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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

Lire la lettre au Président      Signer la pétition

 

«Il va mourir plus vite, en moins bonne condition et avec malheureusement (...) des douleurs qui nécessiteront d'autres médicaments dont je ne sais pas s'ils seront à (sa) disposition. C'est dramatique, inacceptable.» La pédiatre Isabelle Kieffer a de quoi être pessimiste. L'état d'Ardi, jeune Kosovar polyhandicapé expulsé de l'Hexagone en 2010, s'aggrave (voir la vidéo ci-dessous, réalisée par le comité de soutien). Et c'est justement pour remédier à cette situation que l'adolescent vient d'obtenir un visa pour la France. Un retour effectué le 28 juillet dernier, après plus d'un an de bataille.

 

 

Associations, voisinage et personnel soignant peuvent se réjouir! Quinze mois après leur expulsion, Ardi Vrenezi, ses parents, sa sœur et son frère sont revenus sur le sol français. Une décision rare de la part de l'Etat français qui a agi en toute discrétion. Aucune information n'a filtré. Les médias sont restés à l'écart. Même l'hôpital Bon-Secours de Metz ne savait pas la date exacte de l'arrivée du jeune Kosovar. A croire que le gouvernement n'aime pas s'étendre sur ses erreurs.

 

Car il s'agit bien d'une erreur de jugement. Pour Isabelle Kieffer, il ne faut chercher «aucune bonté d'âme» dans cette décision. Le gouvernement devait simplement réparer sa «grosse faute» avant que l'affaire ne soit traînée devant la justice. Richard Moyon, membre de Réseau éducation sans frontières (RESF), va même plus loin, en parlant d'une «gifle magistrale» prise par «la stasi et la sarkozie».

 

Aucune trace de mea culpa pourtant dans la justification du ministère de l'intérieur: «Le retour en France d'Ardi Vrenezi a été décidé, compte tenu de la volonté des autorités françaises de s'assurer du respect par la famille du protocole de soins, pour lequel certains manquements ont été relevés en dépit de l'accès possible au traitement.» Des «manquements» qui ont bien failli coûter la vie à un jeune garçon.

 

Comment expliquer un tel revirement ? Le documentaire L'Immigration aux frontières du droit y est sûrement pour quelque chose. Réalisé par Manon Loizeau et diffusé en juin dernier sur Canal Plus, il met des images sur les dires du comité de soutien. L'aggravation de l'état d'Ardi y apparaît bien réelle et entraîne une mobilisation au niveau national.

 

Le rôle des associations doit aussi être pris en compte. Depuis le début, Jean-Marie Barbier, président de l'Association des paralysés de France (APF), est convaincu que la décision d'un possible retour en France dépend du plus haut niveau. C'est pourquoi il fait appel à ses contacts dans les différents ministères et va jusqu'à remettre, le 8 juin 2011, une lettre en main propre à Nicolas Sarkozy. Mais les semaines passent et toujours rien. «On sait que le circuit de décision est long mais quand c'est la santé de quelqu'un qui est en jeu, ce n'est pas raisonnable, pour ne pas dire plus!», déplore Jean-Marie Barbier.

Pourtant, la machine politique est en marche. Le 7 juillet, le Conseil régional d'Ile-de-France déploie une banderole sur ses grilles pour réclamer le retour de l'adolescent. C'est ensuite le Conseil municipal de Paris qui vote un vœu en faveur d'Ardi. Quelques jours plus tard, la nouvelle tombe: le jeune Kosovar et ses parents viennent d'obtenir des visas. Aucune trace dans cette annonce de la sœur, 18 ans, et du frère, 14 ans. Les associations s'inquiètent, le ministère de l'intérieur rassure. Pas question de laisser Mimoza et Eduard de côté, toute la famille sera du voyage.

«Ce n'est plus du tout le même gamin»

Dès son arrivée le 28 juillet, Ardi est hospitalisé une semaine à l'hôpital Bon-Secours de Metz. Il pèse «16 kilos de moins» et présente une «régression neurologique importante». «Ce n'est plus du tout le même gamin», constate Isabelle Kieffer, qui a pu rendre visite au garçon.

Sylvie Favaro, l'ancienne infirmière d'Ardi, critique la prise en charge de l'adolescent par l'hôpital: «L'accueil à Metz n'a pas été très chaleureux. Depuis le 28 juillet, rien n'a été mis en place! Son état nutritionnel n'a pas été évalué et aucune sonde pour l'alimenter n'a été placée, comme si c'était un fardeau!» Accusations que réfute l'hôpital mis en cause: «Il n'y a pas de polémique. Un bilan nutritionnel a été fait. Tout s'est très bien passé, les parents du garçon étaient contents et nous ont remerciés en partant.»

