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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : InfoMigrants - François-Damien Bourgery - 23/11/2020

Depuis janvier 2020, alors que les traversées par la mer se multiplient, onze migrants sont morts ou portés disparus dans le nord de la France en voulant rejoindre l’Angleterre. À Calais et Grande-Synthe, une équipe de bénévoles œuvre pour identifier les exilés décédés et organiser leurs obsèques.

Il y a, au milieu du cimetière nord de Calais, un carré de tombes nues. Ce sont de tristes monticules de terre sablonneuse avec en guise de stèles de simples écriteaux en bois où sont inscrits les nom, prénom et dates du défunt. Certains ne comportent qu’un nom et une date, d’autres seulement un nom. D’autres encore, rien qu’un numéro.

C’est ici que repose Behzad Bagheri-Parvin, né en 1988 en Iran et retrouvé mort le 18 octobre 2020 sur la plage de Sangatte (Pas-de-Calais) après avoir tenté de rejoindre l’Angleterre en canot.

La tombe de Behzad Bagheri-Parvin, retrouvé mort sur la plage de Sangatte le 18 octobre dernier. Crédit : François-Damien Bourgery
La tombe de Behzad Bagheri-Parvin, retrouvé mort sur la plage de Sangatte le 18 octobre dernier. Crédit : François-Damien Bourgery

 

Mais ce dimanche 18 octobre, lorsque la presse locale titre sur son décès, il n’est encore qu’un migrant "d’apparence iranienne âgé d'entre 20 et 40 ans". Son identité exacte demeure inconnue. Ceux qui tentent la traversée ont rarement des papiers sur eux.

À (re)lire : Un jeune migrant meurt percuté par une voiture sur l'autoroute d'accès à Eurotunnel

À Calais, le "groupe décès", comme il s’est baptisé lui-même, se réunit en urgence. Formellement constitué en 2017, il regroupe des bénévoles de plusieurs associations : le Secours catholique, Utopia 56, l’Auberge des migrants, la Croix-Rouge, Médecins du monde et Refugee Women’s Centre; ainsi que des citoyens militants. En tout, une vingtaine de personnes. Sa mission : identifier les exilés morts à Calais, contacter leur famille afin de permettre leur rapatriement ou, s’il est impossible, leur offrir des funérailles dans le respect de leurs traditions. Soit redonner une identité à des personnes que des conditions de vie indignes avaient rendues invisibles. "Face aux décès qui se multiplient, cela représente un travail très complexe et délicat, observe Juliette Delaplace, coordinatrice au Secours catholique. Il fallait donc s’organiser avec plusieurs associations." Mais aussi gagner en efficacité en centralisant les démarches.

"Inspecteur Columbo"

Deux équipes sont formées. Une militante calaisienne se charge de prendre contact avec les autorités, tandis qu’un binôme s’occupe des proches à Calais et de la famille. Encore faut-il les trouver. Car pour identifier l’homme découvert sur la plage de Sangatte, le "groupe décès" ne dispose que d’une photo publiée dans la presse où l’on ne distingue que ses cheveux et un bref descriptif fourni par la police : grand, brun, typé. Maigres indices. Et il y a environ 800 migrants éparpillés dans la ville. "L’errance, l’invisibilisation des exilés compliquent notre travail", déplore Mariam Guerey, volontaire au Secours catholique et membre historique du "groupe décès". "C’était comme chercher une aiguille dans une botte de foin (...) J’avais l’impression d’être l’inspecteur Columbo".

