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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Libération - François Carrel - 15/12/2020

A la frontière franco-italienne, une délégation d’élus a pu observer début décembre les stratégies de la police aux frontières pour empêcher l’accès des migrants au territoire. Sur place, les associations qui tentent de leur porter secours notent un durcissement de la politique migratoire.

Il fait -5 °C en cet après-midi de décembre au col de Montgenèvre, à 1 850 mètres d’altitude sur la frontière franco-italienne, au-dessus de Briançon. Une colonne d’une vingtaine de migrants apparaît dans un sous-bois, derrière un village vacances désert, remontant laborieusement la pente dans une couche épaisse de neige fraîche. Des gens à la peine, encadrés par des agents de la police aux frontières (PAF) qui viennent de les intercepter.

Ils sont très exactement 23, presque tous afghans. Deux femmes livides, à bout de souffle, peinent à progresser, soutenues par les hommes, parfois par les policiers qui les exhortent à avancer. Trois jeunes enfants, dont l’un n’a pas 4 ans et serre contre lui un ours en peluche protégé par un sac transparent, avancent bravement. La troupe trimballe de maigres baluchons, les visages sont marqués par l’effort, l’anxiété, le froid.

Les maraudeurs de l’Unité mobile de mise à l’abri, regroupant l’association briançonnaise Tous migrants et Médecins du monde (MDM), se précipitent. Ils foncent sur les plus fragiles, crient en anglais «qui a besoin d’un docteur ?», réchauffent les mains glacées des enfants. La médecin Ariane Junca repère en queue de colonne une Afghane effondrée dans la neige : enceinte de huit mois, elle se plaint du bas-ventre. Une policière secouriste est auprès d’elle, les échanges avec la toubib sont tendus. Plus haut le ton monte aussi entre solidaires et forces de l’ordre : «Ils ont besoin d’aide, de secours», s’emporte Stéphanie, maraudeuse, un enfant dans les bras. «Nous allons les mettre à l’abri au poste de la PAF. Vous nous faites perdre du temps : laissez-nous faire notre travail !» rétorque un gradé excédé.

«Honte immense»

Assistés par les maraudeurs et les policiers, les migrants rejoignent tant bien que mal une route enneigée où ils sont embarqués dans les véhicules des forces de l’ordre, direction le poste-frontière. La femme enceinte, en contrebas, ne peut plus bouger. Affolée, elle répète : «Où sont mes enfants ?» Elle sera brancardée vingt minutes plus tard puis évacuée directement vers l’hôpital de Briançon par les pompiers appelés en renfort. Ariane Junca fulmine : «Il y a une mise en danger de ces personnes, par incapacité de gestion de leur vulnérabilité : les agents n’ont les compétences ni pour évaluer leur état de santé ni pour les traiter.»

La scène est observée par l’eurodéputé écologiste Damien Carême : il est pour deux jours à Briançon, au sein d’une délégation comprenant l’Association nationale des villes et territoires accueillants (Anvita) dont il est le président, l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) et MDM. Le visage fermé, il confie «sa honte immense» au moment de croiser les regards de ces exilés : «Insupportable. Ce n’est pas comme ça que nous concevons l’accueil.»

Action conjointe à
                  Montgenèvre des No Border ( ultra gauche Italienne ),
                  Tous Migran,ts, Médecin du Monde, pour une maraude ou
                  29 éxilés Afghans vont être inyterceptés par la police
                  de l'air et des frontières ( PAF ) certaines personnes
                  malades seront évacuées par les pompiers. Conférence
                  de presse finale avec les élus qui ont assisté à
                  toutes ces opérations. Damien Carême lunette barbe sur
                  la photo

L’eurodéputé Damien Carême (à droite) a participé vendredi à la maraude de l’Unité de mise à l’abri,

à Montgenèvre (Hautes-Alpes). Photo Eric Franceschi

Deux autres élus de la délégation sont au même moment en visite au poste de la PAF, au bord de la route qui relie l’Italie à Briançon, à la sortie de la station de ski de Montgenèvre. Les associations et la presse n’ont pas été autorisées à entrer. Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère, président du groupe écologiste au Sénat, et Myriam Laïdouni-Denis, conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes, tous deux membres actifs de l’Anvita, sont coutumiers de ces visites aux frontières.

Le commandant de la PAF vient de leur expliquer qu’associations et maraudeurs sont «un accélérateur des flux de migrants» et participent à leur mise en danger en «les poussant à prendre des chemins dangereux», quand les interpellés sont amenés. La situation à l’intérieur est chaotique, témoignera plus tard Myriam Laïdouni-Denis : «C’était la panique.» Les agents, tendus sous les yeux des élus, s’efforcent de gérer ce gros groupe de migrants dont plusieurs sont mal en point. Dehors, vingt militants italiens No Border, au courant de la visite de la délégation, manifestent et bloquent la circulation sous les yeux des gendarmes imperturbables. Déjà la nuit commence à tomber, les véhicules des pompiers se succèdent : un régulateur de l’hôpital de Briançon a été dépêché sur place et cinq Afghans sont peu à peu évacués, plusieurs sur brancard.