 

 

Ardi Vrenezi Ardi Vrenezi© Sylvie Favaro
Le 4 août, Ardi est transféré dans l'Institut médico-éducatif (IME) «Le Château» d'Inglange, en Moselle. Un véritable soulagement pour le comité de soutien. Sylvie Favaro l'assure, «un gros travail» attend désormais l'équipe de l'institut. L'adolescent doit avant tout reprendre des forces. Ce n'est qu'après que pourront commencer les soins plus spécifiques comme la kinésithérapie ou l'ergothérapie.

Mardi 9 août, la pédiatre et le président de l'APF se sont rendus sur place pour juger de l'état d'Ardi. Dans une lettre publiée sur le site de RESF, Isabelle Kieffer fait le compte-rendu de cette visite. Le jeune Kosovar est «très fatigué» mais le centre est «parfaitement adapté aux besoins de l'adolescent». Point négatif: Ardi est contraint d'être interne car sa famille est logée à 30 km de l'IME, dans la banlieue de Metz. Aucun transport en commun ne relie les deux endroits.

Cette prise en charge est certes positive mais Isabelle Kieffer ne peut s'empêcher d'être pessimiste. La pédiatre confiait à Mediapart début août qu'il semblait impossible qu'Ardi retrouve son état d'avant l'expulsion. «Il faut rappeler que c'est une maladie progressive. Ce gamin est condamné à mourir.»

Reste à espérer que d'ici là, la France permette à Ardi de vivre le plus longtemps possible dans des conditions dignes. La famille Vrenezi n'a en effet obtenu qu'un visa de tourisme de trois mois, et non un visa "vie privée et familiale". Au ministère de l'intérieur, on précise que la situation sera étudiée «le moment venu et en fonction de l'évolution». Une explication qui laisse perplexe sachant que la maladie de l'adolescent ne se guérit pas.

«Je n'ai jamais cessé d'être en colère»

Leucoencéphalite sclérosante subaiguë. Un nom barbare pour désigner une maladie incurable. Le cerveau est attaqué par une infection attrapée dans la petite enfance. Avec des soins adaptés, il est possible de ralentir les effets de la maladie. Les médecins kosovars, impuissants, conseillent à la famille Vrenezi de partir pour la France où la médecine sait prendre en charge ce type de pathologie.

 

Arrivés à Metz en juillet 2008, les parents d'Ardi font une demande auprès de la Maison départementale des personnes handicapées de Moselle pour que leur fils soit placé dans une structure adaptée. L'adolescent, alors âgé de 15 ans, intègre en mars 2010 l'IME «Les Jonquilles» de Freyming-Merlebach, en Moselle. «Il était capable de se tenir dans un fauteuil, était socialisé et parvenait à faire quelques pas autour de la structure», explique Sylvie Favaro. Pour les parents, cette amélioration relève du «miracle».

 

Et puis, brusquement, tout s'arrête. 3 mai 2010, 19 heures. Une vingtaine de policiers débarquent dans l'établissement. Ardi est aussitôt placé dans le centre de rétention de Metz avec ses parents, sa sœur et son frère. Le lendemain, la famille est expulsée du territoire. Direction Pristina, la capitale du Kosovo.

«A l'époque, personne ne savait qu'Ardi était en situation irrégulière», raconte Sylvie Favaro. «Sur le coup, on ne comprenait pas ce qu'il se passait. Puis, quand ils l'ont emmené, je me suis mise en colère et, depuis, je n'ai jamais cessé d'être en colère.» Comité de soutien, blog, manifestations, pétitions..., la résistance s'organise. Le Réseau éducatif sans frontières et l'Association des paralysés de France s'emparent de l'affaire. Tous s'offusquent d'une décision considérée comme injuste voire «illégale», qui ne fait que condamner un enfant.

«Ardi a été illégalement renvoyé au Kosovo»

Depuis les lois Debré en 1997 et Chevènement en 1998, les étrangers malades bénéficient d'une protection contre l'éloignement et d'un droit au séjour. D'après la loi Debré, l'étranger «atteint d'une pathologie grave» et ne pouvant pas accéder à un traitement approprié dans son pays d'origine est inexpulsable. La loi Chevènement vient renforcer ce dispositif: la mention «atteint d'une pathologie grave» est remplacée par «dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale». Une définition floue qui protège plus largement les étrangers malades.

 

D'après la préfecture de Moselle, la décision d'expulser Ardi n'a pas été prise à la légère. «Plusieurs avis» médicaux ont indiqué que «l'enfant pouvait bénéficier des traitements nécessaires à son état de santé dans son pays d'origine» (voir communiqué).

Le 2 juin 2010, une mission médicale est même envoyée sur place par l'Agence régionale de santé (ARS) de Lorraine pour vérifier la prise en charge d'Ardi. A cette époque, tout semble aller pour le mieux: les paramètres vitaux de l'adolescent sont «stables» et «il n'apparaît pas dénutri». Il peut bénéficier de soins prodigués par un centre proche de chez lui. Deux des cinq médicaments dont il a besoin sont disponibles gratuitement, les autres étant délivrés par des pharmacies privées. Dans le rapport, les médecins mettent en cause la famille Vrenezi qui n'aurait entrepris aucune démarche pour percevoir l'allocation pour handicap, s'élevant à 100 euros par mois (voir communiqué).

