi systématique, en renvoyant les migrants sur des radeaux gonflables, affirme-t-il. Actuellement, 35 à 40 % des migrants que nous récupérons sont des refoulés. » Le militaire sort des statistiques : entre le 1er janvier et le 31 octobre, sur 553 incidents impliquant 17 912 migrants, 252 étaient des refoulements, impliquant 7 682 migrants.

L’homme dénonce une atteinte aux droits de l’homme et au droit de la mer. « On met délibérément la vie de ces gens en danger, insiste-t-il. On les abandonne dans le canal de Rhodes, où passent de nombreux navires de commerce, sur des embarcations qui ne sont pas repérables par les radars. Or, 80 à 90 % des migrants ne savent pas nager – si l’embarcation se renverse, c’est la mort assurée. »

« Ce ne sont plus des actes discrets et isolés, c’est une politique organisée »

 

Interrogé sur les preuves qui, outre les témoignages des migrants, lui permettent d’incriminer ses homologues grecs avec autant de certitude, l’officier admet qu’il est « très difficile de prendre les opérations de refoulement sur le fait », même si de telles manœuvres ont déjà été filmées par des navires turcs. « En général, on constate que les migrants sont retrouvés sur des radeaux gonflables de marque grecque, souligne-t-il. Et surtout, ces embarcations n’ont pas de moteur », ce qui implique que les migrants n’ont pas pu quitter le continent avec elles.

« Les “pushback” sont le plus souvent signalés par les Grecs eux-mêmes, via un courriel à notre commandement. Ils larguent les migrants et puis ils nous informent », ajoute le marin, qui met également en cause l’agence européenne de protection des frontières, Frontex. « On a déjà vu la signature de navires Frontex sur nos radars à proximité de lieux de largage de migrants par les garde-côtes grecs », certifie-t-il.

Une enquête, réalisée par un collectif de médias européens et publiée le 23 octobre dernier par le magazine allemand Der Spiegel, a établi que des navires de Frontex étaient présents sur ce type d’opérations à au moins six reprises entre avril et octobre. Le 8 juin, un bateau roumain engagé avec Frontex a même été filmé participant à la manœuvre en bloquant l’embarcation des migrants. L’agence déploie quelque 600 agents en Grèce, des bateaux, des avions et des drones. Sous pression, le conseil d’administration de Frontex a « conclu qu’une action urgente [était] nécessaire pour enquêter sur tous les aspects relatifs à ces rapports », a indiqué à Mediapart Adalbert Jahnz, porte-parole de la Commission européenne.

 

Des migrants secourus par les garde-côtes turcs près de la péninsule de Kizilburun, dans le sud-ouest de la Turquie. © NC

Des migrants secourus par les garde-côtes turcs près de la péninsule de Kizilburun, dans le sud-ouest de la Turquie. © NC

 

Le gouvernement grec de la Nouvelle démocratie (droite) fait face en 2020 à un nombre croissant d’accusations de « pushback » en mer Égée et à sa frontière terrestre, commune avec la Turquie, dans le nord-est du pays. Les gardes-côtes turcs dénoncent largement de tels refoulements orchestrés par les Grecs. Des vidéos, des photos, des localisations de téléphones en Grèce fournies par les migrants eux-mêmes permettent aussi aux ONG de signaler des cas suspects.

Les procédés seraient toujours les mêmes, relève Tommy Olsen, de l’organisation norvégienne Aegean Boat Report (ABR), qui documente ces supposés retours forcés. Comme dans la scène observée entre Symi et Kizilburun, « les autorités remettent les migrants à l’eau sur d’autres embarcations, souvent de marque Lalizas, explique-t-il. L’autre stratégie est que quatre à cinq hommes masqués s’approchent des bateaux en mer et enlèvent les moteurs pour les laisser dériver jusqu’en Turquie ».

