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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : ID4D - Charles Autheman, Mélodie Beaujeu et Ambroise Pierre - 18/12/2020

Partout dans le monde, la question des migrations fait l’objet d’amalgames et de représentations négatives qui affectent la cohésion sociale. En Espagne, depuis plusieurs années, des acteurs associatifs dénoncent ainsi, sous le nom inmigracionalismo, les méfaits du traitement sensationnel de l’immigration dans les médias espagnols.

Ce phénomène s’est accru avec la crise sanitaire marquée par l’adoption de mesures restreignant les mobilités internationales, mais aussi par des discours présentant les migrants comme vecteurs de la pandémie du Covid-19, favorisant du même coup des actes de discrimination. Cette situation est d’autant plus paradoxale que cette même pandémie a précisément mis en exergue la contribution prépondérante des travailleurs migrants parmi les « travailleurs essentiels ».

Le traitement médiatique des migrations : un enjeu important pour nos sociétés

Dans ce contexte délicat, les médias ont un rôle essentiel à jouer pour assurer la diffusion d’informations vérifiées, qui reflètent la complexité et la diversité des expériences migratoires. Dès 1995, le Conseil de l’Europe, dans son rapport sur les migrants, les minorités ethniques et les médias, soulignait que « si, d’une part, les médias représentent un moyen important pour la lutte contre les sentiments racistes et xénophobes, les préjugés et les idées reçues, ils sont également susceptibles, d’autre part, de contribuer à la création ou au renforcement de ces sentiments ». Un quart de siècle plus tard, ce constat est non seulement toujours valable, mais il est même aggravé par l’accélération du cycle de l’information ainsi que par les excès rencontrés sur les nouveaux espaces d’information et de communication que constituent les réseaux sociaux.

Dans ce contexte, la couverture médiatique de la migration peut permettre d’éclairer le débat public en produisant des contenus de qualité et en luttant contre la désinformation. Elle peut également accompagner la mise en place de politiques qui prennent en compte l’ensemble des parties prenantes de la société, y compris les personnes migrantes, et ainsi renforcer la cohésion sociale.

A lire aussi : Mettre en lumière les crises oubliées des médias, c’est aussi aider

Faire évoluer les discours sur les migrations : un foisonnement d’initiatives

Dans le rapport du Conseil de l’Europe précédemment cité, il était déjà question de « l’importance de[s] efforts de formation, d’information et de sensibilisation des professionnels des médias ». À l’initiative d’acteurs de l’aide au développement, d’universités ou d’organisations professionnelles des médias, les projets pullulent ces dernières années, s’adressant prioritairement aux journalistes professionnels. Pour faire évoluer les discours – les fameux narratives – et outiller ces professionnels, les formations s’enchaînent sous toutes les latitudes : en Afrique australe les journalistes appréhendent la traite des êtres humains, au Burkina Faso ils sont sensibilisés à l’apatridie, en Afghanistan aux migrations irrégulières et en Roumanie à la question des réfugiés.

Hélas, ces actions sont trop disparates, notamment du fait des priorités géographiques ou thématiques des bailleurs, qu’il s’agisse d’agences d’aide au développement ou de fondations privées. En raison d’une faible coordination et d’une approche cantonnée au seul « projet », les effets durables dans le temps laissent à désirer. Dans certaines régions comme l’Afrique de l’Ouest, le prisme de l’immigration irrégulière capte l’essentiel de l’attention des médias au détriment d’enjeux migratoires majeurs au regard du développement durable, comme les migrations de main-d’œuvre ou les déplacements liés aux changements climatiques.

L’exemple du Maroc où le lien entre médias et migrations s’illustre par de bonnes pratiques structurantes – création d’un master médias et migrations à l’Institut supérieur de l’information et de la communication de Rabat (2016) et d’un réseau de journalistes spécialisés sur les questions migratoires (2018) – tarde à se diffuser dans d’autres pays. Cela invite à mettre davantage l’accent sur la diffusion de ces bonnes pratiques et la coordination entre acteurs.

Capitaliser sur les initiatives et les pratiques informationnelles des migrants

La multiplication des actions met en exergue les besoins en termes de coopération et d’adoption de cadres communs permettant d’aller au-delà des initiatives de chaque bailleur. En ce sens, la création récente d’espaces de concertation pluri-acteurs au niveau de l’OCDE ou du Forum mondial sur la migration et le développement est un signal positif. Mais ces premières actions demandent à être poursuivies et déclinées plus largement.

Les initiatives futures gagneraient à s’adosser plus solidement aux résultats de la recherche. Par exemple, la prise en considération des façons variées dont s’informent les personnes migrantes enrichirait les interventions et permettrait de revisiter certaines idées reçues.