 

 

Le père d'Ardi et Isabelle Kieffer Le père d'Ardi et Isabelle Kieffer© Sylvie Favaro
Isabelle Kieffer, qui s'est rendue en décembre 2010 au Kosovo, démonte un à un ces arguments. Selon elle, Ardi n'a jamais été ausculté avant son expulsion. «Je ne sais pas d'où sortent les avis médicaux mais le compte-rendu complet sur l'état de l'enfant et sur les soins dont il avait besoin n'a jamais été demandé.» Et la pédiatre ne s'arrête pas là: médicaments inadaptés au Kosovo, centre de soins éloigné du domicile et non équipé, absence de savoir-faire pour prendre en charge un tel cas, allocation pour handicap qui a cessé d'exister par manque de fonds et qui aurait été insuffisante... En résumé, le rapport émis par l'ARS est totalement «faussé» et renforce l'idée qu'«Ardi a été illégalement renvoyé au Kosovo»

 

Depuis le 16 juin 2011 et l'adoption d'une nouvelle loi sur l'immigration, les associations s'alarment. Désormais, l'étranger malade ne peut bénéficier d'un titre de séjour pour soin qu'«en l'absence de traitement approprié dans son pays d'origine». Caroline Izambert, représentant l'association Act Up auprès de l'Observatoire du droit à la santé des étrangers, tient à rappeler que si la loi n'a pas été modifiée jusque-là, «tout ce qui était autour a bougé, comme par exemple le temps passé dans un centre de rétention». Selon elle, cette nouvelle loi restreint le droit au séjour pour soin: «Dans l'ancien système, certains éléments comme les revenus de la personne étaient pris en compte. Aujourd'hui, on vérifie juste si les traitements existent dans le pays.»

Il y a actuellement en France 28.000 personnes qui bénéficient d'un titre de séjour pour soin, soit 0,8% des étrangers vivant en France. Un chiffre tout à fait «dérisoire» pour Caroline Izambert révélant «un acharnement législatif complètement disproportionné par rapport à la réalité». Un chiffre qui risque de baisser puisqu'il devient «toujours plus difficile d'obtenir ce titre de séjour et de le faire renouveler». Le cas d'Ardi n'est donc pas isolé.

 

 

Vite dit

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Désespoir20/1/2020 - Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !
Je souffre devant tant de malheurs et d'injustices. Il faut que je parle, que j'écrive ma colère :
Un jour, en visite au CRA (Centre de Rétention Administrative) il m'a été répondu que le CRA n'était pas un hôtel : que le retenu ne pouvait pas choisir sa chambre, ni son voisin de lit, ni son repas !
Non seulement le retenu est arbitrairement privé de liberté et c'est scandaleux, mais en plus il est jugé de façon inégale, mais en plus il n'a pas droit à la même défense, mais en plus il ne trouve pas autour de lui autant de sollicitude et d'attention qu'il en aurait besoin !!!
Et oui, au CRA on ne peut pas avoir sa valise de fringues avec soi, au CRA on n'a pas forcément l'eau chaude, au CRA on n'a pas assez de couvertures, au CRA on est en souffrance, au CRA on doit subir l'autorité violente de la police et on est INNOCENT.
C'est une prison plus violente que la prison parce qu'on est innocent.
Pas de médecin sans frontière pour défendre MR N., malade, qui va être expulsé vers le pays qu'il fuit ;
Pas d'avocat sans frontière pour Mme M., qui a eu l'audace de traverser une rue pour se faire coiffer et écope de 5 mois d'emprisonnement en France alors qu'elle travaillait depuis plus de 2 ans en Suisse, sans avoir subi aucun contrôle,
Pas de défenseur sans frontière des droits de l'homme pour D., 21 ans, le sourire aux lèvres, qui après avoir été prisonnier 90 jours en Lybie, sera 60 jours prisonnier en France avant de prendre un avion pour l'Italie !
J'espère que H., que nous avons vu ce matin retrouve la liberté cet après-midi ; il est en plein désarroi, abasourdi par ce qui lui est arrivé et par les conséquences qui en découlent sur sa famille .
Cependant :
Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !

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20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

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22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

Collectif 20 juin

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " contre les murs "

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " la traversée du désert "

Depuis 4 ans, chaque année à Toulouse le "collectif 20 juin Toulouse" organise la Journée Mondiale des Réfugié·e·s.
Du fait de l’épidémie de COVID-19 et des restrictions sanitaires, le collectif a dû annuler, à contre cœur, les deux belles journées événements qu'il avait préparées pour cette édition 2020...
Il était malgré tout important pour nous de faire quelque chose. C'est pourquoi nous avons décidé de vous faire vivre ce temps dédié aux réfugié·e·s de façon virtuelle !

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