En sortant du poste, les élus témoignent : la PAF délivre systématiquement des refus d’entrée, même à ceux qui déclarent demander l’asile. Treize d’entre eux, enfants et membres des familles des malades hospitalisés, seront malgré tout transférés vers Briançon pour les rejoindre ; les autres seront remis à la police italienne. Damien Carême constate : «C’est du refoulement. La France, à ce que je sache, reste pourtant signataire de la convention de Genève !» Guillaume Gontard fustige «l’absurdité d’un système coûteux qui ne marche pas. Les agents le reconnaissent eux-mêmes, à mots couverts : aucune frontière n’est étanche».

Pour les solidaires locaux, engagés dans leur cinquième hiver de mobilisation, la présence de cette délégation n’a pas de prix. «Nous sommes épuisés et bien peu d’élus s’intéressent à ce qui se passe ici», souffle Agnès Antoine, l’un des piliers de l’association Tous migrants. C’est la troisième visite d’élus seulement depuis que les migrants ont commencé à affluer ici, à partir de 2016. Actuellement, ils sont des dizaines à tenter chaque jour de passer. Nombre d’entre eux réussissent. «Leur profil a changé, précise Agnès Antoine. Jusqu’ici, c’étaient surtout de jeunes Africains, on voit désormais beaucoup de familles venues d’Iran, d’Afghanistan, du Pakistan ou de Syrie, via les Balkans.» Ariane Junca, de MDM, fait le bilan : «Depuis le 1er septembre, en 40 missions, nous avons secouru 135 personnes, dont plus de 30 enfants. C’est deux fois plus que pour tout l’hiver dernier.»

«Epuisés»

Depuis la mi-novembre, la présence des forces de l’ordre a été renforcée à Briançon, passant d’environ 60 à plus de 120 personnels. Tous migrants dénonce l’amplification du «harcèlement policier» des migrants, mais aussi des maraudeurs. «65 exilés ont été arrêtés sous nos yeux depuis septembre» pour être refoulés vers l’Italie, confirme Ariane Junca, inquiète des fragilités de cette nouvelle population. «Si ces familles se mettent à emprunter des chemins encore plus détournés cet hiver, on va vers de nouveaux drames», alerte Agnès Antoine.

Cinq migrants ont déjà péri dans la montagne briançonnaise depuis 2017. En leur hommage, la délégation se rend sur une tombe totalement isolée dans un recoin du cimetière de Saint-Martin-de-Queyrières. Blessing Matthew, Nigériane de 18 ans, s’est noyée dans un torrent un matin de mai 2018, en tentant d’échapper à un contrôle de gendarmerie après un passage de frontière nocturne. «Blessing, on ne t’oublie pas. Dans ta mort horrible, c’est un peu de nous-mêmes que tu as emporté : cette nuit-là, nous n’avons pas pu te sauver», souffle Agnès Antoine. Le parquet de Gap a classé sans suite l’enquête préliminaire, un juge a ensuite refusé la constitution de partie civile de la sœur de Blessing et de Tous migrants, sans ouvrir d’enquête judiciaire. Un appel est en cours.

Action conjointe à
                  Montgenèvre des No Border ( ultra gauche Italienne ),
                  Tous Migran,ts, Médecin du Monde, pour une maraude ou
                  29 éxilés Afghans vont être inyterceptés par la police
                  de l'air et des frontières ( PAF ) certaines personnes
                  malades seront évacuées par les pompiers. Conférence
                  de presse finale avec les élus qui ont assisté à
                  toutes ces opérations.

Interpellés, les migrants ont été escortés jusqu’au poste de la police aux frontières. Photo Eric Franceschi

Le lendemain, la délégation est à Oulx, première ville italienne derrière la frontière, dans l’un des deux lieux d’accueil informels de la commune. Le pasteur Davide Rostan, bénévole de ce refuge, précise : «Nous avons 10 à 12 personnes en moyenne chaque soir, 27 avant-hier… Ils partent au matin vers Montgenèvre, Turin, le tunnel du Fréjus. On le sait, les autorités le savent, la fermeture de la frontière est impossible. Nous jouons un rôle indispensable, et ça arrange bien la préfecture.»

Dans le dortoir, la délégation retrouve deux des migrants refoulés la veille par la PAF. Hamami, Tunisien de 28 ans, exhibe son récépissé de refus d’entrée sur le territoire qu’il a signé en ajoutant «demande l’asile». La mention a été biffée : «Le policier m’a dit : "Va demander en Italie, c’est un bon pays, pas une dictature."» Emilie Pesselier, coordinatrice à l’Anafé, constate : «Ce refus est illégal ! Même avec les accords de Dublin on a le droit de demander l’asile dans le pays de son choix. C’est ensuite à l’instruction de la mesure que l’on pourra opposer au demandeur l’accord de Dublin.» Une Afghane enceinte de quatre mois, qui veut elle aussi demander l’asile en France, n’a pas le temps de livrer son histoire : elle file prendre un bus pour repartir vers la frontière.