Existe-t-il, par exemple, une corrélation entre la production d’informations sur les migrations, notamment sur ses risques induits, et les intentions de migrer des personnes concernées ? Cette question fait l’objet de débats importants dans la littérature scientifique. Une recherche menée au Mali, dans la région de Kayes (ouest du pays), un territoire historique de mobilité, conclut ainsi à un impact très faible des actions d’information à destination des candidats potentiels à l’émigration sur leurs intentions de migrer.

Les personnes susceptibles de migrer reçoivent-elles passivement l’information ? De nombreux travaux démontrent au contraire le caractère très actif des migrants dans leurs rapports à l’information. Ces derniers mobilisent une grande diversité de canaux, notamment les réseaux sociaux. À l’image de migrants récepteurs d’une information portant sur les risques migratoires véhiculée par certains programmes s’oppose celle de migrants « hyperconnectés » qui conjuguent les sources pour construire leurs projets migratoires.

Des pistes pour guider une action concertée

En intégrant les acquis de la recherche et en observant de façon critique les initiatives passées, il est possible de dégager quelques grands axes d’appui au travail des médias sur ce sujet sensible pour les années à venir :

  • intégrer les questions migratoires dans les formations initiales en journalisme et communication : des initiatives récentes en France, en Italie et en Grèce suscitent l’intérêt des étudiants et du corps enseignant. Elles mériteraient d’être inscrites dans la durée et diffusées plus largement. En donnant aux journalistes de demain les clés pour comprendre les enjeux migratoires ainsi qu’un recul sur leurs propres pratiques, il sera possible d’enrichir le débat public
  • accompagner la structuration de réseaux nationaux, régionaux et interrégionaux : les enjeux de coopération et de partage d’expérience sont primordiaux à une époque où l’accélération de l’information et la crise économique du secteur médiatique compliquent le travail des journalistes. En matière de couverture médiatique des migrations, les coproductions transfrontalières permettent d’entrer en profondeur dans certains sujets, qu’il s’agisse des mineurs non accompagnés en Europe ou de la culture des nectarines en Australie ;
  • promouvoir la déontologie journalistique et la lutte contre la désinformation : nombre de difficultés dans le traitement médiatique des migrations s’expliquent par des manquements à l’éthique journalistique en matière de croisement des sources, respect de l’anonymat, droit à l’image. Les journalistes ainsi que les organisations professionnelles travaillent aujourd’hui à l’élaboration de chartes (Rome, Carthage). En réfléchissant à l’articulation des principes journalistiques avec la couverture des migrations, il est possible d’enrayer certains mécanismes de désinformation ;
  • développer des outils en lien avec les grandes problématiques migratoires : les migrations sont au cœur des Objectifs de développement durable. À ce titre, les ressources pédagogiques consacrées au traitement par les médias de sujets spécifiques sont utiles dans la montée en compétences des journalistes. C’est le cas, par exemple, de la boîte à outils sur le travail forcé et le recrutement équitable qui vise à outiller les professionnels des médias intéressés par l’Agenda 2030 des Objectifs de développement durable.

La multiplication des initiatives œuvrant pour des discours informés et responsables sur les migrations est un signal positif. En mettant en place des partenariats pluri-acteurs et en s’engageant sur le long terme, il sera possible d’aider les médias à mieux appréhender les mobilités internationales et à contribuer ainsi à un débat public apaisé sur ce sujet.

A lire aussi : Le développement en Afrique à l’aune des bassins de migrations

Les opinions exprimées dans ce blog sont celles des auteurs et ne reflètent pas forcément la position officielle de leur institution ni celle de l’AFD.

 

 

Le traitement médiatique des migrations : un enjeu important pour nos sociétés

- Copyright ID4D, https://ideas4development.org/discours-informes-responsables-migrations/
Partout dans le monde, la question des migrations fait l’objet d’amalgames et de représentations négatives qui affectent la cohésion sociale. En Espagne, depuis plusieurs années, des acteurs associatifs dénoncent ainsi, sous le nom inmigracionalismo, les méfaits du traitement sensationnel de l’immigration dans les médias espagnols. Ce phénomène s’est accru avec la crise sanitaire marquée par l’adoption de mesures restreignant les mobilités internationales, mais aussi par des discours présentant les migrants comme vecteurs de la pandémie du Covid-19, favorisant du même coup des actes de discrimination. Cette situation est d’autant plus paradoxale que cette même pandémie a précisément mis en exergue la contribution prépondérante des travailleurs migrants parmi les « travailleurs essentiels ».

- Copyright ID4D, https://ideas4development.org/discours-informes-responsables-migrations/
Ce phénomène s’est accru avec la crise sanitaire marquée par l’adoption de mesures restreignant les mobilités internationales, mais aussi par des discours présentant les migrants comme vecteurs de la pandémie du Covid-19, favorisant du même coup des actes de discrimination. Cette situation est d’autant plus paradoxale que cette même pandémie a précisément mis en exergue la contribution prépondérante des travailleurs migrants parmi les « travailleurs essentiels ».