Le temps presse. L’officier de police en charge de l’affaire s’apprête à partir en vacances. Il aimerait bien que l’enquête soit bouclée avant. Dans le cas contraire, le "groupe décès" redoute un enterrement sous X. "C’est ce qu’on veut empêcher, pour ne pas qu’ils meurent dans l’oubli", s’émeut Siloé Medriane, coordinatrice à Utopia 56. Il faut aussi agir avant que de fausses informations ne se propagent sur les réseaux sociaux, quant à l’identité de la victime notamment. Les nouvelles vont vite et des familles pourraient s’inquiéter inutilement. En août, après le décès d’un migrant soudanais, Abdulfatah Hamdallah, migrant retrouvé mort sur le littoral du Nord-Pas-de-Calais en 2020 après avoir tenté de gagner l’Angleterre, la ministre déléguée à l’Intérieur Marlène Schiappa avait évoqué sur Twitter "un mineur de 16 ans" et promis de redoubler les efforts contre les passeurs. "Mais Abdulfatah n’était pas mineur. Et son ami et lui étaient partis sans l’aide de passeurs", proteste Juliette Delaplace.

La tombe d'Abdulfatah Hamdallah, décédé en août 2020. Crédit : François-Damien Bourgery
La tombe d'Abdulfatah Hamdallah, décédé en août 2020. Crédit : François-Damien Bourgery

 

Accompagnée d’un bénévole afghan et d’un persanophone, Mariam Guerey fait le tour des campements. Chez les Égyptiens, personne ne manque à l’appel. Chez les Syriens non plus. Les Iraniens, en revanche, se souviennent que l’un d’eux avait annoncé le matin du 17 octobre vouloir tenter la traversée le soir même. La coiffure qu’on devine sur la photo du journal pourrait correspondre. Un nouvel indice consenti par la police – l’homme décédé porte une fine barbe – confirme cette piste. Une photo est présentée à l’enquêteur : c’est bien lui.

Honorer les morts

La famille de Behzad Bagheri-Parvin est contactée. Mais le prix communiqué par l’ambassade d’Iran pour faire rapatrier sa dépouille est trop élevé. Il sera donc inhumé à Calais selon le rite chiite et les vœux de ses parents. "On se positionne en soutien. Jamais on ne prendrait une décision à la place des proches", insiste Juliette Delaplace. Deux mois plus tôt, environ 200 personnes avaient assisté à l’enterrement d’Abdulfatah Hamdallah. Ce mercredi 4 novembre, restrictions sanitaires obligent, ils ne sont qu’une petite vingtaine à pouvoir rendre un dernier hommage à Behzad Bagheri-Parvin. Une étoffe noire est dépliée sur la sépulture. On y dépose des fleurs et des gâteaux. Une vidéo est tournée, conformément aux souhaits du père. "À chaque fois, on essaie de rassembler des petits objets pour les donner à la famille. On a récupéré un peu de terre, une photo, l’étoffe qui avait été étendue sur la tombe, un bonnet", raconte Mariam Guerey. Son regard s’absente, comme perdu dans ces souvenirs.

Mariam Guerey montre la vidéo réalisée par un bénévole lors de l'enterrement de Behzad Bagheri-Parvin. Crédit: François-Damien Bourgery
Mariam Guerey montre la vidéo réalisée par un bénévole lors de l'enterrement de Behzad Bagheri-Parvin. Crédit: François-Damien Bourgery

 

"Nous pallions une absence totale de prise en charge qu’on considère comme indigne de la part des autorités, déplore Juliette Delaplace. Si nous ne nous étions pas mobilisés, l’affaire aurait été classée sans qu’on ait pu identifier Monsieur Bagheri-Parvin, contacter sa famille, s’assurer que son inhumation soit conforme à ses croyances. S’il n’y avait pas eu cette mobilisation, il aurait été enterré sous X au carré des indigents."

Sensibiliser les vivants

Les associations actives au sein du "groupe décès" œuvrent aussi pour les vivants. Médecins du monde oriente les proches des personnes décédées ou les rescapés de naufrages vers des structures médico-psychologiques quand ils en expriment le besoin. En plus de sa mission de recherche des personnes disparues, la Croix-Rouge mène quant à elle un important travail de prévention auprès des exilés. Tout est fait pour éviter la rupture familiale. "Nous leur demandons comment ils conservent leurs numéros, quand ils ont échangé avec leurs proches pour la dernière fois", énumère Vittoria Logrippo, coordinatrice du dispositif mobile de soutien aux exilés à Lille.