Durant leur visite, élus et permanents des associations ont multiplié les réunions avec les acteurs locaux : «Nous croyons au tressage des énergies. Au-delà du plaidoyer politique pour l’accueil des exilés, nous sommes là aussi pour travailler avec associations et élus locaux à des solutions concrètes face à l’urgence et pour agir sur les droits», explique Myriam Laïdouni-Denis. Les élus de l’Anvita forcent des portes fermées : ils ont ainsi été reçus à Gap par la préfète des Hautes-Alpes, Martine Clavel. Comme à la PAF, les associations n’étaient pas invitées. Guillaume Debrie, coordinateur régional de MDM membre de la délégation, grince : «Ces derniers mois, nous n’avons plus aucun contact avec les autorités, ni avec l’Agence régionale de santé, alors que la permanence d’accès aux soins de Briançon a été suspendue. Notre action ici s’apparente à ce qu’on est amenés à mettre sur pied en zone de crise étrangère…»

«Refus illégal»

En sortant de la préfecture, Myriam Laïdouni-Denis résume : «Le mode opératoire constaté hier à la PAF est dans le droit fil des instructions de la préfète. Elle affirme qu’il n’y a pas de demande d’asile possible sur cette frontière, dans le contexte européen. Cette interprétation erronée de la loi entraîne une forme d’entrave à l’accès au droit d’asile.» Guillaume Gontard élargit : «En renforçant les forces aux frontières, le gouvernement mène une politique d’affichage inefficace et monte d’un cran sur la restriction des droits, sans qu’aucun moyen ne soit mis sur un minimum d’accueil. Une autre politique est possible.»

Les risques du durcissement étatique sont avérés : l’Afghane et le Tunisien demandeurs d’asile croisés au refuge d’Oulx ont été secourus le soir-même par le peloton de gendarmerie de haute montagne de Briançon. Ils étaient en hypothermie au col frontalier de Bousson, à 2 154 mètres, au-dessus de Montgenèvre. Le drame a été évité de justesse grâce aux maraudeurs qui ont donné l’alerte.

 

Vite dit

06/06/2022 - Archarnement administratif, ca suffit !

« Comment peut-on croire qu'on sera plus heureux en faisant du mal à d'autres ? » (Hervé le Tellier – L'anomalie)

Ce mardi 7 juin 2022, Gideon est convoqué au tribunal judiciaire de Toulouse. Combien de juges a-t-il vu depuis le jour où il a été interpellé au commissariat de Pamiers ?

Au moins 7.

Le 3 mai, ce jeune gabonais de 18 ans, a été placé au centre de rétention de Cornebarrieu pour un vol prévu le 4 mai vers Libreville. Ce placement rendu possible par la loi (Article L 740-1 CESEDA) a été concrétisé par la préfecture de l'Ariège.

Il a refusé d'embarquer car toute sa famille vit en France de manière régulière. Il est scolarisé au lycée de Lavelanet et n'a plus du tout d'attache au Gabon.

Le 5 mai, le juge de la liberté et de la détention (JLD) décide de la prolongation de sa rétention (Article L742-3 CESEDA) permettant ainsi à l'administration d'organiser un nouvel 'éloignement'.

C'est le 27 mai qu'aura lieu cet 'éloignement' mais cette fois avec des techniques coercitives musclées (GTPI). Monté de force dans l'avion, Gidéon sera ligoté et molesté jusqu'au moment où le commandant de bord exigera son débarquement.

Mais s'opposer à son expulsion est un délit. Gidéon passera le soir même devant le procureur en CRPC (Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité) et sera puni d'une peine de prison de 3 mois avec sursis et 5 ans de mise à l'épreuve.

A 100 km de Toulouse, la préfète de l'Ariège reste inflexible : Gidéon doit rester enfermé pour être expulsé.

Le 2 juin, la juge JLD rendra un avis légèrement plus conciliant en lui permettant de rejoindre famille mais en l'obligeant à signer tous les jours au commissariat.

La préfecture de l'Ariège n'a pas apprécié cette décision. Elle a fait appel et l'audience aura lieu ce mardi 7 juin à 9h45 au palais de justice de Toulouse.

Si vous venez à cette audience, vous ne verrez pas le ou la signataire de cet appel. Il ou elle se fera représenter par un ou une porte-parole bien obéissant.e.

On sait qu'un nouveau vol a été demandé par la préfecture et si Gidéon le refuse, il risque cette fois 3 ans d’emprisonnement et une interdiction du territoire de 10 ans.

Depuis ses 18 ans, Gidéon vit sous la menace d'une arrestation, d'une expulsion !

Ce 6 juin, c'est son anniversaire. Il a 19 ans.

 

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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