- Copyright ID4D, https://ideas4development.org/discours-informes-responsables-migrations/
Ce phénomène s’est accru avec la crise sanitaire marquée par l’adoption de mesures restreignant les mobilités internationales, mais aussi par des discours présentant les migrants comme vecteurs de la pandémie du Covid-19, favorisant du même coup des actes de discrimination. Cette situation est d’autant plus paradoxale que cette même pandémie a précisément mis en exergue la contribution prépondérante des travailleurs migrants parmi les « travailleurs essentiels ».

- Copyright ID4D, https://ideas4development.org/discours-informes-responsables-migrations/
Ce phénomène s’est accru avec la crise sanitaire marquée par l’adoption de mesures restreignant les mobilités internationales, mais aussi par des discours présentant les migrants comme vecteurs de la pandémie du Covid-19, favorisant du même coup des actes de discrimination. Cette situation est d’autant plus paradoxale que cette même pandémie a précisément mis en exergue la contribution prépondérante des travailleurs migrants parmi les « travailleurs essentiels ».

- Copyright ID4D, https://ideas4development.org/discours-informes-responsables-migrations/
Partout dans le monde, la question des migrations fait l’objet d’amalgames et de représentations négatives qui affectent la cohésion sociale. En Espagne, depuis plusieurs années, des acteurs associatifs dénoncent ainsi, sous le nom inmigracionalismo, les méfaits du traitement sensationnel de l’immigration dans les médias espagnols.

- Copyright ID4D, https://ideas4development.org/discours-informes-responsables-migrations/
Ce phénomène s’est accru avec la crise sanitaire marquée par l’adoption de mesures restreignant les mobilités internationales, mais aussi par des discours présentant les migrants comme vecteurs de la pandémie du Covid-19, favorisant du même coup des actes de discrimination. Cette situation est d’autant plus paradoxale que cette même pandémie a précisément mis en exergue la contribution prépondérante des travailleurs migrants parmi les « travailleurs essentiels ».

- Copyright ID4D, https://ideas4development.org/discours-informes-responsables-migrations/
Ce phénomène s’est accru avec la crise sanitaire marquée par l’adoption de mesures restreignant les mobilités internationales, mais aussi par des discours présentant les migrants comme vecteurs de la pandémie du Covid-19, favorisant du même coup des actes de discrimination. Cette situation est d’autant plus paradoxale que cette même pandémie a précisément mis en exergue la contribution prépondérante des travailleurs migrants parmi les « travailleurs essentiels ».

