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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : InfoMigrants - Leslie Carretero - 25/12/2020

L'année 2020 aura été marquée par l'épidémie de coronavirus qui n'a pas épargné les migrants. En France, ces derniers ont souvent été abandonnés à leur sort dans les campements de fortune. Ce fut aussi une année terrible pour les demandeurs d'asile en Grèce après l'incendie du plus grand camp d'Europe, Moria. Et enfin, une année noire pour les décès en mer, ceux qui ont eu lieu en Méditerranée mais aussi dans la Manche et dans l'océan Atlantique. La rédaction d'InfoMigrants revient sur les moments forts de l'année écoulée.

1/ Incendie du camp de Moria, à Lesbos

 

En septembre, un incendie a ravagé le camp de Moria, qui abritait plus de 12 000 migrants. Crédit : Reuters
En septembre, un incendie a ravagé le camp de Moria, qui abritait plus de 12 000 migrants. Crédit : Reuters

 

Dans la nuit du 8 au 9 septembre, le camp de Moria, sur l'île grecque de Lesbos, a été ravagé par un gigantesque incendie. Le site, détruit à 99%, hébergeait plus de 12 000 migrants dans des conditions insalubres.

Des milliers de migrants ont passé plusieurs nuits dans la rue, en attendant de l'aide humanitaire. "Nous sommes abandonnés à nous-mêmes, sans nourriture, sans eau, sans médicaments", avait raconté une Syrienne.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait alors fait part de sa "profonde tristesse" face à l'incendie, soulignant que l'UE se tenait "prête à aider" la Grèce.

Trois mois après, plus de 7 000 migrants sont toujours bloqués à Lesbos, dans un nouveau camp construit à la hâte après l'incendie. Avec l'arrivée de l'hiver, les conditions de vie des habitants se sont encore aggravées : leurs tentes ont été inondées après plusieurs jours de fortes pluies, malgré les travaux de drainage effectués en octobre sur ce terrain inondable.

2/ Réactivation de la route des Canaries

 

Des migrants arrivent aux Canaries, après avoir été secourus par les sauveteurs espagnols. Crédit : Reuters
Des migrants arrivent aux Canaries, après avoir été secourus par les sauveteurs espagnols. Crédit : Reuters

 

Depuis le début de l'année, près de 20 000 migrants ont débarqué aux Canaries, petit bout de terre espagnole perdue au milieu de l'océan Atlantique, soit 10 fois plus que l'an passé. Cette route n'était presque plus empruntée depuis 2006, qui avait vu l'arrivée de 30 000 exilés.

L'archipel espagnol situé au large des côtes marocaines, a très vite été débordé par cet afflux de migrants. Le port de l'île principale de Grande Canarie, Arguigneguin, est rapidement devenu "le camp de la honte" où plus de 2 000 migrants se sont entassés pendant plusieurs jours le long de la jetée.

Sur cette route, très dangereuse, environ 500 personnes sont mortes en tentant de rejoindre l'Espagne. Le décès de Doudou, cet adolescent de 14 ans, a particulièrement ému le Sénégal, son pays d'origine. Son père a écopé de deux ans de prison dont un mois ferme pour "mise en danger de la vie d'autrui". Celui-ci avait payé le voyage à son fils, qui rêvait de devenir footballeur.

3/ Violente évacuation de la place de la République, à Paris

 

Manifestation contre le démantèlement violent du camp de migrants à Paris, le 24 novembre 2020. Crédit : Reuters
Manifestation contre le démantèlement violent du camp de migrants à Paris, le 24 novembre 2020. Crédit : Reuters

 

Lundi 23 novembre, des centaines de migrants ont été violemment évacués de la place de la République. Aidés par l'association Utopia 56, ces exilés avaient installé un campement en plein cœur de Paris après avoir été écartés du démantèlement du campement de Saint-Denis, quelques jours plus tôt.

Dans un déchaînement de violence, les forces de l'ordre ont retiré les tentes et dispersé sans ménagement leurs occupants. Ces images, qualifiées de "choquantes" par le ministre de l'Intérieur, ont provoqué une vague d'indignation et conduit à plusieurs enquêtes. Les associations ont quant à elles rappelé que "les violences policières contre les migrants étaient devenues la norme" en France.

4/ Des traversées de la Manche toujours plus nombreuses

 

Les migrants traversent la Manche à bord de canots pneumatiques, de paddles, de kayaks, voire de gilets de sauvetage. Crédit : France 24
Les migrants traversent la Manche à bord de canots pneumatiques, de paddles, de kayaks, voire de gilets de sauvetage. Crédit : France 24

 

En 2020, le nombre de migrants ayant tenté de traverser la Manche a considérablement augmenté. Depuis janvier, plus de 6 000 migrants ont essayé de rejoindre l'Angleterre à bord de canots pneumatiques, de paddles, de kayaks, voire à la nage avec uniquement des gilets de sauvetage.