À (re)lire : Quelles démarches entreprendre quand un proche a disparu sur la route de l’exil ?

L’organisation met à leur disposition des lignes d’appel à l’international, une connexion wifi ou des prises pour recharger leurs portables. "Mais à Calais, ce maintien du lien est très difficile parce que les personnes sont encore en mouvement", remarque Marion Huot, officier de recherche au service de rétablissement des liens familiaux de la Croix-Rouge pour la région des Hauts-de-France. "Certaines n’ont aucun contact avec leur famille depuis leur départ il y a quatre ou cinq ans." Pour celles-ci, pas question de donner de nouvelles avant d’avoir atteint leur but. Cela pourrait sonner comme un aveu d’échec.

En discutant avec son voisin, prêtre à la retraite et bénévole au Secours catholique lui aussi, Mariam Guerey a songé à un porte-clés étanche dans lequel les migrants pourraient glisser une photo et le numéro d’un proche avant de tenter la traversée. N’importe quoi pour empêcher qu’ils ne meurent dans l’oubli.

 

 

Vite dit

06/06/2022 - Archarnement administratif, ca suffit !

« Comment peut-on croire qu'on sera plus heureux en faisant du mal à d'autres ? » (Hervé le Tellier – L'anomalie)

Ce mardi 7 juin 2022, Gideon est convoqué au tribunal judiciaire de Toulouse. Combien de juges a-t-il vu depuis le jour où il a été interpellé au commissariat de Pamiers ?

Au moins 7.

Le 3 mai, ce jeune gabonais de 18 ans, a été placé au centre de rétention de Cornebarrieu pour un vol prévu le 4 mai vers Libreville. Ce placement rendu possible par la loi (Article L 740-1 CESEDA) a été concrétisé par la préfecture de l'Ariège.

Il a refusé d'embarquer car toute sa famille vit en France de manière régulière. Il est scolarisé au lycée de Lavelanet et n'a plus du tout d'attache au Gabon.

Le 5 mai, le juge de la liberté et de la détention (JLD) décide de la prolongation de sa rétention (Article L742-3 CESEDA) permettant ainsi à l'administration d'organiser un nouvel 'éloignement'.

C'est le 27 mai qu'aura lieu cet 'éloignement' mais cette fois avec des techniques coercitives musclées (GTPI). Monté de force dans l'avion, Gidéon sera ligoté et molesté jusqu'au moment où le commandant de bord exigera son débarquement.

Mais s'opposer à son expulsion est un délit. Gidéon passera le soir même devant le procureur en CRPC (Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité) et sera puni d'une peine de prison de 3 mois avec sursis et 5 ans de mise à l'épreuve.

A 100 km de Toulouse, la préfète de l'Ariège reste inflexible : Gidéon doit rester enfermé pour être expulsé.

Le 2 juin, la juge JLD rendra un avis légèrement plus conciliant en lui permettant de rejoindre famille mais en l'obligeant à signer tous les jours au commissariat.

La préfecture de l'Ariège n'a pas apprécié cette décision. Elle a fait appel et l'audience aura lieu ce mardi 7 juin à 9h45 au palais de justice de Toulouse.

Si vous venez à cette audience, vous ne verrez pas le ou la signataire de cet appel. Il ou elle se fera représenter par un ou une porte-parole bien obéissant.e.

On sait qu'un nouveau vol a été demandé par la préfecture et si Gidéon le refuse, il risque cette fois 3 ans d’emprisonnement et une interdiction du territoire de 10 ans.

Depuis ses 18 ans, Gidéon vit sous la menace d'une arrestation, d'une expulsion !

Ce 6 juin, c'est son anniversaire. Il a 19 ans.

 

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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