- Copyright ID4D, https://ideas4development.org/discours-informes-responsables-migrations/
Ce phénomène s’est accru avec la crise sanitaire marquée par l’adoption de mesures restreignant les mobilités internationales, mais aussi par des discours présentant les migrants comme vecteurs de la pandémie du Covid-19, favorisant du même coup des actes de discrimination. Cette situation est d’autant plus paradoxale que cette même pandémie a précisément mis en exergue la contribution prépondérante des travailleurs migrants parmi les « travailleurs essentiels ». Le traitement médiatique des migrations : un enjeu important pour nos sociétés Dans ce contexte délicat, les médias ont un rôle essentiel à jouer pour assurer la diffusion d’informations vérifiées, qui reflètent la complexité et la diversité des expériences migratoires. Dès 1995, le Conseil de l’Europe, dans son rapport sur les migrants, les minorités ethniques et les médias, soulignait que « si, d’une part, les médias représentent un moyen important pour la lutte contre les sentiments racistes et xénophobes, les préjugés et les idées reçues, ils sont également susceptibles, d’autre part, de contribuer à la création ou au renforcement de ces sentiments ». Un quart de siècle plus tard, ce constat est non seulement toujours valable, mais il est même aggravé par l’accélération du cycle de l’information ainsi que par les excès rencontrés sur les nouveaux espaces d’information et de communication que constituent les réseaux sociaux. Dans ce contexte, la couverture médiatique de la migration peut permettre d’éclairer le débat public en produisant des contenus de qualité et en luttant contre la désinformation. Elle peut également accompagner la mise en place de politiques qui prennent en compte l’ensemble des parties prenantes de la société, y compris les personnes migrantes, et ainsi renforcer la cohésion sociale. A lire aussi : Mettre en lumière les crises oubliées des médias, c’est aussi aider Faire évoluer les discours sur les migrations : un foisonnement d’initiatives Dans le rapport du Conseil de l’Europe précédemment cité, il était déjà question de « l’importance de[s] efforts de formation, d’information et de sensibilisation des professionnels des médias ». À l’initiative d’acteurs de l’aide au développement, d’universités ou d’organisations professionnelles des médias, les projets pullulent ces dernières années, s’adressant prioritairement aux journalistes professionnels. Pour faire évoluer les discours – les fameux narratives – et outiller ces professionnels, les formations s’enchaînent sous toutes les latitudes : en Afrique australe les journalistes appréhendent la traite des êtres humains, au Burkina Faso ils sont sensibilisés à l’apatridie, en Afghanistan aux migrations irrégulières et en Roumanie à la question des réfugiés. Hélas, ces actions sont trop disparates, notamment du fait des priorités géographiques ou thématiques des bailleurs, qu’il s’agisse d’agences d’aide au développement ou de fondations privées. En raison d’une faible coordination et d’une approche cantonnée au seul « projet », les effets durables dans le temps laissent à désirer. Dans certaines régions comme l’Afrique de l’Ouest, le prisme de l’immigration irrégulière capte l’essentiel de l’attention des médias au détriment d’enjeux migratoires majeurs au regard du développement durable, comme les migrations de main-d’œuvre ou les déplacements liés aux changements climatiques. L’exemple du Maroc où le lien entre médias et migrations s’illustre par de bonnes pratiques structurantes – création d’un master médias et migrations à l’Institut supérieur de l’information et de la communication de Rabat (2016) et d’un réseau de journalistes spécialisés sur les questions migratoires (2018) – tarde à se diffuser dans d’autres pays. Cela invite à mettre davantage l’accent sur la diffusion de ces bonnes pratiques et la coordination entre acteurs. Capitaliser sur les initiatives et les pratiques informationnelles des migrants La multiplication des actions met en exergue les besoins en termes de coopération et d’adoption de cadres communs permettant d’aller au-delà des initiatives de chaque bailleur. En ce sens, la création récente d’espaces de concertation pluri-acteurs au niveau de l’OCDE ou du Forum mondial sur la migration et le développement est un signal positif. Mais ces premières actions demandent à être poursuivies et déclinées plus largement. Les initiatives futures gagneraient à s’adosser plus solidement aux résultats de la recherche. Par exemple, la prise en considération des façons variées dont s’informent les personnes migrantes enrichirait les interventions et permettrait de revisiter certaines idées reçues. Existe-t-il, par exemple, une corrélation entre la production d’informations sur les migrations, notamment sur ses risques induits, et les intentions de migrer des personnes concernées ? Cette question fait l’objet de débats importants dans la littérature scientifique. Une recherche menée au Mali, dans la région de Kayes (ouest du pays), un territoire historique de mobilité, conclut ainsi à un impact très faible des actions d’information à destination des candidats potentiels à l’émigration sur leurs intentions de migrer. Les personnes susceptibles de migrer reçoivent-elles passivement l’information ? De nombreux travaux démontrent au contraire le caractère très actif des migrants dans leurs rapports à l’information. Ces derniers mobilisent une grande diversité de canaux, notamment les réseaux sociaux. À l’image de migrants récepteurs d’une information portant sur les risques migratoires véhiculée par certains programmes s’oppose celle de migrants « hyperconnectés » qui conjuguent les sources pour construire leurs projets migratoires. Des pistes pour guider une action concertée En intégrant les acquis de la recherche et en observant de façon critique les initiatives passées, il est possible de dégager quelques grands axes d’appui au travail des médias sur ce sujet sensible pour les années à venir : intégrer les questions migratoires dans les formations initiales en journalisme et communication : des initiatives récentes en France, en Italie et en Grèce suscitent l’intérêt des étudiants et du corps enseignant. Elles mériteraient d’être inscrites dans la durée et diffusées plus largement. En donnant aux journalistes de demain les clés pour comprendre les enjeux migratoires ainsi qu’un recul sur leurs propres pratiques, il sera possible d’enrichir le débat public ; accompagner la structuration de réseaux nationaux, régionaux et interrégionaux : les enjeux de coopération et de partage d’expérience sont primordiaux à une époque où l’accélération de l’information et la crise économique du secteur médiatique compliquent le travail des journalistes. En matière de couverture médiatique des migrations, les coproductions transfrontalières permettent d’entrer en profondeur dans certains sujets, qu’il s’agisse des mineurs non accompagnés en Europe ou de la culture des nectarines en Australie ; promouvoir la déontologie journalistique et la lutte contre la désinformation : nombre de difficultés dans le traitement médiatique des migrations s’expliquent par des manquements à l’éthique journalistique en matière de croisement des sources, respect de l’anonymat, droit à l’image. Les journalistes ainsi que les organisations professionnelles travaillent aujourd’hui à l’élaboration de chartes (Rome, Carthage). En réfléchissant à l’articulation des principes journalistiques avec la couverture des migrations, il est possible d’enrayer certains mécanismes de désinformation ; développer des outils en lien avec les grandes problématiques migratoires : les migrations sont au cœur des Objectifs de développement durable. À ce titre, les ressources pédagogiques consacrées au traitement par les médias de sujets spécifiques sont utiles dans la montée en compétences des journalistes. C’est le cas, par exemple, de la boîte à outils sur le travail forcé et le recrutement équitable qui vise à outiller les professionnels des médias intéressés par l’Agenda 2030 des Objectifs de développement durable. La multiplication des initiatives œuvrant pour des discours informés et responsables sur les migrations est un signal positif. En mettant en place des partenariats pluri-acteurs et en s’engageant sur le long terme, il sera possible d’aider les médias à mieux appréhender les mobilités internationales et à contribuer ainsi à un débat public apaisé sur ce sujet. A lire aussi : Le développement en Afrique à l’aune des bassins de migrations Les opinions exprimées dans ce blog sont celles des auteurs et ne reflètent pas forcément la position officielle de leur institution ni celle de l’AFD.