« Il y a des “pushback”, c’est la volonté de ce gouvernement et Frontex le sait », dénonce l’ancien député du parti de gauche Syriza, Georgios Pallis, résidant à Lesbos, à une dizaine de kilomètres de la Turquie. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) se dit également « préoccupé », rappelle sa porte-parole Astrid Castelin : « Le HCR est informé lorsque des personnes arrivent à la frontière maritime et terrestre. La présence en Grèce de la majorité de ces personnes n’est toutefois pas confirmée ensuite par le gouvernement, ce qui soulève des inquiétudes. »

En un an, le nombre d’arrivées de réfugiés répertoriés en Grèce a d’ailleurs chuté. Par exemple, en novembre 2019, 4 088 sont arrivés à Lesbos, contre 71 en novembre 2020. Une baisse spectaculaire en partie liée à la peur du Covid, mais également calculée, comme l’assument les autorités grecques. Le pays « a empêché […] l’entrée de 10 000 personnes […] depuis le début de l’année », se targuait ainsi le ministre grec de la marine marchande et de la politique insulaire, lors d’une conférence de presse en septembre. Malgré de tels propos, le gouvernement grec nie l’existence de tout « pushback », y compris indirectement, comme celui de Symi auquel nous avons assisté.

Interrogé par Mediapart, le capitaine Nikolaos Kokkalas, porte-parole du corps des garde-côtes grecs, assure dans une réponse écrite que la Grèce pratique une « surveillance intensive des frontières maritimes ayant pour but la protection de la sécurité nationale et de la santé publique, et l’arrêt de la traversée illégale d’étrangers ». Elle a notamment pour objectif « la détection des canots de migrants avant leur entrée dans les eaux territoriales nationales et la notification à temps aux gardes-côtes turcs », résume-t-il. Avant d’assurer que les opérations de recherche et de sauvetage en eaux grecques « suivent les exigences du droit national et international ».

Mais, selon lui, « les résultats visibles dans la diminution rapide des traversées illégales […] ont conduit [la force des gardes-côtes grecs] à être une cible systématique des médias, ONG et autres plateformes de réseaux sociaux, lesquels ont l’habitude de présenter d’une manière partiale/tendancieuse leur action. Dans la plupart des cas, ceux-ci se basent sur des sources non confirmées et non fiables dont la provenance est impossible à identifier et à vérifier ». Le capitaine insiste enfin sur le fait que cette « surveillance intensive des frontières […] est devenue particulièrement nécessaire au regard du flux massif et organisé de migrants qui a suivi les déclarations d’officiels turcs, mais aussi de la pandémie actuelle ».

L’officier fait référence à la crise gréco-turque de mars 2020. Insatisfait de la position de l’UE face au risque d’un afflux massif de réfugiés syriens en Turquie, du fait d’une offensive du régime de Damas contre l’enclave d’Idlib, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait annoncé l’ouverture des frontières turques avec la Grèce, engendrant l’arrivée de dizaines de milliers de migrants aux portes du pays, à la frontière terrestre dans le nord-est. Pendant cet épisode de tensions, Athènes a renforcé les effectifs militaires face à ce déplacement de migrants qu’elle a qualifié de « menace asymétrique ». Le pays a suspendu pour un mois toute nouvelle demande d’asile, une mesure contraire au droit international. 

Pour Epaminondas Farmakis, fondateur de HumanRights 360, ONG de défense des droits humains qui alerte régulièrement sur les « pushback », ceux-ci se sont intensifiés précisément depuis cette crise. Selon lui, les chiffres donnés par les gardes-côtes turcs sont fiables. « Les refoulements existent depuis longtemps en Grèce. Ils ont été pratiqués sous tous les gouvernements, y compris par le précédent gouvernement de gauche Syriza, réputé plus ouvert. Mais aujourd’hui, juge-t-il, ce ne sont plus des actes discrets et isolés, c’est une politique organisée. Il s’agit d’une stratégie globale de dissuasion en vue de décourager les réfugiés de venir, assumée par le gouvernement. »

Dans cette logique dissuasive, le gouvernement a aussi annoncé en octobre la construction d’un mur de 27 kilomètres le long de sa frontière terrestre. Pour Farmakis, « cette stratégie de dissuasion n’est pas seulement grecque, elle est désormais européenne ». Il déplore maintenant « des “pushback” de migrants rapportés en Croatie, à Malte, en Bulgarie, etc. » Il constate : « L’UE ne les arrête pas. »

 

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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