Cette traversée n'est pas sans risque, près de 10 personnes sont mortes cette année en tentant d'atteindre les côtes britanniques. Une famille entière originaire d'Iran a péri en mer fin octobre : un homme de 35 ans, sa femme de 32 ans et leur trois enfants, dont un bébé de 15 mois. Selon les autorités françaises, les victimes ont été piégées dans le cockpit du bateau quand il a chaviré et coulé.

Face à cet afflux record et à l'augmentation des drames, de nouveaux accords ont été signés entre la France et l'Angleterre. Ils prévoient notamment de nouveaux moyens financiers et un renforcement des patrouilles dans la Manche.

5/ La Méditerranée, des naufrages loin des regards

 

Des migrants sont tombés à l'eau, lundi 12 août, pendant une opération de sauvetage de l'Ocean Viking. Crédit : SOS Méditerranée.
Des migrants sont tombés à l'eau, lundi 12 août, pendant une opération de sauvetage de l'Ocean Viking. Crédit : SOS Méditerranée.

 

En 2020, les missions des navires humanitaires en mer Méditerranée ont été peu nombreuses. Certains bateaux, à l'instar de l'Ocean Viking ou du Sea-Watch, ont bien effectué des opérations de sauvetage au large de la Libye mais ont été immédiatement immobilisés par les autorités italiennes au moment du débarquement des naufragés. Au moins cinq navires sont bloqués par l'Italie depuis cet été, pour des "irrégularités techniques". Les ONG accusent Rome "d'entraves" au sauvetage des migrants en mer.

Pourtant l'absence de navire humanitaire n'empêche pas les traversées de la Méditerranée. Officiellement, près de 1 000 personnes sont mortes en mer en essayant de rejoindre l'Europe cette année, dont plus de 700 parties de Libye.

Mais combien de naufrages ont eu lieu sans avoir été répertoriés ? Les organisations internationales redoutent que le bilan des décès en 2020 soit plus élevé.

6/ Un nouveau pacte migratoire européen

 

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Crédit : Reuters
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Crédit : Reuters

 

La Commission européenne a présenté, mercredi 23 septembre, un nouveau ''Pacte européen sur la migration et l'asile'' pour trouver ''des solutions pérennes'' à la situation des migrants en Europe. Le texte prévoit notamment la fin du règlement de Dublin, le durcissement des renvois et l'accélération des procédures et les contrôles accrus aux frontières extérieures.

Plusieurs responsables politiques européens ont salué un pas dans la bonne direction, mais un grand nombre d'ONG ont accusé l'Union européenne de céder aux pays les plus hostiles à l'accueil des réfugiés.

Plusieurs chercheurs en migration, à l'instar du Belge François Gemenne, ont aussi laissé entendre leur scepticisme : "C'est un compromis entre la lâcheté et la xénophobie", a-t-il réagi, dénonçant "la même logique d'Europe forteresse".

7/ Le quotidien des migrants impacté par le Covid-19

 

La crise du coronavirus a bouleversé le monde en 2020. Crédit : Picture alliance
La crise du coronavirus a bouleversé le monde en 2020. Crédit : Picture alliance

 

L'année 2020 a été profondément marquée par la crise du coronavirus. Que ce soit dans les pays de départ, de transit ou d'arrivée, le quotidien des migrants a été bouleversé par le Covid-19.

Dans les pays d'Afrique subsaharienne, la fermeture des frontières et l'absence de tourisme a provoqué une importante perte de revenus pour bon nombre de familles. Résultat : les jeunes, comme par exemple au Sénégal, sont de plus en plus nombreux à prendre des risques sur la route de l'exil.

L'autre conséquence de cette crise sanitaire est la famine et la malnutrition qui menacent des millions de réfugiés africains sur le continent, alertait en juillet l'ONU.

Dans les pays de transit, comme la Libye, le coronavirus et la fermeture des frontières ont isolé un peu plus les migrants. Les rapatriements dans les pays d'origine et les réinstallations dans des pays tiers ont été interrompus pendant de longs mois. "Malgré nos efforts pour maintenir les réinstallations, celles-ci ont été considérablement freinées et de très nombreux dossiers ont été mis en attente avec des conséquences évidentes sur la santé mentale de personnes concernées qui sont déjà vulnérables", expliquait à InfoMigrants le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés début décembre.

Enfin, dans les pays d'arrivées, les migrants ont été forcés de se confiner dans des camps, comme en Grèce par exemple. En France, beaucoup ont été oubliés des mesures sanitaires ou ont vu leur rendez-vous administratifs retardés en raison de la fermeture des institutions.

 

 

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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