- Copyright ID4D, https://ideas4development.org/discours-informes-responsables-migrations/
Ce phénomène s’est accru avec la crise sanitaire marquée par l’adoption de mesures restreignant les mobilités internationales, mais aussi par des discours présentant les migrants comme vecteurs de la pandémie du Covid-19, favorisant du même coup des actes de discrimination. Cette situation est d’autant plus paradoxale que cette même pandémie a précisément mis en exergue la contribution prépondérante des travailleurs migrants parmi les « travailleurs essentiels ». Le traitement médiatique des migrations : un enjeu important pour nos sociétés Dans ce contexte délicat, les médias ont un rôle essentiel à jouer pour assurer la diffusion d’informations vérifiées, qui reflètent la complexité et la diversité des expériences migratoires. Dès 1995, le Conseil de l’Europe, dans son rapport sur les migrants, les minorités ethniques et les médias, soulignait que « si, d’une part, les médias représentent un moyen important pour la lutte contre les sentiments racistes et xénophobes, les préjugés et les idées reçues, ils sont également susceptibles, d’autre part, de contribuer à la création ou au renforcement de ces sentiments ». Un quart de siècle plus tard, ce constat est non seulement toujours valable, mais il est même aggravé par l’accélération du cycle de l’information ainsi que par les excès rencontrés sur les nouveaux espaces d’information et de communication que constituent les réseaux sociaux. Dans ce contexte, la couverture médiatique de la migration peut permettre d’éclairer le débat public en produisant des contenus de qualité et en luttant contre la désinformation. Elle peut également accompagner la mise en place de politiques qui prennent en compte l’ensemble des parties prenantes de la société, y compris les personnes migrantes, et ainsi renforcer la cohésion sociale. A lire aussi : Mettre en lumière les crises oubliées des médias, c’est aussi aider Faire évoluer les discours sur les migrations : un foisonnement d’initiatives Dans le rapport du Conseil de l’Europe précédemment cité, il était déjà question de « l’importance de[s] efforts de formation, d’information et de sensibilisation des professionnels des médias ». À l’initiative d’acteurs de l’aide au développement, d’universités ou d’organisations professionnelles des médias, les projets pullulent ces dernières années, s’adressant prioritairement aux journalistes professionnels. Pour faire évoluer les discours – les fameux narratives – et outiller ces professionnels, les formations s’enchaînent sous toutes les latitudes : en Afrique australe les journalistes appréhendent la traite des êtres humains, au Burkina Faso ils sont sensibilisés à l’apatridie, en Afghanistan aux migrations irrégulières et en Roumanie à la question des réfugiés. Hélas, ces actions sont trop disparates, notamment du fait des priorités géographiques ou thématiques des bailleurs, qu’il s’agisse d’agences d’aide au développement ou de fondations privées. En raison d’une faible coordination et d’une approche cantonnée au seul « projet », les effets durables dans le temps laissent à désirer. Dans certaines régions comme l’Afrique de l’Ouest, le prisme de l’immigration irrégulière capte l’essentiel de l’attention des médias au détriment d’enjeux migratoires majeurs au regard du développement durable, comme les migrations de main-d’œuvre ou les déplacements liés aux changements climatiques. L’exemple du Maroc où le lien entre médias et migrations s’illustre par de bonnes pratiques structurantes – création d’un master médias et migrations à l’Institut supérieur de l’information et de la communication de Rabat (2016) et d’un réseau de journalistes spécialisés sur les questions migratoires (2018) – tarde à se diffuser dans d’autres pays. Cela invite à mettre davantage l’accent sur la diffusion de ces bonnes pratiques et la coordination entre acteurs. Capitaliser sur les initiatives et les pratiques informationnelles des migrants La multiplication des actions met en exergue les besoins en termes de coopération et d’adoption de cadres communs permettant d’aller au-delà des initiatives de chaque bailleur. En ce sens, la création récente d’espaces de concertation pluri-acteurs au niveau de l’OCDE ou du Forum mondial sur la migration et le développement est un signal positif. Mais ces premières actions demandent à être poursuivies et déclinées plus largement. Les initiatives futures gagneraient à s’adosser plus solidement aux résultats de la recherche. Par exemple, la prise en considération des façons variées dont s’informent les personnes migrantes enrichirait les interventions et permettrait de revisiter certaines idées reçues. Existe-t-il, par exemple, une corrélation entre la production d’informations sur les migrations, notamment sur ses risques induits, et les intentions de migrer des personnes concernées ? Cette question fait l’objet de débats importants dans la littérature scientifique. Une recherche menée au Mali, dans la région de Kayes (ouest du pays), un territoire historique de mobilité, conclut ainsi à un impact très faible des actions d’information à destination des candidats potentiels à l’émigration sur leurs intentions de migrer. Les personnes susceptibles de migrer reçoivent-elles passivement l’information ? De nombreux travaux démontrent au contraire le caractère très actif des migrants dans leurs rapports à l’information. Ces derniers mobilisent une grande diversité de canaux, notamment les réseaux sociaux. À l’image de migrants récepteurs d’une information portant sur les risques migratoires véhiculée par certains programmes s’oppose celle de migrants « hyperconnectés » qui conjuguent les sources pour construire leurs projets migratoires. Des pistes pour guider une action concertée En intégrant les acquis de la recherche et en observant de façon critique les initiatives passées, il est possible de dégager quelques grands axes d’appui au travail des médias sur ce sujet sensible pour les années à venir : intégrer les questions migratoires dans les formations initiales en journalisme et communication : des initiatives récentes en France, en Italie et en Grèce suscitent l’intérêt des étudiants et du corps enseignant. Elles mériteraient d’être inscrites dans la durée et diffusées plus largement. En donnant aux journalistes de demain les clés pour comprendre les enjeux migratoires ainsi qu’un recul sur leurs propres pratiques, il sera possible d’enrichir le débat public ; accompagner la structuration de réseaux nationaux, régionaux et interrégionaux : les enjeux de coopération et de partage d’expérience sont primordiaux à une époque où l’accélération de l’information et la crise économique du secteur médiatique compliquent le travail des journalistes. En matière de couverture médiatique des migrations, les coproductions transfrontalières permettent d’entrer en profondeur dans certains sujets, qu’il s’agisse des mineurs non accompagnés en Europe ou de la culture des nectarines en Australie ; promouvoir la déontologie journalistique et la lutte contre la désinformation : nombre de difficultés dans le traitement médiatique des migrations s’expliquent par des manquements à l’éthique journalistique en matière de croisement des sources, respect de l’anonymat, droit à l’image. Les journalistes ainsi que les organisations professionnelles travaillent aujourd’hui à l’élaboration de chartes (Rome, Carthage). En réfléchissant à l’articulation des principes journalistiques avec la couverture des migrations, il est possible d’enrayer certains mécanismes de désinformation ; développer des outils en lien avec les grandes problématiques migratoires : les migrations sont au cœur des Objectifs de développement durable. À ce titre, les ressources pédagogiques consacrées au traitement par les médias de sujets spécifiques sont utiles dans la montée en compétences des journalistes. C’est le cas, par exemple, de la boîte à outils sur le travail forcé et le recrutement équitable qui vise à outiller les professionnels des médias intéressés par l’Agenda 2030 des Objectifs de développement durable. La multiplication des initiatives œuvrant pour des discours informés et responsables sur les migrations est un signal positif. En mettant en place des partenariats pluri-acteurs et en s’engageant sur le long terme, il sera possible d’aider les médias à mieux appréhender les mobilités internationales et à contribuer ainsi à un débat public apaisé sur ce sujet. A lire aussi : Le développement en Afrique à l’aune des bassins de migrations Les opinions exprimées dans ce blog sont celles des auteurs et ne reflètent pas forcément la position officielle de leur institution ni celle de l’AFD.

- Copyright ID4D, https://ideas4development.org/discours-informes-responsables-migrations/
Ce phénomène s’est accru avec la crise sanitaire marquée par l’adoption de mesures restreignant les mobilités internationales, mais aussi par des discours présentant les migrants comme vecteurs de la pandémie du Covid-19, favorisant du même coup des actes de discrimination. Cette situation est d’autant plus paradoxale que cette même pandémie a précisément mis en exergue la contribution prépondérante des travailleurs migrants parmi les « travailleurs essentiels ». Le traitement médiatique des migrations : un enjeu important pour nos sociétés Dans ce contexte délicat, les médias ont un rôle essentiel à jouer pour assurer la diffusion d’informations vérifiées, qui reflètent la complexité et la diversité des expériences migratoires. Dès 1995, le Conseil de l’Europe, dans son rapport sur les migrants, les minorités ethniques et les médias, soulignait que « si, d’une part, les médias représentent un moyen important pour la lutte contre les sentiments racistes et xénophobes, les préjugés et les idées reçues, ils sont également susceptibles, d’autre part, de contribuer à la création ou au renforcement de ces sentiments ». Un quart de siècle plus tard, ce constat est non seulement toujours valable, mais il est même aggravé par l’accélération du cycle de l’information ainsi que par les excès rencontrés sur les nouveaux espaces d’information et de communication que constituent les réseaux sociaux. Dans ce contexte, la couverture médiatique de la migration peut permettre d’éclairer le débat public en produisant des contenus de qualité et en luttant contre la désinformation. Elle peut également accompagner la mise en place de politiques qui prennent en compte l’ensemble des parties prenantes de la société, y compris les personnes migrantes, et ainsi renforcer la cohésion sociale. A lire aussi : Mettre en lumière les crises oubliées des médias, c’est aussi aider Faire évoluer les discours sur les migrations : un foisonnement d’initiatives Dans le rapport du Conseil de l’Europe précédemment cité, il était déjà question de « l’importance de[s] efforts de formation, d’information et de sensibilisation des professionnels des médias ». À l’initiative d’acteurs de l’aide au développement, d’universités ou d’organisations professionnelles des médias, les projets pullulent ces dernières années, s’adressant prioritairement aux journalistes professionnels. Pour faire évoluer les discours – les fameux narratives – et outiller ces professionnels, les formations s’enchaînent sous toutes les latitudes : en Afrique australe les journalistes appréhendent la traite des êtres humains, au Burkina Faso ils sont sensibilisés à l’apatridie, en Afghanistan aux migrations irrégulières et en Roumanie à la question des réfugiés. Hélas, ces actions sont trop disparates, notamment du fait des priorités géographiques ou thématiques des bailleurs, qu’il s’agisse d’agences d’aide au développement ou de fondations privées. En raison d’une faible coordination et d’une approche cantonnée au seul « projet », les effets durables dans le temps laissent à désirer. Dans certaines régions comme l’Afrique de l’Ouest, le prisme de l’immigration irrégulière capte l’essentiel de l’attention des médias au détriment d’enjeux migratoires majeurs au regard du développement durable, comme les migrations de main-d’œuvre ou les déplacements liés aux changements climatiques. L’exemple du Maroc où le lien entre médias et migrations s’illustre par de bonnes pratiques structurantes – création d’un master médias et migrations à l’Institut supérieur de l’information et de la communication de Rabat (2016) et d’un réseau de journalistes spécialisés sur les questions migratoires (2018) – tarde à se diffuser dans d’autres pays. Cela invite à mettre davantage l’accent sur la diffusion de ces bonnes pratiques et la coordination entre acteurs. Capitaliser sur les initiatives et les pratiques informationnelles des migrants La multiplication des actions met en exergue les besoins en termes de coopération et d’adoption de cadres communs permettant d’aller au-delà des initiatives de chaque bailleur. En ce sens, la création récente d’espaces de concertation pluri-acteurs au niveau de l’OCDE ou du Forum mondial sur la migration et le développement est un signal positif. Mais ces premières actions demandent à être poursuivies et déclinées plus largement. Les initiatives futures gagneraient à s’adosser plus solidement aux résultats de la recherche. Par exemple, la prise en considération des façons variées dont s’informent les personnes migrantes enrichirait les interventions et permettrait de revisiter certaines idées reçues. Existe-t-il, par exemple, une corrélation entre la production d’informations sur les migrations, notamment sur ses risques induits, et les intentions de migrer des personnes concernées ? Cette question fait l’objet de débats importants dans la littérature scientifique. Une recherche menée au Mali, dans la région de Kayes (ouest du pays), un territoire historique de mobilité, conclut ainsi à un impact très faible des actions d’information à destination des candidats potentiels à l’émigration sur leurs intentions de migrer. Les personnes susceptibles de migrer reçoivent-elles passivement l’information ? De nombreux travaux démontrent au contraire le caractère très actif des migrants dans leurs rapports à l’information. Ces derniers mobilisent une grande diversité de canaux, notamment les réseaux sociaux. À l’image de migrants récepteurs d’une information portant sur les risques migratoires véhiculée par certains programmes s’oppose celle de migrants « hyperconnectés » qui conjuguent les sources pour construire leurs projets migratoires. Des pistes pour guider une action concertée En intégrant les acquis de la recherche et en observant de façon critique les initiatives passées, il est possible de dégager quelques grands axes d’appui au travail des médias sur ce sujet sensible pour les années à venir : intégrer les questions migratoires dans les formations initiales en journalisme et communication : des initiatives récentes en France, en Italie et en Grèce suscitent l’intérêt des étudiants et du corps enseignant. Elles mériteraient d’être inscrites dans la durée et diffusées plus largement. En donnant aux journalistes de demain les clés pour comprendre les enjeux migratoires ainsi qu’un recul sur leurs propres pratiques, il sera possible d’enrichir le débat public ; accompagner la structuration de réseaux nationaux, régionaux et interrégionaux : les enjeux de coopération et de partage d’expérience sont primordiaux à une époque où l’accélération de l’information et la crise économique du secteur médiatique compliquent le travail des journalistes. En matière de couverture médiatique des migrations, les coproductions transfrontalières permettent d’entrer en profondeur dans certains sujets, qu’il s’agisse des mineurs non accompagnés en Europe ou de la culture des nectarines en Australie ; promouvoir la déontologie journalistique et la lutte contre la désinformation : nombre de difficultés dans le traitement médiatique des migrations s’expliquent par des manquements à l’éthique journalistique en matière de croisement des sources, respect de l’anonymat, droit à l’image. Les journalistes ainsi que les organisations professionnelles travaillent aujourd’hui à l’élaboration de chartes (Rome, Carthage). En réfléchissant à l’articulation des principes journalistiques avec la couverture des migrations, il est possible d’enrayer certains mécanismes de désinformation ; développer des outils en lien avec les grandes problématiques migratoires : les migrations sont au cœur des Objectifs de développement durable. À ce titre, les ressources pédagogiques consacrées au traitement par les médias de sujets spécifiques sont utiles dans la montée en compétences des journalistes. C’est le cas, par exemple, de la boîte à outils sur le travail forcé et le recrutement équitable qui vise à outiller les professionnels des médias intéressés par l’Agenda 2030 des Objectifs de développement durable. La multiplication des initiatives œuvrant pour des discours informés et responsables sur les migrations est un signal positif. En mettant en place des partenariats pluri-acteurs et en s’engageant sur le long terme, il sera possible d’aider les médias à mieux appréhender les mobilités internationales et à contribuer ainsi à un débat public apaisé sur ce sujet. A lire aussi : Le développement en Afrique à l’aune des bassins de migrations Les opinions exprimées dans ce blog sont celles des auteurs et ne reflètent pas forcément la position officielle de leur institution ni celle de l’AFD.

- Copyright ID4D, https://ideas4development.org/discours-informes-responsables-migrations/

Vite dit

06/06/2022 - Archarnement administratif, ca suffit !

« Comment peut-on croire qu'on sera plus heureux en faisant du mal à d'autres ? » (Hervé le Tellier – L'anomalie)

Ce mardi 7 juin 2022, Gideon est convoqué au tribunal judiciaire de Toulouse. Combien de juges a-t-il vu depuis le jour où il a été interpellé au commissariat de Pamiers ?

Au moins 7.

Le 3 mai, ce jeune gabonais de 18 ans, a été placé au centre de rétention de Cornebarrieu pour un vol prévu le 4 mai vers Libreville. Ce placement rendu possible par la loi (Article L 740-1 CESEDA) a été concrétisé par la préfecture de l'Ariège.

Il a refusé d'embarquer car toute sa famille vit en France de manière régulière. Il est scolarisé au lycée de Lavelanet et n'a plus du tout d'attache au Gabon.

Le 5 mai, le juge de la liberté et de la détention (JLD) décide de la prolongation de sa rétention (Article L742-3 CESEDA) permettant ainsi à l'administration d'organiser un nouvel 'éloignement'.

C'est le 27 mai qu'aura lieu cet 'éloignement' mais cette fois avec des techniques coercitives musclées (GTPI). Monté de force dans l'avion, Gidéon sera ligoté et molesté jusqu'au moment où le commandant de bord exigera son débarquement.

Mais s'opposer à son expulsion est un délit. Gidéon passera le soir même devant le procureur en CRPC (Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité) et sera puni d'une peine de prison de 3 mois avec sursis et 5 ans de mise à l'épreuve.

A 100 km de Toulouse, la préfète de l'Ariège reste inflexible : Gidéon doit rester enfermé pour être expulsé.

Le 2 juin, la juge JLD rendra un avis légèrement plus conciliant en lui permettant de rejoindre famille mais en l'obligeant à signer tous les jours au commissariat.

La préfecture de l'Ariège n'a pas apprécié cette décision. Elle a fait appel et l'audience aura lieu ce mardi 7 juin à 9h45 au palais de justice de Toulouse.

Si vous venez à cette audience, vous ne verrez pas le ou la signataire de cet appel. Il ou elle se fera représenter par un ou une porte-parole bien obéissant.e.

On sait qu'un nouveau vol a été demandé par la préfecture et si Gidéon le refuse, il risque cette fois 3 ans d’emprisonnement et une interdiction du territoire de 10 ans.

Depuis ses 18 ans, Gidéon vit sous la menace d'une arrestation, d'une expulsion !

Ce 6 juin, c'est son anniversaire. Il a 19 ans.

 

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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